Glaces [soient rendues] à Dieu pour son don inénarrable
cèdent verset. — ôpXoYtaç = « confession d'une foi commune », comme I Tim. vi, 12, 13 et Heb. m, 1, iv, 14, x, 23; — efç ib sûaYY-, objet auquel se rapporte cette confession. — àrtXoTriTt, encore le sens de simplicité qui donne et se donne sans calcul. — Koivwvfa, « communion », « solidarité », cfr Phil. i, 5, avec les actes qui la manifestent, comme Rom. xv, 26, où xotvwvta est dit précisément de notre collecte. — [xal] aù-uSiv ...àntnoOoiivTwv paraît un génitif absolu, coordonné irrégulièrement avec le nominatif SoÇâÇovTEç du verset précédent; si l'on faisait de aixwv le régime de BsTjaet, l'irrégularité de la phrase serait encore plus forte, il y aurait une ellipse qui défierait l'analyse; SeTJaet u. u., moyen par lequel les « saints » exprimeront leur atFection; le y.ai du commencement veut peut-être dire « aussi », c'est-à-dire comme Paul [Windisch). — Xâpiv, ici la grâce de Dieu qui aura rendu les Corinthiens si généreux et si fidèles à l'espi'it de l'Évangile. — P-''" porte YijjLa; ...eç' Yiii.tv, confusion de sons.
B. 13-14. Tel sera donc l'inappréciable résultat que produira la collecte si elle réussit; — et Paul parle comme s'il la voyait déjà réussie à souhait. Ce sera le couronnement de son œuvre en Orient {cïvRom. xv, 25-s., Lemonnyer, al.), l'union des cœurs réalisée entre judéo-chrétiens et ethnico-chrétiens. La générosité escomptée de Corinthe, église qui devait être le plus riche de toutes, aura beaucoup contribué à ce résultat splendide.
Il confirmera le succès de la politique ecclésiastique de l'Apôtre; politique adroite, mais divine, étant parfaitement loyale et entièrement inspirée de l'amour de Dieu, dans sa fin et dans ses moyens. Paul ne dit pas cela en termes exprès à ses lecteurs, mais il le laisse assez entendre à ceux d'entre eux qui avaient du jugement et des vues larges; et nous, nous le savons assez par ailleurs. Ce qu'il dit explicitement aux Corinthiens, c'est que les Juifs baptisés de Jérusalem — qui jusque-là parais- .saîent se méfier d'eux — seront convaincus désormais, en cas de bon succès de la collecte, que ces convertis de la gentilité professent bien, sans restrictions, la même loi qu'eux-mêmes, puisqu'ils entrent si excellemment dans l'esprit du môme évangile (Windisch doute à tort, par suite du préjugé qui le porte à faire Paul aussi indépendant que possible du Jésus historique, que l'Apôtre fasse ici allusion aux recommandations d'amour du prochain rapportées par les Synoptiques). Cette œuvre de bienl'aisance aura donc une portée « œcuménique » ( Windisch), elle fortifiera la catholicité par le dedans, par les sentiments les plus intimes des âmes ; les chrétiens juifs prieront pour leurs frères anciens païens comme pour des fidèles qui ont visiblement reçu les grâces de Dieu les plus abondantes (unspSaXXouaav), ils se mettront à les aimer •sans réserves, et à désirer avec ardeur d'entrer en relation avec eux (sens littéral très possible de ÈmTtoOouvtwv). Le Juif apôtre des nations n'aura plus rien à désirer de ce côté-là.
.— A. 15. Xàpiç, ici « action de gi'âces », synonyme d'eùx.ap"^''^''«- — àve-/.8tviY7]Ta) : hap, Iqq, dans l'Écriture. — os ajouté après ■/,âptî,^{^ C^, D^-', E, K, h, P, {syr., copt.,
238 SECONDE ÉPITRE AUX CORINTlaiENS, IX, 6-15.
arm.), n'indiquerait pas nécessairement que Paul va continuer le sujet et que la suite s'est perdue (cfr Kennedy, v. infra).
B. 15. On comprend que Paul s'épanche en actions de grâces, quand il entrevoit avec confiance la réussite d'un tel plan. S'il réussit, ce sera une grâce de Dieu « inénarrable ». Ce « don de Dieu » n'est pas d'ailleurs cette seule grâce envisagée (cfr Gutja/ir, al.), c'est « le grand don de Dieu » (Rom. viii, 32) qu'elle rappelle (Menzies) et que Paul a évoqué (supra, vin, 9) comme l'exemple suprême qui doit stimuler ses lecteurs; c'est toute l'œuvre delà rédemption, c'est l'épanchement de la charité dans la race humaine [Clirys., P. Lombard, s. Thomas^ Belser, etc.), dont cette bienfaisance corinthienne ne sera qu'une partielle manifestation ; et c'est là le don vraiment « inénarrable », cîv Rom. xi, 33, Eph. ni, 18-21.
[Après cet élan final, le ton va changer, et devenir subitement très personnel et incisif. Les partisans de la « Lettre des 4 chapitres » observent là-dessus, avec quelque apparence de raison, que Paul n'aurait guère pu faire pareil appel diplomatique à la générosité des Corinthiens au moment de les rudoyer, — eux, ou du moins un certain nombre d'entre eux, — comme il va le faire dans la section X-XIII. Nous reconnaissons bien la difficulté; mais, parmi toutes les réponses que l'on peut faire, et que nous ferons, pour sauver l'ordre traditionnel de l'Epître, — plus satisfaisant encore que tous les remaniements qu'on propose, — nous observerons en ce qui touche ce point particulier qu'il était au contraire très politique de montrer cette estime et ce dévouement pour la communauté-mère de Jérusalem avant de s'en prendre à des adversaires dont beaucoup, étant judaïsants, prétendaient se réclamer d'elle; c'était écarter à l'avance toute équivoque sur les vrais sentiments de l'Apôtre à regard des Judéo-chrétiens primitifs qui, tout en demeurant un peu distants et froids, ne combattaient pourtant point son œuvre parmi les Gentils.
Dans /'Introduction (pp. liii-s.) et dans le commentaire qui précède, nous avons cherché à mettre en évidence le lien organique étroit qui fait une unité des chapitres VlIIetlX.Ils forment un discours unique, bien conduit, arrondi et complet, et le 81 qui suit yâ-çii en certains témoins, dans Vexclamation finale, même s'il était authentique, n'indiquerait pas du tout, malgré Kennedy, qu'au v. IX, 15 commençait une nouvelle idée dont le développement serait perdu, signe que le ch.lX serait un fragment interpolé d'une autre lettre; il pourrait signifier seulement : Mais c'est à Dieu, auteur d'un don si ineffable, [que toute la gloire en reviendra, et non d'abord à vousmêmes] )). — Il demeure bien en ces chapitres quelque obscurité sur la mission de Tite et de ses compagnons. Était-elle déjà commencée de fait [comme nous le croyons), ou bien, comme le croit Windisch, apparaîtrait-elle comme une mission déjà finie au ch. VII f, tandis que le chapitre IX montrerait une mission en train de se faire, — ce qui serait pour cet auteur un motif de considérer le dernier comme étant en réalité le premier en date, un écrit d' accompagnement à une lettre adressée à « toute l'Achaïe » avant la composition du corps de II Cor., laquelle aurait été adressée plus tard pour ce motif « à Gorinthe et à l'Achaïe entièi'e » ? // concède bien pourtant qu'on peut maintenir l'intégrité et l'ordre actuel, à condition de supposer une pause plus ou moins longue entre VIII et IX {??). Pour des motifs du même genre, Bruston et d'autres rattacheraient le ch. IX à la section des « Quatre chapitres n, oîi en effet la visite annoncée IX, i, nouerait bien le texte à XIII, 10 (v. ad loc).
Ces points difficultueux ne peuvent être pleinement élucidés que dans le commentaire de X-XIII, avec l'excursus qui V accompagnera, sur les dates respectives de la seconde mission de Titus et de la composition de ces chapitres, ainsi que sur les conditions de la dite mission.]
III. TROISIEME PARTIE DE L'EPITRE (x-xiii. Apologie de Paul contre ses détracteurs et les mauvais chrétiens).
Introduction. — Cette dernière partie de VEpître constitue à proprement parler^ l'apologie de son auteur.
Non point que l'(( apologie » commence en réalité ici. Dès les deux premiers chapitres, Paul se défendait contre des malentendus, soulevés par le plan de voyage et la lettre intermédiaire \ mais ce n'étaient que des explications préalables, presque des excuses, à propos d'incidents particuliers. Ensuite l'Apôtre, prenant les choses de très haut, a revendiqué non seulement pour lui, mais pour tous les prédicateurs véritables de l'Évangile, les droits à la franchise que leur donne leur ?nission de vérité; il a bien entremêlé ces chapitres III-VII de nombreux traits, quelques-uns fort acérés, contre ceux qui contrefont à Corinthe l'apostolat chrétien; parfois des allusions montraient bien qu'il repoussait quelque calomnie dirigée contre lui-même : cependant, dans leur ensemble, ces pages étaient plutôt une défense de principe, une défense collective, prenant même, à propos du « voile de Moïse » et de la. Rédemption,, les allures d'un haut exposé théologique. Ensuite les chapitres VIII et IX sur la collecte ont orienté les idées de Paul vers un sujet purement objectif, oit il avait à peine rien à dire de sa personne. Maintenant, à partir de notre chapitre X, il aborde franchement les démêlés particuliers qu'il a avec les intrus signalés déjà en passant,, et les plaintes que peut lui inspirer, depuis longtemps, un certain relâchement de l'église, ou la paresse quelle a mise à se défendre contre les faux évangélistes. Tout devient apologétique, — ou polémique, pour mieux dire. Nous en sommes donc bien arrivés à ^apologie personnelle.
Lk but. C'est de préparer le terrain pour une visite à Corinthe, la longue visite promise, qui est maintenant imminente, après avoir été remise deux fois (xiii, 1, 10).
Elle sera nécessairement disciplinaire, car il j'este beaucoup à réformer en cette église, même après l'heureux succès de la première mission de Tite; mais Paul voudrait qu'elle fût disciplinaire le moins possible; à cet effet, il souhaite que l'église elle-même prenne les devants; il la sollicite de bien reconnaître toute la situation fausse oîi elle s'est peu à peu engagée, et de lui prêter son appui actif pour guérir le mal qui l'attaque; il veut qu'elle opère dès avant sa venue le plus gros œuvre de cette besogne ingrate, principalement en fermant la bouche aux intrus qui chercheni toujours hypocritement à l'aliéner à son fondateur, ou en les expulsant : c'est pourquoi il fait son apologie, pour montrer bien qu'il n'y a pas à balancer entre l'autorité de ces gens et la sienne. C'est le second dessein pour lequel il avait eu à s'armer de courage (vu, 16, v. supra).
Sommaire. Ce plaidoyer [car c'en est un, en môme temps qu'un réquisitoire) parait entraîné sans aucun ordre prémédité au souffle d'une vigoureuse et sainte passion qui, longtemps contenue, se déchaîne à la fin. Cependant il ne défie pas l'analyse, il est même fort bien construit, et nous pouvons en proposer cette division :
A. Paul prévient les chrétiens de Corinthe de ce que sera sa visite prochaine et de la vigueur qu'il compte y déployer contre les intrigants, une fois que l'obéissance du corps de la communauté sera parfaitement assurée [avec l'espoir toutefois qu'ils auront déjà fait assez d' eux-mêmes pour qu'il ne soit pas obligé de recourir contre personne aux dernières mesures, voir au ch. XIII, 1-10) (x, 1-6) ;
B. Il leur rappelle comment Dieu l'a authentiquement accrédité près de leur église.
comme le fondateur {qui a défriché le terrain vierge, au lieu de s'installer, comme ses adi'ersaires, dans le travail d'autrui) (x, 7-18);
G. Les Corinthiens, pour ne pas se laisser séduire par ces gens, doivent prendre bien conscience de ce que, lui, il a fait pour eux, et d'abord écarter le soupçon de froideur qu'on voudrait soulever contre lui à propos de son désintéressement financier (M, 1-15);
D. Par toutes les conditions extérieures do sa vie d'apôtre, les peines endurées pour le Christ, les révélations, et toute cette puissance que l'humiliation ne fait qu'accroître, Dieu l'a distingué de ses adversaires, et a révélé en lui soji authentique instrument (xi, 16-xn, 10).
