Un cas de conscience ; faibles et forts
Sur la question des faibles, voir la note à la fin du chapitre.
Paul s'adresse d'abord aux forts et expose le principal objet du litige (1-2). Il recommande aux deux partis de se ménager (3), et prend ensuite à partie le faible, qu'il semble avoir surtout en vue jusqu'au v. 9. Il revient aux deux partis (10-13"), mais ne s'adresse plus guère ensuite qu'à la majorité, les forts (13b-23).
1) 7ïpo<jXa(ji6ijtv8a0at, prendre avec soi, dans sa compagnie, traiter selon l'affection que se doivent des frères, avec une nuance de supériorité chez celui qui agit, cf. xv, 7. L'autre, dont il est parlé au singulier, est tenté de s'isoler, se sent mal à l'aise, peut-être par scrupule; c'est au plus grand nombre à l'attirer amicalement; ils sont les plus forts, c'est à eux de prendre l'initiative. Paul ne dit pas encore en quoi consiste la faiblesse dans la foi; il va s'expliquer au v. 2 et sans doute aussi au v. 5. Le nom de « faible » (ôoOêvouvTa) indique déjà que l'Apôtre n'est pas de son avis, quand même il aurait adopté un terme déjà courant. Il est faible en foi. La foi n'est pas simplement la coascience (contre Corn.), car on serait ainsi transporté dans le domaine entier de la morale. Ce n'est pas non plus une sorte d'hésitation réfléchie dans l'adhésion au christianisme, qui serait autrement répréhensible. Les faibles ont au contraire l'intention de faire très bien, mieux que les autres, mais ils introduisent dans leur pratique des habitudes qui ne découlent pas des simples principes de la foi; ils ne sont donc pas assez fermes dans leurs convictions chrétiennes pour tout juger du seul point de vue de la foi.
Si l'on va pour ainsi dire chercher les faibles, que ce ne soît pas sic Biaxpfaetç SiaXoTiafiOv. Trois opinions : 1) pour disputer sur les matières controversées {Zahn), comme l'indique la Vg. non in diaceptationibus cogitationum (Ambrst.) et l'ancienne latine [d g m) in disceptationes ; 2) pour aboutir à faire naître en lui des incertitudes de conscience [Lips.]; 3) pour le juger, d'après Augustin qui lisait in diiudicationibus : neque diiudicemus -eogitadonee eius, id est, quasi ferre audeamus senientiam de alieno eorde, quod non videmut {Expositio, ad h. 1.), — Il semble qu'il n'est point question ici de juger (contre Corn., Lietz., Mt.), ear s'il s'agit de j"ager des inteations [Âug.), les forts doivent évidemment s'en abstenir, mais la recommandation serait trop générale; é'fl s'agit du fond de la question, Paul, qui partage
cher les opinions. ^L'un croit pouvoir manger de tout; le faible se nourrit de légumes. ^Que celui qui mange ne méprise point celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge pas celui
le sentiment des forts, ne saurait leur reprocher d'avoir un jugement ferme. Il ne veut pas qu'ils jugent (v. 3. 13) la pratique des autres, ce qui ne peut être exprimé par 8taXoYicr[j.t3v. D'autre part, la seconde opinion ne serait plausible que si SiaXoYtajAûv était déterminé par aÙTou, tandis qu'il demeure indéterminé entre les deux groupes. Le sens de la Vg. est donc le plus naturel. Il faut aller chercher le faible avec charité, le recevoir cordialement, mais ne pas pousser le zèle jusqu'à vouloir mal à propos l'éclairer, ce qui l'exposerait à se buter. Ni l'intention, ni même la pratique du faible ne sont vraiment répréhensibles ; donc point de controverse. Zahn cite avec raison dans Polybe, XVIII, xxvin, 3 8ia/piaiç pour le sens de « se trouver en lutte de façon que la question soit tranchée ».
Le contraste entre le pluriel employé comme d'habitude pour désigner l'ensemble de la communauté et le singulier employé pour « le faible », montre bien que le scrupule n'avait atteint tout au plus qu'une minorité.
