‹ Saint Optat et les premiers écrivains donatistes [microform]Chapitre 3 sur 24 · Psalmus conlra parleni Donali · texte numérisé non relu

Psalmus conlra parleni Donali

2) Epist. 204, 1-2 ot 5. et suiv.; 14i) et siiiv. ; (loiitru Ephialain

3) Conlra Guudcntiam, I, 1; JRclracL, Parnirniani, l, 11,17; Conlra lillcras Pe- II, 8.0. liliani, II, 88, li»5 ; 'J6, 222.

4) Conlra Gaudentium, I, 31, 37.

42 LITTÉRATURE DOiVATISTE

nés que deux genres de mort volontaire : ou bien l'on payait un meurtrier pour se faire donner le coup mortel, ou bien l'on se précipitait dans un gouffre ^ Le premier système, n'étant pas à la portée de toutes les bourses, fut toujours un peu exceptionnel : les Circoncellions étaient de pauvres diables, qui ne pouvaient guère s'offrir le luxe d'un assassin à gages. Le saut dans le vide resta toujours en honneur: Augustin connaissait dos rocs sacrés, qu'avait illustrés une longue série de suicides^. Mais, peu à peu, l'on imagina d'autres moyens de mériter le titre de martyr. Par exemple, des fanatiques s'élançaient brusquement au milieu d'une fête païenne, bousculant tout, brisant les objets du culte; ils proA^oquaient ainsi les idolâtres, et se faisaient tuer. Augustin nous décrit ces scènes sauvages : « Aux temps, dit-il, aux temps où l'idolâtrie fermentait partout, ces fanatiques se précipitaient au milieu des païens en armes (|ui célébraient une fête. Alors, chacun des jeunes idolâtres faisait vœu d'immoler à ses idoles un certain nombre de victimes. Mais nos fanatiques accouraient en foule et de tous côtés. Comme des bétes sauvages traquées par des chasseurs dans un amphithéâtre, ils se jetaient d'eux-mêmes sur les épieux. Ils réussissaient ainsi, dans un ac<'ès de folie furieuse, à mourir ; déjà putréfiés, à se faire ensevelir; trompant les hommes, à se faire adoi'cr-'. » D'ingénieux dévots cherchaient le martyre, tout simplement, sur les grandes routes. Ils guettaient un voyageur isolé, l'aljordaient à l'improviste, et, sous la menace des coups, lui ordonnaient de les tuer. Des impertinents osaient arrêter au passage un magistrat, et le sommaient de les faire exécuter par les gens de sa suite. On conte qu'un de ces magistrats se tira d'affaire avec esprit : il feignit de procéder aux préparatifs du supplice et fit lier solidement les importuns, puis il s'en alla tranquillement avec les siens ''^ Au début du cin(|uième siècle, trois genres de suicide étaient surtout en honneur : le saut dans le vide, la noyade, le bûcher. Augustin dit alors aux Donatistes : « C'est le Diable, sans doute, (jui vous inspire, quand vous recherchez avec tant d'empressement l'un de ces trois genres de moi-t : par l'eau, par Je feu, dans un précipice ''. » Après l'édit d'union de 412, on délaissa la plupart dos anciens modes de suicide, devenus de mauvais ton : dès lors, pour un Donatiste intransigeant ou pressé d'en finir avec la vie, il n'y

1) Oplal, i[[, 4. 3) Conira Gaudcnlium, 1, 28, 32.

2) AiigusUii, Contra Gaiidcnt'uun, l, 28, 4^) Episl, 185, 3, 12.

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