PRENDRE SA VISITE PROCHAINE X, 1-S
B. C'est lui-même qui a été accrédité comme vrai représentant DU Christ, par la fondation de leur église x, 7-18.
C. Craintes que suscite chez lui son amour jaloux. Il défend son enseignement, spécialement au point de vue de la
gratuité xi, 1-15-
D. Il FAIT son « apologie y> en détail, sur le thème de ses
TRAVAUX, d'une REVELATION CELESTE, ET DE SES HUMILIATIONS. XI, 16-XII, 10.
I. Paul se « glorifie » de ce qu'il fait et souffre extérieurement XI, 16-33
II. Il passe à son rapt au « troisième Ciel», et à la maladie qui a suivi peu après. Vertu
de la faiblesse XII, 1-10.
E. Paul explique pourquoi il a dû faire cette « apologie »,
ET revient SUR SOX DÉSINTÉRESSEMENT Xll, 11-19-
F. Admonition concernant la visite prochaixe de Paul
A Corinthe. , XII, 20-xiii, 10.
Conclusion xiii, 11-13.
Cette épître si personnelle déborde de riches enseignements. Elle nous instruit beaucoup sur l'histoire de Paul et celle de l'église primitive, ell^ complète ou synthétise d'importantes doctrines, enfm c'est le meilleur de tous nos documents concernant le caractère de Saint Paul, ce qui en fait un écrit spirituel de la plus haute valeur.
Histoire : 1° de Saint Paul. L'épître nous fournit d'abord sur le ministère du grand Apôtre beaucoup de renseignements que nous ne trouvions ni dans les autres lettres, ni dans les Actes. Elle est seule à nous faire connaître les dernières péripéties de la « crise corinthienne » ; nous y entrevoyons les espérances que Paul fondait sur Corinthe pour l'extension de son apostolat (x, 15-16; voir Ro77i. xv, 22-ss., Act. xix, 21), et nous comprenons aussi (ix, fin) pourquoi il tenait à faire son voyage hasardeux à Jérusalem en y portant lui-même les fruits de la collecte; c'était le grand moyen de réaliser l'union parfaite entre les chrétiens de la première heure et ceux de la gentilité.
XX INTRODUCTION
Nous voyons encore que Paul avait évangélisé lui-même la Troade (ii, 12-13). Sur les conditions de ses campagnes apostoliques, les épreuves qui les remplissaient et l'extraordinaire endurance qu'il devait y déployer, II Cor. apporte des détails nouveaux et très significatifs : la multiplicité des incarcérations, les flagellations dans les synagogues, les coups de fouet romains infligés trois fois, les naufrages, les obstacles innombrables à surmonter sur la route, en mer, au désert^ dans les villes (XI). Par cette épître, nous savons quel grand rôle remplit Titus comme auxiliaire de Paul, qui faisait le plus grand cas de ce disciple éprouvé, et cela complète la mention de Gai. ii, 1-3, et dispose à reconnaître l'authenticité de l'Epître à Tite. Nous voyons encore comment Paul organisait ses visites disciplinaires aux églises (xiii). Il n'est pas jusqu'à l'histoire financière de l'apôlre-artisan qui ne soit éclairée (xi, 7-10, cfr Phil. IV, 10-15). Par-dessus tout, il est deux traits capitaux de la vie de Paul qui nous sont révélés : d'abord l'obstacle qu'aurait dû mettre à son action une grave maladie chronique (cfr Gai. iv, 13-15) reconnue capable de le mener à la mort, et rien ne contribue davantage à faire concevoir son apostolat comme un prodige continu de volonté et de grâce surnaturelle (i, 8-11 ; xii, 7-10); enfin, dans son histoire intime, cette révélation des secrets du ciel (xii, 1-6) qui l'arma définitivement pour son apostolat chez les Gentils, et qui, après la vision de Damas, doit être tenue pour l'événement spirituel le plus capital et le plus fécond de toute son existence.
L'Épître contient même un renseignement d'histoire profane d'autant plus précieux qu'il est unique : la situation politique de la ville de Damas sous le règne de Caligula (xi, 31-33).
2° Histoire de l'Église. Notre lettre jette delà lumière sur les conflits d'idées et les manœuvres qui entourèrent la « crise judaïsante ». Ce n'est pas seulement à Antioche et en Galatie qu'elle éclata, et Paul n'eut pas à en prévenir r extension à la seule église de Rome. Si elle prit son caractère le plus grave en' Syrie et en Asie-Mineure, elle tendait à créer jusqu'en plein pays grec une atmosphère d'opposition à la pureté de l'Evangile. Des propagandistes intrigants, procédant par étapes, et donnant sans doute à leurs idées une couleur de gnose supérieure, arrivaient à grouper autour d'eux toute espèce de mécontents, et préparaient sournoisement des schismes jusque parmi les ethnico-chrétiens les moins disposés à se faire circoncire. C'était une campagne qu'ils avaient l'intention d'étendre à toute l'église, et certaines communautés s'y prêtaient au moins tacitement. Nous sommes par là mieux préparés à comprendre la situation doctrinale présupposée dans les Epîtres aux Colossiens et aux Éphésiens.
Nous entrevoyons encore que de nouveaux centres de chrétienté avaient dû s'établir en Achaïe depuis la Première Épître (i, 1, cfr ix,' 2); et que, par contre, l'opposition païenne et juive avait dû s'accentuer depuis la même époque, puisque Paul parle au ch. i de vexations subies par les fidèles de Corinthe, plus graves apparemment que les contrariétés du dehors auxquelles faisait peut-être allusion I Cor. x, 13 (v. comm. ad loc).
Il n'y a rien sur la hiérarchie, les charismes, la question des femmes, le mariage, le culte; tous les doutes soulevés en ces matières avaient dû être dissipés par la lettre canonique précédente. Nous cueillons seulement ce petit