‹ Saint Odon (879-942)Chapitre 9 sur 37 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

main alerte et artiste transcrivait de leur belle et nette écriture onciale, en la décorant de leurs délicates enluminures et de leurs majuscules flamboyantes, sur les folios de parchemin, les ouvrages qui allaient s^aligner dans les armoires des bibliothèques monastiques et qui sont aujourd'hui de précieux monuments pour Thistoire et les trésors enviés de nos collections publiques. Le moine Jean était, nous dit-il lui*méme, occupé à la transcription des auteurs anciens, quand on viut le supplier de faire sa Vita S, Odonis. Après avoir composé cette dernière, il en transcrit l'original tout d'abord pour le monastère dont il fait partie : c'est à ses frères de Salerne qu'il a dédié son œuvre. Puis il reprend sa plume et son travail de copiste : il copie sa propre œuvre d'abord pour Cluny, qui a droit aux prémisses de la biographie de son grand abbé, et puis pour les monastères qui ont eu des relations spéciales avec Odon et supplient son historien de ne pas les laisser privés de ce pieux mémorial des œuvres du saint. Le moine Jean répond à ces requêtes avec une charité qui est avivée par son désir de propager la gloire de son illustre bienfaiteur. Mais il n'est pas un vulgaire copiste transcrivant servilement les caractères qui s'étalent sur le parchemin devant ses yeux : c'est son œuvre personnelle qu'il copie, et, en la copiant, il la perfectionne, il la complète, il la corrige, il y ajoute des traits nouveaux, des détails inconnus et découverts depuis. Chacune de ces copies faites successivement devient ainsi, à proprement parler, une nouvelle édition de l'œuvre primitive. Quel fîit le nombre des copies exécutées par Jean lui-même ? C'est ce que nous ne saurions préciser. Mais la Bibliothèque Nationale possède dans deux

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