CHAPITRE XVJII
Après avoir étudié sur les divers terrains où saint Odon a successivement exercé son activité humaine , sa vie si admirable, si féconde, si une, consacrée qu*elle a été, sans relâches ni préoccupations personnelles, à Taccomplissement de la volonté de Dieu, et de la mission imposée par la Providence, la réforme monastique, il nous reste à en dire le céleste et harmonique couronnement.
Le voici arrivé au terme de sa carrière, à la fin de sa journée de labeur et d'exil; à son tour, il va pouvoir dire : Tai combattu le bon combat^ fai achevé ma course: fai conservé ma foi. Cette période de transition entre la vie de la terre qui passe et s'enfuit et la vie de Tétemité qui, radieuse et permanente, se lève, se revêt pour les saints d'une singulière et calme majesté : elle s'illumine des douces pénombres qui surgissent de la terre, vertus exercées, dépouillements accomplis, fruits de salut portés : et, à
travers les ruines corporelles qui s^amoncellent, suprêmes épurations de Tétre aimé. Dieu laisse arriver quelques rayons des illuminations d'outfetombe. C'est le couronnement harmonique de Texistance ; c'est pour Tètre humain le passage mystérieux des travaux, des immolations, des poignantes incertitudes du saint sur la terre au repos, aux exultations, aux visions claires et sans nuages du bienheureux, — là-haut.
Odon, à cet âge de soixante ans qui marque dans la vie humaine la transition définitive de la maturité à la vieillesse, a, semble-t-il, assez peiné, assez produit pour avoir le droit de s'arrêter, de se retourner vers le passé et de contempler, dans le calme de sa conscience satisfaite, l'œuvre accomplie. Mais cette vue, que Dieu s'est donnée aux soirs des jours de la création, parce que son œuvre était divine et complète, l'homme n'a pas le droit de se la permettre, parce que son œuvre n'est qu'humaine, imparfaite et que, pour sa plus grande part, elle ne lui appartient pas. Il a quelque chose de mieux à faire, c'est de regarder en avant : la vue de l'immensité de la tâche qui reste à accomplir et le sentiment de l'impuissance humaine sont là pour préserver dans l'àme du saint l'intégrité de l'humilité, base et source de toutes les grandeurs aux regards de Dieu. La constatation du poids des années qui courbe ses épaules, des forces qui s'en vont, tous ces prodromes humains qui viennent faire entendre à l'oreille du vieillard les sons rapprochés du glas funèbre ; et surtout les pressentiments secrets et doux émanés d'en haut, ont fait leurs révélations salutaires dans l'âme d'Odon. Cette âme n'a pas de grands efforts à faire pour sa séparation d'avec la terre. Ce détachement,
il Ta poursuivi toute sa vie; ce brisement de liens, il l'opère sans relâche avec une invincible ténacité. Aussi la vue de la fin qui approche ne fait-elle qu'exciter les enthousiasmes et les ardents soupirs de Texilé. Il ne lui demande pas la permission de s'arrêter : il ne consent pas à se tenir dans ie calme de sa cellule monastique pour se préparer au grand passage et suavement méditer sur le bonheur de sa dissolution dans le Christ. C'est dans la vigne que lui a confié le Père de famille, dans le sillon qu'il trace sans s'arrêter, que le vieux travailleur sera appelé à son repos; c'est sur le champ de bataille, quç le rude soldat tombera, les armes à la main, pour recevoir la couronne.
