II. — Exercice de la Charité
I. — Doctrine fondamentale. — La Rédemption qui nous unit les uns les autres de la plus étroite union, jusqu'à ne plus faire de nous tous qu'un seul corps. — Belle et féconde doctrine de l'Apôtre sur le corps mystique de Jésus-Christ. Forniation, entretien, croissance de ce corps.
Constitution intime du corps mystique des fidèles. Il est formé par Dieu à l'instar du corps humain. — Unité dans la diversité : corps unique, membres et fonctions diverses : ■ hiérarchie, admirable d'unité et de multiplicité. — Tempérament apporté dans ce corps : ni les membres les plus nobles n'ont lieu de s'enorgueillir, ni les plus humbles de se plaindre et de s'irriter. Conduite de l'Église envers les petits, les pauvres, les deshérités : splendeurs divines dgnt elle les revêt. — Le divorce d'avec l'Église, principe de tous nos périls sociaux. Le puissant n'est plus contenu, le pauvre n'est plus consolé et apaisé.
Merveille d'union, de charité, de mutuelle condescendance, de secours réciproque entre les différents membres du corps humain. — Merveille reproduite dans le corps mystique 296
IL — Application en détail de cette doctrine, — Corps mystique formé à l'instar du corps humain, le corps des fidèles doit reproduire surnaturellement tout ce qu'un instinct naturel dépose de charité dans le corps humain. — ; L'exercice de cette mutuelle charité se résume en trois actes principaux; conserver l'union, compatir, soulager 308
1. L'union fraternelle. — Elle défend toute division, tout esprit de parti, tout ce qui peut nous éloigner de nos frères. Enumération des défauts et des travers qui le plus ordinairement rompeot les liens de l'union fraternelle. — Oppositions que l'homme déchu trouve à l'union, et vertus dont la pratique la peut seule conserver et affermir. 308
2. La sympathie réciproque. — Stupéfaction du monde à l'apparition de la charité fraternelle : merveilles qu'elle ne
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ccsso (loimis les sii-rlus (i'onriuitin- ilims l'K^^lisu catholique. — Son typo divin dans la tondre compassion, les larmes, les IVémissoinenls douloureux do Jésus eu faco do nos
misères et do nos souHVauces .'il')
L'aumône. Deux sortes d'aumônes lougiicaiont cxpûsi'os par l'Apôtro : l" L'aumôno spirituelle ; 2» l'aumône corporolle -^ î ')
Aumône spirilucUc. — Le support charitable des i\àlauts du prochain : motifs, pratique. — La correction fraternelle. — Le lidôle associé à l'apostolat de Jésus- Christ doit éclairer, reprendre, transformer. — Difiicultés do la correction fraternelle-: prudence délicatesse, bonté qu'elle exige 310
Aumône corporelle. — Son excellence, sa praUquc. — Son excellence : excellence d'abord par ce fiu'elie obtient; en second lieu par ce qu'elle donne. — Admirables vues de la Providence sur le riche. — Le riche n'a pas droit de cité dans l'Église, l'Église pauvre du Dieu pauvre ; seuls, les pauvres en sont les habitants et les citoyens naturels. Or par l'aumône, au moyen d'un merveilleux échange, le le riche reçoit du pauvre, avec le droit de cité, toutes les laveurs et tous les privilèges du grand roi. Car, non-seulement l'aumône introduit le riche dans le royaume du Christ, mais elle l'y comble de grâces. Elle ellace les péchés, elle augmente la justice, elle purifie les uns, elle revêt les autres des plus éclatants mérites. — L'aumône est grande et précieuse en second lieu par ce qu'elle donne. Elle glorifie Dieu excellemment : comme renfermant en elle les plus hautes vertus : comme étant un holocauste riche et pur oll'ert au Très-Haut : troisièmement, comme obtenant à Dieu, par la conversion des pauvres, autant d'actions de grâces et de louanges qu'elle soulage de misères 324
■Voyons 2o la pratique do l'aumôno et les formes diverses quelle revêt. — L'aumône doit être sainte, faite pour Dieu sans recherche humaine ni intentions naturelles-, libre, non pas contrainte, non pas chagrine; généreuse, sans la secrète avarice qui resterait cachée sous les dehors de l'aumône: l'aumône avare rend avares les redevances de Dieu-, discrète. Dieu n'agrée pas des largesses sans règle, sans discernement, ou faites avec le bien d'autrui ; joyeuse, c'est elle surtout qui apporte au cœur affamé du pauvre le rassasiement et la paix. — L'aumône se diversifie comme la misère, ingénieuse à appliquer à chaque détresse son secours particulier. — Elle soulage l'indigence, console et
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soutient le délaissement des veuves, revêt la nudité du sanctuaire, visite le cachot des prisonniers , se fait tout à tous pour les gagner tous à Dieu 33^