‹ Saint Norbert, (1082-1134) [microform]Chapitre 7 sur 28 · LE PREMIER SEJOUR E>^ FRANCE · texte numérisé non relu

LE PREMIER SEJOUR E>^ FRANCE

En octobre 1 1 19, le concile annoncé plusieurs mois auparavant par le feu pape Gélase, se réunissait à Reims. Sous les auspices de son successeur Calixte II, quatre cent vingt-six prélats allaient traiter des intérêts de l'Église latine, et donner audience aux réclamations et doléances des princes, des feudataires, des manants.

Par les routes encombrées qui conduisaient les attelages armoriés et les escortes somptueuses jusqu'au cœur de la cité de saint Remy, on ne remarqua guère sans doute la présence effacée d'un piéton, de minable aspect, qui venait solliciter la bénédiction du nouveau successeur de saint Pierre.

On a dit de saint Dominique, qu'il était toujours sur le chemin de Rome : on l'a répété de saint François d'Assise. Sur ce point comme sur plusieurs autres — nous le verrons dans la suite — Norbert fut le digne précurseur des deux illustres fondateurs d'Ordres mendiants du xiii® siècle.

Mais l'afïluence des étrangers de qualité est si considérable, et les lois de la préséance sont tellement tyranniques, qu'il faut marquer le pas à la porte du pape et attendre son tour de réception.

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LE CONVERTI

Trois jours s'écoulent, et le missionnaire fait toujours antichambre. Alors sollicité sans doute par les exigences d'un ministère de plus en plus absorbant, il se résigne tristement à s'en aller ; il en prévient Hugues et le second disciple dont il avait fait naguère la conquête. A grand'peine résignés de leur déconvenue, les trois compagnons reprennent bourdon et calebasse et se remettent en route.

Déjà, ils avaient franchi les deux lieues qui les séparaient de l'abbaye de Saint-Thierry, et faisaient halte au bord de la route tout en devisant entre eux de leur mésaventure, lorsque vint à passer le brillant cortège du seigneur Barthélémy de Vir, évêque de Laon, qui se rendait au concile.

Spontanément il fait arrêter ses gens, s'enquiert des trois pèlerins. Ému de leur déception, il s'offre à la réparer; lui-même se charge de présenter au pontife leurs suppliques ; il sollicitera pour eux l'entrevue qu'ils désirent.

La Providence ne pouvait pas intervenir avec plus de célérité : l'évêque de Laon était parent du nouveau pape, et, de plus, son renom de sagesse, d'orthodoxie, de piété lui assurait d'avance auprès du Saint-Père un accueil immédiat.

Leur résolution est vite prise.

Voici donc Norbert et ses deux clercs, rebroussant chemin avec un Mécène si opportun, et chevauchant de compagnie. Au pas des moulures, la conversation se lie, se scande; on fait plus ample connaissance. Le prélat s'extasie au récit de Hugues, et s'affectionne de plus en plus à la personne de Norbert. On arrive, on met pied à terre, et, cette fois, c'est littéralement au débotté que l'on est reçu.

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