‹ Saint Paul [microform]Chapitre 24 sur 100 · CHAPITRE III. XLVIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. XLVIÏ

388 OÙ la correspondance des mêmes mots paraît moins être un effet de style voulu que due à la négligence littéraire d'un homme qui a le cœur trop plein pour chercher à varier ses expressions; iv, 8-10; v, 14 à vi, 10, où les quatre strophes de vi, 4-10 sont certainement improvisées; vi, 17-18, où leparallélisme n'est que celui des textes hébraïques cités; vi, 14, 15, 16, une strophe à six membres; xi, 21" à fin de 31 ; etc.

Étaient-ce là des procédés conscients de « style oral » artistique? Non, mais du « style parlé » comme il y en a dans toutes les langues ; l'allure tumultueuse de x-xiii en particulier s'oppose à toute utilisation pour une « récitation cultuelle ». Un parallélisme occasionnel devait naturellement s'introduire dans la diction d'un homme nourri de la Bible, d'un ancien rabbin tel que l'Apôtre. Mais ce n'est pas toujours là un procédé littéraire, il peut être dû au pur hasard, comme dans le récit de !'« enlèvement au troisième ciel », où il est plus marqué que partout ailleurs (xii, 2-3) ; là il nous semble bien que Paul ne l'ait que se répéter machinalement, dans l'embarras du travail intérieur où il cherche l'expression qu'il va employer afin de voiler mieux tout ce qu'il ne veut pas décrire.

Lors donc qu'on peut mettre des morceaux de cette épître en strophes (ce qui arrive assez souvent), la tendance sémitique au parallélisme peut bien contribuer à l'expliquer parfois, mais c'est surtout l'ardeur de l'inspiration qui illumine et concentre la pensée de l'Apôtre, — chose qu'elle aurait faite tout aussi bien s'il avait été un pur Hellène. Nulle part du reste dans l'Épître n'apparaît ce qui caractérise le mieux le (< style oral » conventionnel, le parallélisme « synonymique » ; quand il s'en trouve quelque apparence, on voit que ce sont de pures et simples « répétitions » d'une pensée qui s'arrête en cherchant comment elle continuera à s'exprimer.

Saint Paul n'a donc pas grand chose de commun, et particulièrement dans la Deuxième Épître aux Corinthiens, avec les auteurs de a style oral ».

Pour conclure, reconnaissons que cette lettre, où tant d'imperfections légères se mêlent à des beautés uniques, mais servent à les relever parfois, occupe un sommet parmi les œuvres littéraires de l'humanité. Seul un saint Paul était capable de Técrire.

JV. Les citations.

Les citations que fait cette Epître de l'Ancien Testament ont été bien étudiées par Pliunmer^ qui renvoie lui-même à la dissertation plus générale de Sanday^. « Romans '-3 », pp. 302-307. Il y a moins à en dire que de celles de la précédente épître (v. notre comm. de I Cor., pp. lx.kii-s., pour les questions de principe). D'abord elles sont moins nombreuses, dans cette lettre plus courte d'un tiers à peu près, et, au lieu d'une trentaine, nous en rencontrons vingt environ; la proportion demeure la même. Toutes ces citations, deux exceptées [Jéréinie, ix^ 24 à x, 17, et Deut. xix, 15 à xiii, IJ se trouvent dans les deux premières sections, et surtout dans la première. En son apologie des « Quatre Chapitres », Paul était trop saisi par son inspiration personnelle pour s'appuyer d'arguments étrangers, même empruntés à la Bible. Il y fait cependant (en plus des citations

Page 1