TROUBLES DANS LÉGLISE DE CORINTHE
sujet une lettre qui s'est perdue, où, entre autres recommandations, il défondait aux fidèles tout commerce avec les fornicateurs '. La partie mondaine des chrétiens d'Achaïe airecla de ne rien comprendre à de pareilles injonctions : « Nous interdire de vivre au milieu de pécheurs , de fornicateurs , disaient-ils ; autant nous obliger à sortir de Gorinthe, du monde entier^. » Et Paul eut la tristesse d'apprendre que ses ordres, réputés chimériques, étaient méconnus. Mais en même temps lui parvenait la nouvelle, plus triste encore, que des factions déchiraient l'Église de Gorinthe. Il en connut les premiers détails par quelques membres d'une maison distinguée dans cette ville , la famille de Ghlo^'. D'autres fidèles d'Achaïe, dans leurs voyages à Éphèse, Apollos surtout qui y revint vers ce tempslà, achevèrent de lui montrer la division partout, le désordre dans les assenjblées religieuses, les mœurs à ce point altérées que l'inceste même n'y révoltait plus.
La douleur de Paul , au tableau de cette ruine , s'ac-
' croissait du sentiment de son impuissance. L'accueil
fait i sa lettre n'était guère propre à l'encourager. Il
crut d'abord ne pouvoir agir que par ses disciples, et,
' I Cor., V, 9.
» Id., V, 10, 11.
' IJ., I, 11. Quelques coniracnlateurs (Michaelis, Meyer) voient à tort dans Chloé une Épiiésienne ayant des relations de commerce OD d'amitié avec Gorinthe; il paraît plus probable qu'elle était de cette dernière ville. Nous ignorons quel motif amenait à Éphèse des personnes de sa maison , ses fils ou ses esclaves , probablement {uelque affaire de négoce.
à cet effet, il choisit Timothée \ D'un naturel à la fois tendre et austère, nul mieux- que ceîui-ci ne pouvait toucher les Corinthiens, et leur en imposer par la délicatesseet la sévérité de ses mœurs. Quelques frères lui furent adjoints, dont l'un, Éraste, est nommé par les Actes ^. Cette distinction donne à penser que c'étai: quelque personnage de marque, le môme peut-être que nous verrons près de Paul , à Gorinthe, dans le temps où l'apôtre écrivit sa lettre aux Romains , et qui est qualifié par lui de trésorier de la ville '. Il est difficil'î de comprendre pourquoi Paul, au lieu d'envoyer di rectement ces délégués à Gorinthe, les fit passer par h Macédoine, en les chargeant d'annoncer sa prochai visite , et de préparer une collecte pour Jérnsalenà- D menaçantes rumeurs, venues d'Achaïe, lui inspirèrent probablement l'idée de gagner du temps afin de laisser les esprits se calmer et de ménager ainsi à ses envoyés un moins fâcheux accueil. Cette défiance heureusement n'était pas fondée.
Peu de temps en effet après le départ des délégués, trois chrétiens de Gorinthe, Stéphanas, Fortunat et' Achaïcus, arrivèrent à Éphèse et peignirent, sous des couleurs moins sombres , l'état de leur Église, L'apôtre leur accorda toute confiance, car Stéphanas était le chef de cette famille « vouée au service des Saints »,^ et illustre , non seulement pour être venue la premièri^ à l'Évangile , mais pour sa vertu et l'autorité qu'elle ett
' I Cor, IV, tT.
'■' Act., xrx, 22.