E. Tout cela justifie cette apologie qu'il a été obligé de faire lui-même, puisque les Corinthiens ne savent pas la faire [cfr supra, V, 12). Retour sur la calomnie qui l'a le plus ému, contre sa loyauté et son désintéressement (xii, 11-19).
F. Il en revient à sa visite et dit ce qu'il compte y faire pour purifier complètement l'Eglise de Corinthe, — en souhaitant toutefois quelle l'ait elle-même devancé dans cette œuvre (xii, 20-xin, 10).
Il ne restera plus qu'à donner une conclusion à toute l'Epître, sous forme d'une petite exhortation au ton rassénéré, et d'un souhait à formule trinitaire (xiii, 11-13).
Nous voyons à cette brève analyse que r« apologie » des k chapitres forme un tout très harmonique, où la fin rejoint le commencement. Bien que le changement de sujet et de ton, au début du chap. X, apparaisse d'abord surprenant, on découvre assez bien la transition avec les chapitres de la collecte, et même certains détails de style, communs aux deux sections, font supposer qu'elles n'ont pas été rédigées à une très grande distance l'une de l'autre [contre Windisch). Quant aux rapports avec la première partie, I-VII, ils surgissent en si grand nombre qu'on peut à peine les compter; et c'est un signe évident pour nous que la Troisième partie et la Première se réfèrent à une même époque et une même situation.
Problème critique. Cependant tout le monde n'en convient pas, il s'en faut (Introd., cil. IV). Tant dans le commentaire qu'en divers excursus, il faudra nous efforcer d'examiner très critiquement les diverses théories de l'exégèse moderne concernant le rapport de cette Troisième partie avec les deux autres, pour juger si ces Quatre Chapitres sont antérieurs ou postérieurs aux premiers, et si la Deuxième aux Corinthiens consiste en une seule ou en plusieurs épures; — quels sont les adversaires visés par Paul, s'il s'e?! prend à toute l'église, ou seulement à une faction rebelle, ou bien, à divers points de vue, à l'une et à l'autre; etc. Le lecteur connaît déj'à notre opinion; mais l'établir est une des tâches les plus ardues dans l'exégèse historique des lettres de Paul,
Style. Il est au moins un terrain sur lequel tout le monde se trouve d'accord : c'est dans i' admiration de l'éloquence de Paul en ces quatre chapitres. L'emportement de l'orateur rend bien des passages abrupts ou un peu obscurs, le flux et le reflux de sentiments opposés amène des sautes de pensée, des anacoluthes, des parenthèses, des reprises, des constructions négligentes avec celte surabondance déjà notée des participes isolés, des expressions vertes et vulgaires, enfin tout ce qui est l'opposé de l'éloquence à périodes ou d'un « style oral » artistiquement balancé et fait pour la « récitation ». Tout y est de la vie en fusion et en torrents, à faire sauter tous les moules de la rhétorique scolaire. Mais c'est [pour cela même) le modèle de l'éloquence polémique, qui brise toute contradiction; et tout cependant n'y est pas ironie cl violence, car il s'y trouve mêlés, à l'improviste, des accents de tendresse et de mélancolie qui valent ceux des premiers chapitrées; et la fierté, — qui est très loin de l'orgueil, — est combinée intimement avec une humilité si sincère qu'elle nous attendrit; l'impression est d'un genre tout à fait unique. C'est le chef-d'œuvre d'une « diatribe » humainement géniale et divinement inspirée. On a comparé Paul,
SECONDE ÉPITRE AUX COKINTttlENS, X, 1. 241
à propos de celte apologie, à Dcmosi/tcne, et cela dans l'œuvre maîtresse de l'orateur attiaue, le « Discoure sur la couronne »; seulement Paul se moque de la r/iétorique, Paul est parfaitement sincère et sans calculs d'astuce politique, Paul est un saint qui ne défend sa personne et son œuvre que pour revendiquer les droits de Dieu.
j\ — Cn. X, 1-6. Paul i>iii';vii:mt lks Goiuntiiik.ns du caractkri- qui-: pourra i'REjy«iii-:
SA VISITK.
Int. — Le sujet de la collecte étant épuisé, il s\igissait d'en aborder un autre encore plus difficile : le procès des tendances qui pouvaient altérer à Corinttte la pureté évangélique, et qu'entretenaient dans une partie de l'église certains propagandistes non autorisés, mais d'autant plus prétentieux et rebelles à Paul.
L'Apôtre se propose bien d'en finir avec ceux-là par son activité personnelle, dans la visite qu''il projette. Mais, pour que le résultat des mesures auxquelles il pense soit prompt et assuré, il doit pouvoir compter sur l'appui complet de tout ce qui compte dans l'église. C'est pourquoi il veut la détacher des perturbateurs, la forcer à réfléchir sur la valeur de l'autorité que les intrus s'arrogent, comparée à la sienne; ce sera l'objet de la péricope suivante, 7-18, et des développements « apologétiques » ultérieurs.
Pour commencer, après qu'il a parlé {VIII et IX) du séjour de ses délégués et du caractère de leur mission, il annonce ce que p)Ourra être son séjour à lui. Le ton est très menaçant contre les contradicteurs qu'il sait — ou devine — être encore à l'œuvre dans leurs sourdes menées. Il ira jusqu'au bout (cfr infra le ehap. XIII), comptant bien qu'il va décider, par ces pages brûlantes, la communauté à le soutenir de tout son pouvoir ; cependant il ne perd pas tout espoir [cfr toujours le chap. XIII) que l'église, ainsi avertie, pourra elle-même, avant son arrivée, rétablir l'ordre en partie par les mesures nécessaires, — et peut-être même que certains coupables en seront déjà amenés à résipicence.
iTTisiy.îiaç tcu XptcToU, — oç xatà Tcpocw^ov [J-èv *Ta-£tvbç *£v ûjj-Tv, à^wv §£ 6appco
Ch. X, 1. Quant à moi, Paul, personnellement, je vous invite, par la mansuétude et l'indulgence du Christ, — moi qui suis bien humble face à face avec vous, mais qui, [une fois] éloigné, m'enhardis à vos
A. Ch. X, 1. AùTo; Zé è-^ùy ITxuXo;; Paul dit très rareinoQt « Moi, Paul », cfr pourtant Gai. v, 2, Eph. m, 1, Col. i, 23, I Thess. u, 18, Philemon, 19, et, si l'on veut, les salutations filiales de I Cor,, Col., II Thess. (x^ È[i.^ -/.^'P^ UatSXou) ; toujours il y a là ^iiio emphase intentionnelle ; ici «ùtoç est encore ajouté, pour bien fixer l'attention sur la seule personne de Paul; oè qui marque une relation à quelque chose qui précède, est certainement authentique (cfr Windisch). — T:apa/.aXc3, ici sens d « exhorter > ; on attend comme régime un mot qui ne vient pas, car la phrase est interrompue par une parenthèse, et l'idée de Tiapax.. est reprise par un autre verbe, C'£0[j.at, au V. 2. — -/axà j:pdato7:ov (cfr infra, v. 7, où le sens est autre), ici même sens que Gai. n, 11 == « face à face », ou « tête à tête » {Plutarque, al.). — tar:£tvd;, ici sons péjoratif. — Oappôi etç utjiaç (supra, vu, 16, 0, Iv uij.tv) implique cctlc fois l'idée •dune certaine violence, comme ToX[j.aw, ijifra.
B. Ch- X, 1. Subitement Paul met sa personne en avant. Dans quel dessein? Chrys.
SECONDE i':prmE aux couinthiens. 16
eiç 6[J.a;' — 2. Ho\j.oli §s to [i.y\ xapcov ôappr;(7at t^ TïeicoiOr^o-ei ^ ^Xoyi^oij.oci
3. * 'Ev aapxt ^àp -^vSpiTCa-îrcîiVTs; oi ^'xatà aàpxa oxpaxeuoiJ.eOa, 4. xà ^àp cTiXa xi^ç *axpaxiaç •/;[;.wv où *c-ap-/.aà àXXà Buvâxà *xà) Oew Tcpoq xaOaipECiv *ô;(upo)|ji,âxo)V,.
et Théodoret n'y ont vu que l'intention d'accentuer l'énerg-ie des déclarations qu'il ■\Ti faire; ce qui est juste, mais incomplet. On a pensé aussi qu'il se mettait à écrire de sa propre main, renvoyant son secrétaire {Ruckert, probable pour Lietzmann^ H. D. Wendland), ou qu'il ne parle plus qu'en son nom personnel, laissant de côté son co-signataire Timothée ; ou bien {Plummer, comme possible à côté de l'explication précédente), qu'il voudrait dire, sur un certain ton de défi : « Moi, ce même Paul qui vous semble faible, voici ce que je vous déclare ». L'explication certainement la plus adéquate se trouve chez Schlatter et Gutjahr : Paul s'oppose aux envoyés dont il a parlé aux chapitres précédents; c'est-à-dire il oppose la visite personnelle qu'if annonce {infra, v. 2, napuSv), à celle de Tite et de ses compagnons; car elle doit avoir un tout autre caractère; il notifie aussi (peut-être) comme croit également Gutjahr, avec d'autres, qu'il parle désormais uniquement en son nom propre, et non plus en celui de Timothée à côté du sien, comme dans les chapitres qui précédent. En tout cas, on voit bien, contre l'opinion assez générale, qu'il y a vraiment un rapport avec la matière antérieure, une transition, puisque Paul indique qu'il va parler d'autre chose (Se), cette fois rien qu'en son nom, et qu'il passe d'une question d'affaires à des questions personnelles {Toussaint; voir Exe. xiv). La transition est encore plus visible aux mots qui suivront.
Car la prière qu'il va adresser à ses lecteurs, il la fera au nom de ce Christ dont il vient d'exalter deux lignes plus haut le « don inénarrable >; (ix, 15), et dont la générosité divine (sMjora, vni, 9) doit être l'idéal delà bienfaisance. Son invitation (napay.aX.) n'est plus celle qu'il vient de faire pour la collecte, mais l'objet en sera déterminé au V. 2. Il invoque encore cette douceur du Maître, cette équité et cette indulgence (èrief/.si'a, cfr Act. xxiv, 4) qui inspirera l'oubli réciproque des griefs et des méfiances entre chrétiens d'origine juive et païenne {supra, ix, 13-14), mais c'est pour le succès d'une autre tâche qui exigera aussi beaucoup d'esprit surnaturel : la réforme intérieure de la communauté à laquelle il écrit. Puisse l'église de Gorinthe lui faciliter assez cette tâche pour qu'il ne lui devienne « pas impossible d'imiter la douceur du Christ » (Estius, Gutjahr, al.) et qu'il n'ait pas trop à user de la verge, ou des armes formidables dont il parlera bientôt! (cfr I Cor. iv, 21; II Cor. x, 4-6, xiii, 10).
Il va de soi que l'Apôtre se réfère aux exemples de vertu que Jésus donna dans son existence historique (voir, par exemple, Mat. xi, 29 : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur »), exemples qu'il avait dû souvent faire valoir devant ses néophytes (voir notre comm. de I Cor., p. xxix, al.); il faut beaucoup de partipris chez des savants tels que Windisch pour le révoquer en doute, sous le prétexte que Paul s'intéressait uniquement à la mort de Jésus, vue à travers le « mythe du Christ » ! Nous avons eu plus d'une occasion de réfuter cette théorie insoutenable.
