Le plan de Dieu relativement aux chuétiens
Le P. Prat dit très bien : « Le point essentiel est de savoir quel est, dans l'esprit de l'Apôtre, le terme direct des actes divins dont la série et l'enchaînement assurent l'espérance des justes. Est-ce la grâce ou bien la gloire? J'entends la gloire du ciel » (I, 336). Chrysostome et ses disciples ont dit la grâce. Les catholiques latins depuis s. Augustin et les protestants disent la gloire. Le P. Prat lui-même a essayé une conciliation. Tout en appuyant surtout l'exégèse de Chrys., il pense que « saint Paul désigne per modum iinius l'état glorieux produit par la charité qui se changera un jour en béatitude » (I, 339, note 1). C'est bien en effet sa doctrine, mais cette constatation ne répond nullement à la question posée : quel est le terme direct des actes divins énumérés dans cet endroit; il faut nécessairement répondre : ou la grâce ou la gloire. Sans doute il n'y a pas de « démarcation rigide » entre la grâce et la gloire; d'après s. Paul « la grâce se transforme spontanément en gloire comme l'arbuste devient arbre » (I, 340); pourtant, dans tout ce qui précède, Paul oppose deux états : l'état de grâce présent et l'état de la gloire des enfants de Dieu (v. 21). Ce qui est acquis dès maintenant sera manifesté et cette manifestation est précisément la glorification. Si donc, comme le concède Prat, les vv. 28 à 30 sont le témoignage de Dieu qui confirme notre espérance, le terme de cette espérance est ce que nous ne voyons pas encore, ce que nous espérons (v. 24), la gloire future. Le système de Chrys, ne pourrait se soutenir que si, à partir du v. 28, Paul revenait à la situation présente des chrétiens au lieu de donner une dernière et suprême confirmation de leur espérance. Mais cela ne paraît pas possible : 1) à cause de la pause très marquée avant le v. 31 qui suppose le sujet précédent épuisé au V. 30 ; 2) parce que, dans ce contexte, sôà^aaev du v. 30 fait précisément allusion à la gloire future des enfants de Dieu annoncée au v. 21. Les points de détail seront traités dans le commentaire.
28) Ceux qui aiment Dieu uo forment pas parmi les chrétiens une catégorie spéciale, pas plus que les saints du v. 27. Tous les chrétiens de Rome sont de droit dans le Christ; s'ils n'avaient pas son Esprit, ils ne seraient pas à lui (viii, 9) et l'Apôtre ne leur parlerait pas comme il fait. — (juvipysi. Quel est
le sujet? Ce mot est suivi de 6 êtéç dans B A, et Orig. deux fois sur six. Ce doit être une addition, pour la clarté, conforme au sens. Dieu est reconnu comme sujet par les verss. bo/i. et sa/i., aujourd'hui par Lipsius, Prat, Julicher, Lietzmann, Ktihl. Et en effet h Ssd? est sûrement le sujet des verbes qui suivent, coordonnés à auvepyeî, et le sens qui en résulte répond' bien à l'idée principale de la péricope. Zahn objecte que Paul eût écrit ^v wàiïiv; mais on trouve très bien l'acous. de la chose : àvT\ (j.sv toC (smep^eiv lautotç Ta gu[j.(p£povTa (Xkn. Mamor. III, v, 16; cf. Héliod. IX, 11). On prend alors le mot dans son sens propre; cf. Test. XI/ Patr., Issach. m : h Seôç suvspyeî'T^ £îrX6TYi-ct [xou, et G ad IV : to yitp 7tv6ÎÎ|xa tov3 [j.(aouç... cuvapyst z& 2«Tava Iv tcSoiv... to hï 7tveîi|j.a tî]; àydnirif... «ruvspYEÎ" T^ V0[iw xoî) ôsou (cité par SH.).
