CHAPITRE XI
^ Je dis donc : Est-ce, que Dieu a rejeté son peuple ? Non certes i
La réprobation d'Israël, partielle et temporelle, sera suivie bb LA CONVERSION »u PEUPLE. — Lc cliap. XI nousfalt assister à une touchante péripétie. Jusqu'à présent l'Apôtre, tout entier à son dessein d'établir le principe fondamental de la justice de la foi, n'avait guère rencontré les Juifs incrédules que comme des adversaires. Il avait, en termes pathétiques, protesté de son affection pour eux, mais il leur avait montré nettement le résultat de leur doctrine, la réprobation. Réprobation dont les chrétiens ne devaient pas s'étonner, comme si les desseins de Dieu avaient été par là déjoués, puisqu'elle rentrait dans le plan divin, d'après une méthode dont les bénéficiaires seuls étaient changés (ch. ix), et dont ils ne devaient pas se scandaliser non plus, comme si Dieu en cela était injuste, puisque les Juifs avaient péché par leur faute en résistant à celui qui ne cessait de leur tendre les bras (ch. x).
A ce point Paul se demande si c'est bien là de la part de Dieu réprouver son peuple, et si le geste paternel qui l'appelle tout entier sera toujours frustré? Et alors il découvre à la fois et les intentions secrètes de Dieu et les espérances de son propre cœur demeuré si fidèlement attaché- à cet Israël qui ne veut pas le comprendre et qui l'abhorre. Or Dieu n'a pas rejeté tout son peuple, puisqu'un bon nombre s'est converti (xi, 2-7), et, si les autres ont été endurcis (8-10), cet endurcissement n'est pas plus définitif que les châtiments qui autrefois avaient frappé Israël. Son obstination à repousser l'Evangile permet