Dans la Vg., in disceptationes serait plus littéral que in disceptationibus .
2) Maintenant, pour mieux montrer l'opposition entre les deux partis, Paul les met tous deux au singulier. Mais ce peut être un indice qu'il prend des types extrêmes. L'un prend sur lui de manger de tout, tcicteuei est souvent employé en grec dans la sens de 8a^pc3, « avoir confiance », et, avec l'infinitif, il a le sens de penser, se croire assuré de bien faire : Tïiaxeuco eu notTÎaetv (XÉN. cité par Thés.). Gomme ce fort est opposé à un faible en foi (v. 1), c'est donc la foi chrétienne qui lui donnait cette assurance. Il estime qu'il ne doit s'abstenir d'aucun aliment par scrupule religieux. L'autre, c'est-à-dire le faible (ô est l'art, de àaOevôjv), mange des légumes. Il serait bien étonnant qu'entre ces deux extrêmes il n'y en eût pas eu qui distinguassent entre les différentes sortes d'aliments, autres que les légumes, mangeant par exemple de certaines viandes seulement, ou excluant le poisson etc. On ne conçoit guère la communauté partagée entre les végétariens purs et les chrétiens dépouillés de tout préjugé religieux alimentaire. Le faible est donc ici un échantillon.
Dans la Vg., se avant manducare doit être simplement omis avec WW. ; manduoet (Vg.) au lieu de manducat est une erreur plus grave, de nature à tromper sur le sens (laOtsTû) dans D F G) et qui doit être corrigée (déjà eod. Caraffa) avec Tert. [vescitur), Aug. et Jérôme lui-même (C. lov. II, 14).
3) Psychologie très fine, reconnue d« tous. Les oonsciences robustes sont tentées de mépriser d'autres consciences, délicates peut-être jusqu'au scrupule : ca sont de petits esprits qui s'attachent à des riens ; il n'y a pas à en tenir compte! Les scrupuleux, eux, ne peuvent s'empêcher de juger que les autres en prennent à leur aise, ce qui pourrait bien être au détriment de leur salut! Cette compassion part d'un bon naturel, mais n'est pas sans ua secret orgueil. Paul ne veut pas qu'on méprise le faible, mais c'est à lui
qui mange, car Dieu lui a fait accueil. ^ Qui es-tu, toi qui juges le serviteur d'autrui? s'il se tient debout ou s'il tombe, c'est l'alTaire de son maître à lui ; or il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de le maintenir.
5 En effet, l'un préfère un jour à un autre jour ; l'autre les met sur le même rang; que chacun ait dans l'esprit une conviction personnelle
surtout qu'il fait la leçon en le priant de ne pas juger son frère que Dieu a pris parmi les siens ; la liberté d'esprit dont il fait preuve ne l'empêche pas d'être un vrai chrétien. Donc pas d'inquiétude sur son compte!
4) L'admonestation est toujours adressée au faible, en supposant qu'il se soit permis de juger son frère. Tous deux sont serviteurs du même Seigneur qui est le Christ (cf. 7. 8. 9). Mais, en jugeant, le faible s'est mis dans la situation de quelqu'un qui jugerait l'esclave d'autrui (àXXdiptov), Il s'est dit que le chrétien trop libre est tombé au sens moral (xi, 11. 22). Or cela ne le regarde pas. Le chrétien qui mange de tout est le serviteur familier du Christ, ohéxrii, mot que Paul n'emploie qu'ici, et qui correspond bien à TrpodsXâSETo (v. 3). Qu'il se tienne debout ou qu'il tombe, c'est au profit ou au détriment de son maître (to) îSio) xuptw, dut. commodi) ; cela ne regarde donc que ce dernier. Assurément il pourrait tomber : ware ô ôozûv laravai ^XeTîETw fjL/] TtidTi (I Cor. X, 12) ; c'est à lui d'y songer; l'autre n'a pas à s'arrêter à cette crainte; ne vous inquiétez pas; il restera debout, son Seigneur y pourvoira. — aiaônîcie-uai ne signifie pas que le serviteur tombé sera relevé (contre Kû/il); cf. Mt. xii, 25. Des deux hypothèses, Paul choisit la plus favorable.
