CHAPITRE III. XXXVII
recherches les plus longues et les plus insipides. On peut rencontrer l'va équivalant à worrs (i, 17); e'av ne marque pas nécessairement le doute; ÔTrép, en bien des cas, remplace irEpi.
Quand un mot est susceptible de deux significations, l'une classique et commune, l'autre hellénistique, nous ne croyons pas qu'il faille toujours préférer la seconde; [îXétusiv, par exemple (primitivement « avoir le sens de la vue »), qui à l'époque se confondait souvent avec ôpxv, le simple « voir », peut très bien ici (comme dans le reste du N. T.) avoir conservé son sens traditionnel de « fixer le regard » (d'où « veiller à », très fréquent); c'est le cas certainement pour l'impératif pXsTrîTe de x, 7 (v. ad loc], et ce doit être la même chose à vin, 8 et peut-être xii, 6 (= « considérer »), tandis qu'au ch. iv, 18 (4 fois), Ta pXeTroaeva signifie plutôt « les choses visibles », « qui tombent sous le sens de la vue « .
La pr'ovenance de ce vocabulaire étendu est la même en gros que pour celui do la Première Épître. Cependant il faut noter que la couleur générale en est plus abstraite, ce qu'explique la différence des sujets, Paul n'ayant pas à résoudre cette fois tant de problèmes pratiques. Et comme pourtant ce vocabulaire n'est pas moins varié que l'autre, nous voyons que ce n'est pas seulement la variété de la matière concrète qui forcerait Paul à étendre le choix de ses mots; il avait donc à sa disposition, ce « Sémite », le plus riche répertoire grec. Ici, de la vie domestique ou familière, nous rencontrons assez peu de termes : Oupt';, ffapyâvy, et tsï/oç, par exemple, à xi, 33. Dans l'ensemble, le langage est « noble », comme auraient dit les professeurs d'autrefois, — sauf aux rares passages où Paul, emporté, lance quelque rude expression. Il y a, naturellement, de ces métaphores militaires qu'il aimait, ôpiatxpî'jEiv-, 6;(ûpw(ji.a, cuXav, ô'^wviov, al.; d'autres mots sont empruntés à la langue administrative d'alors, xupoïïv, lmT\.<x[%^ àrcôicptuix, ,8^;x«, al., et Paul prend même àyvo'ç et 7rpScY(Aa (vu, 11) dans une acception juridique. Les sports ou les jeux n'interviennent pas comme dans I Cor.; tout au plus pourrait-on y ramener (peut-être) quelques emplois figurés de Soxiaa^ew, Soxitji.vi; les termes de iv, 8-9 (une poursuite et une lutte) ne sont pas techniques, excepté, si l'on veut, xaTapaXXoVsvot, peut-être aussi lY^taTxXïnrôuiÊvoi (v. ad loc). D'expression commune avec le langage religieux grec, on ne trouve que «ppriTo; (xii, 4, v. ad loc); par contre, un nombre respectable de mots sont éclos sur le terrain philosophique, dans la Stoa particulièrement : «ÙTapxeix, loror/jç, ctuvci^tjijiç, 6 eaw àvOpojTro;, et d'autres que nous relèverons.
Du point de vue critique et historique j il y a de précieuses informations à tirer de ce trésor verbal, aussi bien de ses déficiences que de son abondance; pour la psychologie aussi. En vidant une urne où les mots seraient mélangés au hasard, on aurait déjà l'idée du caractère de celte épître, tant leur couleur répond aux divers aspects de la situation. La fréquence de «aO/vEta, « faiblesse », de XÛTT/), « chagrin » (6 fois) et Xutteïv (12), quand les deux mots n'apparaissent que deux fois ailleurs chez Paul, éveillent l'idée d'un trouble profond qui a pesé sur l'auteur; l'attitude audacieuse de défense qu'il prend pour réagir fait