Tel est l'esprit essentiel qui doit dicter au ministre de Jésus-Christ toutes ses démarches. Mais les adversaires qu'il devra réduire ne le comprennent pas, et Paul, avec une ironie puissante et amère, reproduit leurs dires calomnieux : cette humilité, il ne la pratiquerait que lorsqu'il trouve en lace de lui des hommes capables de lui résister, mais, une fois qu'il s'est mis en sûreté, à bonne distance de ses contradicteurs, alors il reprend courage, pour les attaquer avec de grands airs de décision (cfr infra, vv. 9-10).
Nous sentons tout ce que pareil reproche avait de bas, et de blessant pour un tel
dépens... — 2. je [vous] prie cependant, [faites] que [je n'aie] pas, [une fois] présent, à m'enhardir, avec cette assurance dont je compte prendre l'audace, contre certaines gens qui s'attendent à nous [voir] marcher selon la chair,
,3. Car [c'est bien] dans la chair que nous marchons, [mais] ce n'est pas selon la chair que nous livrons combat, h. car l'armement de nos expéditions n'est pas charnel, mais puissant, au service de Dieu, pour
caractère, et combien il devait indigner Paul, — ou le faire rire. Plus loin nous verrons sur quelles apparences on avait pu l'appuyer [infra, comm. de 9-10).
— — — A. 3. Séoaat, qui reprend sous un autre vocable l'idée de napa/.aXôi du v. 1, a certainement pour objet û(j.aç sous-entendu, et non Dieu (avec Plummcr, Belser, Windisch, etc., contre Rilckert, B. Weiss, Bachmann). — Le oi oppose l'avenir réel aux présomptions des détracteui's, — -zh \jjr\ napwv..., voir Abel, p. 316. — ôappvîcai, clV VII, 16, et ^.zKOl^QZi, cfr i, 15, m, 4, viii, 22. — XoYÎÇo[j.ai, à prendre au sens actif, « compter », « calculer », au moral, comme XoytÇo[ji£vou; qui suit, avec les Grecs Chrys. et Tliéophy lacté, VAmbrosiaster, Plummer, Belser, Giajaln', Sickenberger, la plupart des modernes; la Vulgatele fait passif (« qua existimor audere »), ce qui donnerait un sens ironique excellent; malheureusement les lexicographes ne relèvent le passif qu'à l'aoriste et au parfait, quelquefois au participe présent; chez Paul au reste partout ailleui's (cfr m, 5, v, 19, et maint autre exemple) il est actif. — -ctvaç, contemptucux, cfr infra, v. 12, et m, 1, xi, 21. -7- wç, opinion subjective et fausse. — xarà aâp/.a -spt-atouvTaç ; le verbe TisptjiaT., pour signifier la conduite journalière, si fréquent chez Pflul, (cfr notamment Rom. viii, 4, al.; I Cot\ m, 3, II, Cor. iv, 2, v, 7, xii, 18; etc.), emploi hébraïque transmis parles LXX; xaià capxo: (ditlérent de h aap/.t, voir au V. 3), cfr i, 17, et Rom. viii, 4; synonyme de xaT» avOpoix:ov t.z^it.o.-:. I Cor. m, 3; le contraire est ■/.•x-à. sveuij.a nsptTra-ceîv, Rom. viii, 4, Gai. v, 16.
B. 3. Paul annonce donc ici clairement sa visite (Ttapi&v), à laquelle il avait fait une allusion préalable au ch. ix, v. 4 (v. ad loc). C'est alors qu'on verra bien si la réputation qu'on cherche à lui faire est méritée. L'annonce en est enveloppée dans une véritable « déclaration de guerre » {Gutj'a/ir, al.) — un peu conditionnelle encore, il est vrai, disons un « ultimatum », — contre « certaines gens » qui comptent que, dans cette visite, l'Apôtre, présenté par eux comme un homme rusé, timide et fanfaron, marchera « dans les voies do la chair », c'est-à-dire prudemment, cauleleusement avec des vues intéressées, et que, eux, ils pourront opposer victorieusement astuce à astuce.
Qu'ils ne se fassent pas une telle illusion ! Paul compte bien, lui, qui s'était jusquelà interdit d'être trop tranchant [Sickenb.), user cette fois en face d'eux de cette audace plus ou moins insolente (ToX^YÎaat ironique) dont il use, selon eux, à prudente distance; il ira de l'avant, avec cette assurance qu'il a confiance {r.zr.o\^Qîi) de trouver dans l'appui de l'église, l'econquise enfin par son fondateur. Mais les Corinthiens sont encore en mesure (puisqu'il les en prie, par la douceur du Christ) d'empêcher, par leur action préventive, l'attitude do Paul de devenir trop guerrière (v. infra, ch. xiii)
Nous verrons plus tard qui sont ces « certaines gens » à qui s'en prend dédaigneu. sèment l'Apôtre.; il est absolument certain, contre Plummer et d'autres, ques ces tive?no sont pas à confondre avec la masse de l'église corinthienne (voir Exe. xv), et que la menace, pour le moment, ne vise qu'eux. «
Que Paul, en abordant un si grave sujet, soit dans un état un peu anxieux, ou trépidant, le style, avec son anacoluthe, le laisse bien supposer.
» A. 3. èv aapy.'i... 7CEpi7:aToî5ijL£v : sens neutre de aâpÇ, pour signifier les condi-
)vôYio"(J^oùç *y.:£OatpoûvTeç, 5. y.al 7:5v *\j'biù\}.x £~atpô[j<£Vov '/.aià -cfjç '^vlù^zmç tou Seou, xai * aly\).:ù^iù-:iÇovxzi Trav vovjiJ-a sic x'^v b-xY.or,^ xoîi Xpt(7-o3, G, xat *èv £toi{x(p *r/0VT£ç sxor/.^aat zajav Tuapa'/crjV, oiav 7i;Xr,p:oO^ 6,awv y} b-îZT/.o-f].
iions imparfaites de la vie humaine sur terre (cfr iv, 11, vu, 1, 5, Gai. n, 20, al., et le y.aià aotpxa de iîom. i, 3, II Cor. v, 16, supra), opposé au sens éthique de xarà oàp/.a (supra et m/rn) qui est le plus ordinaire.
A. 4. a-rpaTtS; [Tischendorf, Vogels), plus autorisé que tiTpaieîaç (la plupart, /Vestle, Merk), n'a pas le même sens d'ordinaire que ce deuxième mot, qui veut dire « expédition » ou « service militaire «, tandis que oxpana signifie « troupes », « armée » (cfr Liicu, 12, Act.Mi, 42, c-patta; oùpavt'ou, zou oùpavoû) ; cependant arpanoc veut dire quelquefois aussi [Thucydide, Arrien) « expédition », « campagne », et les inscriptions attiques, pour dire « expédition », flottent entre les deux graphies. — capy.t/.a, « charnel », voir comm. de I Cor. ni, 1, 3, 4, II Cor. i, 12, supra, et I Pet. ii, 11, — Tôi Gsôî est probablement un « dativus commodi » {Ihom.^, Belser, Bachmann, Windisch, al.) plutôt qu'un datif instrumental. — Les métaphores militaires s'accumulent : i5-/!jpw(jtctTcov (Jiap. teg. dans le N. T.), « forteresses » [Xénophon, Polyhc, LXX, al.), plus bas (v. 5) St}/to(/.a, atyjiaXwTÎÇovTeç. — xaOaipéto, x.aOat'pEct; peuvent prendre aussi un sens technique dans les jeux agonistiquesetla guerre; Paul n'emploie qu'ici le verbe, mais le substantif 2 fois en ce chapitre, et xiii, 10 (opposé à ofxoBofiT]') ; — avec xaOatpouv-£ç commence encore une série de participes, qu'on pourrait sans doute rapporter grammaticalement comme attributs au sujet de cxpaTEuofjLEÔa (bien éloigné et séparé par une phrase indépendante), mais qui sont plutôt encore absolus, comme nous sommes habitués à en trouver dans ces chapitres; rapport de style avec yni-ix,
A. 5. utl^ojfia se rencontre encore Rom. vin, 39, mais là dans un sens abstrait, tandis qu'en notre verset, selon Chrys., il équivaut à ::upYa>tjia, « hauteur fortifiée »; il est probable qu'il avait encore un sens technique militaire, pour désigner une « position élevée », ou une « haute muraille ». — aty[j.aX., encore participe absolu. — x. &7îax. tou Xpicj-cou : le génitif est objectif, « l'obéissance au Christ ».
B. 3-5. L'Apôtre montrera bien qu'il ne suit pas des voies charnelles que d'habiles adversaires puissent lui couper (1). Sans doute il est obligé de se plier, comme tous les hommes, aux nécessités de l'existence corporelle, qui sont dures pour lui, mais où lé Christ le maintient en plein exercice de puissance apostolique (v. supra, vi, 4sss., IV, 7-sss, et infra, au ch. xi) ; mais il ne parle pas ici, au sens éthique et dogmatique, de la « chair de péché », dans laquelle il doit vivre sans lui appartenir (cfr Godet), ni spécialement de son « état de faiblesse » (cfr Klôpper, Schmiedel, Belser, al.); il n'a pas d'autre idée que celle qu'il exprime si bien Gai, ii, 20 : « o Se vîîy Çû h capy.txTX » : « pour la vie que j'ai maintenant à mener dans la chair, [je la vis dans la foi du Fils do Dieu, etc.] ». Il est homme passible et mortel, mais ses ennemis s'apercevront que ce n'est pas à de la faiblesse morale humaine qu'ils auront à se heurter en lui.
Il les avertit donc de l' « armement » oiïensif avec lequel il se dispose <à leur livrer bataille (a-cpa-rsûotieGa). Doué d'un tempérament naturel belliqueux, il aime, tout saint qu'il est devenu, les métaphores guerrières (voir surtout le fameux passage à-Eph. VI, 11-sss., sur la « panoplie de Dieu »). Son équipement est éprouvé, c'est
(1) Belser se trompe encore ici, en prétendant que XoYi!îo(xévou; du v. 2, n'indiquant en soi q u'un calcul pour l'avenir, exclut chez les adversaires une expérience personnelle des procédés de Paul, et par conséquent un contact dans un « voyage intermédiaire » (v. Exe. n); en réalité ces adversaires escomptent l'avenir d'après ce qu'ils ont cru constater dans le passé, V. infra, v. 10.
la ruine des for.teresses; nous ruinons les calculs, 5. et toute haute muraille qui se dresse contre la science de Dieu, et nous captivons toute pensée sous robéissance au Giirist, 6. et nous aurons vite fait de tirer justice de toute désobéissance, dès que sera complète, chez vous, l'obéissance.
Dieu même qui l'en a muni pour son service, et il sait en user pour faire crouler les fortifications (oyup.) des camps adverses, ruiner les sophismcs (Xo^iafiou;), et les hautes spéculations (uJ».) de prétendue sagesse spirituelle d'où l'on croirait dominer et pouvoir réduire l'enseig-nement évangfélique de foi commune, qui est la vraie « science de Dieu » — ou bien (autre sens possible de u'\i(»iJ.cii, Sickenberger) les « murailles » comme celles des judaïsants (cfr le « voile » du ch. iv), qui empochent la vue de pénétrer vraiment jusqu'au Christ-esprit. Victoires qui profiteront aux vaincus, car, une fois leurs défenses ruinées, leur esprit, (s'il n'est pas entièrement de mauvaise foi, comme Paul veut encore l'espérer de tous, mais comme il en est persuadé dans le cas des fidèles de Corinthe qui n'ont été qu'éblouis etséduits par les faux docteurs), leur esprit et toutes leurs pensées, comme une garnison qui capitule, deviendront captifs de l'obéissance au Christ, cette vérité qui délivre («r/^ixaXoTÎÇw et des mots A'oisins sont plusieurs fois employés ainsi au sens moral, rappelle Windisch, dans le N. T., les Odes de Salomon, Ignace, al.).