WW. écrivent indices au lieu de iudicas et suo .Domino au lieu de domino sua. Deus (Vg.) serait à corriger en dominus, car la leçon ô -/cupioç est certaine contre ô Qeoç. Quant à potens est, c'est probablement eu fait la traduction de ouvKToç yap (leçon antiochienne) ; cela rend bien Suvateï, leçon plus appuyée [Nestlé, Soden etc.).
5) Soden écrit oç [j-èv yap. L'existence primitive de ce ytip demeure douteuse. Le sens est beaucoup plus facile sans Y«p, car il est impossible de voir une causalité entre les vv. 4 et 5. Si donc yap est authentique, il faudra l'entendre comme une conjonction assez vague. Le second exemple indiquera, lui aussi, que les actions de chacun n'en regardent pas un autre.
Il s'agit d'une seconde application de la tendance à discerner des motifs de scrupules religieux ou à passer outre. Celui qui estime (xptvw, au sens de préférer, Plat. Civ. 399 e) un jour plus qu'un autre (Tiapà, « plus que », comme XII, 3; Le. xin, 2. 4; Heb. i, 9), regarde certains jours comine impropres à certaines actions ou d'autres comme exigeant certaines prestations ou certaines abstinences. L'autre ne distingue pas plus entre les jours qu'entre les aliments. L'essentiel pour chacun est d'agir avec une pleine conviction, TcX-^po- (popetaOfo. Sans cela, il s'expose à pécher. Cette divergence est encore plus obscure que la précédente. Tandis que Paul donnera son avis personnel sur
arrêtée. * Celui qui tient compte du jour en tient compte en vue du Seigneur; et celui qui mange, mange en vue du Seigneur, car il rend grâce à Dieu ; et celui qui ne mange pas, ne mange pas en vue du Seigneur, et il rend grâce à Dieu.
"^ Car nul de nous ne vit pour soi-même, et nul ne meurt pour soi-
le point des aliments (v. 14), il ne reviendra pas sur la distinction des jours. Cependant il est assez clair d'après le contexte qu'il s'jigit d'abstinence ; Euthym. : ioOt'eiv 87)X6voTt «spl toutou yàp 6 Xo'yoç. C'est ce qu'ont compris presque tous les anciens, même ceux qui regardaient les faibles comme des Judéochrétiens, Orig., Chrys., Théod., Ambrosiaster, Pelage, pseudo-Prim., Thom. ; seulJér. parle d'observances purement judaïques. Cornely a bien montré que l'explication d'Augustin s'écarte du texte et du contexte. On verra plus nettement encore au v. 6 que les deux scrupules sont connexes. Ambrosiaster : nam sunt quidam, qui quarta feria carnem non edendam statuerunt, sunt qui sabbatis...
La Vg. a traduit xptvsi trop littéralement, iudicat ; diem inter diem est au contraire à la fois moins littéral et moins bon que diem plus quam diem (Jér. C. lovin. II, 16), mais enfin le sens général de 5» a été assez bien compris. Tandis que in suo sensu abundet n'est pas conforme au texte grec. Cela ne peut signifier que : suo sensui dimittatur [Thom.], tandis que le sens est in suo sensu certus sit (Coj'n.).