» Rom., XVI, 23
TROUBLES DANS l'ÉGLISE DE CORINTBE. 295
tirait : « Reconnaissez, dira bientôt l'ÉpItre aux Corinthiens, ce que sont pour vous de tels hommes ' », vos guides et vos modèles. Les compagnons de Stéphanas appartenaient, comme lui, i cette partie du troupeau que rien n'avait pu détacher de Paul ; ils le consolèrent en lui prodiguant, au nom de tous, des témoignages de dévouement'. Leur mission était le meilleur gage de cette sincérité, car ils apportaient une lettre ' où la véritable Église de Gorinthe , fidèle à son apôtre , lui demandait de l'éclairer sur certains points de doctrine obscurcis dans la lutte des partis. Ces questions intéressaient à la fois la morale, le dogme et la liturgie, portant sur l'état de mariage et de virginité , les viandes sacrifiées aux idoles , l'ordre du service divin , la croyance à la résurrection des morts. Paul, à. la vue de ces lettres , et au ferme langage de ceux qui les apportaient, comprit que son autorité se maintenait plu? forte qu'il ne l'imaginait , que sa parole serait encore écoutée en Âchaïe et vaillamment soutenue. Il n'hésita plus. En l'absence de Timothée, son secrétaire habituel, il appela à lui un antre des frères, Sosthène*, »t, lui dicta sa réponse , qui constitue la première Épître aux Corinthiens.
Avant de venir au détail des questions qui lui étaient soumises, il attaqua de front le grand mal de cette Église , les divisions qui la désolaient , et du même coup vengea sa prédication méconnue :
. » I Cor., XTI. 15-18.
« Id., m, 17, 18.
» Id., Tii, 1.
' * Id., I, 1.
« Frères, je vous en conjure parle nom de Notre-Seignour Jésus-Christ, parlez tous le même langage, et qu'il n'y ait point (Je déchirement parmi vous; mais soyez tous parfaitement unis ' dans un même esprit et un même sentiment. Car j'ai été averti, mes frères, par ceux de la maison de Chloé, qu'il y a des dissensions parmi vous. Ce que j'entends par-là, c'est que ciiacun de vous dit : Moi je suis à Paul, moi à Céphas, et moi au Christ. Le Christ est-il divisé? Paul a-t-il été crucifié pour vous, ou avez-vous été baptisés au nom de Paul? Je rends grâces à Dieu de ce que je n'ai baptisé aucun de vous, si ce n'est Crispus et Caïus , aûn que personne ne puisse dire que vous avez été baptisés en mon nom. J'ai baptisé aussi la maison de Stéphanas, et je ne sache point en avoir baptisé d'autres. Car le Christ ne m'a pas envoyé baptiser, mais prêcher l'Évangile, et le prêcher sans sagesse de parole, afin de ne pas rendre vaine la croix du Christ, car la parole de la croix est folie pour ceux qui se perdent; pour nous qui nous sauvons, elle est la puissance de Dieu. C'est pourquoi il est écrit : o Je « perdrai la sagesse des sages, et j'annulerai l'intelligence d-s « savants*. » Où est le sage? Où est le docteur de la loi? Où estle disputeur de ce monde? Dieu n'a-t-il pas fait de la sage-se du monde une folie ? Le monde, en effet, n'ayant pas su, par sa propre sagesse , connaître Dieu en la divine sagesse de ses œuvres, il a plu à Dieu de sauver par la folie de la prédication ceux qui croient. Les Juifs demandent des miracles, les Grecs veulent de la sagesse; pour nous, nous prêchons le Christ crucifié, qui est un scandale aux Juifs, aux gentils une folie, mais qui est la force de Dieu et la sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, soit Juifs, soit gentils; car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. Considérez en effet, frères, ceux d'entre vous qui sont appelés. Il y en a peu de sages selon la
' Littéralement restaurés: xatapTÎÏo) signifie réparer, remettre en état ce qui a été gâté ou rompu, et, continue l'image précédente, ffyÎCTiiaTa : les déchirures.
» 1?., xiii, 14.
TROL'BLES DANS l'ÉGUSE DE CORIMHE. 297
chair, peu de puissants, peu de nobles ; mais Dieu a choisi ce qui est fou selon le monde pour confondre les sages; il a choisi c« qui est faible selon le monde pour confondre les forts * ; il a choisi ce qui est vil et méprisable selon le moiide, ce qui n'est pas, pour annuler ce qui est, en sorte que nulle chair ne se glorifie devant Dieu*...