Dans l'été de l'année 94^9 il est à Cluny ; il reçoit du Pape un message qui le rappelle à Rome. Il s'agit encore de rétablir la paix entre le roi Hugues et le prince Albéric que leurs prétentions réciproques sur la ville éternelle constituent dans un état normal d'antagonisme; plus d'une fois déjà, comme nous l'avons vu, la bénigne influence d'Odon est venue s'exercer et a fait conclure entre les adversaires des alliances qui se prétendaient éternelles, mais qui étaient des trêves plus ou moins durables dans les hostilités : Odon est seul capable d'intervenir et de délivrer encore une fois le siège apostolique des oppressions qui l'environnent. Dans la prévision de sa mort prochaine et se conformant à la tradition inaugurée par son vénéré prédécesseur Bemon, en 989, Odon a fait élever à côté de lui sur le trône abbatial de Cluny, un moine qui est le confident de toutes ses pensées et qu'il sait capable de poursuivre son œuvre : c'est Aymard qui doit lui succéder un jour et qui pour le moment le remplace dans le
gouvernement du monastère pendant ses longues et fréquentes absences. — Il est donc libre de ses mouvements.
A l'appel du Pape, sans penser à son âge, a l'épuisement de, ses forces, le vaillant abbé de Cluny répond : me voici, et il part. Cette fois elle est pleine d'émotions cette scène qui s'est reproduite à chacun des fréquents départs d'Odon : un sombre pressentiment pèse sur tous les cœurs : les moines fixent leurs regards attendris sur les traits aimés et doux de leur Père, que peut-être ils ne reverront plus. Pour Odon, les lumières que Dieu lui a données sur l'avenir ont changé ces peut-être en certitudes. En faisant ses adieux, sa voix s'altère, et son cœur est brisé. Comme saint Paul à Ephèse, il pourrait dire : Et maintenant je sais que pous ne verrez plus ma face y 6 vous tous, au milieu de qui f ai vécu prêchant le royaume de Dieu (act. apost. XX), mais il veut épargner ses enfants et garder pour lui seul sa douleur. Il leur fait ses recommandations, les embrasse, les bénit; — puis brusquement monte sur son cheval et, sans retourner la tête, franchit le seuil de ce Cluny qu'il aime tant et ne doit plus revoir. Et le long des joues amaigries du vieillard, des larmes silencieuses tombent des paupières sur la blanche barbe et arrosent la route.
L^ petite caravane que nous connaissons mais où ne figure plus le moine Jean, s'avance sur le chemin qu'elle a déjà parcouru si souvent; le vieil abbé a conservé toute son amabilité et sa souriante sérénité. Mais plus nombreux et plus prolongés sont les silences pendant lesquels, après avoir jeté comme un regard d'adieu sur ces paysages pleins de souvenances, il clôt ses paupières aux vues de la terre et
se concentre dans la contemplation des choses éternelle$. Après la série interminable des étapes du long chemin, les moines arrivent le soir dans la campagne romaine. Dans la vaste plaine, le marécage se déguise sous son manteau de folle végétation ; les grands bœufs aux cornes recourbées fixent sur la troupe qui passe leurs yeux eflarés et courent se cacher dans les hautes herbes : au bout de Thorizon, la ville découpe la silhouette de ses collines et de ses monuments sur le fond rutilant du couchant embrasé. Subitement un malaise étrange s*empare d^Odon : ses membres décharnés grelottent sous la morsure du frisson : ses dents claquent les unes contre les autres : et ses compagnons doivent le soutenir sur sa monture, où son corps, terrassé par le mal, n*a plus la force de se maintenir. La terrible malaria a cette fois-ci raison de sa vigoureuse constitution et sur ce corps épuisé, étend en liberté ses ravages.