6) Avant xal ô iaOt'wv, Soden a mis entre crochets xas\ ô (xy) çpovfiiv ttjv -Jifiipav xup(a) où eppovet, qu'on pourrait en effet croire une incise omise par homoeoteleuton, si l'addition n'était si rare et si tardive. De plus l'interpolateur, qui avait sans doute pour but de mieux balancer la phrase, ne semble pas avoir bien pénétré la pensée de l'Apôtre. Celui qui a un sentiment particulier pour tel jour n'est point en parallélisme, mais en opposition avec celui qui mange de tout. Paul les met donc en présence pour conclure que l'un comme l'autre agit en vue du Seigneur (Jésus- Christ). Mais, comme il s'adresse toujours au faible, il lui administre une preuve pour ce qui regarde l'homme à la conscience solide : « la preuve que mangeant librement de tout il agit pour le Seigneur, c'est qu'il rend grâce à Dieu, ce qu'il ne ferait pas s'il mangeait de tout sans se soucier de l'offenser ». Le raisonnement pouvait s'arrêter là. Mais le fort semblait avoir l'avantage, puisqu'il était dit de lui en plus qu'il rendait grâce à Dieu. Pour rétablir l'équilibre en faveur du faible qui dans tout ce chapitre apparaît comme impressionnable, et se froissant facilement, et qu'il faut ménager par charité, Paul ajoute la phrase : « celui aussi qui ne mange pas de tout » etc. {Jûl., Zahn, Kûhl).
La Vg. est donc correcte en refusant l'addition. Je ne sais pourquoi WW. (^ed. minor] ponctuent : qui manducat Domino, manducat. Tous les anciens ont sapit pour ô «ppovôiv. Érasme : curât.
7 s.) Et la preuve que chacun suit sa conviction et sa pratique en vue du Seigneur, c'est que, comme tous le savent, aucun chrétien ne vit pour luimême, ni ne meurt pour lui-môme. Le naturalisme moderne a repris sans
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même; ^car, soit que nous vivions, nous vivons pour le Seigneur; soit que nous mourions, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous appartenons au Seigneur. ^ Car c'est pour cela que le Christ est mort et a vécu, pour être le Seigneur des morts et des vivants. ^^ Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère Pou bien toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? car
s'ea douter une phrase antique : « il faut vivre sa vie ». Mais l'antiquité condamnait eetta maxime. Térence, Âd. V, iv, 9 : « Ille suant semper egit vitam, in ôdo, in conviviis,... sibi vixit, sibi sumptum fecit », et Plut. Vit. Cleom. XXXI : «l^x.P'^v yàp Ç-^v [xevotç ésutotç xal àjtoOvrja/.eiv. En effet l'individu devait vivre pour la cité. Mais l'horizon était toujours terrestre. Quand la pensée de la mort se présente, le païen la souhaite aussi douce que possible, comme Auguste : nam fête quoîiens audisset cito ac nullo cruciatu defunctum quempiam,.sibi et suis eîi6avao(av similem... precabatur (Suét. Aug. xcix); le stoïcien la brave, mais trop souvent il s'y recherche encore par un souci exagéré de sa dignité et de sa gloire. Le chrétien consacre sa vie au service du Seigneur; il lui consacre aussi sa mort, non pas toujours ni le plus souvent par le martyre, mais parce que, même alors, il appartient au Seigneur, que ce dernier moment lui est dû comme les autres et ne change rien à ses rapports avec lui. Nous sommes au Seigneur dans la mort, comme dans la vie.
9) Le Christ — on voit bien clairement maintenant que c'est lui qui est le Seigneur — est en effet le Seigneur des morts, eomme il l'est des vivants. L'Ordre vîy.pôSv xal ÇcSvcajv qui paraît moins naturel que « les vivants et les morts » se rattache au v. 8 en fermant le cercle : vivre, mourir — morts et vivants. Et le Christ a acquis cette domination par sa mort qui a délivré ses fidèles de la mort, et par sa résun-ection qui est le type de la leur.
Le rythme est donc plus complet que dans II Cor. v, 15 : « et qu'il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et a été ressuscité pour eux ». Maintenant le chrétien sait de plus que, même sans le martyre, sa mort est due et consacrée au Christ. Il sait, ou plutôt qu'il se rappelle ! Par ces pensées que quelques-uns regardèôt comme un hors-d'œuvre, Paul a élevé la question d'un coup d'ailes. Qu'il serait misérable pour des chrétiens de compromettre la charité pour des chicanes plus ou moins bien comprises 1 C'est de ces hauteurs que l'Apôtre va retomber sur les controversistes.
