LE PREMIER SÉJOUR EN FRANCE
A loisir, le converti put entretenir le vicaire du Christ de ses travaux apostoliques, de ses vagues aspirations à une vie parfaite ; puis il demanda et obtint que les pouvoirs de missionnaire apostolique lui fussent incontinent renouvelés. Calixte fut d'une bonté parfaite, octroya la faveur, et, au surplus, exprima le désir aimable de retrouver Norbert à Laon, chez l'évêque, où il se proposait de se rendre à l'issue du Concile. Voici donc notre Saint en passe d'être momentanément à Reims, puis à Laon, l'hôte de Barthélémy.
A Laon, Norbert rencontra des parents qui s'apitoyèrent sur sa triste mine et sur la débilité de sa santé ; ils conjurèrent l'évêque d'obtenir de lui qu'il consentît à y remédier. Le Saint se réjouit surtout du voisinage précieux d'une école où enseignaient avec éclat des maîtres fameux; leur réputation était consacrée par des noms tels que ceux d'Anselme, de Raoul son frère et continuateur, des Guillaume de Champeaux, Gilbert de la Porée, Phihppede Harving, et par le plus retentissant de tous : Abélard.
En élève docile, avec la même simplicité héroïque qu'Ignace de Loyola quelques siècles plus tard à l'Université de Paris, Norbert se remit avec empressement à l'étude de la dialectique, de la grammaire, de la théologie. Il se familiarisa avec le maniement correct de cette langue d'oïl dont il avait, en traversant la France, expérimenté les difficultés pratiques en même temps que l'utilité.
A l'automne, le pape réalisa sa promesse et vint à Laon. Au palais de Barthélémy, en des entretiens prolongés, Calixte, désormais plus au courant des antécédents de son interlocuteur, mit tout en œuvre pour
LE CONVERTI