La Vg. [Corn, etc.) suppose que îtccvra est le sujet, donc : « toutes choses coopèrent ». Cette pensée est beaucoup moins claire. Les choses ne donnent pas à l'homme une véritable coopération en vue du salut; il est vrai que tontes peuvent être utiles. Encore faut-il que Dieu fasse tourner tout à bien, ce qui revient à supposer son intervention. Cette impossibilité d'exclure la causalité divine de notre passage est la meilleure preuve que Dieu est bien le sujet de (juvspyEt C'est ainsi que Chrj^s. insiste beaucoup sur l'aclion de Dieu, quoiqu'il semble avoir lu le texte avec Tziwxa. comme sujet; de même ses disciples et sdrement Thom. quoiqu'il écrive : et ideo Deus omnia convertit in bonum. Aug. a cooperantur et procédant mais aussi cooperatur en parlant de Dieu (De corrept. et grat. 23 [M. XLIV, 929] ; Degrat. et lib. arb. 33 [M. XLIV, 901]). — Totç xKtà TtpôÔEdiv x>.r]Toî'? ouCTiv a été entendu par Aug. dans un sens restrictif : « pour ceux-là, mais pour ceux-là seulement, qui sont appelés ». Cette opinion, si grosse de conséquences, isolée dans l'antiquiLé et rejetée des modernes [Corn., Prat, Lips., SH., Jïil., Zahn, Kûhl, Lielz.), n'a aucun fondement dans le texte et est contraire à tout le contexte. Paul s'adresse à tous les chréliens, et ne songe pas à les distinguer en deux catégories : ceux qui sont appelés selon un dessein prédestinant et ceux qui ne sont qu'appelés sans être élus. La distinction des appelés et des élus telle qu'elle est énoncée dans l'évangile (Mt. xx, 16; xxii, 14) ne coïncide pas avec les termes employés par Paul. Pour lui yX-r\i6ç, « appelé » se dit de celui qui a répondu; il est appelé d'une manière efficace (Corn., Prat). Tous les chrétiens ont été appelés de cette façon. Ce ne serait pas les rassurer tous que de leur dire : quelques-uns d'entre vous sont prédestinés. L'incise esst donc une apposition explicative. Elle n'en doit pas moins avoir un sens, et n'est pas simplement synonyme de « ceux qui aiment Dieu »; il semble plutôt qu'il y a entre les deux appellations un rapport de causalité; et c'est précisément co qu'expliquera le v. suivant. — xarà îTp6eE(jtv, « selon le dessein de Dieu ». Ce l)oint n'est plus nié par personne [Corn., Prat. les protestants). Sauf trois cas (II Tim. m, 10; Act. xi, 23; xxvii, 13) où TipoOsciiç se dit des hommes, le mot signifie toujours dans le N. T. un décret divin pour conférer un bienfait surnaturel : ix, 11; Eph. i, 11; m, 11; II Tim. i, 9 [Corn.). Dieu a donc appelé les fidèles parce qu'il l'a décrété dans son éternité, et I^j-at, après (^ornely, regarde ce décret comme absolu et efficace : « il est gracieux, puisqu'il ne dépend pas des mérites de l'homme; il est absolu, puisqu'il a pou!' ■-.•Ifpi la voi;ation efficace » (Prat, II, 121). Ce premic!' décret n'exclul p:ts
ÉPITRE AUX lîOMAINS, VIII, 29. 216'
qui l'aiment, de ceux qni sont appelés selon [son] dessein. ''^ Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à ôlre conforirn^s à Timage de son Fils, pour qu'il soit le premier-né parmi des frères
d'nillours la prédestinalion post praecisa mcrita gratine, pour ceux qui la soutiennent. Les Grecs, Orig., Cyrille de Jér., Glirys. et ses disciples ont vu dans la TcpoOtat? la bonne volonté humaine, le bon propos de ceux qui sont appelés, et qui, d'après s. Cyr. de Jér., rend la vocation efficace [Procatech. i, M. XXXIII, 333 s.). Prat ne voit là qu'une divergence accidentelle et sans grande portée pour l'intelligence du texte. C'était cependant le seul nnoyen d'assurer un terme à la prescience de Dieu autre que sa décision souveraine.
La Vg. met à la fin sancti qui est à rayer. Si l'on admet que Dieu est le sujet de auvepYsî" on écrira cooperaiur.
29) 8ti quoniam, causalité plus forte que nam. Ce verset explique donc 1& précédent. Un concours divin eiïicace est assuré aux fidèles, parce qu'ils sont prédestinés à être associés à la gloire du Christ. La construction oijç, npo^Yvco, xa\ rpotiptaev renferme presque une protase et une apodose : Ceux qu'il a discernés, il les a aussi prédestinés. Ce sens, admis par tous, est trop naturel pour qu'il soit opportun de lier les deux verbes et de supposer que la consti'uction est ensuite interrompue par une anacoluthe des plus dures.
— jcposyvw. S'agit-il d'une simple prescience, ou l'idée d'un choix est-elle déjà incluse? Les Grecs qui donnaient à TtpdOsotç le sens d'une disposition humaine pouvaient à la rigueur s'en tenir à la prescience; Dieu sondait précisément par sa prescience cette disposition, et prédestinait ceux qui devaient répondre à son appel : idée qui cependant serait plutôt suggérée que clairement exprimée. Mais, si l'appel est efficace et la Tup^Oeaiç une disposition divine, que signifie Ttpo^Yvw?