La Vg, a mortuus est et resurrexit (WW. et avant mortuus), soit en grec (Jr.éôavev -/al àvéatY) (F G). La leçon la plus sûre (Jnlôavev y.cà IfÇridev pourrait se rendre mortuus est et revixit, ou même vixit. L'addition de xal àvéatr) {Sod. entre crochets) entre knéàavé^ et x«l fÇyjéEv a eu pour but de compléter; la leçon ^Çrjaev x«l àjusQavev xal àviatr; (D d* e Iren. III, xvili, 2, Aug. [I, 727], Gaudenî.) a cru mieux suivre l'ordre historique.
10) Paul suppose que « le faible n et l'autre sont tombés dans la faute qu'il leur conseillait d'éviter au v. 3. Chacun est donc repris dans les termes qui
tous nous paraîtrons au tribunal de Dieu, ^i II est écrit, en effet :
Par ma vie, dit le Seigneur, tout genou fléchira devant moi, et toute langue rendra hommage à Dieu.
lui conviennent, en commençant par le faible qui était en scène depuis le V. 4. La pensée de la mort et du Christ, Seigneur des morts, amènerait celle du jugement, si elle ne se soudait déjà à ce jugement que le faible s'arroge. Mépriser et faire peu de cas, c'est tout de même juger. Gomment ose-t-on juger des frères quand le jugement est une chose si bien réservée à Dieu que tous doivent comparaître devant son tribunal ? Noter que si tous doivent comparaître, ce sera sans doute pour rendre compte de leurs œuvres (cf. ii, 6); ce que certains protestants nomment la conception juive, est donc encore celle de Paul.
La Fg. avec aut tu rend suffisamment ^ xal aiS, car xai se met souvent dans les comparaisons simplement pour accuser davantage le rapprochement; cf. II, 15; Kûhner-Gerth, II, 2, p. 256 (Lietz.). La Vg.-Clém. lit Christi^ mais WW. Dei, qui rend toC ôaou, leçon certaine (contre Zahn). Paul eût assurément pu écrire tou Xpio-uoIJ, comme dans II Cor. v, 10, mais la citation qui suit s'entend de Dieu. On peut dire avec Orig.-int. : quod vero inpraesenti quidem loco tribunal Dei, ad Corinthios vero tribunal Christi posait, ego quidem nullam puto esse differentiam quominus unum atque idem tribunal Christi et tribunal Dei nominetur. Que Paul ait pu employer indifféremment les deux expressions, c'est à tout le moins une preuve que Dieu et le Christ remplissaient les mêmes fonctions, ce qui équivaut à donner au Christ les attributs de Dieu.
11) Is. XLv, 23 fait partie d'un couplet (v. 20-25) que le P. Gondamin intitule : « lahvé, seul Dieu sauveur, recevra les hommages du monde entier ». Il n'y est pas question du jugement . en termes formels, mais la saveur e schatologique est incontestable, et l'attention de Paul a sans doute été attirée sur ce passage par les expressions « tout genou », « toute langue », qui mettent en scène les individus. Les uns se verront sauvés, les autres seront couverts de honte. Quant au texte lui-même, il est probablement cité de mémoire, xax' I{i«utoî3 ôpiiw a été remplacé par Çt3 ï-(iii, une formule de serment bien connue (Num. xiv, 28 etc. ; Is. xlix, 18) ; ce qui suit, d'après l'hébreu : « La vérité sort de ma bouche, parole irrévocable » (Trad. Gond.), trop littéralement traduit en grec, a été omis, ou plutôt remplacé par Xêyet xiptoî, explicatif. Puis : Stt èp'i xa[;.t{'£t Trav lif)^, xal ô|j.£ÏTat (B ît, avec hébreu; mais A Q &Ço[j.oXoYTiiî£i:ai) ««s* yXûooa tôv 9e6v. La leçon IÇojjLoXoYïjffSTai dans ces mss. des LXX doit provenir de Paul, et l'on comprend très bien qu'il ait remplacé l'expression tout hébraïque « jurera en mon nom » par une expression plus claire et rendant la même idée d'une façon courante, « rendre hommage ». Ce n'était donc pas pour introduire l'idée d'une confession des fautes qui ne s'appliquerait qu'aux pécheurs (avec Corn.). Paul savait fort bien que ce texte pris isolément n'exprimait que la domination sur tous les peuples, puisqu'il le cite dans ce sens Phil. ii, 10 s. (à propos du Christ),
^■^00110 cliacTin de nous rendra compte à Dieu pour soi-même.