Arrivé au terme de son voyago, Odon anéanti se laisse aller de sa monture devant la porte du monastère de Saint-Paul : tous les moines se pressent autour de lui, le reçoivent dans leurs bras et entourent leur Père vénéré des soins de leur inquiète affection. Odon a beau chercher à surmonter sa faiblesse pour accomplir sa mission. Cette fois le mal est plus fort que son énergie, il triomphe de tous les efforts humains. Chaque soir, avec une implacable ténacité et une acuité toujours croissante, le terrible accès fait son invasion et mine la vitalité du vieillard : « Sous rinflueuce de la fièvre aiguë qui le consume, nous dit son chroniqueur, ses membres sont brisés par la douleur : un feu frissonnant dévore ses chairs et la moelle de ses os : les tortures de tout genre qui s'acharnent sur ce pauvre corps font comprendre à
Odon que le moment est venu où Dieu fait entendre son appel et dépouille sa créature des langes de son humanité. »
Certes Odon est bien de la râce de ceux qui saluent avec bonheur l'approche de cette grande libératrice qui s'apprête à substituer à la mort d'icibas la vie de là-haut. Mais, pour donner du mérite à l'ultime et suprême sacrifice, pour parachever les purifications de l'âme aimée, la Providence permet qu'à cette joie supérieure et surnaturelle, se mêlent; dans les parties inférieures, de poignantes amertumes ; des liens encore subsistent, qui rattachent à la terre et qu'il faut briser : et la douleur de ces brisements vient s'ajouter aux douleurs du corps qui se désagrège et aux affres de l'agonie. Les liens terrestres, Odon les a rompus officiellement à son entrée en religion, et l'objectif des efforts de sa vie monastique a été de s'en délivrer. Nous avons dit dans ce récit combien héroïques furent ces efforts et les admirables fruits de sainteté qu'ils produisirent. Pourtant, sur cette couche monastique où il souffre, offre son sacrifice et attend, une douleur persistante se fait sentir au fond de son cœur, celle de mourir loin de sa patrie. Certes il ne s'agit pas pour le saint abbé d'exil, puisqu'il esta Rome, la patrie commune et aimée de tous les chrétiens, et qu'il y est venu, fils obéissant et dévoué, à l'appel du Souverain Pontife. Malgré tout, à son esprit se représente obstinée la pensée de cette Touraine, où il a passé sa jeunesse où il a entendu l'appel de Dieu, de cette basilique où se sont produits des événements si prédominants dans son existence, du tombeau de son grand patron Martin à qui il appartient dès sa naissance : sa dévotion envers lui s'enflamme de moments en mo-
ments d'ardeurs inaccoutumées. C*est auprès de lui qu'il a commencé sa vie chrétienne et puis sa vie religieuse : c'est auprès de lui qu'il voudrait terminer l'une et l'autre. Dans les ardeurs de son cœur et ^ans les exaltations de la fièvre, ces désirs se traduisent par de brûlantes interpellations à l'amour de Dieu et à la puissance de saint Martin. Et ces désirs, Dieu et saint Martin les inspirent et vont les exaucer.
Une nuit, pendant qu'Odon s'agite sous les étreintes du mal implacable, une douce vision d'en haut vient lui apporter sa paix et son réconfort : le messager céleste, tout resplendissant de clartés, se présente à lui, et lui adresse ces douces paroles : — « Courage, bon serviteur; l'heure de la délivrance «c allait sonner pour toi ; mais le bienheureux Martt tin a obtenu une prolongation de ton existence et ' a la réalisation de tes désirs. Pars donc pour Tours ; « c'est là que tu dois quitter la terre et prendre ton a vol vers la patrie. »
Prodige admirable ! Le mal suspend ses ravages : Odon se lève : sa volonté de fer, soutenue par la grâce de Dieu, a raison de la mort envahissante. A ses moines plongés dans la stupeur par la vue de ce passage inopiné de la mort à la vie, il donne l'ordre du départ, et la caravane monastique reprend la route de France. Les passants s'arrêtent avec surprise et s'inclinent avec respect devant ce cadavre aux traits pâles et défaits, qui s'avance les yeux fixés au ciel et passe en bénissant.
Par une vertu miraculeuse ce mort-vivant accomplit le long et pénible trajet, supportant les fatigues, soupirant vers le but.
