‹ Saint Paul [microform] (volume 2)Chapitre 71 sur 110 · Ceux qui marcheîst selon la chair · texte numérisé non relu

Ceux qui marcheîst selon la chair

La vraie continuation du v. 4 est au v. 8, où est donnée la preuve positive de ce qui est avancé aux versets 1 et 2, prouvés eux-mêmes par les suivants, que celui qui est en Jésus est délivré de la loi du péché et de la mort. Mais l'opposition entre la chair et l'esprit, indiquée au v. 4, suggérait de mettre les deux situations dans un contraste. Paul commence par le point obscur, qui appartient au passé, ou à ceux qui ne sont pas dans le Christ.

5) D'après Corneiy, olxaT^i aàpxa Svtsç ce sont ceux dont la chair est le principe, principe intérieur et principe des actions extérieures, tandis que rapt- TcotTouatv K. ff. indiquerait seulement les actions extérieures. Mais Paul s'est si peu arrêté à ces subtilités qu'au v. 8 il dira ol èv (sap-û ôvteç, expression compatible en soi avec la vie de l'esprit (Gai. ii, 20). Il n'a donc pas attaché grande importance à l'expression [Ml.).

choses de l'esprit. ^ En effet, les tendances de l?i chair vont à la mort; mais les tendances de l'esprit à la vie et à la paix. "''C'est pourquoi les tendances de la chair vont à la haine envers Dieu ; car elles ne sont pas soumises à la loi de Dieu ; elles ne le peuvent même

L'idée est claire; il s'agit toujours de ceux qui suivent la concupiscence (Thom.), qui vont au gré de leurs désirs, sans se préoccuper de la volonté de Dieu.

— (ppovsco souvent dans Paul, et dans le N. T. seulement Mt. xvi, 23 (Me. VIII, 33); Act. XXVII, 22, exprime à la fois les convictions et les sentiments ; c'est presque « prendre parti pour » (cf. Comment, de Me, viii, 33), plutôt studere que sapere qui n'indique pas assez la participation de la volonté. Il y aurait une sorte de tautologie si l'on n'entendait : ceux qui sont sous l'influence de la chair par habitude choisissent dans les occasions tout ce qui plaît à la chair. La seconde partie du v. est opposée à la première. L'esprit» c'est-à-dire la grâce.

La Vg. a ajouté sentiunt; W W. suppriment suntZ'>.

6) yap est très difficile ; on lirait plus volontiers 81, de façon à former une sorte de syllogisme (dans Thom. le v. 6 en est la majeure), car le v. 6 ne peut être simplement l'explication du précédent. Lipsius (et à ce qu'il semble Corn.) donne à ydcp un sens atténué, et le coordonne au v. 5 comme une nouvelle preuve que ceux qui marchent selon la chair ne remplissent pas la loi- Mais cette pensée ne se présente qu'au v. 7. Je croirais plutôt que les vv. 5 et 6 expliquent l'opposition marquée à la fin du v. 4. Il y a donc désormais comme deux catégories de personnes ; car les uns suivent la chair, les autres l'esprit; et l'opposition est radicale, car la chair va dans un sens et l'esprit dans l'autre. La chair est ici personnifiée comme naguère le péché; ses penchants sont pour la mort; elle est sa pourvoyeuse. L'esprit, opposé à la chair, est, comme aux vv. 4 et 5, le principe spirituel de nos actions, la grâce. On ne concevrait guère que l'Esprit-Saint en personne ait du goût pour la vie et la paix avec Dieu (contre Corn.); l'expression serait assez étrange comme équivalent de « conduire vers ». La mort est la mort du corps, comprenant la mort de l'âme; la vie et la paix commencent ici-bas pour se continuer toujours. On ne saurait parler ici de dualisme, comme si Paul connaissait deux natures d'hommes, les charnels et les pneumatiques. Les termes qu'il emploie indiquent assez que toute la différence est dans la situation surnaturelle, résultant ou de leur adhésion au Christ ou de leur persistance dans le péché.

Prudentia rend moins bien (ppdv7]|jLa que studium ou affectas.

7) L'opposition entre l'esprit et la chair n'est plus formulée désormais par petites phrases opposées. Un autre Esprit entrera en scène plus tard (9-H); ce qui regarde la chair se termine ici en explication de ô». Bt^xt est explicatif, nam plutôt que quoniam; cf. i, 19, 21 etc. Les attraits de la chair sont traduits une inimitié envers Dieu. On voit ici clairement que Paul ne songe nullement à la chair au sens de matière, comme distincte de Tâme, ni même à la chair au sens des désirs charnels seulement; la chair est ici censée sous la domination du péché, elle coopère au péché. Comment son goût est en

pas ; 8 or ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu. ® Mais vous, vous n'êtes point dans la chair, mais dans l'esprit, s'il est vrai que l'Esprit de Dieu habite en vous. Or si quelqu'un n'a

hostilité avec Dieu, Paul l'explique parce que la loi la gêne, elle ne s'y soumet pas, elle ne peut même pas s'y soumettre. Si un goût particulier était conforme à la loi de Dieu, il ne serait donc pas un goût de la chair ou du péché. Il s'agit des attraits de la chair comme telle, de sa tendance peccamiheuse. Augustin a montré aux manichéens qu'ils n'avaient rien à tirer de ce texte pour conclure à l'opposition radicale de toute chair contre Dieu.

La Vg. traduit maintenant i^p6vr](ia par sapientia. C'est toujours stadium, affectus. Au lieu de inimica est Deo, lire inimicitia est in Deum \WW.].

8) Par une juste opposition, ceux qui sont de cette manière dans la chair, non pas comme Gai. ii, 20, mais comme vu, 5, en d'autres termes ceux qui sont xaxà «rap/.a (avec Corn,), ou qui marchent xaxà aâpxa, ne peuvent pas plaire à Dieu. Le terme est adouci; ne plaisant pas à Dieu, ils sont sûrement condamnés et la proie de la mort.

Quel que soit le rythme de la construction de cette petite péricope (5-8), le sens général est clair. On y voit figurer ceux qui s'abandonnent aux désirs de la chair; or ces désirs se heurtent à la loi de Dieu, se dressent contre Dieu même. Dieu ne peut agréer ceux qui les cultivent; ils sont donc destinés à la mort.

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