*3 Ne nous jugeons donc plus les uns les autres ; mais jugez plutôt que vous ne devez pas faire naître pour votre frère une occasion de scandale ou de chute. ^* Je sais et suis bien assuré dans le Seigneur Jésus que rien n'est impur en soi ; mais quant à celui qui regarde
mais il allait de soi que chacun de ces individus soumis à Dieu serait jugé par lui.
Au lieu de flectetur, WW. lisent flectet.
12) L'Apôtre tire la conséquence sans hésiter. Chacun rendra compte pour soi. Et cela semble viser surtout les inquiétudes du « faible » qui craint pour le laxisme du grand nombre ; on ne l'en rendra pas responsable ! Mais la pensée qu'il aura un compte à rendre doit empêcher celui qui a la conscience plus dégagée de mépriser son frère.
— Faut-il lire <3(pa oov [Sod.] comme v, 18; vu, 3. 25; viii, 12; ix, 16.18; XIV, 19; Gai. vi, 10/ ou (ïpa seul? apa seul paraît une leçon un peu réduite à l'Occident si vraiment B occidentalise dans tout cet endroit.
La Vg. itaque peut être pour âpa ouv comme xiv, 19, quoique dans les autres cas elle ait igitur ou ergo (vin, 12; ix, 18; Gai. vi, 10). — reddet sei'ait <ic7coS(i)aet (B D * F G) plutôt que SoScrei [Sod.], plus largement attesté; on préférerait dabit avec Cypr. [Ep. LXIX, 17).
13) Tout ce qui précède s'adressait plutôt au faible. Le fort ne pouvait douter que le faible agissait pour le Christ ; l'anxiété de ses scrupules le prouvait assez ; tandis que le faible trouvait que le fort se dégageait avec trop de désinvolture de devoirs sacrés. Pourtant le fort jugeait aussi, regardant son frère comme une conscience étroite. Paul se met pour un moment avec eux tous dans une formule de transition : « Ne nous jugeons pas les uns les autres », puis il s'adresse aux forts, xpivars après -/.ptvwjxEv est un véritable jeu sur le mot. Dans le premier cas « juger », dans le second « prendre le parti de », comme II Cor. ir, 1 avec toîjto et une phrase commençant par t6 et l'infinitif; cf. I Cor. vu, 37.
— 7îp6(jx.o[A[jLa et CTx.dtvSœXov indiquent tous les deux un objet placé sur la route et qui peut faire tomber : le premier placé là par hasard, le second avec intention, comme un piège; dans le premier cas la chute ne sera ni aussi certaine ni aussi grave. Mais dans les deux cas il s'agit d'une chute de l'âme et il ne peut être question de répartir ce danger entre le faible et le fort (contre Zahn). Entre eux la partie n'est pas égale, et tout le raisonnement qui suit suppose cette inégalité. Le fort, sûr de sa conscience, ne risque rien, et, s'il tombe dans un mépris coupable, c'est qu'il le veut bien. Mais le faible est parfois contraint d'agir sans être guidé par une conscience robuste ; il est fort exposé à tomber, et il dépend même du fort de le faire tomber s'il l'entraîne à agir contre sa conscience, ou avec une conscience douteuse ; or pour cela il suffira peut-être de l'exemple.
