IV INTRODUCTION
digne de nous inspirer une absolue confiance que le moine Jean^ qui fut, pendant de longues années, le disciple, le compagnon, le confident du saint abbé ? Nous servant des renseignements extraits de son œuvre, reconstituons la personnalité de Tbistorien : ce sera la meilleure créance que nous puissions présenter pour la valeur de son témoignage et la réalité des épisodes qu*il nous redit avec une naïve émotion, en Tenveloppant des pompes correctes de ses périodes latines et des considérations mystiques d'une spiritualité digne de son maître. Jean Y Italien^ comme il est désigné dans les titres des manuscrits qui nous ont conservé son œuvre, était chanoine à Rome, quand la Providence le mit en relation avec Odon, lors du premier voyage que celui-ci fit dans la Ville éternelle en gSô. Une vive sympathie s'établit entre ces deux âmes et, de ses entretiens avec le saint abbé, qui lui parlait avec une conviction éloquente, parce qu'elle était sincère, du mépris des choses qui passent et de la grandeur de celles qui demeurent, Jean emporta des impressions assez fortes pour bouleverser une vie. La semence était jetée en terre fertile et ne devait pas tarder à germer. Aussi, quand, à l'appel du Souverain Pontife, Odon revint une seconde fois à Rome, a'eut-il qu'à recueillir ce fruit déjà mûr pour le clottre. Jean, disant adieu aux douceurs de la vie de famille et aux revenus de son canonicat, s'attacha aux pas de celui qu'il choisissait comme son père et son maître. Ce dernier le conduisit provisoirement au monastère de Pavie, et, à son retour en France, le ramena à Cluny, où il confia à un moine émérite, Dom Hildebrand, la formation monastique de son disciple très cher. Après que Jean eut fait sa profession religieuse,