I. Angélus pacis : le surnom lui resta
LE CONVERTI
fertile en émotions de choix que le tournoi ou le
■^'ms l'aube du jour dit, Norbert est là. 11 se prépare dans l'oraison h la célébration de la messe. Sa prière 8e prolonge, se prolonge jusqu'à causer de l inquiétude aux bonnes âmes à qui en secret rien n échappe de la dilhculté d'une intervention m e.vtremis,el qui ont compté sur son médiation pour apaiser le conflit. Même, on n'hésite plus à charger Hugues d'une mission urgente autant que délicate : qu il prévienne donc le Saint d'avoir à se hâter...
Mais lui, sans entendre, continue à s absorber dans la présence et le service du Dieu de paix. Il monte à l'autel, offre deux fois le sacrifice, - la liturgie le tolérait alors, - puis monte en chaire. L heure est avancée, et l'auditoire très restreint A qui s en prendre? Ou s'est impatienté d'attendre en vam ; l'heure du repas a disloqué l'assislance. N importe : l'apôtre prêchera. Il parle en effet, et d une voix si enflammée, si éclatante, que les ondes sonores en débordent la nef, et que leurs vibrations se repercutent jusqu'aux fidèles attablés dans les estaminets
voisins. , , , ^
Du coup, les dîneurs accourent, la bouche a moitié pleine. L'église est bientôt remplie. Norbert continue sou plaidoyer en faveur de l armistice; l'assemblée l'acclame. Jusque-là inabordables, les ennemis acceptent de faire la paix; sur les reliques du Saint local, ils vont jurer de vivre à l avenir en bonne harmonie.
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