I. Cf. Migne, 1. c. ep. 91, col. 969, ep. 92, col
qui avait été relégué dans les prisons de Hautvilliers, fit seul à la fin une tentative pour obtenir un adoucissement à son triste sort en recourant au souverain pontife . L'affaire arriva ainsi à Nicolas P"" qui prit deux dispositions tendant à la justification de Gottsclialk. D'une part il ordonna qu'il comparaîtrait avec Hincmar devantles légats du Saint-Siège, afin d'y défendre sacause. De l'autre il décida, conformément à la doctrine catholique, ce que l'on devait croire sur les questions qui séparaient Gottsclialk de son métropolitain. Mais Hincmar eut soin d'éviter de comparaître et, craignant les effets de la bienveillance du Pape pour son prisonnier, il écrivit une lettre secrète à Egilon, archevêque de Sens, qui, en 866, se disposait h partir pour Rome, afin qu'il exposât au Pape les égards qu'il avait pour Gottsclialk et qu'il n'oubliât pas de lui faire connaître sa mauvaise doctrine. On ignore ce qui en arriva d épuisa Les deux autres preuves sont tirées de la dispute touchant le culte des images : le pape Hadrien P'" ne put obtenir que les décisions du second concile de Nicée sur le culte des images, ratifiées par lui, fussent acceptées par les évéques de l'empire franc. La grande assemblée de l'église occidentale à Francfort (794) rejeta et condamna ces décisions. Hadrien ne s'engagea point dans des essais de réfutation.
En 824, les évêques du synode de Paris s'exprimè-
I. Cf. H. Litlër.; le long article sur Gottschalk. T. V. principalement p. 355-356.
rent très nettement encore et sans ménagement sur les idées du pape Hadrien, relatives aux images, et ne les acceptèrent pointa
La première lettre que nous ayons de Nicolas P'" semblerait confirmer l'opinion que je viens d'émettre sur l'aulorité doctrinale du Pape à cette époque. Datée de 8j>8, elle est adressée à Wénilon, archevêque de Sens, et à ses sulTrairants. Wénilon avait demandé à Nicolas quel parti il fallait prendre envers Hériman, évêque de Nevers, que les infirmités mettaient dans l'impossibilité de remplir ses fonctions. Dans sa réponse^, Nicolas insiste beaucoup sur cette preuve de respectueuse confiance en son autorité que lui donne Wénilon ; puis il déplore le malheur de ceux qui ne reconnaissentpas la doctrine et les enseignements du Saint-Siège et, en terminant son long préambule, il revient à Wénilon, l'encourage à persévérer dans la voie où il est entré et à marcher toujours à la lumière du pbare de Rome. Nicolas affirmait déjà clairement sa primauté doctrinale dans cette lettre, mais il ne lui donnait pas encore l'expression énergique que va prendre sa pensée quand il traitera cette grave question avec les Orientiaix. C'est à ce moment qu'il se donne, avec la plus sincère conviction et l'énergie la plus grande, comme le docteur suprême, affirmant hautement son droit de décider dans les questions de foi et de discipline, déjuger et