Plumnier cite à ce propos un naïf et fort joli trait médiéval, pris chez Durand de Mende l'Ancien. (« Rationale divinorum olficiorum » iv, 16) : « Les soldats ont coutume de se tenir debout quand on lit les épîtres de Paul, en son honneur, parce que c'était un soldat ».
A. 6. èv Ito'';j.io I/ovte;, encore participe détaché; l'expression entière, qui
paraît, un latinisme (« inprompiu hahere », le classique est Itoitxàv 'éyeiv ti) se trouve aussi chez Polybe, Dlodore, Philon; cfr xii, l'i, ïxn'v^ixtç, 'é/^oj. — è/.8r/.£(o (cfr Rom. xn, 19, Luc, Apoc), forme hellénistique, comme r/.o'xriai; [supra, vu, 1) et 'exStxo; {Rom., I Tliess, 1 fois). — TtpÔTspov ajouté à TiXïiptoOîj dans G, al.
B. 6. Les images des versets précédents indiquaient que Paul se prépare a combattre des erreurs, non seulement de conduite, mais de doctrine (xatà t-TJ; Yvtiasw; -. 0.); nous soupçonnons bien déjà ce qu'elles pouvaient être, et nous les expliquerons plus tard; il faudra accorder ce passage, et d'autres, avec l'éloge donné I, 24, à l'orthodoxie corinthienne.
Disons déjà qu'elles n'étaient pas des hérésies affichées, et ne devaient pas être fort répandues. Mais il y avait, et non seulement parmi les agitateurs, d'autres « désobéissances », de tout genre, (v. infra, xii, 20-21, ei supra, comm, de vi, 14-vii, 1)., à l'esprit et aux préceptes du Seigneur. Paul se fait fort de les réduire, qu'on se le dise bien, avec les armes divines qu'il possède, et qui sont tout autre chose que de « persuasifs discours de sagesse », mais feront une « démonstration d'esprit et de puissance » (I Cor. ii, 4, cfr infra, xin, 3-s., 6). Seulement il compte, pour eia venir à bout, sur un rétablissement parfait de la soumission que lui doivent les Corinthiens; car l'aiïaire de la « lettre intermédiaire » et delà première mission de Titus a sans doute abouti à leur faire révéler de bonnes dispositions {supra, vu); mais ce n'est en somme qu'un point particulier, celui de !'« oITense », qui a été réglé, et ii reste bien des abus à réformer encore dans cette église. Ces vigoureux chapitres et la visite qui suivra opéreront, Paul l'espère bien, le redressement nécessaire dans la communauté (que Paul désigne par u;j.Gv, « vous », l'opposant ainsi implicitement à des étrangers et à des intrus, qu'il est beaucoup moins sûr de convertir, voir Exe. xv).
Ainsi le double but de toute « l'apologie », le double travail disciplinaire quî s impose à l'Apôtre, est assez clairement indiqué et distingué dès la fin de cette première péricope.
B. — Ch. X, 7-18. C'est Paul qui est accrédité comme vuai représenta:st DU Christ, par la io^dation même de l'église.
I>tr. Paul invoque le premier et grand motif qui doit lui assurer toute obéissance de la pari de ses fidèles. C'est que Dieu lui a assigné, à lui et à lui seul, la glorieuse mission de fonder l'église de Corinthe [cfr I Cor. IF, 15). La Providence, par un résultai éclatant, l'a donc accrédité à tous les yeux comme « l'homme du Christ » {cfr supra, III, 1-3); tandis que ses adversaires qui s'ai'rogent pareil titre, et s'efforcent de discréditer l'Apôtre comme un homme tour à tour faible et tyrannique, n'ont rien à lui opposer, en fait de conquête apostolique, que leur art de s'installer dans le travail d' autrui.
Le caractère des ennemis de Paul se dessine en traits déjà nets : ce sont des intrus, qui n'ont reçu mission que d'eux-mêmes. — Le style de la dictée est assez précipité et embrouillé, par l'effet d'une émotion qui va croissant, et, pour ainsi dire, serrant la gorge.
Ch. X, 7. Ta *-/.a':à t^osœwtcov *^XiT:z~z. E'î tiç tcétcoiôsv eau-w *XpiaToI} elvai,
8. 'Eav -£ yocp 7:cp'-a-c7S-£pôv Tt 7.xjy;ric7(ii\;.ai Trspl t^j; *è^ooG(aq *'^[J.wv, ^ç eSojy.sv 3 7,'jpioç e\q o'.y.ccc!ij.r,v y.al or/, sîç xaOaCpsaiv ùyxav^ où/, a'.a*/uv0r,(7O[j.at, 9. ïva [j/q
A. 7. Ta za-rà zpo'cwTrov; ici z. r.p. = « sous les yeux ». pXéwTs est impératif (Lietzmann, Bac/tman, Windiscli, Toussaint, Belser, Gutjahr, Sales, Sickenberger, Loisy, etc.) et non indicatif [Plummer, Callan, al.). — Box.s? rsTîoiOlvai pour riTcotOcv dans B. — Xptc-c&u elvai, cfr I Cor. i, 12; SouXoç ajouté après Xpia-cou D*, E*, F, G, d, e, f, g, Ambr^. — On lit èo' iauToî) K, B, L, al. et àip' é. C, D, E, F, G, K, P, Clirys., al.; le sons, pas plus que le texte, n'est très clair; on peut comprendre « en lui-même », ou « pour soi-même », ou « [en réfléchissant] sur lui-même », ou [Bachmann) « [en tirant conclusion] de sa propre personne ». — xaOtbç...., ojtojç.., propositions elliptiques; la seconde est certainement une litote. — P''*' porte zaO. auto? o Xpiaroç, contresens.
B. 7. Paul apostrophe vivement ses lecteurs pour leur bien faire comprendre qu'ils ne peuvent partager leur obéissance {supra, v. 6) entre lui et ceux dont il va parler. Il fait appel à leur bon sens [Lietzmann), et leur dit de ne pas être aveugles à ce qui doit leur sauter aux yeux.
H est chez eux des instructeurs qui se réclament spécialement du Christ, — soit comme entretenant avec le Seigneur des rapports de « gnose » mystique, ou comme ayant quelque lien terrestre plus éti'oit avec lui, ou comme en ayant reçu une mission spéciale; nous devrons choisir (Kxc. xv) entre ces diverses hypothèses, et voir si ce passage confirme ce que nous avons dit dans notre commentaire de I Cor. sur un a parti du Christ ». Il nous semble bien que c'est le cas. Quoi qu'il en soit, ces « hommes du Christ » seraient fort prétentieux de se figurer qu'ils sont au Christ, ou accrédités par le Clirist, plus que Paul ne l'est lui-même, et oser le juger en supérieurs.
La forme de la déclaration est bien modeste, puisque l'Apôtre n'a pas l'air de s(! mettre dans une autre catégorie que ceux-là. Mais la prendre à la lettre n'est qu'une vue très superficielle; car les paroles qui précèdent (« si quelqu'un s'est persuadé à
SECONDE ÉPITllE AUX CORINTHIENS, X, 7-9. 247
lui-même qu'il csL au Christ ») rriontrcnUlcjàassfiz que Paul jugfi leur prétention avec une ironie dédaigneuse. C'est dans le même sons qu'il appellera les mêmes plus bas « ministres du Christ » (xi, 23), sans reconnaître pour cela le moins du monde la bonne qualité do leur ministère. La modération qu'il garde au commencement de son aLtaque, où il ne veut pas encore employer un langage trop rude (Gutja/ir), ce n'est donc qu'une finesse de polémique (Id. Windlsch); en plusieurs passages de notre commentaire sur la Première Epître (idolothytcs, prophétie des femmes, etc.), nous avons vu comme Paul semble accorder négligemment des choses sur lesquelles il ne veut pas tout de suite discuter, mais dont il retirera la concession, au moment venu, d'une main vigoureuse.
Tout le contexte va prouver (contre Menzies) que l'Apôtre vise non pas un individu, mais un groupe. Quand il réclame, dans une litote pleine d'ironie, de n'être pas considéré comme étant moins « du Christ » que ces personnages, il pose, comme Gutjahr entre autres l'a vu avec perspicacité, le thème de toute son « apologie ».
■ A. 8-9. âÇouCTi'aç ici au sens le plus fort = « pleins pouvoirs » {Bachmann, Cutjahr, al.) ; •/.au-/7Îow(jiat peut se rapportera la fois au passé et à l'avenir. P-^" ajoute y.auy^riaofjiat après xau/^Tiaùjjxat, faisant ainsi une proposition affirmative. — TjjxCiv après iÇouCTÎaî est-il un « pluriel d'écrivain »? v. infra, àB. — Joh. Weiss (« Die Aufgabe der
Ch. X, 7. Regardez ce que vous avez juste en face de vous. Si quelqu'un s'est persuadé qu'il est [l'homme] du Christ, il peut en outre faire cette réflexion en lui-même que, ainsi qu'il [est l'homme] du Christ, de même nous aussi.
8. Et en effet, quand je tirerais un peu trop gloire de nos pleins pouvoirs, que le Seigneur a donnés pour votre édification et non pour votre ruine, je n'aurai pas à [en] rougir, 9. pour que je n'aie pas l'air, pour
neutestamentlichen Wissenschaft », p. 31) croit à tort que le membre de phrase qui va de^ç ïSwxsv à zaOafpsctv serait une interpolation prise de xiii, 10, v. infra; ces mots ne manquent pourtant en aucun témoin, et la supposition est futile, car Paul n'en est pas à une répétition près. — Quelques témoins écrivent rjfjiOv après xupio;. — •/.aÔafpeatv, cfr supra, 4.
On lit le pluriel SoÇûixêv ...èxcpoêouvTEç (non èzçoSeîv) dans D, E, F, G. — ôii avâx<po66î"v u;->-aç offre (peut-être) un des exemples rares de l'emploi de &v avec l'infinitif (P^wz/mier) ; So'Ç'j pourrait signifier l'intention, mais c'est principalement l'apparence : « ...que je n'aie pas l'air, pour ainsi dire, de vous terrifier.. » ; cj; marquant que c'est une interprétation subjective.
11 est bien superfiu, à mon avis, de vouloir ordonner en construction régulière les versets 8 et 9. Mais il faut garder le texte comme il est, et l'on n'a pas le droit, avec Windisc/i, (cfr /. Weiss, supra), de proposer, pour le rendre plus intelligible, la suppression de 8^. Disons simplement, comme Plummer, que le v. 9, pour l'idée, dépend comme un tout du précédent, sans qu'on puisse le rattacher grammaticalement à aucun mot particulier. On peut s'évertuer à corriger l'ellipse de diverses manières, en maintenant un lien entre 8 et 9. Ainsi Belser : « ...Je ne serai pas confondu. 9 [Je dis cela] pour que, etc. » (1); Windisch : « ...Je ne serai pas confondu. 9. [Je n'ai donc pas à craindre] qu'on m'impute d'elïrayer seulement avec des paroles écrites, etc. »; Sickenbergcr : « ...pas confondu. 9 [Gela arrivera ainsi] afin
(1) Il propose aussi de prendre t'va comme rapporté à l'intention divine, — ce que le contexte est loin de suggérer.
24S SECONDK KIMTRK AIX COIUNTIIIKNS, X, 7-18.
