INTRODUCTION. XXXV
puissance temporelle du Saint-Siège eut comme effet d'assurer Tindépendance des papes et de leur permettre de remplir plus facilement leur mission. Sous la protection tutélaire de Pépin et de Charlemagne, Tinfluence et la considération de la papauté croissent de jour en jour ; a travers les discordes et les guerres de la famille carolingienne, elle devient le vrai soutien de la liberté politique des Etals, ainsi que des droits de chacun; au milieu du ix*' siècle, son autorité morale est telle qu'elle peut, avec Nicolas I", revendiquer et justifier son droit h former le pivot du monde chrétien.
Arrivée à cette puissance, la primauté romaine ne trouva plus qu'un adversaire, l'institution métropolitaine, qui avait été jusqu'alors assez flottante. Les droits des archevêques n'avaient pas été très nettement délimités, et, quand les relations politiques acquirent quelque fixité, les papes essayèrent de déterminer les droits des métropolitains d'une façon définitive ; mais il y eut divergence de vues entre eux et les princes temporels. L'intérêt de ceux-ci était de diminuer le nombre des métropoles et d'en augmenter les prérogatives, de manière que la direction des affaires religieuses fût confiée au besoin à un seul primat. Celui-ci, leur étant redevable de sa nomination, leur devant tout, mettrait naturellement toute son influence h leur service. La papauté vit le danger et le combattit en s'efforçant d'arrêter l'extension du pouvoir des métropolitains, d'empêcher l'érection de sièges primatiaux et de briser les tendances qui allaient à établir des églises nationales. Les luttes les plus pénibles qu'elle ait eu à soutenir en cette matière ont eu pour théâtre