Ep. 86, col
d'approuver les conciles nationaux : « Ce saint-siège décide souvent de définir, de juger, de condamner et de punir, avec le consentement d'un grand nombre de prélats*, des actes contraires aux règles et aux lois. »
A la suite de ce passage, tiré de Tép. i8 (col 799) qui est adressée a Charles le Chauve, arrive la notification de la convocation du concile de Metz, que Nicolas venait d'assembler, puis Tordre au roi de France d'y envoyer deux évêques. On retrouve la confirmation de ce principe dans les lettres 17, col. 798 ; 19, col. 799; 83, col. 922; et surtout 71, col. 901, où nous lisons ces mots très significatifs : « Le concile national ne doit être convoqué par personne sans l'ordre du Saint- Siège*.»
Voilà pour la convocation des conciles ; voici pour leur direction. Les annales de Baronius, à l'année 863, celles de Saint-Bertin, à l'année 865, mentionnent des conciles tenus au sujet de Lothaire et présidés par des légats; l'épître 89 (col. 964), qui ordonne à Hincmar d'assembler un concile a Soissons, indique très clairement que le Pape s'est ménagé un évêque pour surveiller les débats et lui en rendre compte. Enfin, dès 862, écrivant aux évêques du concile de Metz pour les
I. Ep. la. Migne, 1. c. col. 786. Cf. ep. 98, col. 1019 ; ep. 104, col. 1068; ep. 106, col. 1091.
a. Facto coucilio geoerali, quod sîue apostolicae sedis prœ cepto nulli fas est yocaudi.
presser de régler le sort deTheutberge, il dit: « Pour régler cette affaire et la juger définitivement, comme nous en avons averti votre fraternité par nos lettres apostoliques, nous voulons en vertu d'une décision papale que vous soyez présents; vous tiendrez ce concile, appuyés sur l'autorité apostolique, aidés de nos légats a latere qui siégeront avec votre fraternité, et avec eux vous veillerez soigneusement à ne point laisser suspecter votre loyauté, à vous garantir de tout sentiment de haine ou de jalousie, si capable d*écarter les hommes de la voie de la vérité*. »
De ces divers témoignages il me semble résulter très clairement que Nicolas P"" a tenu a diriger tous les conciles qui offraient quelque importance.
Il a tenu également h proclamer qu'ils avaient besoin de l'approbation du Pape : « Ne dites donc point que vous n'avez pas besoin dans votre cause de la sollicitude de l'Eglise romaine ; c'est elle qui confirme par son autorité les conciles, qui en les dirigeant leur donne leur valeur. C'est pourquoi quelques-uns, pour n'avoir pas eu le consentement du pontife romain, ont perdu toute leur force*.»
^ Si Nicolas P''a réclamé pour la papauté le privilège
o de convoquer, de diriger et de confirmer les conciles ■> nationaux, il n'a dit nulle part, comme on l'a prétendu - dans les temps modernes, qu'aucun concile ne pouvait