Deux opinions. D'après les uns (Allô, Revue des sciences philosophiques et théologiques, avril 1913, SH., Zahn, Jûlicher etc.), le sens est presque : « il a choisi »; en tout cas la connaissance est nettement accompagnée d'une préférence sans autre raison que le bon vouloir de Dieu. Raison : le sens de Ytyv(iaxEtv comme équivalent de y"Ti dans l'A. T., ex. Am. m, 2; Ps. i, 6, avec le sens de s'intéresser à quelqu'un avec amour, de la part de Dieu. Pour ce sens dans le N. T. : Mt. vu, 23; Gai. iv, 9; I Cor. viii, 3; xiii, 12; II Tim. II, 19. On objecte : 1°) que l'on n'a pas le droit de donner à r^po-^iy^ôicsy.svi le sens du verbe sans préposition; mais cf. xi, 2; 2») que dès lors rpoéYvw se confondrait avec îîpowpiaev, alors que le rythme demande un degré sensible entre les deux verbes; mais il suffirait do traduire non pas : « ceux qu'il a choisis », mais « ceux qu'il a connus avec amour ». D'après Cornely, le sens est « ceux que Dieu a connu de toute éternité devoir persévérer dans leur vocation à la foi et dans son amour », mais il n'essaie même pas de montrci' comment cette idée est contenue dans ttocsyvw. Kiihl l'explique par le rapprochement avec I Cor. VIII, 3 : et os nç à-^oi.K3. tov Osbv, outoç 'éYVoaTat G;;' auToJ. Quand Dieu connaît quelqu'un, cela veut dire que cette personne l'aime; or le V. 28 parle précisément de ceux qui aiment Dieu; oûç TirpoÉYvw indique donc ceux qui aiment Dieu; la prévision dos mérilos est ainsi introduite dans le-
nombreux; ^Oor ceux qu'il a prédestiaes, il les a aussi appelés; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu'il a justifiés, illes a aussi g-lorifiés.
texte. Mais où; t.ooïjko est le premier de tous les actes divins et rien n'indique qu'il soit déterminé par un des actes produits par les fidèles. Il faut donc le laisser dans son indétermination; le distinguer de la prédestination, comme fait Tliomas : praescienlia importât solam notiiiain futuvorum, srcl praeclestinatio importât causalitatem quamdam respecta eorum, et cependant encore lui conserver le sens biblique de voir avec prédilection, sans que Paul assigne d'ailleurs une cause à cette prédilection éternelle. La prescience n'est pas celle des mérites, mais elle n'est p;is non plus adoptio qua fiUos sLios a reprobis semper discrevit (Calvin, cité par SU.).
— au[j.[j.6pçou; t^"ç £?x6voç tou uiou auTou. Le Fils est l'image du Père (II Lor. IV, 4; i,"15), mais ici il est question de l'image du Fis, dans lo sens de Phil. m, 21 oç aîTiXT/rf^a.xlaBi ib ac5[ia t% -cajîsivojaewç r][xG>v cijixij.op!pov tw ao)|j.aTi. T^ç SôÇy); airou. Cf. I Cor. XV, 49, pour l'expression ttjv stxéva tou èrouoavt'ou (cT. II Cor. m, 18). Il s'agit donc de la consommation finale à la résurrection. Le Christ a pris notre corps afin que nous pussions participer à la gloire de son corps de ressuscité, afin qu'il soit à la tête de ses fi'ères, eîç xà eha.<. marque une véritable finalité, ordonnée à l'honneur du Christ; TupwTÔToy.oî est donc à prendre dans un sens figuré; ttomtotoxoç, le Christ l'est déjà par rapport à la création (Col. i, 15), mais il convient aussi que dans la gloire il soit investi des privilèges qui appartiennent à l'aîné; c'est pour cela que Dieu veut lui amener des frères semblables à lui. Le Christ est Ttpwxàxoy.oi par rapport aux morts dans un sens un peu différent (Col. i, 18; Apoc. i, 5). Nous entendons donc au(ji(j.6pcpouç de la conformité au corps glorieux du Christ avec Corn., Toussaint, Lips., S H., Jûl., Zalin, Lietz., Kûhl. — D'après les Grecs, suivis par Prat, les chrétiens sont prédestinés par Dieu à être l'imagé de son Fils sur la terre. Cette conformité est acquise parla grâce sanctifiante, la filiation adoptive, la présence et l'action de l'Esprit-Saint, C'est par là que nous participons à la forme du Fils (Gai. iv, 19), que nous devons nous transformer (Rom. xii, 2) pour reproduire en nous dès ici-bas l'image du Christ (Il Cor. m, 18). Telle est bien en effet la doctrine de s. Paul, et la conformité dans la gloire suppose évidemment la conformité parla grâce. Mais ce sont néanmoins deux états dilférents, à tout le moins quant au développement glorieux de la grâce, et ce sont ces états qui sont opposés ici. Paul n'entend pas dire : « vous avez été appelés pour être ce que vous êtes déjà » ; mais : « l'appel auquel vous avez répondu est, dans le plan divin, le gage de votre gloire éternelle ».
