‹ Saint Paul [microform]Chapitre 60 sur 100 · Tiç ce *(jU[;.(pcovr,aiç *Xpta-oÏÏ Tupoç *BeXiap · texte numérisé non relu

Tiç ce *(jU[;.(pcovr,aiç *Xpta-oÏÏ Tupoç *BeXiap

•i^ Tiç *iJ'ep'.ç TTtaTO) [;,£rà à~iffTO'j ;

nécessaire, qui lui coûte beaucoup, et vers laquelle il n'osait jusqu'ici s'acheminer que par des allusions fugitives et des approches très prudentes.

I B. 12. Ce devoir ingrat, c'est de mettre l'ensemble de la communauté corin-

thienne, — même la majorité soumise, — en face de son ingratitude latente, qui, relâchant les liens qui l'attachaient à son père dans la foi, menace de la conduire à la décadence spirituelle. Il va en dévoiler franchement les causes, maintenant qu'il leur a crié avec tant d'émotion la façon dont il les aime.

Son cœur s'est élargi pour eux; ils n'y sont pas, doivent-ils se dire, logés dans im coin, n'y restant que parle sentiment qu'il a de ses devoirs d'apôtre, et menacés d'un oubli plus ou moins proche à mesure que d'autres ministères le distraient et l'accaparent. Ils y sont au large, sous la forme de leur être spirituel et éternel, dégagé de toutes les petites considérations humaines et personnelles qui feraient que ce ne seraient pas eux, mais un aspect contingent et transitoire d'eux-mêmes que Paul aimerait; l'amour dont il les aime, c'est la chazùté du Christ qui le presse (v. supra, v, 14-16).

Mais eux, ils ne le comprennent pas, ou pas assez; leurs cœurs ne répondent pas comme ils le devraient; Paul le sait, et le sent trop, — malgré les assurances de confiance et d'union qu'il a voulu multiplier depuis les premières lignes de cette épître. C'est qu'ils sont pleins encore de réserves mesquines et profanes qui restreignent leur faculté d'aimer le Christ. Le père ne craint pas de leur dire, et s'en plaint douloureusement.

■ A. B. 13. Tf,v a. àvTri[j.iaO{av s'explique grammaticalement comme une

sorte d'apposition préalable ad sensum [Bachmann, Belser), ou comme une sorte d'« objet interne » de 7:XaTuvOr]-s [Giujahr), plutôt que de dire, avec Plummer, que Paul, dans son émotion, oublie le verbe ; àvTtjjL. cfr Rom. i, 27.

Humble et touchante supplication à ces enfants oublieux. — 11 faut de la bonne volonté pour découvrir ici, avec Belser, le moindre l'apport à l'affaire de l'inceste et à l'effet produit par la Première Epître.

' A. 14-15-16. Véritable strophe à six membres dont cinq sont exactement

parallèles. Spécimen de la verve oratoire de Paul, avec ces interrogations multipliées.

— Le vocabulaire est très spécial : étspoÇuYoîjyts;, \xzi:oyj[, auaiiwvTjatç, BsXtap, (juYxaTdOiaiç, sont tous des hapax Icgoincna dans le N. T.

ÉTïpoÇuYeî'v dans les LXX, Deut. xxii, 10, prohibition d'atteler ensemble le bœuf et l'àne; Le^. xix, 19, érsp'liÇuYov; ce dernier mot, en grammaire, signifie : « décliné irrégulièrement «; ÉTipoÇu? = « dépareillé ». Le sens générique est « se mal accoupler ». Cfr les lois du tr. KUayim. A cause de 'C^yo;, qui veut dire, non seulement « joug », mais « iléau de balance », « balance », Thêophylacte a compris ainsi cette phrase : « Ne soyez pas trop inclinés vers les païens » ; l'allusion au Kilayim est plus naturelle.

— La Vulg. a négligé la nuance marquée par e-cepo — .

[XEToxTi, ici seulement, mais cinq fois i^.zxiy m chez Paul, dans I Cor. (et 3 foisZ^e^.).

SECONDE ÉPirnE AUX CORINTHIENS, VI, 11-15, 185

Cil. VI, 11. Notre bouche s'est ouverte enface de vous, Corinthiens, notre cœur s'est dilaté. 2. Vous n'êtes pas logés à l'étroit chez nous, mais l'étroitesse est en vos entrailles ! 13. Pour nous payer de retour, — je parle comme à [mes] enfants, — dilatez-vous, vous aussi !

14. Ne faites pas d'attelage disparate avec des infidèles ! Quelle participation [y a-t-il], en effet, entre justice et iniquité? ou qu'[a] de commun la lumière avec les ténèbres?

