CHAPITRE Iir. XXXIX
moins encore peut-être que dans I Cor. Nous ne rencontrons pas ici de où i^vi, de l'va avec le futur indicatif, une seule fois lav pour àv, ni de « Iv instrumental » caractérisé. Il n'existe point de cas certain de « sémitisme », si ce n'est peutêtre quelque emploi isolé de StSovai pour TiOs'vat (r, 22; vin, 16;? xii, 7).
Rien à remarquer sur la morphologie des substantifs et adjectifs, ni sur l'emploi des cas, — si ce n'est que Paul ignore toujours les formes contractes de 7r>e(wv (uXeiovaç, ix, 2), trait hellénistique.
Article. — L'article joue amplement le rôle si varié qu'il possède en grec. Nous ne rencontrons d'un peu singulier, par excès de contraction elliptique, que son emploi à viii, 15 : « ô xb koXu. .. ô xo oXt'yov » ; mais c'est dans une citation. On trouve l'article deux fois préposé à des génitifs, 17 fois avec l'infinitif, 12 fois avec des adverbes, deux fois avec des locutions prépositionnelles (v, 10 et X, 7), une douzaine de fois devant des prépositions ou des adverbes au rôle d'adjectif explicatif, 36 fois précédant des participes. Tout cela est grec. — Devant XpicrroV, il se lit 16 fois et manque 20 ibis.
Pronoms. — Le relatif o; est employé correctement; 9 fois, ce qui est du style habituel de Paul, au sens de « celui qui » ; six fois avec attraction ; 6<; à'v, une fois ; l'{)' 1, une fois.
Verbes et participes. — Il n'y a point de formes inusitées dans la Koinê correcte; signalons tout au plus àTTciTcaaeOa de iv, 2, la forme moyenne en a de àTTêïTTov, qui s'imposa dans l'hellénisme. Le choix de Paul flotte entre le récent ffuvtfftàvstv, habituel, et le classique (ruviaiavat (aux deux passages x, 7 et XII, 11). Sur le sens transitif de au^avEtv, le double sens de piXsrceiv, v. supra.
L'optatif manque totalement.
\j usage des temps est très régulier. On a voulu voir des « aoristes épistolaires » en plusieurs passages où cela importe à l'exégèse, ainsi à viii, 17-18 (v. ad lac). A ii, 3, lypa'];» n'est certainement pas tel, et Paul était si loin de s'imposer r« aoriste épistolaire » comme règle, qu'il dicte le présent Ypa«p"-«> à XIII, 10, en parlant du contenu de la lettre qu'il est en train de composer. Puisqu'il restait libre ainsi, c'est uniquement par l'exégèse qu'on pourra juger si tel aoriste est « épistolaire » ou non. Nous croyons pour notre part qu'il n'y a pas un seul « aoriste épistolaire » dans toute la lettre. — L'emploi des parfaits est également correct, et même délicat. Un seul exemple, et encore douteux, de « parfait aoristique » se rencontrerait ii, 13 : oùx £cT;(vj)ta avâiiv (v. ad /oc). Mais au ch. i, 8 et en beaucoup d'autres passages, le parfait (comme '(é-(ovzy de i, 19 ; v, 17) garde certainement toute sa signification d'état ou d'action qui continue, ce qui a parfois de l'importance pour l'exégèse historique. — On trouve, i, 9, une forme périphrastique du parfait subjonctif bien connue dans les papyrus, TreTiotôoTsç m^bv.
C'est Vemploi des participes surtout qui donne lieu à observation. Paul en use et en abuse. Très souvent, du ch. vi aux derniers, ils tiennent la place qui reviendrait à des verbes finis dans des phrases mieux faites. On a voulu reconnaître là quelque influence de l'araméen; mais, comme ce serait un phénomène bien isolé en notre épître, il vaut mieux l'attribuer à l'encombrement de pensées au flux précipité, qui empêchait Paul de prendre souci de la séparation des phrases. Il y a franche ellipse à xii, 4 (Iqo'v pour I^Éffxi), ellipse ou incongruence à ix, 13-14 (oo^à^ovreç au lieu d'un génitif, v. ad loc). Mais,
XL INTRODUCTlOIf.
pour toutes les ellipses, incongruences, anacoluthes, asyndèses, nous ferons mieux de renvoyer notre lecteur au paragraphe du « Style », infra.