B:çw toc Sv èxsc6îîv !j;ji.3cç cCx tcov s-wtsawV .10. oxi aï sTCiaroXai [xév, *(p'^atv,
11. TCUTC A-Y^£3'0to c t;icOtc; CTi cTc'. ij;j,îv 7(0 AÔyco Si' â-'.atoXcov àirôvceç, xoioUxc.
12. Oy '*i'^? '^-Ajj.toji.îV ^èvy.pîvai v^ ju^xpivai sauioû; Tto-tv xfov âaUToyç (juvtaTa-
qu"il n"y ait pas apparence que je veuille;... etc. x. D'autres, comme Gutjahr, préfèrent supprimer tout lien entre les deux versets : « Je ne serai pas confondu. 9. Qu'il n'y oit point apparence que je veuille... etc. «. Les anciens, comme Chrysostome (qui suppose après « je ne serai pas confondu )> l'idée sous-entendue : « mais je veux me taire »). Théodoret, la Vulgate, puis Thomas, Esdus, Cornely, Meyer-Heinrici, etc., mettent un point après « confondu », et joignent le v. 9 à 11, comme une protase à une apodose, en faisant de 10 une parenthèse; Vul<^. : « ..Non erubescam. 9. Utautem jion existimer tanquam terrere vos per epistolas, (10. quoniam quidem epistolae, inquiunt, graves sunt et fortes, praesentia autem corporis infirma, et sermo contemptibilisj, 11. hoc cogitetqui ejusmodi est, quia quales sumus verbo etc. ». Cette construction ne prêterait guère à objection (id. Bclser), n'était que ïva t^r^, sans Bé ou autre particule de ce genre, serait une asyndèse que le traducteur même de la Vulgate jugeait peu naturelle, puisqu'il s'est cru obligé d'ajouter « autem » — En somme, il est plus simple d'admettre franchement une irrégularité de construction, qui n'a rien de surprenant dans le style de Paul, et dans un tel passage.
A. 10. Au lieu de or^'^b, on lit le pluriel cpaa-lv dans B, (f, g, e, vulg. (« inquiunt »), syr.). L'autorité de la masse des témoins invite à conserver orjaiv, qui peut avoir pour sujet TU du v. 7 ou 6 -oiojto? du v. 11, à moins d'en faire un collectif ou un impersonnel (cfr I Cor. VI, 16) signifiant : « dit-on », ce que nous préférons. — èÇouOevYifjiévo; (le verbe se rencontre 8 fois chez Paul, avec des nuances variées) est un parfait, ce qui ne nous semble pas dépourvu de signification pour l'exégèse (v. infra, à B).
A. 11. -zo^izo ÀoytîîÉcOoj, cfr V. 7; faut-il comprendre ce verbe au sens de « compter que », ou de « faire réflexion que »? Cela dépend du verbe qu'on suppléera après ToiouToi, infra. — ô toiojtoç, expression aimée de Paul, tantôt pour demeurer dans le vague (supra, ii, 6-7), tantôt, comme ici et infra xi, 3, cfr I Cor. v, 5, 11, pour marquer lo dédain. — to'.ojtoi /ca- -ap. -riT» spYw, proposition elliptique qui demeure un peu obscure; faut-il suppléer le futur èao';i.EOa (« nous serons », lors de la visite annoncée, Lielzmann, Plummer al.), ou lo présent li;j.ev, « nous sommes », comme le veulent la plupart? Nous opinerions pour èijAïv, écrit dans le premier membre de la comparaison, car la phrase est ainsi plus harmonique et plus claire; et cela encore n'est pas sans quelque portée exégétique (v. infra, à B).
B, 8-9-10-11. Voici les idées, toutes de grande importance, qui se pressent dans ce passage enchevêtré et désarticulé. Leur densité, leur valeur d'information, et leur « mordant » compe/isent, et bien au-delà, l'embarras de la forme.
Paul vient d'affirmer, dans une litote, qu'on ne peut cependant lui refuser d'ôtre un « homme du Christ » aussi bien que d'autres (on verra plus bas, xi, 13-15, s'il pense véritablement que ces autres-là ont aussi droit à ce titre). Il « s'en vante » peut-être trop souvent, dit-il au v. 8 (avec une légère ironie dans l'emploi du mot x.auy r{(jtojj.aO . Mais n'u-t-il pas une excuse, continue-t-il d'une voix devenue grave, dans la grandeur dos pouvoirs officiels (âÇoutjt'a) que le Seigneur en personne lui a remis (dès sa conversion, Plummer), comme aux autj-es apôtres (v);j.ô)v, qui ne nous paraît pas ici un « [)luriel d'écrivain »), pour l'édificiition des Corintiiiens, qui en ont éprouvé les bienfaits, '( et non ])our leur ruine » ? Ces derniers mots sont peut-être une allusion, beaucoup le croient, à la qu;)lité du travail de ses adversaires, plutôt qu'à cette guerre
HMCONDl!: KPrritK aux COHtN'IHMJNS, X, 10-12. 24î>
ainsi dire, de [vouloir sinriplernciiLJ vous ofi'raycr par les lettres, —
10. parce que les lettres d'une part, dit-on, sont g-raves et fortes, d'une autre la présence corporelle est débile, et la parole comptée pour rien; —
11. il peut Faire cette réflexion, cet individu, que tels, absents, nous sommes en langage épistolaire, tels aussi, présents, en acte.
12. Car nous n'avons pas l'audace de nous égaler ni de nous comparer à certains d'entre ceux qui se recommandent eux-mêmes; toutefois eux,
apostolique annoncée aux vv. 4-6, qu'il ne déclare jamais qu'à corps défendant. S'il a exalté ces pouvoirs-là, il n'a aucune crainte d'avoir à en rougir, du fait qu'il serait jamais démenti en se montrant incapable de les exercer soit en édifiant, soit en exécutant ses menaces. Ceux qui y comptent peut-être seront bien déçus (il le dit au v. 11, et cette assurance d'être énergique présent comme absent, de n'avoir donc pas à rougir de s'être démenti, explique le rôle de't'va du v. 9 dans ces phrases embrouillées ; cette conjonction marque bien une intention d'agir, d'une manière qui ne lui fera point honte (où/, ata/.), — de telle sorte qu'il fermera la bouche à quiconque le traite de ■vantard et de timide).
Il s'est remis en mémoire certaines railleries qui courent sur son compte à proposde ses « vanteries ». Quelques-uns prétendent qu'il n'écrit ses lettres énergiques qu'ea vue d'effrayer, et, s'il s'agit de sa correspondance en général, nous penserons plus particulièrement à la « lettre intermédiaire « {supra, Exe, v). Sa force avait impressionné vivement la communauté, et sans doute les meneurs eux-mêmes. Mais ces derniers s'étaient ressaisis, et avaient probablement animé l'opposition d'une minorité (v. supra, comm, de ii, 6) lors du procès de l'insulteur. La modération de Paul et de son envoyé Titus en toute cette affaire leur avait paru un signe de faiblesse ; ces gens, en effet, dont le caractère sera dépeint plus bas (infra, xi, 19-21) n'estimaient qu'une autorité qui gouverne par le fouet. L'Apôtre, durant le « voyage intermédiaire », leur avait inspiré du dédain pour n'avoir pas pris, comme ils l'auraient fait, des manières de caporal; et si la lettre qui vint après pouvait leur faire redouter des sanctions très graves, ils avaient vu, facilement, que l'affaire s'était réglée avec une certaine indulgence. Ainsi l'annonce éventuelle de sanctions que Paul avait faite dans le u voyage intermédiaire » (v. infra, xiii, 2), et les menaces beaucoup plus précises de la lettre indignée, étaient restées sans effet, — au moins sans l'effet qu'ils avaient un moment redouté; la parole de l'Apôtre avait été, disaient-ils, réduite à rien (è^ouOsvTipvoç parfait), elle comptait peu ou point; d'autant plus, à leurs yeux, que les amateurs de beau langage qui se trouvaient parmi ces adversaires (v. infra, comm, de xi, 6) tenaient les discours de Paul, entendus durant le « voyage intermédiaire -> cl peut-être déjà ailleurs, hors de Corinthe, comme dépourvus d'éloquence et de puissance convaincante, puisqu'ils n'usaient pas des « arguments persuasifs de la sagesse » et de rliéloriquo banale (Windisch) . Vu et entendu de près, ce Paul n'est pas, disaient-ils, «i redoutable qu'il en a l'air de loin (1).
L'Apôtre entend leur prouver le contraire. S'il montre quelque puissance dans ses lettres, il leur fera constater, mis en face d'eux, qu'il en a tout autant dans l'action, et que la modération dont on le raille n'était pas faiblesse. Quand ils l'ont vu et entendu;
(1) l^eut-èlre insistaient-ils aussi sur ce que sa personne n'était pas pliysiqucinont imposante d'après la description des ilcics de Paul (si elle vaut quelque chose), il n'ôlait pas de haute stature, et son état de santé pouvait lui donner parfois l'air un peu misérable. Cependant leurs <^'riliques devaient porter plutôt sur ralliludo ut le ton de Paul, pas assez Irancliauls ni décidés, à leur gré, pour un honnne qui écrivait de telles lettres.
*oj auviôtjcv 13. 'HjAîî; Ss où/, si? xx *à'[/.î-pa */.a'j"/Y]T6|ji.ôôa, àXXà y.xxà 10 [jAxpc* Tou *>cav6vo? oj i'^.ipiavf "/;!j,îv ô Oîoç j^.Éxpou, * k^fiyda^ai à}(pt y.ai û[J-tov. 14. Oj yàp tb; pi,Y) £yiy.vo'j[ji,cVoi si; b\}.xq *u-spîy.xstvo;j,£V éa'j-o'jç, a;(pi y^? *''••*'' ûjxwv *è<pôa!Ta[X£v £V To) zboc-^ytK'.M tou XpiŒxou* *15. ojx s'.^ tJc àsj.îTp3: *y.au;(W[^.îVO'. èv àXXoxpioiq
ils l'ont jugé d'une façon bien grossièrement superficielle. Au reste, quand il parle des effets puissants de sa présence, ce n'est pas seulement de cet incident qu'il s'agit, ni de l'action escomptée d'une visite qui n'a pas encore eu lieu, (sous-entendre èa[j.5v auv. 11, V, supra), mais de l'efficacité de son apostolat passé en bien des pays, et spécialement dans la ville où ils complotent, à Corinthe (comme le précisent les versets suivants).
Il est donc certain, — et c'est important à noter pour bien juger de la situation historique, — que ces détracteurs avaient déjà vu et entendu Paul s'exprimant de vive voix, puisqu'ils opposent ainsi sa présence à ses lettres [Windisch, al.). Nous pensons (puisque c'étaient des nouveau-venus), que ce fut à l'occasion du « voyage intermédiaire », qui se prête très bien à pareille rencontre, et à pareille méprise de leur part (voir nos Excursus après le ch. 11). Ceux qui nient ce voyage ou le croient indémontrable, pensent que, au v. 11, Paul ne parle que de l'effet qu'aura sa présence dans une visite future (ce qui, nous l'avons vu, est moins conforme au texte), et que les railleries au sujet de son aspect et de ses attitudes se rapporteraient au temps où il évangélisait Corinthe « dans la crainte et le tremblement » (I Cor. 11, 3), ou à des rencontres qui auraient eu lieu en Syrie, en Asie, n'importe où ailleurs. Sans exclure la possibilité de ces dernières, nous constatons au moins qu'elles restent dans la pure hypothèse; et, d'autre pari, c'est remonter beaucoup trop loin que de penser au séjour de fondation, dont les intrus visés ici n'avaient d'ailleurs point été témoins, et où finalement la « présence corporelle « de Paul lui avait valu de tels succès. Dire avec V. Weber, Belser, Gutjahr, Sickenberger, que l'assurance de Paul concernant les effets de sa « présence » exclut la i-éalité d'une « visite intermédiaire » qui aurait fini par un gros insuccès, c'est un raisonnement trop rigide; Paul, selon notre interprétation, voulait seulement dire que, dans cette circonstance-là, sa conduite n'avait pas ou cette « faiblesse » que lui imputaient des ennemis incapables de comprendre son caractère; d'ailleurs, il ne parlait pas de ce voyage-là seulement (v. infra, à 12). Quand Belser déclare donc que ce v. 11 est d'un prix « inappréciable » en faveur de sa théorie contre le « voyage intermédiaire », on peut trouver tout au moins qu'il a le triomphe facile.