Enfin voilà Tours qui dans la plaine étend ses maisons, ses églises, ses remparts, le long des rives
de la Loire : majestueuse s'élève la basilique reine de la contrée. Des lèvres exsangues d'Odon s'échappe, un doux murmure, son cantique d'action de grâces; la Providence lui a fait accomplir ce voyage anormal et permet qu'il arrive a temps. C'est aujourd'hui le 10 novembre et du haut des beffrois les cloches sonnent à grande volée les premières vêpres de la Saint-Martin. La caravane s'arrête devant la porte du monastère de Saint-Julien. Sans prendre le temps d'un repos humainement indispensable, Odon se fait transporter à la basilique, but suprême de son ultime pérégrination. A la porte de l'édifice sacré, il tombe dans les bras de l'archevêque Théotolon, auquel l'unissent les liens réciproques d'une vieille et religieuse affection et qui, sorti lui aussi de la collégiale, honore par ses vertus le siège de saint Martin. Averti de l'arrivée de l'Abbé de Cluny, le prélat s'est précipité pour recevoir son vénérable ami et partager avec lui les pompes et les émotions de cette fête qui leur est si chère et qu'ils sentent revêtue cette année d'une solennité toute spéciale. De proche en proche, la nouvelle du voyage merveilleux et de la présence du saint s'est propagée dans la ville. Les habitants accourent pour contempler les traits et recevoir les dernières bénédictions de* leur illustre compatriote dont ils sont justement fiers : la foule compacte remplit la vaste nef et tous les regards sont fixés, attendris, sur ce vieillard à la face dévastée par les prodromes de la mort et illuminée par les rayons de l'âme. Appuyé sur deux de ses moines, il s'avance vers le saint tombeau. Après son oraison, dont aucun sens humain ne peut percevoir les sublimes ardeurs, le serviteur de Dieu va prendre sa place au cœur et participe avec une piété angélique
aux pompes liturgiques de ce saint jour; aux chants des religieux se mêle sa voix brisée par Tâge et les souffrances, mais toujours suave; en chantant les touchantes supplications de Toffice de saint Martin, émanées en grande partie de sa plume et de son cœiir, il semble transmettre la prière de la terre qu'il quitte au ciel où il va. Après les Laudes solennelles, le saint abbé célèbre Tauguste sacrifice sur Tautel qui abrite les reliques de saint Martin : une surnaturelle et profonde émotion envahit son âme : avec la divine victime qu*il tient dans ses mains tremblantes, il offre son holocauste, sa vie religieuse qui a pris ses débuts là et qui là va se terminer, ses combats livrés pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, ses efforts, ses souffrances, sa famille monastique, sa réforme ; dans son humilité il supplie le grand patron, qui a joué un si grand rôle dans son existence, de compléter son œuvre et d'obtenir pour lui la miséricorde de celui qui juge les justices. Et puis, au soir de cette fête, après toutes ces émotions, toutes ces pompes, toutes ces communications célestes, — Odon attend. — Il est à son poste : il est là où la mort doit le retrouver; et maintenant il soupire après elle de toutes les ardeurs de son âme. Il a aperçu les cieux ouverts : quand pourra-t-il quitter cette terre où il ne lui reste rien à faire? Mais la Providence qui lui a fourni les forces du voyage, ne donne pas le sigoe de la délivrance. Odon scrute étonné son corps : avec déception, il constate que les symptômes de mort prochaine, qui, il y a quelques jours, l'investissaient, ont disparu. S'inclinant sous la volonté divine, Odon comprime un soupir et se remet à la besogne; oui, il travaille, le moribond. Puisque Dieu lui fait attendre l'entrée
dans son repos, le moine doit employer à son service les jours où peut-être les heures, qui lui restent, de vie.
Le voyez- vous? après s'être élevé par ses contemplations au-dessus terre, après avoir célébré dans la ferveur de son âme les offices de l'octave de saint Martin, il est dans sa cellule, recouvrant de la pelisse velue ses membres décharnés et grelottants, et la plume à la main, il écrit, il compose encore.
Mabillon nous a conservé l'hymne composé en l'honneur de saint Martin par saint Odon aux derniers jours de sa vie. Pouvait-il être autre le chant de cygne du saint dont nous redisons la vie ? Les vers pleins de grâce et d'une enthousiaste dévotion envers son patron, ne se ressentent nullement de l'heure tardive de leur composition. Écoutez les touchants adieux du poète :
ce O Martin, vous qui savez rendre la paix aux âmes et qui régnez au-dessus des astres, obtenez pour nous les miséricordes du Seigneur et olTrez-lui ces vers qu'Odon a composés en sortant de la vie.