0 Qnauct je suis venu à vous, frères, je ne suis point venu vous porter le témoignage de Dieu, excellant en éloquence ou en sagesse. Je n'ai point fait profession de savoir autre cho!?e parmi vous que Jésus, et Jésus cruciBé; et tout ce temps que j'ai vécu parmi vous, je l'ai passé dans la faiblesse, la crainte et un grand tremblement; ma parole, ma prédication n'ont pas été les discours persuasifs de la sagesse humaine, mais la manifestation de l'Esprit et de la puissance divine ', afin que votre foi ne repose pas sur la sagesse des hommes, mais sur la force de Dieu*.
« Ce n'est pus que nous n'ayons notre sagesse; mais nous la prêchons aux parfaits, non la sagesse de ce monde, ni des princes de ce monde dont le pouvoir est fini , mais la sagesse de Dieu... dont il est écrit « que l'œil n'a point vu, l'oreille « n'a pas entendu , le cœur de l'homme n'a jamais conçu ce « que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment* ». Pour nous. Dieu nous l'a révélé par son Esprit , car son Esprit pénètre tout, même les profondeurs de Dieu. Qui, des hommes, connaît ce qui est en l'homme? sinon l'esprit de l'homme qui est en lui. Ainsi nul ne connaît les choses de Dieu que l'Esprit de Dieu. Pour nous, nous avons reçu non l'Esprit du monde,
1 Les manuscrits A, C ', D •, F, G, contiennent la leçon suivante: ( Dieu a choisi ce qui est fou, selon le monde, pour confondre les forts «, omettant les deux membres de phrase intermédiaires que donnent le texte reçu et les manuscrits suivants : B, C 3, D 3, j.
2 I Cor., I, 10-29.
3 L'apôtre entend par là les miracles, les dons surnaturels qui se manifestaient dans l'assemblée des fidèles.
* I Cor., n, 1-5.
* Is., LIIV, 4.
mais l'Esprit qui est de Dieu, afiu que nous connaissions les dons que Dieu nous a faits, desquels nous parlons, avec des paroles dictées par l'Esprit, non parla sagesse humaine, communiquant spirituellement les choses spirituelles. Or, l'homme animal n'est pas capable des choses qui viennent d? l'Esprit de Dieu; elles lui sont folie, et il ne peut les comprendre, car c'est par une lumière spirituelle qu'on en doit juger. L'homme spirituel, au contraire , juge de tout et n'est jugé par personne *.
« Frères, je n'ai pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, à de petits enfants dans le Christ. Je vous ai nourris de lait, non de viandes solides, parce que vous n'en étiez pas capables, et à présent même vous ne l'êtes pas, parce que vous êtes encore charnels. Car, puisqu'il y a parmi vous des jalousies et des disputes , n'est-il pas visible que vous êtes charnels et que vos vues sont humaines? Quand l'un de vous dit : Moi, je suis à Paul; et l'autre : Moi, je suis à Apollos, n'êtes-vous pas des hommes ? Qu'est-ce en effet Apollos, et qu'est Paul? Des serviteurs par le ministère desquels vous avez cru, chacim selon le don qu'il a reçu du Seigneur. Moi j'ai planté, Apollos a arrosé, mais c'est Dieu qui a donné l'accroissement. Celui qui plante n'est rien, non plus que celui qui arrose. Dieu, qui donne la croissance, est tout... Nous sommes collaborateurs de Dieu; vous êtes le champ que Dieu cultive, et l'édifice qu'il bâtit. Selon la grâce de DieUf qui m'a été donnée, comme un sage architecte, j'ai jeté le fondement; un autre Mtit dessus; mais que chacun prenne garde comment il bâtit sur ce fondement; car personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui est déjà placé» lequel est Jésus-Christ... Que personne donc ne mette sa gloire dans les hommes. Tout est à vous, Paul, Apollos, Céphas, inonde, vie, mort, choses présentes, choses à venir; tout lisl à vous, mais vous êtes au Christ, et le Christ à Dieu *...
0 Pour moi, je me mets peu en peine d'être jugé par vous
1 I Cor., n, e-15.
» Id., ni, 1-7, 9-11, 21-23.
