XXX.VIII INTRODUCTION
été capable de repousser les Lombards, ce duc aurait fait de Rome un Etat analogue à Venise ou à Naples, et en serait devenu le chef.
Malheureusement pour lui, il se trouvait en présence d'une influence qui avait plus d'autorité et de crédit h Rome, en Italie, dans le monde entier : le pape et son clergé. J'ai montré plus haut le prestige religieux du pape qui lui permettait de se faire écouter jusque chez les Wisigoths, les Francs, les Lombards, les Anglo- Saxons, les Germains, de l'Elbe au Rhin ; or, a la même époque, son action n'était pas moins grande dans les affaires temporelles de Rome et des pays environnants. « Beaucoup de services relatifs à Tédilité, à l'approvisionnement, aux travaux de voirie ou de défense militaire, étaient confiés à sa sollicitude, et surtout recommandés à ses finances. Sans agir directement par son personnel de clercs, il s'occupait néanmoins de choses fort terrestres, entretien des aqueducs, réparation des remparts, direction des entreprises militaires. Beaucoup de fonctionnaires, sinon en droit, du moins en fait, étaient à sa nomination Cette haute influence, inspirée par un loyalisme sincère, avait rendu, sous les papes Grégoire II et Grégoire III, des services signalés*.»
Telle était donc la situation à Rome au temps d'Etienne II, au début des Carolingiens : deux influences rivales, le duc et le pape, l'aristocratie militaire et l'aristocratie ecclésiastique, qui se seraient disputé le pouvoir si Tune n'avait pris le pas sur l'autre. La façon dont l'autonomie fut acquise donna la victoire au clergé, « car ce que les Francs firent pour l'Etat romain,