. A. 12-13. où Y*^?, répété au début du v. 14 [infra); le y^^P montre que le nouveau développement est explicatif d'une assertion précédente. — -coX;xwiiEv, cfr X, 2; ironique; on lit to>.[aùj dans B. — âauxoù; ajouté après kyy.pîvixi aussi, D*, E. — ÈYxpîvat et (jJY/.ptvai, jeu de mots (« aequiparare aat comparare », Bengel) ; ly/.?ivziv (hap. leg. dans le N. T.) signifie « se mettre sur le rang de » quelqu'ua, donc « s'égaler »; •/) auY/.ptvai manque Pap. 46. — Ttatv... ouytTTavôvTojv, cfr supra, m, 1; ouMiaTav-wv pour auvi^rav, dans P'", qui a écrit plus bas vr/.po'jvreç pour [j.eTpoîSvT£ç. — Renforcement du pronom réfiéchi par aù-o(, voir Abel, p. 136, — auviaatv, de auvÎTiai, au sens de « faire attention », « rapprocher par la pensée », « comprendre »; forme hellénistique auvtouciv (que Godet a prise pour un datif) dans D'', E, K, L, P, et ouvîaaaiv (de aûvotSa) dans K*. — Le pap. P46 porte aussi cuvtaatv.
Les derniers mots de 12, oi auv., et les premiers de 13, r)ijL£Ïç 8é, manquent dans D*, F, G, d, e, f, g, Ainbr^ (suivis par Loisxj, Windisch), ce qui change complètement le sens, en faisant se rapporter à Paul les participes de 12; cfr vulg. : « scd
SECONDE ÉPITRB AUX COUINTHIENS, X, 13-15. 251
quand ils prennent leur propre mesure en eux-mêmes, et se comparent eux-mêmes à eux-mêmes, ils ne sont pas intelligents. 13. Quant à nous, nous ne nous vanterons pas d'une manière immodérée, mais A la mesure de la limite que Dieu nous a départie comme mesure, d'être arrivés même jusqu'à vous. 14. Car nous ne sommes pas là à nous distendre comme si nous n'arrivions pas à vous, car jusqu'à vous nous avons bien les premiers atteint, dans l'évangile du Christ; 15. (ce n'est pas nous Viinter d'une manière immodérée dans les fatigues d'autrui) ; mais nous avons Tespérance, votre
ipsi in nobis nosmedpsos metientes, etc. » ; la Vulgate a cependant conservé vi;j.eÏç oé, <( nos autem ». Ces variantes sont certainement à rejeter; Windiscli préfère bien le texte coui't, parce que où cuvtaaiv ne lui paraîtrait pas une expression assez forte; mais c'est au contraire un de ces euphémismes que des lecteurs français ou anglais sauront bien comprendi'e et goûter. — afxe-rpov pour a(xeTpa D*, F, G, {vulg. : « in jmmensum >'). — xxu7^w[j.îvot pour x.au/TÎao^asOa (par assimilation aux précédents participes) dans F, G. — xoîî >cav6vo; (cfr infra, 15 et 16) : sur le sens de ce mot, voir Mouhon-Milligan ; xavciv signifie d'abord « règle «, « canne ou cordon à mesurer », d'où, par extension, « frontière », «limites » (Plummer), comme ici; on ne retrouve ce mot dans le N. T. que Gai. vi, 16, au sens de règle de croyance et de conduite. — ou è[i.^ptaev ô G. (AÉ-rpou, génitif par attraction; [/.s-rpou (redondance avec tô ixeTpov) =r= « comme mesure » ; jDOur Oeo'ç on lit y.uptoç dans D, E. — èçi/.VÊïdOai (ici seulement et 14, dans tout le N. T.) est un verbe tout à fait classique. L'embarras du style n'empêche pas Paul, d'employer des mots d'un excellent vocabulaire, — et d'autres, il est vrai, à côté. On lit à^cxÉCTOai dans D, E, F.
B. 12-13. C'est que Paul, en effet (yap) a su dans bien des cas faire ses preuves et montrer la force que Dieu lui a donnée; il n'en rései've pas la manifestation à l'avenir seulement. N'a-t-il pas montré qu'il possédait certaines capacités de réalisation quand il a fondé une église à Gorinthe? C'est sur ce point, du v. 12 à la fin du chapitre, qu'il va attirer l'attention de ses lecteurs — des Corinthiens ! — à la honte de ses prétendus rivaux. Il s'y prend à deux fois, symétriquement (où yip... de 12, où Yocp... de 14, cfr xal-^âp de v, 2 et v, 3).
L'ironie contre ses détracteurs est cinglante; non, sans doute, il n'ose se mettre au rang de pareils ouvriers, ni même s'y comparer, à ces gens qui ont de tels mérites, et qui sont les premiers à les connaître et à les proclamer, tant ils sont incontestables. Au ch. m, il n'ayait parlé que des lettres de recommandation qu'ils obtiennent ou extorquent; mais ces lettres sont secondaires, il n'y a qu'à les écouter eux-mêmes, et à s'en rapporter à leurs dires. Seulement ils oublient quelque chose, — ce qui montre tout de même une certaine lacune dans leur jugement, plutôt qu'une habileté, — c'est de comparer leurs travaux, pour en montrer, s'ils peuvent, les résultats supérieurs, avec d'autres travaux que tout le monde connaît. Ne se doutent-ils pas que les autres feront la comparaison ?
L'Apôtre attaqué veut s'en tenir, lui, à une défense mesurée, et se « vanter » de cela seulement que Dieu lui a assigné comme partage, suivant le programme d'évangélisation tracé par Jésus lui-même après le miracle de Damas [Lemonnyer ; cil' Act. IX, 15, Rom. xv, 6) et que les « colonnes de l'Eglise » ont reconnu [Gai. ") '7). Ce n'est rien de moindre que l'évangélisation générale des Gentils! Les Corinthiens — et les agitateurs aussi — peuvent reconnaître que Paul a rempli ce programme jusque-là d'une manière assez satisfaisante, puisqu'il est arrivé même (1),
(1) Ou bien le xat a un sens confirmatif.
y.aTà xbv *-/,avôva "^[awv elç TTspwŒetav, 16. elç xà *û':c£p£X£iva Of.ôiv £ÙaYY£^'°-a(70ai, oùx £V cùChoxpUù y.avôvi eIç xà ï-zoïiJ.oc xau^r^aaaôa',.
17. « '0 Se y.au/o)!J,£vo? èv y.uptw xau^'^'î'Ow »• 18- Oi y^P '^ éauTOV auvtaxavwv, £X£Ïvôç ècTtv oôxi[;.oç, otXX' ov ô y,ùpioq *auvtc7TY)aiv.
jusqu'à leur ville — qui était fort éloignée de son point de départ d'Antioche et marquait alors une position extrême dans sa marche à l'Occident. Il a atteint jusqu'à eux, et l'on a bien pu A'oir que sa présence (voir v. 11) n'y était pas tout à fait inactive, ni sa parole sans effet.
-■ A. 14. où yâp [(jjç [XY]'], voir supra, à 11; si on lisait (bç yào [Aïf, leçon de B et des cursifs 114 et 116 (certaineiment erronée), la phrase deviendrait une interrogation : « Est-ce que nous nous distendons comme si nous n'étions pas arrivés jusqu'à vous? » — û;:£p£/.Teîvoa£v [I.]. hap. leg., mot très pittoresque, v. infra, B. — i<p0â<ja[ji£v : l'accent est sur l'idée d'avance, de priorité, impliquée dans ç Oitystv.
B. 14. Paul peut parler de l'efficacité de ses œuvres (voir v. 11); car (ou yap comme au v. 12) il n'a pas besoin de s'infliger les mêmes efforts que certains autres pour se faire valoir; les faits parlent pour lui.
Quand il dit que lui n'a pas besoin de « se distendre », il se met certainement en contraste avec ses adversaires, et il évoque une image vraiment comique (et très peu comprise) pour peindre les prétentions de ces gens-là; avec toutes leurs lettres de recommandation, leurs autopanégyriques, leurs intrigues pour atteindre l'esprit des Corinthiens, avec qui ils ne paraissent pas encore avoir le sentiment d'être bien en contact, quoiqu'ils résident parmi eux, ils ont l'air de petits hommes qui tendent leurs bras tant qu'ils peuvent, et qui se dressent sur leurs orteils [Gutjahr), pour toucher l'objet trop élevé qu'ils convoitent (1).
Lui n'a pas besoin de tous ces efforts qui le font sourire; car il est bien arrivé jusqu'à eux (xat confirmatif?), et cela le premier de tous (èçôâcTaixey dans toute la la force de sa signification, comme la suite le prouve, voir au v. 15) ; et non seulement il a atteint leur ville d'une façon matérielle, avant tous ces prédicateurs dont il se moque, mais il est arrivé aux cœurs des Corinthiens, pour les convertir au Christ; il est arrivé non avec des recommandations et des hâbleries, mais avec toutes les bénédictions et la puissance transformatrice de l'évangile (èv -cw eùayYeXfw), comme l'événement l'a prouvé.
— — — A. 15. sec rà auLE-cpa xxuy. , cfr supra, 13. /.auy^titjLEvoi, h/o'i-zzç, peuvent se rapporter au sujet de èçOaaajxev du v. 14, et le sens serait qu'il n'est pas arrivé à Gorinthe des vanteries plein la bouche pour, s'installer dans un champ travaillé par d'autres, et qu'il avait déjà dès ce premier abord l'intention de poursuivre son apostolat plus loin; mais il vaut mieux, je crois, prendre encore y-<M-i. et ey. comme des participes détachés [Lietzmann, Plummer, al.) se rapportant non au passé, mais aux circonstances présentes; Paul veut dire : » [En pai'lant ainsi], nous ne nous vantons pas, etc.. et nous avons l'espérance etc.. » — âv ujxrv ne doit pas se joindre à aùÇ. x. Tîta-rews u;x5)v (contre Luther, Calvin, Schaefer, Lietzmann), ce qui ferait une redondance peu tolérable, mais à p.£Y*^"^O^v*' qui suit {Plummer,
(1) Ainsi s'explique le présent êçtxvoijjxevot, que Windisch ne comprend pas; Paul ne rapporte pas ce participe à sa propre arrivée à Gorinthe, qui est un l'ait bien acquis du pas&é, mais il le prend, au moral, des tentatives de ses contradicteurs : « Nous ne sommes pas de ceux qui se distendent comme n'arrivant pas à vous toucher ». — Aucune allusion, comme quelques-uns l'ont imaginé, à sa propre petite taille.
foi augmentant, de nous grandir parmi vous, en gardant notre limite, jusqu'à nous dépasser, 16. de porter l'évangile [en des pays] au-delà du vôtre, non d'aller nous vanter, dans les limites d'autrui, sur les [terrains] tout préparés déjà.
17. « Celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur ». 18. Car celui qui se recommande lui-même, ce n'est pas celui-là qui aura fait ses preuves, mais celui que le Seigneur recommande.