TROUBLES DANS l'ÉGLISE DE CORINTHE. 299
OU par im tribunal humaia...; moDJuge, c'est le Seigneur. >'e jugez rien avant le temps, mais attendez que le Seigneur vienne; il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, découvru'a les volontés des cœurs; alors chacun obtiendra de Dieu la louange qu'il mérite '.
fl Eu traitant de ces choses, frères, si j'ai tout rapporté a moi et à Apollos *, c'est à cause de vous, afin que vous appr''niez par noire exemple à ne pas dépasser les bornes que pies crit l'Écrilure', à ne pas vous enfler oi*gueilleusemeut l'iiu contre l'autre pour des tiers. Car qui met de la différencr entre vous? Qu'avez-vous que vous n'ayez reçu? Et si voxio l'avez reçu, pourquoi vous en glorifier comnw si vous ne l'aviez point reçu? Vraiment on croirait que vous n'avez plus rieu à souhaiter, que de vous-mêmes vous êtes assez ricltes, que sans nous vous êtes entres dans le royaume du Christ'. PIi}tà Dieu qu'il en fût ainsi, car alors, nous aussi, nous serions assurés de cégner avec vous. Au lieu de cela, il sembla que Dieu fait de nous autres apôtres les deiniers des hommes, des condamnés à mort destinés dans l'ampliiihéâtre à servit de spectacle au monde, aux anges et aux hommes. Nous sommes des fous pour l'amour du Christ; vous autres, vous êtes des sages dans le Christ ; nous sommes faibles, vous êtes forts, vous êtes en honneur, nous en mépris. Jusqu'à cette heure nous avons vécu souffrant la faim, la soif, la nudité, souffletés, sans demeure stable, travaillant de nos propres mains. Maudits, nous bénissons ; persécutés, nous le supportons; in-
» I Cor., IV, 3-,5.
* Cesl-àdire : si je n'ai nommé, mis en scène qu'Apollos et moi, sans faire allusion aax chefs inférieurs des partis qui divisent Corinthe, c'est pour ne pas aigrir le débat.
^ L'apôtre entend par là les conseils et préceptes si fréquents dans l'Ancien Testament touchant l'humilité, la défiance de soi, la réserve de pensées et de paroles que l'homme doit garder devant Dieu et dans ses rapports avec le prochain. Voir sur les diverses interprétations de ce passage, Cornély, Commentarius in priorem épistolani ad Corinthios, p. 105 el 106.
jurtés, Dous répondons par des prières. Nous sommes les balayures du monde, le rebut de tous jusqu'à cette heure •.
« Ce n'est point pour vous faire honte que je vous écris ces choses, mais je vous avertis comme mes enfants bien aimés. Car quand vous auriez dix mille maîtres dans le Christ, vous n'avez pas cependant plusieurs pères, puisque c'est moi qui vous ai engendrés dans le Christ Jésus par l'Évangile. Soyez donc mes imitateurs, je vous en conjure, comme je le suis moi-même du Christ. C'est dans ce dessein que je vous ai envoyé Timothée, qui est mon fils bien-aimé et fidèle dans le Seigneur. Il vous fera ressouvenir de la manière dont je vis moi-même en Jésus-Christ , selon ce que j'enseigne partout dans toutes les Églises. Croyant que je ne viendrais plus chez vous, quelques-uns se sont enflés d'orgueil. Je vous irai voir néanmoins, et dans peu de temps, s'il plait au Seigneur; je jugerai alors non les paroles, mais les actes de ceux qui se sont ainsi enOés. Car le royaume de Dieu consiste non en paroles, mais en actes. Que voulez-vous? Que je vienne vers vous la verge en main , ou avec amour et en esprit de douceur'? »
Le ton de cette lettre montre à quel point Paul se sentait de nouveau maître de Gorinthe et en mesure d'y réprimer les abus. Il commence par celui qui l'avait le plus révolté : la présence d'un incestueux dans la communauté chrétienne.
