‹ Saint Paul [microform]Chapitre 16 sur 55 · I/EP1TRE AUX COLOSSIENS · texte numérisé non relu

I/EP1TRE AUX COLOSSIENS

elevee avec lui >a de semblables hauteurs tpute ame qui s'attache a lui par la foi et 1'amour. Caril est pour elle la te"te, lechef duquel tout le corps, recevant la vie par les vaisseaux qui en joignent et lient toiites les parties, s'alimente et croit de Paccroissement de Dieu * . Des lors, que parle-t-on au chretien, si etroitement uni a la divinite, d'etres interposes entre elle et lui, independants du Christ, d'anges dont le culte pourrait Stre compare a celui de 1'unique Redempteur? Les precheurs de ces reveries ont beau se couvrir d'un masque d'humilite, et se pretendre indignes d'approcher Dieu autrement que par ces intermediaires , leurs imaginations ne sont que 1'orgueil enfle par les pensees de la chair 2 et tremblant de se sentir immediatement sous la main de Dieu. Pour eviter cette union au Christ, effroi de la nature parce qu'elle en est la mort, 1'heresie de Colosses demandait quelque apparence de sagesse, de devotion, d'humilite 3 aux sectesquil'entouraient, auxEsseniens et aux cultes de la region, leurs abstinences et leurs folles austerites 4 , aux Juifs leurs celebrations de fetes, de nouvelles lunes, de sabbats 5 . Vain ascetisme, sans effet sur la concupiscence, puisque

1 Coloss., ii, 19.

2 Id., ii, 18.

3 Id., n, 23.

< Id., ii, 20-23.

$ Id., n, 16.

seule I'umon du cceur a Jesus mourant detruit en nous le vieil homme 1 : values observances, indignes d'ames eclaire es par la foi nouvelle, parce qu'elles les ramenentaux rudiments de la science, a epeler les premieres lettres de {'alphabet 2 . Colossiens, conclut 1'apotre, vous etiez morts dans le Christ a ces primitives instructions du monde,. comment vous laissez-vous surcharge!" d'ordonnances surarinees? Car vos prohibitions, vos craintes de souillure : Ne prenez pas, ne goutez pas, ne.tou-. chez pas ! vous rabaissent aux servitudes du mosaisme,, a une discipline d'enfants 3 .

Si done vous tes ressuscites avec le Christ, rechercliez ce qui est en haut, ou le Christ est assis a la droite de Dieu ; pensez aux choses d'en haut, non a celles de la terre; car vous ^tes morts, et votre vie est cachee avec le Christ en Dieu; quand le Christ, qiii est votre vie, viendra a paraitre, vous paraitrez vous aussi danslagloire. Faites done mourir les membres de 1'homme terrestre qui est en vous, la fornication, 1'impureta, les affections dereglees, les mauvais desirs... Depouillez le vieil homme avec ses osuvres et revStez-vous du nouveau qui, se renouvelant

i L'austerite de la vie, sans 1'esprit interieur qui 1'anime, est de nulle valeur, de nul secours centre le peche. Le vrairemede a la concupiscence est 1'union au Sauveur Jesus : mourir avec lui au monde, c'est porter dans nos membres, dans notre corps de chair, une mort feconde, car elle nous donne de ressusciter avec lui, de ressaisir en lui la vie.

% T& a-EOi^sta. Coloss., i, 8.

3 Id., n, 20-21.

L'EPITRE ATJX COLOSSIENS . 79

sans cesse a Vintage de (Dieu) son createur, atteint la science parfaite 1 . Dans ce renouvellement, il n'y a plus Grec et Juif, circoncis et incirconcis, barbare> Scythe, esclave, libre; le Christ est tout en tous 2 .

Les conseils de morale par lesquels Paul termine ses lettres prennent dans 1'Epitre aux Colossiens un tour inusite. Adresses jusque-la a 1' ensemble des fideles, sans distinction de classes on de personnes, ils visent icien majeurepartielafamille chretienne., Ce fondement de toute societe occupait alors parti-, culierement 1'apotre, car nous 1'y. verrons revenir avec instance dans 1'Epitre auxEphesiens.Quelque incident, peut-etre quelques clesordres signales par Epaphras dans les chretientes d'Asie, on sans chercher siloin, peut-^tre le simple commerce de Paul avec le monde de Rome tournait ses pensees a cet objet. On sait, en effet,etnous 1'avonsdit ailleurs 3 , ce qu'etait la famille dans 1'Etat romain : une insti- 1 tution d'une force incomparable, mais excessive de rigueur. Le pere y exercait nn pouvoir absolu sur tout et sur tous, femme, enfants, esclaves ; de la des habitudes de discipline que Paul ne pouvait qu'admirer, a condition neanmoins de les adoucir, car

1 J Eii:iYvto<jtv. Ce mot, frequent dans les dernieres Epitres de S. Paul, designs un etat d'intelligence, de connaissance, superieur a la simple science : yvwau;; c'est la plenitude du savoir, le plerfime que la fausse Gnose promettait vainement a ses adeptes.

2 Coloss., in, 1-11.

3 S. Pierre, chap. xvi.

I'ame chretienne, en quelque condition d'age, de sexe, de fortune qu'elle se trouve, commande des respects, une liberte que les lois de Rome avaient meconnue.

L'ap6tre n'a besoin que de quelques reserves pour tout ramener a la verite. Aux epouses, il recommandela soumission, mais commeil convient, dans le Seigneur ; aux maris, 1' amour de leurs femmes, sans rigueur ni rudesse ; aux enfants, 1'obeissance . en vue de plaire au Seigneur ; aux peres, de ne jamais irriter ni briser Tenfant; aux esclaves d'obeir en tout... et de coeur , non aux hommes toutefois, mais ne reconnaissant, ne servant d'autre maitre que le Seigneur Christ 1 ; aux maitres, autorises paries moeurs, les lois memes, a d'implacables duretes, rinjonction est faite, presque en forme de menace : Accordez a vos esclaves ce qui est juste et equitable, sachant que vous aussi, vous avez un maitre dans les cieux 2 . Un mme souffle, Tesprit de charite anime ces divers preceptes, y incline les ames en leur inspiraiit de toutfaire, dansleparler on Tagir, au nom du Seigneur Jesus 3 .

Revetez-Yous done comme des elus de Dieu saints et bien-aimes, d'entrailles de misericorde, de bonte, d'humilite, de douceur-, de longanimite, YOUS supportant Tun

1 Coloss., in, 18-25.

2 id., iv, 1.

3 Id., m, 17.

L'EPITRE AUX EPHESIENS 81

1'autre, vous entrepardonnant les uns aux autres, si quelqu'un asujet de plaintes centre son frere : le Christ vous a pardonne, faites de mme. Par-dessus tout, rev&tez-vous de 1'amour qui est le lien de la perfection, et que la paix du Christ, a laquelle vous Stes appeles en un seul corps, regne dans vos coeurs l .

De sa main chargee de fers, Paul prit la plume pour signer et ecrivit ees mots : Voici la salutation que j'ajoute ici, moi Paul, de ma propre main : Souvenez-vous de mes liens. La grace soit avec vous ! 2

1 Coloss., in, 12-15.

3 Id., iv, 18.

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