Bachmann, Belser, Sickenberger, Windisch, al.); ce mot (jLeyaXuvO. est entendu par les uns d'un accroissement de considération, gagné par le travail fait à Corinthe, pour la poursuite de l'apostolat, par d'autres d'un accroissement de pouvoir sur les Corinthiens, pour leur profit à eux-mêmes. — /.arà tov -/.avo'va, (et plus bas, au V. 16, èv Tw /.avdvt), voir supra, au v. 13. — uKepéxEiva, hapax légomène absolu: le classique est sTvixetva = « au delà de », avec idée de lieu. — Les deux infinitifs £ÙaYY£^''<iaaOai et /.au/^TfcajOat doivent être, en bonne syntaxe, rattachés au substantif îTEptaagîav, comme détermination (Bac/nnann, Belser), plutôt que coordonnés à [t.tyx- X'jvOTjvat, et dépendant comme ce dernier mot de èXtc. 'é/^ovceç (Gutja/ir, al.) — xauy^aaOai £tç, tournure qui paraît insolite, se trouve pourtant, note Plummer, dans la « Politique » ài!Aristote^ 5, 10, 16, (1).
B. 15-16. En rappelant ses titres de fondateur (cfr I Cor. iv, 15), Paul a conscience de demander simplement justice, ce qui est tout autre chose que de se vanter, et surtout de se vanter du travail des autres, comme le font ces docteurs nouveaux qui viennent glorieusement s'ébattre dans le champ ensemencé et travaillé par lui avec tant de peines. (Il ne dit pas encore qu'ils ne font que le gâter; mais bientôt il ne s'en privera point ). Ce reproche d'empiétement injuste, signifié en chacun des deux versets, nous apprend do la manière la plus claire, après les indications implicites des versets 13 et 14, que les adversaires et semeurs de calomnie étaient bien des intrus^ arrivés à Corinthe lorsque l'Église était déjà florissante; tout invite à les identifier avec ces individus venant avec des lettres de recommandation d'autres églises, dont il a été question au ch. m (v. ad loc). Plus bas leur qualité se précisera.
Paul ajoute qu'il espère des Corinthiens beaucoup plus qu'il n'en a déjà obtenu. Ce passage est remarquable, et très éclairant pour une juste appréciation du caractère de toute cette « apologie » (v. infra, Exe. xv). Notons qu'il n'exprime aucun reproche contre la communauté, au contraire; Paul compte sur elle pour l'extension illimitée de son apostolat. Il ne dit rien ici des torts passés (qu'il sera obligé pourtant de rappeler bientôt); pour le moment, il prend confiance et courage en pensant à ses fidèles {supra, vu, 16, Oxppôi èv 0;j.ïv), et paraît demeurer sous l'impression si tendrement manifestée à la fin de la Première Partie, au chapitre vu; souhaiter seulement « l'augmentation de leur foi » {cïr supra, v. 6, celle de leur « obéissance »), c'est montrer qu'il apprécie leurs erreurs à eux (pas celle des intrus) d'une façon très douce et très amicale {Windisch). Quand tout sera remis chez eux en bon ordre, par cette lettre et par sa visite, cette restauration, espère-t-il, sera un triomphe {Windisch). Lui-même en deviendra plus grand, plus puissant comme apôtre {[i-zyxkw .) ; il aura d'abord reconquis sur eux toute l'influence à laquelle il aspire, il l'aura même agrandie, mais ce n'est pas tout; grâce à l'appui do cette église, si bien placée au centre du monde romain, et redevenue entièrement
(1) Mais ici zU xà êr. n'a pas le sens de fin, mais plutôt d'objet; n'est-ce pas une expression prégnante, avec l'idée de mouvement : « [venir] sejglorifior dans »?
dévouce à lui et à ses projets, il étendra son activité ([A£YaXuvO?ivxt encore), toujours, sans outrepasser les lignes do sa mission, qui est immense (xa-rà tôv xavdva rjfjiav), aux pays d'Occident qui n'ont pas encore été évang-élisés, l'Italie, l'Espagne, peutêtre la Gaule et l'Afrique (voir Rom. xv, 23-24 qui a été écrit à Gorinthe, Lieizmann) (1); la renommée de ce qu'il a fait à Gorinthe l'y accompagnera et garantira son succès en ces régions neuves. C'est à la conquête toujours progressive que Dieu l'a destiné, — non à empiéter sur les terres toutes conquises par autrui, comme il le dit encore dédaigneusement à l'adi-esse de ses présomptueux concurrents. Et la foi, la soumission de la puissante église corinthienne l'y aideront; que cette mission de point de départ d'un apostolat universel est belle, si elle veut seulement écouter son apôtre, éliminer les mauvaises influences, et se réformer à fond!
Paul n'est pas moins « hardi » (vu, 16) dans l'espoir qu'il fonde sur cette église que dans ses admonitions.
A. 17-18. Citation -libre de Jérémie^ ix, 22-23 cfr I Cor. i, 31; — Soxtjj.oç., cfr xin, 7, infra. — auvIaxYjatv : Paul emploie ici la forme classique ouvÎ!JTr,jU.t (comme toujours Rom. 3 fois, et 1 fois dans notre épître, au passif, xii, 11), tandis que partout ailleurs, 1 fois Gai. et 6 fois II Cor.^ il se sert du tardif ouviaTavw, même encore 18" (où on lit auvtcrtâiv K, L, al.),
B. 17-18. Voici la conclusion — ou le principe — de toute la péricope qui précède. Gomme l'a dit le prophète, il n'est séant de se glorifier que dans le Seigneur. Qui a droit de le faire ? Non pas les détracteurs de Paul, qui cherchent à détourner les Corinthiens de l'obéissance qui lui est due; mais ceux que la Providence — ou plutôt ici le Christ (xiSptos) — a mis à même de faire leurs preuves par de grands succès surnaturels, ce qui est le cas de l'Apôtre, tandis que les autres qu'il vise n'ont que leurs propres dires pour les recommander.
EXCURSUS XIV. — LE RAPPORT DE LA TROISIÈME PARTIE (lES « QUATRE CHAPITRES ») AVEC LES DEUX AUTRES.
Nous savons par I'Introduction (chap. iv) combien l'histoire exégétique des chapitres x à xiii est débattue. Un grand nombre, sinon le plus grand nombre, des critiques modernes, estiment qu'ils doivent avoir été écrits avant les chapitres J-IX. D'autres ne se contentent pas de les détacher du reste de l'Épître comme antérieurs^ mais ils y fondent ou y cousent plusieurs passages particulièrement apologétiques et vigoureux de la Première partie. Enfin quelques-uns maintiennent leur postériorité, mais y voient la substance d'une lettre détachée, écrite après l'envoi des premiers chapitres.
Toutes ces opinions sont également contraires à la tradition diplomatique unanime mais elles ne le sont à aucune tradition doctrinale. Nous devons, -— car il en est d'assez spécieuses — les examiner avec soin, et cela sans aucune crainte, disons-le bien aux « indépendants », d'avoir nos conclusions dictées à l'avance par aucun « préjugé d'orthodoxie ».
(1) II y a vraiment trop d'acribie géographique à vouloir conclure du terme ûrtepéxEiva (■> au delà », vers l'ouest) que Paul a écrit ces lignes d'un pays d'Asie, à l'orient par rapport à Gorinthe, plutôt que de la Macédoine, qui est au Nord, et non sur la ligne d'Orient En Occident; c'est être pointilleux un peu à l'excès. V. supra., Int., p. lvzi.
I. Théorie de Vantériorité des ch. X-XIII par rapport aux autres.
Cette théorie, mise communément sous le nom de Hausrath (1), l'auteur qui l'a introduite en s'appuyant sur Weisse, repose sur une base entièrement psychologique.
Les deux parties qui constituent notre épître, i-vii (viii-ix) et x-xiii, présupposent, dit-on, deux situations très différentes dans l'église de Corinthe, deux attitudes fort opposées de Paul à Tégard de cette église et par conséquent deux époques diverses.
Comment en effet concevoir, explique-t-on, qu'une seule et même épitre, visant une même situation, commence par la liquidation très amicale d'anciens malentendus et la plus chaude déclaration d'une confiance pleinement rétablie, pour tourner ensuite, sans qu'on sache d'où vient ce changement, en une charge violente d'accusations, de protestations âpres, de sarcasmes, terminée par la menace de graves châtiments? C'est l'ordre inverse qui se comprendrait, — et encore pas dans une même missive. Paul, — d'ailleurs n'importe qui de conséquent et de raisonnable, — ne peut procéder d'une manière si maladroite,* car la seconde partie aurait absolument ruiné l'effet qu'aurait pu produire la première.
Cependant les deux parties sont bien authentiquement pauliniennes, et adressées à la même communauté. Peut-on, d'après des indications contenues dans le texte, expliquer leur contraste ?
Oui, est-il répondu. Dans les premiers chapitres, Paul parle d'une « lettre écrite dans les larmes » (ii, 3-4), à la suite d'un chagrin que l'église lui avait infligé, et d'un outrage qu'il avait reçu (vu, 12), lettre qui avait contristé les destinataires (vu, 8). Mais l'effet escompté avait été produit; le principal coupable avait été puni (ii, 6-ss.), et la communauté avait manifesté d'une façon indubitable son repentir (vu, 9-ss., 11, 13). Tout devient clair : les chapitres x-xiii sont la lettre dure, et les chapitres i-vii sont une lettre ultérieure de réconciliation j où l'Apôtre manifeste toute la joie que lui apporte l'heureux changement des sentiments de son église. Lorsqu'on fit la collection des épîtres de Paul, on colla ensemble les deux missives apostoliques, mais, jDar une singulière erreur, c'est la plus ancienne que l'on mit à la suite de la plus récente.
La preuve décisive serait faite par le rapprochement de i, 23-ii, 3 avec xni, 10 (v. ad loc.)\ dans le premier passage, en effet, Paul rappelle qu'il a remplacé une visite projetée par une lettre, « afin d'épargner » les Corinthiens ; et dans le second, il annonce qu'il écrit actuellement afin de n'être pas obligé, quand il visitera l'église, d'en user trop sévèrement avec certains délinquants. Donc XIII, 10, et toute la section qui le contient, a été dicté avant i, 23-ii, 3 et la section dont ces versets font partie. Qu'y a-t-il de plus clair?
Il faut reconnaître qu'une telle reconstitution des faits est spécieuse, et paraî-
(1) Théorie acceptée, avec des nuances, par Pfleiderer (« Urchr. >• I, p. 124), Schmiedel, l'on Soden (Urchristl. Literaturgesch. »), MoffaU, Kirsopp Lake (« Early Ep. » pp. 154-s.), VoUer {<.(. Paulus u. seiae Briefe », p. 100), Plammer, Clemen I, pp. 79-ss., Goguel, iv, 2, pp. 78-89, al, — Pour /. Weiss, Loisy, v. infra. — L'unité et l'ordre traditionnels sont maintenus par Uilgenfeld, Weizsàcker, Reuss, Klôpper, Godet, Hollzmann, Zahn, Julicher Mcnzies et la masse des catholiques. Voir Introd., p. li-liii.
trait même convaincante après une lecture trop rapide. Mais, dès qu'on regarde les choses de près, les difficultés s'accumulent, et toute la théorie se mot à branler.
Une première observation, la plus aisée de toutes, abat le dernier argument, celui qui devait être tenu pour démonstratif. La voici : au passage i, 23-n, 3, il est parlé d'une lettre que Paul écrivit pour se dispenser défaire une visite, sans rien pour indiquer que cette visite est seulement retardée, et aura lieu quand même à son heure; et au passage xm, 10, l'Apôtre dit qu'il écrit ses prescriptions afin de préparer une visite imminente. Est-ce la même chose? Windisch montre bien que les deux positions sont plutôt inconciliables [supra et infra, comm. ad loc).