0 On dit partout qu'il y a de l'impureté parmi vous, et une impureté telle qu'on n'en voit pas de semblable parmi les païens : un d'entre vous abuserait de la femme de son père ! Et après cela vous êtes encore enflés d'orgueil, et vous n'êtes pas plutôt dans les larmes, et vous n'avez pas chassé du milieu de vous celui qui a commis un tel acte ! Pour moi , absent de
> I Cor, IV, 6-13.
« Id., IV, 14-21.
ni
TROLBLES DANS l'ÉGLTSE DE CORINTHE. 301
corps, mais présent en esprit, j'ai déjà jugé, comme si j'étais présent, celui qui a commis ce crime. Au nom <ie ?iotre-Seigneur Jésus, vous et mon esprit étaiU assembles, que le coupable soit, par la puissance du Seigneur Jé-:,us, livré à Satan pour la destruction de sa chair, aûn que sou âme soit sauvée au jour de Notre-Seigneur Jésus-Christ*. »»
C'était rexcommunication dont l'apôtre donnait ici l'exemple, et dans ses plus dures conséquences, qui atteignent le corps pour sauver l'âme. Rarement, on le sait, l'Église va aux rigueurs de ce droit; elle est mère et ne peut se défendre d'aimer ceux même qu'elle rejette. Mais Paul se trouvait à une d? -^es •^xtrérxii'és où trancher unnieiiibre est sauver le corps. Il recourut au pouvoir que Jésus avait donné aux apôtres sur les [démons et les maladies - pour frapper le coupable d'un mal dont nous ignorons la nature. De même, et inspirant un semblable effroi , Ananie et Saphire tombèrent jadis aux pieds des Douze ^. Mais le dessein de ?aul , en cette circonstance , était moins de céder à son ndignation que de prévenir la contagion du vice. Em- )runtant à la Pâque , qui était proche , l'image des >ains azymes : « Ne savez-vous pas , leur dit-il, qu'un eu de levain fait lever la pâte entière ? Otez le vieux Bvain afm que vous soyez une nouvelle pâte, une pâte ans levain , toile que vous l'êtes. Notre Pâque à noust est le Christ immolé. Célébrons donc cette fête non vec le vieux levain, le levain de la malice et de la
' ICor., V, 1-5.
» Luc, II, 1.
Act., V, Ml.
302 SAIM PACL.
corruption, mais avec les pains sans levain de la si cérité et de la vérité '. »
L'apôtre , rejetant ainsi tout ferment impur, prei soin toutefois de bien fixer les limites dans lesquelles il interdisait les rapports avec les pécheurs. On se souvient des récriminations qu'avait soulevées ce passagre d'une lettre écrite par lui : ^<- N'ayez point de commerce avec les fornicateurs. » 11 le reprit pour l'expliquer : « Je n'entends pas par là, dit-il, les fornicateurs de ce monde, non plus que les avares, les ravisseurs du bien d'autrui , les idolâtres : autrement il faudrait que vous sortissiez du monde'. » Ceux qu'il visait, c'étaient seulement les chrétiens coupables de ces crimes, mais avec eux il défendait tout commerce, mômiel de manger en Leur compagnie. L'apôtre mettait ainal en vigueur dans ses communautés le retranchement dhl peuple, prononcé par la Loi en certains cas', et éteitAil par la Synagogue à quantité de fautes *. Cette sentenoil qui, non seulenient excluait le coupable des assenai blées religieuses , mais interdisait avec lui toute relMrl tion, enseignement, négoce, repas, était extrêmemem redoutée des Juifs ^. Paul n'avait garde de négliger ail moyen si puissant de maintenir dans l'Église l'ordre m ïimité. Usant du plein pouvoir que le Seigneur airÉbl -jfcl
> I Cor., v, 6-8.
2 Id., V, 10.
» Exod , XXX, 33, 38; xixi, 14. Lev., xvii, 4. Num., xn, 14. eUj
* Lighlfoot, Horx Ilebraicx, I Cor., v, 15.
^ Pour n'en citer qu'un exemple, ce fut la crainte d'être cfaaMil de la Synagogue qui empocha nombre de Juifs du plus haut raoïj de confesser leur foi en Jésus. Joan., xii, 42.