Dans la Vg., au lieu de nam, mieux vaudrait quoniam. Le rapport entre praescivit et praedestinavit serait plus clair si l'on ajoutait lios avant et praedestinavit [Hil.). WW, écrivent [filii) eius au lieu de sui, qui est seul correct.
30) Enchaînement des actes divins. La prédestination amène l'appel, appel efiicace à la fni; cf. v. 28. C'^u?: (\m ont cru ont reçu la jusiice. Le sens actif
3^ Que dirons-nous donc après cela? Si Dieu est pour nous, qui
de èStxaftocjev est établi ici par le voisinage de èôdÇaaîv qui indique bien une action de Dieu, Il y a difTiculté pour 28(îÇaaEV. Comment ce verbe peut-il être à l'aoriste comme les autres? L'appel et la justification sont passés pour les chrétiens auxquels s'adresse Paul; mais la gloire? D'après Chrys. cette gloire est déjà acquise aux fidèles par l'adoption et la grâce, Zahn suit cette opinion et s'appuie sur viii, 2. 10; II Cor. m, 18 : rifi.sî'ç 8è,.. t^v SdÇav xupfoo xaTonTpiÇofJLEvoi TYjv ft5Tï]V eJzdva (x6Ta[j.op(poi5[jLeO« ànb So'Çyiç e?ç 86Çav (cf, Eph. m, 16). Mais le plus grand nombre [Corn., Lietz., Lips,, SU., KûJil) voit dans âWÇacey la gloire future comme distincte de l'état présent. Et cela seul est en situation dans tout ce passage où il s'agit de garantir aux chrétiens le bonheur à venir. L'aoriste est donc une anticipation de certitude. Mais cette certitude ne s'entend que pour ce qui est de Dieu, Evidemment la prédestination, par rapport aux prédestinés, emporte une certitude absolue Mais nous avons noté qu'ici Paul ne fait pas deux classes parmi les chrétiens, ceux qui sont prédestinés, et ceux qui ne le sont pas. Son but est d'encourager tous les fidèles. De la part de Dieu, l'appel à la foi et la justification sont un gage assuré de salut; ce n'est pas Dieu qui manquera au fidèle. La chaîne des actes divins les conduit au salut, parce que Paul suppose que le fidèle ne se dérobera pas à sa bonté. Gornely : quia autein in toto hoc loco ici maxime intendit, ut futuram gloriam certam esse démonstret (cfr, ad v. 19), hominis in salutis suae opère cooperationem cum gratia divina tacite supponit atque solos actus divinos recenset, quibus obiectiva gloriae certitude clavius illucescit. Ou plutôt Paul n'envisage pas la destinée pai-ticulière de chaque fidèle dans les desseins de Dieu, mais les desseins de Dieu sur le christianisme; ceux qui sont en scène sont les fidèles comme groupe, ceux qui ont répondu à son appel, qui ont cru, qui ont été baptisés et qui par conséquent ont reçu la justice. De la part des fidèles tout est censé s'être passé comme il faut, parce qu'il s'agit de la communauté; c'est ce groupe qui formera l'assemblée des frères du Christ. Dieu fera certainement son œuvre. Quant aux particuliers, c'est à eux de vivre selon l'Esprit, etc., car Paul ne leur a pas dissimulé qu'ils pouvaient retomber dans le régime de la chair. S'il n'en parle pas ici c'est que son but est de tracer le programme de la bonté divine par rapport aux chrétiens.
31-39. Fermeté de l'espérance chrétienne fondée sur la Rédemption.
Cet admirable morceau se soude étroitement à ce qui précède. Après avoir énuméré toutes les raisons d'espérer, Paul termine par une sorte de chant de triomphe anticipé. C'est la conclusion de toute la partie dogmatique positive de l'épître, surtout depuis le ch. m, avec un trait (v. 34) qui se rattache à la Rédemption, annoncée plus haut comme la raison d'être de l'ordre nouveau (m, 24; v, 6).
La confiance, l'action de grâces, la charité jaillissent du fond de l'âme de Paul et se répandent comme une lave brûlante. Cependant cet épanchement spontané est construit sur un certain rythme qu'il n'est pas interdit de reconnaître (cf. J. Wiiiss, Bcilrdge zuv PauUnisclicn Rhetovik, 3"). Il y a comme
2r8 ÉPITRE AUX nOMAlNS, V1I[, 32.
sera contre nous? ^^Lui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais l'a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous donnera-t-iî pas toutes choses ?
