‹ Saint Paul [microform]Chapitre 20 sur 100 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

abonder des mots comme xauyadOjti (« se glorifier », ou « se vanter » avec défi), xo(i!i;^v]fftç, xaûyvi;/«, qui additionnés donnent le chiffre de 29, comme îxavdç 3 fois, IxavÔT/jç 1 fois, îxavoîîv une fois, avec le sens d'« être à la hauteur », et de (TuvKTTocvEiv, « recommander», sérieux ou ironique, ToX[jLav, « être audacieux ou téméraire » (par ironie) quatre fois (autant que dans tout le reste des épîtres), îSou, a voilà », trouvaille ou surprise dramatique, sept fois ici et trois fois seulement ailleurs. La haute tension de la dictée fait jaillir quatre fois (trois fois ailleurs en tout) le mot ÔTTsppôXTi, idée d'à excessif ». Les principes supérieurs qui dominent le débat apparaissent dans la fameuse antithèse (créée par Paul, V. infra) de 7pa[jiij.a, « lettre » etiîveufxa, « esprit », y.oiviovi'a quatre fois et xotvwvdç deux, idée d'« union » ou d'unité, et xotivdç (opposé à TcaXotiôç), trois fois (quatre seulement ailleurs), avec celle de « rajeunissement », renouvellement, xaTaX- Xayvi 2 fois et xataUaffffetv 3 fois (autant que dans les autres épîtres ensemble), la « réconciliation ». Le but, encouragement des faibles et du lutteur lui-même, progrès, perfectionnement, transparaît dans les termes TrapaxaXeïv et TcapaxXvicriç (28 fois par addition, 44 fois à travers les autres épîtres), TrepiacreuEiv, « surpasser », 22 fois, ctitsXeïv, « parfaire », « achever », 4 fois (3 fois ailleurs en tout), 7tpo0uîJi.ia, « ardeur », « bonne volonté », quatre fois, qui ne se lit qu'une fois dans un autre écrit, les Actes. Enfin le fond de douceur, de tendresse, d'optimisme, qui reste inaltéré sous la polémique, se manifeste sous les mots de X,.apt(; et /«pt'^effOai « faire grâce », 22 fois par addition, de /apa, «joie » et /aip^Etv, 13 fois pris ensemble.

Le vocabulaire revêt donc une couleur de fierté et de bataille, en même temps que de plainte, d'attendrissement et d'affection, de reproche et de confiance, d'encouragement et d'espoir, comme on n'y trouverait guère d'analogie dans les autres épîtres de saint Paul. Par contre, il contient peu d'expressions doctrinales; nous avons déjà noté l'absence ou la rareté des mots techniques de la controverse judaïsante, ou relatifs à la thèse de la justification, — mais aussi de la doctrine foncière, la Rédemption et l'union. Et pourtant ce sont encore des pensées qui imprègnent toutes les pages. C'est bien le signe que Paul n'était pas un théoricien prisonnier de sa terminologie. Quant à l'absence presque totale des mots les plus caractéristiques de la Première Epître, y>Jv4, TcotpQsvoç, eîSwXoôutov, )^apia[AO(, TrvsufjiaTixdf, lygipeiv, (paycTy, etc.,

elle montrerait à elle seule combien la situation s'était modifiée.

On voit à cette étude que Vintention de Paul n'était nullement d'écrire une Ifettre d'« instruction » dogmatique, ou morale, ou disciplinaire. La Première aux Corinthiens avait suffisamment atteint son but immédiat; les difficultés s'étaient déplacées, tout en se généralisant; elles portaient maintenant sur un esprit, plus que sur aucune doctrine formulée, ou que sur la règle commune des mœurs chrétiennes et de la perfection, bien connue maintenant de ceux-là mômes qui la violaient. Lorsque Paul parle ici de doctrine, c'est que son « apologie » l'y entraîne, comme accidentellement.

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