Autres considérations qui ont du poids. Si les « quatre Chapitres » étaient la « lettre intermédiaire » écrite avant tout pour la répression d'un délit particulier, commis par un coupable individuel, comment pourrait-il se faire que, parmi tous les reproches et les invectives qu'ils contiennent, on ne trouve rien qui paraisse s'appliquer déterminément à cet incident spécial, pour lequel la lettre mentionnée aux ch. ii et vu exigeait une spéciale réparation, alors que les dits chapitres x-xiii ne visent que des séries de torts généraux? (Idem, Windisch, al.). Une pareille difficulté n'ayant pu échapper à personne, on cherche à s'en tirer en supposant que les passages de la « lettre intermédiaire » où il était question de la faute et du coupable ont été, ou bien perdus
— quel malicieux hasard! ou bien supprimés lorsqu'on a fait la collection — quel procédé inexplicable! à moins qu'on ne l'ait fait pour brouiller intentionnellement la perspective, ou pour ensevelir dans l'oubli le délit en question (mais alors il aurait fallu épurer aussi les ch. ii et vu), ou pour ne pas livrer à toutes les églises le nom d'un coupable qui avait mérité son pardon (mais alors il suffisait d'effacer ce nom, s'il avait été écrit), ou pour l'aire oublier la vivacité de Paul en cette occasion (mais les Quatre Chapitres en contenaient bien d'autres, assez mordantes, des reproches plus graves que celui d'une offense commise par un individu, et on les a pourtant conservés'!) Ce ne sont donc là que des suppositions au moins inconsistantes, et toutes invraisemblables. D'abord innocentons le hasard, car les écrits de Paul à ses églises étaient mieux gardés, et quand une lettre ou fragment épistolaire de lui était laissé dans l'oubli, c'est que lui ou les autres l'avaient bien voulu (voir notre comm. de I Cor., Introd., p. lxxxiii-s.); puis ne faisons pas aux collecteurs, quels qu'ils fussent, l'injure gratuite de penser qu'ils auraient moins senti que les critiques modernes la contradiction psychologique de leur combinaison,
— si cette contradiction avait été réelle.
Enfin, nous le répétons, la prétendue « Lettre des Quatre Chapitres » n'offre guère ce caractère de «. lettre écrite dans les larmes » qui était celui de la « lettre intermédiaire » . Que les yeux de Paul se soient mouillés — ce qui lui arrivait souvent, à ce héros non stoïcien — quand il parlait de sa profonde affection, ou du manque d'affection des sieus (xi, 11; xii, 15), c'est chose assez vraisemblable; mais l'ensemble, avec son habileté polémique, ses ironies si calculées, la majesté des avertissements, n'est pas d'un homme qui se livre aux impressions du chagrin; c'est plutôt la colère qui çà et là percerait; or nous n'irons pas nous figurer un Paul versant tout du long des pleurs de rage!
Aussi la théorie ea question est-elle fort en baisse. Nous estimons que Windisch lui a porté le coup de grâce.
//. Théorie de la « Cinquième Lettre ».
Une autre théorie, plus admissible, et devant laquelle nous avous assez longuement hésité, a été mise en valeur par Windisch lui-même, qui avait eu quelques précurseurs (1).
Lui aussi estime qu'il y a impossibilité psycliolog'ique;[à rapporter au même temps et aux mêmes circonstances des pages amicales comme celles de i-vii et l'apologie véhémente et agressive de x-xiii. Les premiers chapitres sont la conclusion très conciliante d'un débat, et les derniers sont un débat en pleine effervescence. Comme il n'est pas possible d'identifier ceux-ci avec la « lettre intermédiaire » (v. supra), qui a eu son complément et son correctif dans les chapitres i-vii, et qui a été elle-même bien perdue, il faut donc faire de x-xiii une \e\XrQ postéj'ieuj'e à la Première partie^ dont elle aurait été séparée par de nouveaux événements, suscitant une nouvelle crise. C'est donc, (après la lettre précanonique, la Première aux Corinthiens, la « Lettre intermédiaire », et Il Cor. i-vm), une « Cinquième Lettre » adressée par Paul à Corinlhe.
Voici comment les choses auraient pu se passer.
L'affaire de 1' « offenseur » ayant été, grâce à la lettre intermédiaire et à la mission disciplinaire de Titus, réglée à la satisfaction de Paul, celui-ci écrivit à l'église une épître de derniers éclaircissements et de pleine réconciliation qui contient les mots décisifs de vu, 16 « Je me réjouis de pouvoir mettre désormais ma pleine confiance en vous (ôappwèv ôatv.) ». L'Apôtre profita de ce rétablissement des bons rapports pour charger Tite d'une seconde mission, concernant l'affaire délicate delà collecte (ch. vm). La lettre de tendresse et d'effusions le suivait. Or, cette mission avait été remplie ; mais ce n'avait pas été sans raviver de vieilles oppositions qu'on pouvait croire éteintes, et même soulever, de la part des anciens adversaires, de nouvelles insinuations très blessantes contre le désintéressement de Paul ; la communauté était retombée dans un état à peu près pareil à celui qui avait motivé Tenvoi de la « lettre intermédiaire ». L'Apôtre apprit cette triste rechute au retour de Titus et des envoyés; ou peut-être, par des voies que nous ignorons, tandis qu'ils étaient encore à l'œuvre. Indigné, il envoie à Corinthe la fulminante apologie des « Quatre Chapitres », sa « Cinquième Épître aux Corinthiens ».
Cette théorie paraîtrait de prime abord supprimer bien des difïïcultés. Nous ne la trouvons pas cependant satisfaisante.
Avant tout, il est difficile de concevoir comment les Corinthiens, après leur repentir éloquent signalé au chapitre vu, et la lettre touchante qu'il leur avait value de la part de l'Apôtre, seraient retombés si vite, et sans nouvelle cause tle malentendu (la levée de la collecte n'étant pas chose à les surprendre, voir I Cor. xvi), dans les pires errements du passé. Ensuite, nous ne voyons guère à quel moment Paul aurait pu leur envoyer cette a cinquième lettre » ; le
(1) Krenkel, Drescher, Braslon, al., voir Inïr., p. lii-s. — Pour « Delafosse », voir note à la '^in du g III, p. 259.
258 SECONDE ÉPITRE AUX COUINThItENS, X-XIII.
voyage qu'il annonce comme prochain au chap. xin, 1, avait été annoncé déjà dans la Première Partie, dès les premiers temps de la mission charitable de Titus (ch. IX, 4, V. ad loc; rappelons-nous que ix lient à viii); nous ne pouvons supposer que Paul se soit encore attardé indéfiniment en Macédoine, laissant le temps aux Corinthiens de subir un bouleversement si complet dans leurs dispositions, et cela d'autant moins que pareil changement n'aurait pu se produire que lentement, à la suite d'insinuations et de petits malentendus multipliés (1). — Qu'il ait surgi quelque nouvel incident pénible à Paul, justifiant quelque retour de sévérité, c'est chose possible et nous reviendrons sur cette hypothèse ; mais qu'il eût été assez grave pour retourner si fâcheusement une grande partie de l'église, voilà ce qui nous semble d'autant plus dur à admettre que Paul, en ce cas, n'aurait pas dû omettre complètement de nous dire quel il avait été.
Enfin, la thèse de Windisch repose sur une observation psychologique qui, à notre avis, ne se justifie pas : l'incompatibilité d'une persistance des torts reprochés dans x-xiii avec la réconciliation de i-vii. Il aurait fallu, telle est son impression, de nouveaux torts et une brouille. S'il s'agit d'impressions, disons d'ores et déjà que la nôtre est toute contraire, et nous essaierons plus bas de la justifier.
///. Théorie du mélange de deux lettres à travers VEpîire.
Nous connaissons déjà, par l'étude de la Première aux Corinthiens, l'opinion de quelques savants sur la rédaction canonique des deux épîtres, qui aurait été faite, pour l'une et pour l'autre, par la juxtaposition plus ou moins arbitraire de fragments pris en des lettres authentiques dont le nombre s'élevait à trois, quatre et au-delà. Pour ce qui est de II Cor., il existe à la base de ces systèmes une première constatation dont il faut reconnaître la justesse : c'est quel' « apologie )> de Paul n'est pas un élément qui fasse assez trancher les quatre derniers chapitres sur les autres pour qu'on puisse faire rien qu'avec x-xui, selon le système deHausrath, (ni celui de Windisch), un ensemble qui s'oppose à i-vii (viii-ix). Le plaidoyer de Paul est sans doute, dit-on encore, antérieur à la lettre de réconciliation; mais, pour le reconstituer dans sa première forme, il faut réunirions les passages apologétiques épars à travers l'ensemble de l'Epître.
Ainsi Joh. Weiss ( « Das Urchristcntum «, pp. 271-272) présentait comme suit la production des divers morceaux de II Cor. Il détaclie d'abord vi, 14-vii, 1 (qui appartiendrait, avec divers morceaux de ï Cor., à sa Lettre A, première de Paul à Corinthe), puis vin (missive spéciale que Titus aurait emportée avec lui, par la Macédoine, à Corinthe, pour présider à la collecte). C'est à la suite seulement du départ de Titus que se placeraient le « voyage intermédiaire » et son insuccès, et que Paul se serait mis en devoir de se défendre par
la « lettre intermédiaire », comprenant les chap. II Cor. ii, 14- vi, 13 (afllrma-
(1) Gogael de môme (p. 85), noie que « celLe nouvelle crise se scrnit prodiiile et anrail évolué diins un sens favorable avec une extrême rapidité, puisque, peu de temps après, Paul Iroiiva à Corintl)c une situation assez calme pour pouvoir écrire l'I'Jpître aux Romains dans la(|uelle il domino l'opposition de haut ». Double invraisemblance à ses yeux comme aux nôtres.
SIÎCONDE KPITIIK AUX CORINTHIENS, X-XIII. 259
tion (le la noble confiance de Paul fondée sur ses succès d'apostolat, sur la transcendance du ministère de la nouvelle économie par rapport à celui de l'ancienne, adjuration aux réfractaires de Corintlie), puis vu, 2-4 (continuation de VI, 11-13), enfin x-xni (charge violente contre lo3 ennemis et ceux qui les tolèrent).
Après cettre lettre, Titus arrive lui-même à Corinthe (voir vu, 15 j, où tou finit par être remis en ordre. Alors Paul écrit
la « lettre de récoîiciliatlon », pleine de joie et de tendresse, qui comprend i, l-ii, 13, et VII, 5-16, et à laquelle se joint ix, pour recommander la collecte à toute l'Achaïe.
Sauf la séparation arbitraire devin et de ix (v. comm. ad loc.]^ cela ferait sans doute un arrangement bien logique en gros, mais plus logique que le mouvement passionné de l'âme de Paul, et que la condition très complexe de ses rapports avec Corinthe (1).
Nous dirons la même chose des remaniements de Loisy (dans « Les Livres du Nouveau Testament », pp. 75-suivantes). Il faudrait aussi d'après lui admettre deux lettres, dont la première commence (comme pour J. Weiss) à ii, 14-17 jusqu'à VI, 13; puis vu, 2-3, enfin x, 1-xiii, 13. — Ensuite, Titus ayant pacifié Corinthe, et calmé d'autre part l'irritation de Paul contre tous les autres prédicateurs de l'Évangile, a lieu l'envoi de la lettre qui sanctionne ce rétablissement des bons rapports, i, l-ii, 13, et vu, 5-ix, 15, (vu, 4 étant une soudure artificielle, et VI, 14-vii, 1, un fragment de lettre antérieure). Loisy allégeait donc le système de Weiss des suppositions arbitraires sur les chap. vm et ix.
Couchoud (Pi H R vol. lxxxviii, pp. IS-suivantes) s'est essayé à un remanie ment à peu près semblable : 1" ii, 14-vi, 13; x-xiii; 2° \, l-ii, 13; vu, 2-9 (2).
C'est dans le commentaire que nous discutons ces opinions; toutes ne sont que des simplifications, d'esprit scolaire ou scolastique, d'une histoire et d'une psychologie dont la complexité n'est pas au goût de ces auteurs. Johannes Weiss, s'il eût vécu plus longtemps, en serait-il demeuré à ces vues?