quatre strophes, qui vont deux par deux. Après l'interrogation vague du début, «t ô U6ç (v. 31) commence une strophe où Dieu paraît, puis son propre Fils; Ti'î l-^^ialécti (v. 33) est une seconde strophe construit© sur le même thème. Ces deux pensées établissent la confiance fondée sur le plan de Dieu réalisé par le Christ. Vient ensuite l'idée : qui pourra nous séparer, ti'ç ^[x?ç ytDpfas! (v. 85)? traitée en deux strophes, dont la première parle des obstacles naturels durant cette vie; la seconde (Tcinscffjiai v, 38) d'adversaires plus mystérieux et plus puissants. Les derniers mots du v. 89 inh t% v.-{iivf\i tou 0eoî5 sont une sorte à'inclusio répondant exactement à la question posée au v. 35. Les moralistes anciens, surtout les stoïciens, ont passé en revue les circonstances («ptcrtiffetç) qui s'opposaient à la vertu, mais dont le sage triomphait. M. Bultmann a cité {Der Stil der PauUnischen Predigt und die hynischfitoisc/ie Dintrihe, p. 19) Musonius (éd. Hense, p. 26 1. 13 ss. ; p. 83 1. 12), Horace (Sat. II, vu, 83 s.) : sapiens, sibique imperiosus, Qaetn neque pauperies neque mors neque vincula terrent... et divers passages de Sénèque, mais surtout Epictète, T, 11, 33 : v.(ti ânXCiç où'ts OdîvaToç oÎte çuyyi oïte Tcrfvoç oute dcXX* Tt tôiv xoioiSxwv al'Ti6v iaxt tovJ irpixisiv ti Î) y.^ zpaTTsiv ^[aSc, àXV hnok-f\i^tiz xal BiYt^WT* et encore, par mode d'interrogation (T, 18, 22) : « si tu mettais en avant de l'argent, il méprisera. Mais si c'était une jeune fille? mais si c'était dans les ténèbres? mais si c'était la gloriole? mais si c'était la calomnie ? mais si c'était la louange? mais la mort? il peut vaincre tout cela ». Il y a donc entre Paul et Arrien, rédacteur des entretiens d'Épictète, une ressemblance assez orande dans le mouvement de la pensée pour qu'on suppose des habitudes communes de style. Mais entre tous ces passages et Paul il y a surtout cette diiïérence que seul il est profondément religieux, s'appuyant sur la charité de Dieu dans le Christ.
31) Tt ouv Èpoî3jj.£v, comme iv, 1; vi, i; vu. 7; ix, 14. 30; mais notre passage est celui où l'intention est la moins marquée. Il n'y a pas d'objection dans l'air; c'est une simple transition, interrogative, pour préparer les interrogations; jcpbç xaùta n'a donc pas le sens de « contre cela «; c'est simplement '< sur cela «; « quelle conclusion devons-nous tirer? » — ôji^p et xaxa comme II Cor. xin. 8; èarf sous-enfendu les deux fois [Lips.]. Si Dieu est pour nous, qui est contre nous de façon que nous ayons à le craindre? Réponse sousenlendue : personne.
32) S; Y^ (seul cas de yi avec le relatif dans le N. T.) dans le sens de quippe qui, ou ille quippe idem qui, « le même Dieu qui ». L'allusion à Gen. xxn, 16 : oùx Jçet'aw tou uîou aou tou dêya-rjToîi n'est pas du tout certaine. En tout cas tou '5''ou utou marque bien la distance entre le propre Fils de Dieu et les fils -^l'adoption. Dieu l'a livré pour nous tous, et. d'après la doctrine de Paul (v, 6). pour des impies, donc dans l'inlépèt de lous les hommes, mais, dans le conlexte acf,t!el. ce sont les croyants qui ont le sentiment de ce don.
ÉPITRK AUX nOMÀINS, VIII, 33. 219
33 Qui se fera accusateur contre des élus de Dieu? C'est Dieu qui
Ayant donna son Fils, Dieu donnera avec lui tout le reste, non point les biens temporels, mais tout ce qui fait partie de son héritage (v. 17).
Lire dans la Vg. donabit (avec WW.) et non donavit [Vg.-Clém.], y^apfuETai.
