INTRODUCTION. XIX
cutées du culte des images et des adoptiens (hérétiques qui croyaient que Jésus-Christ comme homme est seulement le fils adoptif de Dieu). Sur i loo articles environ que contiennent ses capitulaires, il y en a près de 5oo qui touchent aux matières religieuses. Dans le beau capitulaire de Worms sur la réforme du clergé, il se montre très soucieux de contraindre les ecclésiastiques à mener une vie en rapport avec leurs fonctions, et il déracine un usage qui entretenait bien des vices, celui où étaient les évéques et les abbés de conduire eux-mêmes, et chaque année, à la guerre leurs bandes épiscopales ou monastiques composées de leurs vassaux et des tenanciers de leurs domaines : « Instruit par les saints canons et nous corrigeant nousmêmes, nous voulons qu'aucun prêtre ne marche à l'ennemi, si ce n'est deux ou trois évêques élus par les autres..., mais qu'ils ne soient pas armés, qu'ils ne répandent pas le sang et le désordre..., qu'il y ait enfin une différence entre un prêtre et un laïque. Les nations et les rois qui ont laissé les prêtres combattre dans leurs rangs n'ont pas été victorieux, parce qu'il n'est pas permis aux prêtres de se battre. » Il dirigea avec vigueur son clergé, en le forçant avant tout d'être instruit et d'observer les prescriptions des saints canons et de ses capitulaires. Le concile d'Aix-la-Chapelle, en 802, outre la connaissance du Symbole, du Pater, des prières de la messe, demande du prêtre qu'il sache par cœur le livre pénitential, qu'il comprenne les homélies des Pères, qu'il puisse administrer le baptême et chanter l'office d'après le rite romain. L'empereur considère la prédication comme une partie indispensable de la fonction sacerdotale, et Paul Diacre forma,