‹ Saint Paul épitre aux RomainsChapitre 41 sur 94 · KPITRE AUX ROMAINS, LA JUSTIFICATION · texte numérisé non relu

KPITRE AUX ROMAINS, LA JUSTIFICATION

messianique temporelle distincte, si courte fùt-elle : elle ne comportait qu'un jugement. Entre les deux il fallait opter. Paul ne pouvait emprunter à aucune des deux théories juives l'idée d'une déclaration de justice anticipée. Mais certains estiment que ce point devait résulter de ses vues eschatologiques.

Ce n'est pas le lieu de les exposer en détail. Certainement Paul a du Messianisme une idée beaucoup plus haute que les Pharisiens. Jésus, Fils de Dieu, est le consommateur de toutes choses. La vie chrétienne c'est déjà la vie éternelle commencée. Le don de l'Esprit qui accompagne la justification est un don d'infini. Cependant il a maintenu aussi nettement que les Pharisiens de son temps le jugement à venir. Seulement il l'attribue au Christ aussi bien qu'à Dieu : « Car nous tous il nous faut comparaître devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive ce qu'il a mérité étant dans son corps, selon ses œuvres, soit bien, soit mal » (II Cor. v, 10). C'est la doctrine constante de l'épître aux Romains (il, 16; xiv, 10). C'est à ce moment que se placera naturellement la déclaration de justice (Rom. ii, 13). Mais parce qu'en ce moment le sens de déclaration est à sa place, faut-il conclure que δικαιουσθαι aura le même sens quand il s'agit d'un fait qui se place au début de la vie chrétienne? Ce serait confondre l'acquisition de la justice pour l'exercice de la justice, propre à la vie temporelle, et la déclaration, le jugement qui termine tout. La déclaration se comprend dans le système de Luther qui a du moins le mérite d'être logique. Puisque le fidèle n'a pas de justice, il faut bien que Dieu lui en attribue une, sinon comme juste juge, du moins comme souverain. Et cette déclaration luthérienne aies deux propriétés nécessaires à une déclaration divine; elle donne la certitude et elle est irrévocable, du moins tant que dure la foi.

Mais lorsqu'on reconnaît comme Titius la présence de la justice dans l'âme, d'une justice qui peut être augmentée et qui peut être perdue, sur quoi porte la déclaration de Dieu? Elle constate que le fidèle possède la justice, soit; nous admettons pleinement que cette constatation est possible et qu'elle a lieu. Mais elle se distingue de la déclaration finale parce qu'elle n'est pas promulguée de façon à donner la certitude, et parce qu'elle n'est pas définitive. Saint Paul sait qu'il n'est pas encore justifié dans ce sens ; et s'il parle avec tant de confiance aux Romains de la certitude de leur salut en ce qui concerne l'assistance de Dieu, toutes ses exhortations indiquent assez que les chrétiens peuvent cesser d'être au Christ. Il serait inutile de s'étendre sur ce point qui n'est généralement pas contesté; on peut se reporter aux chapitres vi et viii de cette même épître aux Romains. Aussi INI. Titius a-t-il pris soin de marquer ces différences entre la justification qui est l'union au Christ et la justification qui est la sentence de gloire. Mais ces différences sont précisément telles que la première justification, n'ayant plus le caractère d'une

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