33-34. Le rj'thme est très discuté, dsbç • Stzatôîv et x^picToç... Onèp f]|j.tov soiif. pris pour des affirmations [Corn., Lips., Kûhl, Jûl.) ou pour des interrogations [Lietz., J. Weiss, Toussaint), comme l'a expliqué s. Augustin (De doctr. christ. IIÎ, 1. 46) : « potest illud sic pronuntiariqnis accusabit adversus clectos dei? ut hanc interrogationem quasi responsio subsequatur deus qui iustificat; cl iterum interrogetur quis est qui condemnat? et respondeatur christus iesus qui raortuus est. quod credere quia dementissimum est, ita pronuntiahitur ut praecedat percontatio, sequatur interrogatio... pronuntiabitur erg9 ita, ut posi porcontationein qua diciinus quis accusabit adversus electos dei? illud quod sequitur sono inlerroganùs enuntielur deus quis iustificat? ut tacite respondeatur, non; et item percontemur quis est qui condemnat? rursusque interrogemus christus iesus qui mortuus est, magis autem qui resurrexit, qui est in dextera dei, qui et interpellât pro nobis? ut ubique tacite respondeatur, non. » Augustin a très bien vu que les deux réponses doivent être négatives, mais il a exagéré en trouvant absurdes les réponses sans interrogation. Positives en apparence, elles seraient en réalité négatives, précisément par suite d'une reductio ad absurdum. Dans notre ponctuation moderne, cette né;vation réelle sous forme positive pourrait être exprimée par un point d'exclamation, aussi bien que par un point d'interrogation. Qui accusera? — Dieu qui justilie ! Évidemment non ! Le sens serait sensiblement le même. Cependant, à couper ainsi, on préférerait comme répons© l'interrogation, qui est bien dans le rythme du morceau, d'autant qu'Augustin, très au courant des rythmes de la rhétorique ancienne, n'a pas soupçonné que l'affirmation pût faire le même effet que l'interrogation. Ce n'est pas une raison pour multiplier les points d'interrogation dans son texte : Christus Jésus qui mortuus est? magis autem qui resurrexit? qui est in dextera Dei? qui et interpellât pro nobis? [Cornely dans sa citation d'Augustin), morcelage intolérable que Lietz. introduit dans sa traduction. Il n'y a ici qu'une phrase terminée par une. interrogation.
Mais il y a un troisième système, qui paraît être celui des Grecs [Orig.^ Alh., Clirys., Tlieodt., Euih.); il unit dans une seule phrase t);û? 6 ouattTjv tî? ô y.KxaxpivCjv; Nous ne pouvons l'adopter à la façon do SII. en ralla(;hant à ce qui suit Xpiaiôç 'Iriaouç, parce qu® le v. 35 commence un nouveau couplet. Mais nous montrerons sur v. 33 qu'il doit être préféré, en mettant un point d'interrogation (comme Augustin) avant le v. 35.
33) Tt'ç ÈYxaXÉaEt est-il un futur qui se rapporte au dernier jugement [Corn., Zahn)? ou un futur indéterminé [Lips., SU., Killil, Jul., Lietz.) : « qui oserait accuser? » Tout le contexte indique plutôt la situation générale. des chrétiens, présente et à venir, mais dans le cours de leur vie mortelle. C'est dès à présent qu'il n'y a pas de condamnation contre eux (vin, 1) et le v. 35 indiquera eneoi'C la situation prcscnlc. Le tcj'me b.lv/.-tîiv ne prouve pas qu'on soit
220 ÉPITRE AUX lîOMAlNS, VIII, 34.
justifie; ^^qui donc condamnerait? Sera-ce le Christ Jésus, qui est mort, ou plutôt qui a été ressuscité, qui est à la droite de Dieu, le
au dernier jugement; dans Paul les èzXexTot ne sont point distincts des xXt)tû( (v. 28); cf. Rom. xvi, 13; Col. m, 12. — A la question « qui accusera? » on prétend généralement qu'il y a une réponse, 0eôç ô SixaiCiv, qui est en réalité négative, soit par mode d'interi'ogation, soit par mode d'aflirmation excluant la question elle-même. Mais qu'entend-on par Sixaiûv? Si c'est que Dieu rend juste, ce n'est point une réponse à la question, qui suppose nécessairement un débat judiciaire. Si c'est que Dieu déclare juste par un jugement, ce n'est point non plus une réponse pertinente. A la question : qui accusera? on ne peut répondre : sûrement pas celui qui déclare juste, car personne n'imagine que le juge puisse faire fonction d'accusateur. On ne peut donc regarder ©eèç 6 Sixaiôjv comme une réponse qu'à une condition, c'est d'entendre Stxaiwv dans le sens d'Isaïe l, 8 : Sri èy^lÇei ô SixaioScaç \t.v ttç 6 xpiv6[j.evdç [j.oi; où le contexte (IWpioç poïi8dç [xoi V. 7 ; Kupioç ^or^^aa [xoi v. 9) indique bien que Dieu se présente comme défenseur, celui qui vient pour faire éclater la justice du prévenu. De cette façon, à la question : « qui accusera? » on répondrait 1res exactement : « Serait-ce Dieu, qui précisément est le défenseur des accusés? » Mais alors surgit une autre considération. Si le texte d'Isaïe figure comme une réminiscence aussi précise, n'est-il pas très probable que Paul a coupé sa phrase de la même façon : Geo? ô 8(xai5iv t(ç ô xaTaxpfviov ; (WII., Ti., Nestlé, Soclen, Vg.-Clém. et WW.). D'autant que ce serait exactement le rythme du v. 31 : eî ô ©ebç uràp ï)|J.ô5v, t(ç xaô' TjaôJv; De sorte que xîç èyxaX^aet ... sera une interrogation isolée, comme t( oov Ipouj^îv... (v. 31). A cette question isolée il n'est pas fait de réponse : la négative est évidente, personne ne se hasarderait à accuser les élus de Dieu. Les mots ©sôç ô ôr/.aiSiv commençant une nouvelle phrase, le sens forensique d'une déclaration solennelle est encore exclu, parce que si Dieu a déclaré juste, le jugement est rendu, et on ne peut même pas imaginer l'hypothèse d'une condamnation, l'idée d'un appel étant hors de saison.
