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386 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 150]
et peut-être identique à l'Evangile des ébionites. Les fables, en tout cas, y abondaient * ; on était à deux pas des puérilités qui remplissent les Évangiles apocryphes. Mais un certain sens droit fait éviter à Justin les erreurs extrêmes. Son érudition païenne, toute frelatée qu'elle était, frappait les gens peu instruits En somme, c'était un précieux avocat. Tous les apologistes qui suivirent s'inspirèrent de lui *.
Son admiration pour la philosophie grecque ne pouvait être du goût de tout le monde; mais elle paraissait d'une bonne tactique. On n'était pas encore au temps des injures envers les sages de l'antiquité; on prenait le bien où on le trouvait; on voyait dans Socrate un précurseur de Jésus, et dans l'idéalisme platonicien une sorte de préchristianisme ^ Justin est autant un disciple de Platon et de Philon que de Moïse et du Christ * ; Moïse étant plus ancien que les sages grecs, ceux-ci lui ont emprunté leurs
161; Tischendorf, EvangeL apocr,, p. xiii, xxxvin, xxxix. Notez surtout la flamme du Jourdain, trait caractéristique de l'Évangile des Hébreux (Épiph., xxx, 43).
1 . Ainsi la caverne de Bethléhem, le feu du Jourdain, les charrues de Jésus. DiaL, 78, 88. Voir ci-dessus, p. 344 et suiv.