« O Martin, ô mon maître, vous qui êtes si riche en miséricordes, ayez pitié de tous ceux que vous avez nourris avec tant de bénignité, de votre serviteur Téotolon et de tous ceux qui sont vôtres. »
Puis Odon dépose la plume. On est au soir du quatrième jour de la sainte octave. Le vieillard va encore prier devant la châsse vénérée : il y dépose le parchemin sur lequel il vient de faire transcrire son dernier hommage terrestre à saint Martin. ^
Tout à coup les frissons de l'accès réapparaissent et font trembler ses membres. Saint Odon regagne à grand peine le monastère et étend sur la couche, dont il ne doit plus se relever, ce corps brisé dont
son àme exultante fait Toblation. La mort s^avance à grands pas, pour saisir cette proie que cette fois-ci aucune puissance ne viendra lui arracher. Au milieu des déchirements de son enveloppe humaine, le saint abbé presse contre ses lèvres et son cœur le crucifix, ce compagnon suprême des derniers départs, pendant que son âme commence en haut ces mystérieux colloques qui dureront. Odon ne redescend sur la terre que pour s'occuper des siens. Les moines sont là qui se pressent autour de la couche funèbre. Dans Tétroite cellule, au bruit de la respiration saccadée du mourant se mêlent les sanglots de ses fils. De loin en loin la voix du Père s^élève dans le silence, pour consoler les douleurs et distribuer les dernières instructions : il recommande la virile persévérance et la fidélité à cette réforme, qui a été Tœuvre de sa vie, et que tout à Theure il va présenter à Dieu. Puis Théotolon arrive auprès de son ami, pour lui redire son affection et l'assister à ses derniers moments.
Alors se déroule devant nous la scène calme et impressionnante de l'administration des derniers sacrements au cloître. Dans le petit oratoire de Saint- Aubin où on l'a transporté, Odon est étendu sur la cendre : il a voulu qu'on revête ses membres endoloris du cilice, instrument des mortifications passées, livrée du pénitent devant son juge. D'une voix entrecoupée par l'émotion, l'archevêque fait ses adieux et dit les pieuses exhortations à celui qui va le précéder et à qui il porte une secrète envie. Puis il fait sur les membres du mourant les onctions saintes et lui donne le Viatique sacré, ce Jésus-hostie qu'Odon a si bien aimé, chanté et servi sur la terre et qui maintenant va l'accompagner dans le trajet du ciel.
Dès lors, Odon a terminé son action humaine.
Ses yeux sont fermés aux visions d'ici-bas ; son âme écoute des sons nouveaux qui ne sont plus de la terre. Le matin de Toctave de saint Martin, pendant que les moines chantent au chœur les louanges du saint, dans la cellule, où un cierge répand sa lumière discrète et vacillante et où quelques frères à genoux prient, un léger soupir se laisse percevoir ; — et puis le silence se fait. — Sur la couche reste, dans son immobile et calme rigidité, un corps qui a fini de souffrir et là-haut, une âme monte vers le ciel. Deux êtres resplendissants, qui la connaissent et qu'elle connaît, s'avancent à sa rencontre; saint Martin et saint Benoit se font les introducteurs de celui qui a passé sa vie sous leur doux patronage et qui se présente avec les efQorescences de sa sainteté personnelle, les travaux accomplis, les souffrances endurées, la vie consumée pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Alors on entend sortir des lèvres du juge suprême ces paroles de justice et d'amour, dont l'Eglise, dans sa liturgie sacrée, répercute l'écho sur la terre :
Courage j bon senfiteurj parce que tu as été fidèle en de petites choses^ je çais te constituer sur de grandes choses. Entre dans la joie de ton Seigneur.