Au contraire on pourrait bien traduire : « Dieu donne la justice {Orig., Thom., Lieiz.), qui condamnerait? » ou « Dieu soutient la cause « avec le sens d'Isaïe, sens forensique mais non déclaratif. Le plus probable est le premier, qui rentre dans le thème général de Paul; il a pu suivre le rythme d'Isaïe en transformant un peu sa pensée.
Nous n'avons rien à changer à la ponctuation de la Vg.-Clém., du moins telle qu'elle est dans Vercellone, Nestlé,. Gramatica ; cependant après jusiificat le point-virgule conviendrait mieux que la seule virgule {WW. mettent deux-points).
34) -ïfç ô xaTaxpivûv; appartient selon nous à la phrase précédente. Dans l'hypothèse où ce serait une interrogation distincte, parallèle à iyy.a.Xiaîi, on mettrait sans hésiter le futur xa-caxpivôjv, sauf à lui donner le sens d'un futur logique comme à lYxdiXeasi lui-même. Si le mot est, comme nous pensons, dans un rapport étroit avec 8ix«iwv, ce premier présent suggère le présent xaTaxpfviov {Ti., SH., Lips., Kûhl); toutefois, même dans ce cas, le futur con-
même qui intercède pour nous? ^^Qui nous séparera de l'amour du Christ? La tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim,
vient mieux à cause de la réponse négative, dans le sens de notre conditionnel, « qui condamnerait » (Yg. quis condemnet? — W H., Soclen; cf. Orig. Cm en. p. 284 : tou yàp 0êou Btx.atoSvTOç, xU v.ara/'.ptvat SJvatat; Xpiaioç 'Irjaoui;... 6 :xp fjfxâjv ; qui condamnerait? ce ne sera sûrement pas le Christ ! Avec le sens q le nous avons donné à Bt-xatôiv, de justification par la grâce, on peut envisager l'idée du jugement par le Christ, puisque le jugement n'a point encore eu lieu. D'ailleurs la réponse est négative. Le jugement ne pouvait être di'ifavorable à ceux qui n'ont rien qu'on puisse condamner (viii, 1); à plus forte raison si l'on suppose comme juge le Christ, qui est mort précisément pour nous soustraire à la condamnation, et qui de plus est ressuscité, ce qu' le met en état de prendre notre défense, d'autant plus facilement qu'il est à )a droit 3 de Dieu, le Christ qui en fait intercède pournous. Ce texte est un t'Jmoig ajc très imporlant de Paul au sujet de l'Ascension du Christ. Loin de condamner, le Christ intercède : les deux actions sont évidemment dans la même perspective, aussi est-ce à tort que Cornely écrit : Electîs Dei non tantum in supremo iudicio sed eiiain in tola sua vita auxilia C/iristî non es. e defalurà, daobus ultimis memhris v. 34 iain indicatur; le dernier terme de cotte admirable gradation est précisément destiné à prouver que le Christ i.e s Mirait nous condamner au moment où il intercède pour nous.
La situation acquise par les chrétiens vaut donc (sauf déchéance de lei.r part) pour le jugement dernier. Tout l'argument de Paul dans ce chapiire consiste précisément à établir que la vie chrétienne ne comporte plus de condamnut'on.
Dans la Vg. qui resurrexit, tandis que qui suscitaïus est serait plus littéral. Mettre un point d'interrogation à la fin avec Aug.
35) La leçon tou 0cou au lieu de -cou XptcTou (B K etc.) vient probablement du V. 39, et c'est bien en somme de l'amour de Dieu qu'il s'agit. Paul identifie donc le Christ avec Dieu comme Chrys. (Caten. p. 287) l'a remarqué : •/a\ oux. elne xou 0£ou • outwç àBtatpopov aÙT(ï> xoà Xpiarbv y.al 0ebv ôvoiJ.c<^siv. Le gén. est subj'ecti, l'amour du Christ pour nous (les modernes contre les anciens), comme l'indique le v. 37, et tout le contexte. Dans tout ce qui précède, il est moins question des devoirs des chrétiens que des dons qu'ils ont reçus de Dieu, de la faveur dont il les poursuit. D'autre part, comment nos épreuves pourraient-elles être un motif pour le Christ do ne plus nous aimer? Si la question se pose, il faut donc que nos propres sentiments soient en jeu. Los épreuves pourraient nous faire douter de l'amour du Christ, ce qui serait y renoncer, si nous ne savions que ces épreuves elles-mêmes sont dos occasions de victoire à cause de son amour. OX((|/tç avec axevo/wpt'a dans II, 9; l'un et l'autre bien connus do Paul, OÀ('|i? v, 3; xii, 12 comme occasion de patience; arevoycoofa II Cor. vi, 4; xii, 10; StwY[j.oç II Cor. xii, 10; Xijjlo'ç II Cor. XI, 27; YU|j.v6TrjÇ II Cor. xi, 27; xt'vSuvog II Cor. xi, 26, toutes sortes de périls, et il devait terminer sa carrière par le glaive ;j.a-/atpa!