15. et quel accord entre le Christ et Bélial? ou quel parti [embrasse] fidèle et infidèle?

auij.5pa5vYiatî : on trouve ctûjaçwvoç I Cor. vu, 5 (au[j.3a)vsïv 6 fois N. T., Mat., Luc, Act. et au(xcpwv(a Luc,x\, 25).

Xpiarôi pour Xpiaroj (v. 15) daas D, E, F, G, K, L, al., (si/r.) — Au lieu deBsXictp on rencontre les variantes BsXtav, BiXtaS, en quelques textes « occidentaux », et BsXtaX, (forme qui a dominé) dans 7'e/V., Lucifer, f, g-, vuig.; encore Berial. Dans les apocryphes, ./«è., Hen., Testaments, Sibylles, etc., Beliar est le nom du diable; ce peut cire aussi celui de l'Antéchrist {Lictzinann, Plwnmer, Bousseï, « Rel, des Jud. »2, pp. 384, al.; etc.) On ne trouve pas ce nom dans la littéi*atare rabbinique, où il y a cependant quelques interprétations hag-gadiques de byiSia "i^a, de l'A. T. {Strack-BilL).

(j.epc'ç peut signifier « partie », « portion »,ou « assistance », ou « classe », « parti ». C'est ce dernier sens qui nous paraît ici le mieux convenir. Le mot se retrouve quatre autres fois dans leN. T., mais au sens de « part » ou de « portion » {Col. i, 12; Luc, 1 fois; Act. 2 fois).

Guy/.aTàGgatç du V. 16 (Luc xxiii, 51 : 0'JYy.aTaTi-OEt'p.svoç -c^ l^ouX^) est un terme technique stoïcien, usité dans les papyrus au sens juridique. — vab? Ocoîi, cfr I Cor. lu, 16, vi, 19^ (v. notre comm., ad toc); voioi dans N'*, Clem., al.; — èdu pour èafiev, G, E, F, G, K^ al., vulg., syr.

La citation de la fin du v. 16 est composite, de Lev. xxvi, 11-12, Ezech. xxxvii, 27; ch' Jo/i. XIV, 23. — Pour xaOù; eÎTîsv ô 0., on lit Xéyzi yap (cfr vi, 2) dans D, E, F, G,, 7'ert., Aug., et fiot pour [xou dans les mêmes témoins, al., latins.

B. 14-15-16. Le passage qui s'étend de vi, 14 à vu, 1, et sur lequel on a tant discuté [infra, Exc. xii), arrive ici d'une façon très abrupte, mais nous sommes du même avis que ces nombreux exégètes de toute école qui le jugent bien à sa place,. si l'on comprend les sentiments de Paul. Cette franchise qu'il vient de montrer^ il veut la pousser jusqu'au bout. Qu'est-ce en effet qui a pu causer chez les Corinthiens cette froideur dont il vient de se plaindre, et cette facilité chez un grand nombre à se laisser séduire par les murmures des intrus malveillants? N'est-ce point qu'ils redoutent un peu maintenant leur Apôtre, à cause de sa vigueur évangélique, et du souci qu'il a de les élever à la plus grande pureté de la vie chrétienne ?^ Entraînés par le poids de la faiblesse humaine, certains groupes de fidèles aimeraient à trouver avec le milieu païen de leur cité plus d'accommodements qu'il n'en permet. De là cette gêne qui fait souffrir Paul. La visite de Titus, et la réparation du délit le plus grave (voir Exc. v et suiv.) n'ont pas réchauffé toutes les tiédeurs. On peut présumer que la Première Épître a fait cesser toute fréquentation des temples païens, et que la foi officielle (cfr supra, i, 24) n'est plus exposée, chez les « libéraux » eux-mêmes, à ces scandaleuses compromissions; mais beaucoup de chrétiens vivent encore à la païenne (cfr infra, xii, 20-xiii, 2), et comment ces médiocres, ces relâchés comprendraient-ils l'amour jaloux {infra, xi, 2), que saint Paul porte à leurs âmes? Déjà il les a interpellés (v, 20-21), en les conjurant de se réconcilier avec Dieu, de

186 SECOiNDE Él>lTnE AUX COIUNTHIBNS, VI, 11-VII, 4.

'J6. Tiç oè * GU^'A.ax<iOzGiq vaco ©£oO {J.txoc $towXo)V,

T^fji.et;; yàp vaoç Qbou *£cr[Asv Çwvto^' *xaÔti)ç £i7ï£V ô Osbç oti

« èvoiy."(^j(t) £V a'jTOÎç, y.al itXTCepi-ar/îffd),

xal l'ffotj.ai aJToiv Osoc, /.ai aÙToî k'c-ovTac * ;/ou Xaôç ».

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