‹ Saint PaulChapitre 12 sur 31 · L'ESPÉRANCE · texte numérisé non relu

L'ESPÉRANCE

Dès que l'homme a porté sur les biens invisibles le regard de la foi, son cœur s'en éprend, y aspire, les réclame avec de mystérieuses ardeurs : tout gémit, tout esten,proie aux douleurs de l'enfantement^ :— tout attend la révélation de la gloire des fils de Dieu *. Soutenir cette attente, entretenir ces ardeurs, telle est la mission de l'espérance. Née de la foi ^, l'espérance soutient, durant

1 Nous avons, en exposant le dogme de la résurrection générale, donné le sens profond de ces dernières paroles.— ^Hebr. xi. — 3 Rom. vui, 22. — ^ Rom. viii, 19. — ^ Spes ex fide quodammodo orilur. D. Thom. in Epist. ad Boni. c. vin, lec. v.

1er défaillances et les maux de l'exil, la volonté de l'horame et la tient sans cesse élevée vers les biens invisibles. Par l'espérance, l'hcmme détaché des choses périssables n'a=pire plus qu'aux éternelles, et par elle encore, sûr de la promesse divine, appuyé sur l'infinie autorité d'un Dieu, il garde sans être jamais ébranlé la confession des biens promis, car il ost fidèle celui qui a fait 2es promesses ^ : promesses dont le double objet est la vie étemelle et les secours qui y font arriver.

C'est dire que Tespérance renferme à la fois pour l'homme une grandeur merveilleuse, la plus haute ce)^titude, une décisive influence sur la direction de toute la vie.

1. Notre gloire, c'est notre espérance 2. Quelle transformation opère l'espérance ! Voyez cheminer sous un ciel inclément, par une terre aride, ce voyageur brisé de fatigue et torturé par la faim : vous le plaignez ? Ah ! ne vous y trompez pas ! ce prétendu pauvre est l'héritier présomptif d'une grande couronne; exilé un instant, il regagne la patrie où l'attendent avec les splendeurs du trône toutes les joies et toutes les gloires d'une royale existence.

Un jour Dieu fit à l'homme cette é'ionnante ouverture qu'il lui destinait son propre repos. Quel est ce repos de Dieu? Dieu parle-t-il en figure? S'agit-il pour l'homme du repos tsrrestre à goûter après les fatigues de ses œuvres 3? Non, ce repos dominical, figure auguste du repos de Dieu après les six jours de la création, était institué dès longtemps avant la promesse dont nous parlons. L'œuvre divine était achevée, le repos dominical

« Hebr. x, 23. — 2 Rom. V, 2. — s Hebr. iv, 4, 5.

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