Les participes absolus sont aussi traités à l'hellénistique : parfois le génitif absolu apparaît là où les classiques ne l'auraient pas employé, par exemple IV, 18, et dans un passage où cette particularité donne lieu à discussion historique, xn, 21 [ad loc). Nous trouvons une tournure rare, mais permise, à! accusatif absolu, à iv, 8-9, \i.^ àvajcaXuTUTo'fxevov on..., v. ad loc.
Quant au régime des verbes, nous avons déjà signalé l'hellénistique y'veffDai Iv de m, 7. Au ch. ix, 8, Tcspiscrsueiv est fait transitif une fois et intransitif une autre. Paul sait d'ailleurs faire varier les prépositions de complément indirect ou circonstanciel avec beaucoup de finesse. Exemples : SiJc SôÇy]? et èv SôÇv] de m, 11 (v. ad loc); ou bien l'opposition (voulue) de Oappw Iv &(ji.Tv à vu, 16 et Oappto etç &[xaçà X, 2, par où Paul rappelle ironiquement que cette « hardiesse » qui lui est inspirée par les bonnes dispositions des Corinthiens n'est pas de la hardiesse contre eux, comme le prétendent ses adversaires (v. ad loc.].
Adverbes. — Des adverbes sont parfois employés substantivement, même avec l'article (ainsi vaî et ou, i, 17-20, v. supra). On discute pour savoir si, deux ou trois fois, TrepiffaorÉptoç a valeur de vrai comparatif, ou de superlatif absolu (voir à i, 12; ii, 4; xi, 23); c'est à trancher en chaque cas spécial. — 11 se pourrait que Paul, qui aimait les composés en ^resp-, eût forgé l'adverbe {(TtepXiav, et, peut-être, uTcepéxEtva (v. supra).
Particules diverses. — La négation ou, iv, 8-9, se trouve peut-être mise intentionnellement — plutôt que par licence hellénistique — à la place de \Kr[ devant des participes, iv, 8-9 (v. ad loc).
[x/v apparaît 9 fois seulement (contre 75 8=), ts deux fois, ye une fois (11 fois ailleurs chez Paul) dans et ye xai de v, 3, si ardu à expliquer. OSv est rare , dix fois; y\ se trouve en tête d'interrogations 5 ou 6 fois, comme I Cor.
Paul affectionne xaTa avec l'accusatif, en des expressions devenues chez lui techniques, comme xarà Oeov, xatà xuptov, xxxà [r/iv] ffap/ia, xxtx Trpo'ffwirov, et il en
a d'autres semblables, comme xaQ'ÔKspjîoXïiv, xat' lîtirayviy, eu tout 23 fois, moins pourtant que Rom.
Trepi, deux ou trois fois et toujours avec le génitif — à la différence de 1 Cor. et autres épîtres, — est en règle presque générale remplacé par ÔTtÉp. Cette dernière préposition apparaît encore trois fois suivie de l'accusatif. On trouve un cas très intéressant, vu sa rareté, pour les grammairiens, de Oicsp employé adverbialement xt, 23.
à;, deux fois ii, V]^, et peut-être aussi vi, 10-ss., signifie « en tant que », « à titre de ». A xui, 2 (ok uaptov), le contexte général l'oblige, selon nous, à signifiera comme lorsque [j'étais présent] » et non « comme si » (v. ad loc). L'expression prégnante à; Sxi de v, 19-(cfr xi, 21) est d'une interprétation difïïcile (v. ad loc).
ïvoe est employé souvent, et régulièrement au sens final, mais parfois aussi consécutif. Voir surtout xiii, 6-7, où il pourrait équivaloir à ottoî, rare.
Signalons enfin la locution très elliptique ou>c «ÀXa... «XX' -/i a de i, 13 (v. ad loc).