La Vg.-Cîcni. a ergo de ti'Op ; lire an pcrsecuilu api'ès angusùa iWW.)
222 ÉPiTiiiî AUX noMAiNS, VIII, 36-39,
ou la nudité, ou le péril, ou le glaive? ^6 Selon qu'il est écrit
« A cause de toi, nous sommes mis à mort tout le long du jour, on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie ».
S''' Mais en tout cela nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. ^^ Car je suis assuré que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les principautés, ni le .présent ni l'avenir, ni les puissances, 39 ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre chose créée ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu dans le Christ Jésus notre Seigneur.
d'après le- grec; c'est probablement une association d'idées qui les avait rapprochés de gladius.
36) Cette idée que la mort même ne saurait nous faire douter de la charité du Christ qui s'exercera à ce moment, rappelle à Paul le Ps. xliv, 23, décrivant les martyres des serviteurs de Dieu : oit fait partie du texte; é'vexev aoîî dans le psaume s'adresse à Dieu; ici au Christ, ce qui est donc la môme chose pour Paul. Les faits sont vraisemblablement ceux de la persécution d'Antiochus Épiphane; alors il y avait vraiment des Israélites mis à mort du matin au soir. L'empire romain n'avait point encore pris une position si hostile; aussi la citation est-elle plutôt l'expression de ce qui peut arriver de pire qu'une allusion à des faits récents.
Effacer les parenthèses de Vg.-Clém. avec WW. qui lisent ut au lieu de sicut.
37) Même dans la mort nous remportons plus que la victoire (67:epvixa[jiEv mieux rendu par supercincimus [Tert., Cypr.] que par superamus), par l'action efficace de celui qui nous a aimés. Le latin propter eum (même WIV.) suggère que notre amour s'exerce en vue du Christ, mais la leçon 8ià tov àyaiTr.aâvTa ne s'oppuie que sur trois mss. et en partie Origène. C'est bien à raïuour du Clirist pour nous que Paul attribue la victoire, ce qui éclaire le V. 35.
Dans la Vg. on devra donc lire per eum et non propter eum.
38 s.) Conclusion sous forme affirmative, qui met en jeu les puissances les plus redoutables. 7:iTit\.Q\i.a.i indique une pleine confiance fondée sur l'amour de Dieu, dans la donnée générale indiquée plus haut, mais avec l'accent personnel de l'âme de Paul qui a éprouvé tant de fois le secours divin. L'énumération comprend des éléments divers, difficiles à préciser. La mort se présente la première, praecipuum inter terribilla (T/tom.), et la vie par opposition, praecipuum inter appelibilia (Tliom.). Viennent ensuite les espints, nommés anges, s'ils sont d'un rang inférieur, envoyés en missions, et àpy^af s'il s'agit d'un ordre supérieur. Après cela les choses du temps, le présent et l'avenir; avant de passer à l'espace, Paul insère {Nestlé, Soden) les Suvajieiç qui souvent désignent des esprits; mais qui, dans cette place, doivent être des forces de la nature (Zahn), plutôt que des magistrats
ÉPIÏUB AUX UOMAiNS, VIII, 39. 223
tCorn.). L'espace vient ensuite, déterminé par la hauteur et la profondeur. De même que le temps agit par les événements présents et futurs, l'espace est sans doute ici pour les créatures qui le rem]>lissent. Lietz. a noté que u^{)waa désigne la situation d'une étoile près du pôle et (SàOoç l'espace d'où paraissent sortir les étoiles : « Du fond de l'horizon des étoiles nouvelles » [Heredia], Mais Lietz. lui-même se demande si Paul connaissait ces termes techniques.
Ayant ainsi épuisé ce que le Cosmos pouvait lui fournir d'adversaires mystérieux et formidables, Paul ajoute o{(te tiç xT(atç âTÉpa (et non àXXyj), c'està-dire toute autre création possible [SH.), tout ce qui serait chose créée. Rien ne pourrait donc nous séparer de l'amour que Dieu a pour nous, amour qui est dans le Christ, parce que Dieu nous aime en lui, à cause de lui, et à cause de ce qu'il a mérité pour nous.
Dans la Vg.-Cléin., rayer neque virtutes qui est un doublet do neque fortitudines (et non fovtiiudo).