‹ Saint PaulChapitre 23 sur 47 · TROUBLES DANS L' ÉGLISE DE CORINTUE · texte numérisé non relu

TROUBLES DANS L' ÉGLISE DE CORINTUE

lonné sur ce point aux apôtres ', il emprunta au molïsme, et fixa dans sa lettre aux» Corinthiens les grands lits de cette pénitence canonique qui devait prendre i!ix âges suivants tant d'importance : la juridiction de Eglise bornée à ses propres enfants, l'excommunicaon nominale des coupables promulguée par les chefs :e la communauté.

Ces règles disciplinaires lui remirent en esprit un 'itre abus à proscrire. Depuis leur séparation de la -\nagogue, les fidèles ne pouvaient plus recourir aux >ibunaux juifs légalement établis et autorisés par Rome. Il leur restait les juges païens, auxquels nombre d'entre eux s'adressaient. Paul s'en indigna : « Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges eux-mêmes ? Et nous ne jugerions pas les affaires de cette vie ? Si donc vous avez quelque procès entre vous touchani les choses d'ici-bas, prenez les moins considérés d'-" l'Église et faites-en vos juges '. » Il ne faut voir là qu'une ironie, que l'apôtre tempéra aussitôt en rappelant Icombien de sages dans l'Église étaient aptes à décider lentre leurs frères ; mais sa véhémence montre à qu^I |)^int il redoutait pour son troupeau la contagion du fanisme. La fornication surtout, cette gangrène de )rinthe, était son effroi; il y revint en termes d'une

ïerté tout apostolique :

If

c Ne savez-vous pas que vos corps soat les membres du irist.? Prendrai-je donc les membres du Christ pour en faire

Les membres d'uae prostituée? A Dieu ne plaise! Ne savez-

' Mal., XTm, 15-18.

» I Cor., Ti, 1-4.

VOUS pas que celui qui s'uuit à uue prostituée devient un même corps avec elle? « Car les deux ne serout plus qu'une chair '», dit l'Écriture; mais celui qui demeure uni au Seigneur est un seul esprit avec lui. Fuyez la fornication... Ne savez-vouai pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui résid en vous et vous vient de Dieu, et que vous n'êtes plus vôtre, ••ar vous avez été rachetés à grand prix? (31ori(iez donc Dieu dans votre corps *. » ,

Ces questions de chasteté , dans le mariage comme dans le célibat, étaient au premier rang de celles que l'Église de Gorinthe demandait à l'apôtre d'éclaircir. Aux yeux de Paul tout plein des conseils évangéliques, la virginité constitue l'idéal de la perfection, la part des âmes assez fortes pour dominer la chair et le sang. Dans cet esprit, il proclame que le meilleur état pour l'homme est la continence. Quant aux fidèles trop faibles pour la soutenir, ils doivent y renoncer, car si la virginité vaut mieux que le mariage, celui-ci l'emporte de beaucoup sur la concupiscence. Mais qu'ils s'atteDr' dent à trouver dans l'union conjugale de graves et pénibles obligations : égalité de droits des deux parties, dont chacune cesse de s'appartenir; nul terme, nulle suspension aux devoirs de leur état que la mort, à moins que, momentanément et de concert mutuel, lef époux ne se séparent pour vivre dans la prière; tout abandon interdit, sauf le cas où l'un des deux époiul^ demeuré infidèle, demande à se retirer. « Qu'il s'eiî aille, dit l'apôtre, car notre frère ou notre sœur ne

1 Gen., u, 21i.

» 1 Cor., VI, 15-20.

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