‹ Saint-Michel de Duck-Lake: épreuves et progrès d'une école indienne durant un demi-siècle, 1894-1944Chapitre 6 sur 22 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Maladie et Mort du Père Paquette

Nous ne pouvons laisser dans l'oubli le fondateur de l’école St-Michel, le jour même de son départ de Duck-Lake, car si son corps était absent, son esprit et son coeur y étaient à jamais fixés. Nous le voyons à chaque page de sa correspondance. Le 20 septembre suivant, il écrivait à Miss Hughson: ‘J'arrive de visiter une grande partie de mes réserves et vous ne pourriez jamais vous faire une idée de leur misère tant au spirituel qu’au temporel. Il faut absolument nous occuper de tous ces Indiens, mais surtout de tous les enfants qui sortent de notre école de Duck-Lake. A quoi sert d’avoir soin des enfants jusqu’à dix-huit ans, si après nous les laissons aller sur leurs réserves et reprendre les habitudes de leurs pauvres parents. Voici les résolutions que nous avons prises à notre dernier conseil vicarial. J'ai fini de bâtir l’école de Duck-Lake et un bon prêtre peut très facilement me remplacer à condition que je le visite de temps en temps. Moi, je résiderai dans mon vieux Maskeg qui est le centre de toutes les missions indiennes de la Saskatchewan.” Quelques semaines plus tard il ajoutait: ‘J'ai vu un peu mes Indiens de Snake- Plain, de Sandy-Lake et de Devil’s-Lake. . . Il faut absolument que je m'occupe d'eux... Il faut aussi que je m'occupe de l’école de Duck-Lake, mais tout est bien bâti et parfaitement arrangé: il ne s’agit maintenant que de veiller à ce que tout aille bien, et voilà tout.”

Tout cela prouve bien que le poste du Lac Maskeg n'était pas une sinécure telle qu’il aurait fallu à un malade au repos; le régime de privation auquel il devait s’astreindre par suite de la pauvreté de ses gens, n’était pas de nature à rétablir sa santé délabrée.

Le 29 février 1904, le P. Charleboïs et le P. Pineau partirent pour lui rendre visite. Ils le trouvèrent pâle, décharné et complètement abattu. Le P. Paquette essaya de les rassurer prétextant une simple fatigue qui passerait vite. Ils le quittèrent fort incuiets le 2 mars, le laissant aux soins inexpérimentés d’une de ses anciennes élèves de l’école Saint-Michel.

Le 7 mars, on apprit à Duck-Lake que la maladie du P. Paquette s'était aggravée. Le P. Gasté qui avait accompagné son évêque à l’école, partit aussitôt avec le docteur Bourgeault. Ils le trouvèrent dans un état bien pitoyable. A peine installé depuis quelques jours au chevet du malade, le P. Gasté s’empressa de donner de ses nouvelles à Miss Hughson inquiète de ne plus re-

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