14) Paul donne son propre sentiment, comme I Cor. vni, 1-6. oï8axa\ TcÉTretojiai est une introduction très solennelle ; il s'agit d'une conviction qui a péné-
tré toute l'âme. Il serait trop subtil de distinguer, avec quelques anciens, une conviction naturelle et ' une tradition surnaturelle ou de trouver dans le second verbe une preuve que Paul se réfère à l'enseignement de Jésus (contre Za/in). Toutefois si Iv y.upfo» 'Iyictou peut signifier seulement tamquam élus membrum et minister [Corn, citant ix, 1; II Cor. ii, 17; xri, 19 etc.), on doit rappeler que la distinction des aliments en purs et impurs avait été rejetée par Jésus (Me. vu, 1 ss.), et ce point capital de sa doctrine était précisément celui qui autorisait le mieux à soutenir l'abrogation de la Loi. On pense donc avec Weiss, Julicher, Zalin, que Paul s'appuie ici sur cet enseignement du Seigneur Jésus. La formule èv xupfw 'Ir)aoî) (et non dans le Chrisl) oriente dans ce sens, car elle rappelle la carrière du Christ parmi nous sous le nom de Jésus (dans les passages cités par Lietz. pour le premier sens : Gai. v, 10; Phil. ii, 24; II Thess. m, 4, il y a seulement Iv Kupto), dans ceux de Corn, h Xpia-uw), quoique non pas nécessairement (cf. I Thess. IV, 1; Col. III, 17; Phil. II, 19).
xotv6v en grec « commun », d'après le sens juif « impur ». Il est fort douteux que les Grecs aient eu anciennement la notion d'aliments purs ou impurs (Ziehen le nie, Leges Graecorum sacrae, II, 1, p. 150 et 260); elle leur serait venue de l'Orient. Chez les Juifs, avec cette haute idée de la pureté qui leur faisait un rang à part et sacré, tout ce qui était commun, permis à tous, devenait impur (cf. sur Me. vu, 1 ss.), de sorte qu'on nommait simplement communes des choses réellement impures. Le sens du mot n'étant pas douteux, les « faibles » ne sauraient être des ascètes qui auraient jugé que la profession du christianisme excluait l'usage des viandes comme trop délicates ou trop nourrissantes; ils les regardent positivement comme communiquant une impureté. De son côté Paul déclare que rien n'est impur en soi (8i' éau-ou), par nature. C'est le concept rationnel, opposé aux raisons fort diverses qui détournaient de l'usage de la chair. Si Paul avait eu affaire à un Juif, ce dernier eût pu lui répondre que certaines choses, impures ou non par nature, l'étaient par l'interdiction de Dieu; ou (comme ceux qui ne mangeaient pas les viandes immolées) qu'une choise pure en soi pouvait cesser do l'être après certains contacts ou contaminations. Si l'apôtre a raisonné en rigueur, il avait donc en vue des fidèles convaincus que les viandes, de leur nature, avaient quelque chose d'impur.
Naturellement si quelqu'un s'imagine qu'une chose est impure, et s'il passe outre, il se contamine; 14'» est elliptique, mais parfaitement clair; è/.Et'vw -/.oivdv, l'impureté, en quelque sorte personnelle, n'est cependant pas seulement dans sa persuasion, une affaire d'imagination ; elle est contractée en fait, dans l'ordre moral.
La Vg. aurait dû traduire %hit\.<s\i.<i.i certus sum, comme viii, 38 ; xv, 14 {Corn.). Quant k per ipsum allégué par Ti. et Sod. en faveur de la leçon 8i' lauxou, c'est plutôt la traduction de 8i' ai-cou, tandis que St' lautou serait per se ipsum (JÉR. C. lovin. II, .16); per ipsum [Thom.) doit signifier : par Jésus-Christ, qui a abrogé la distinction des aliments ; nous serions nettement sur le terrain de la controverse juive. On voit l'importance de cette variante. L'autorité des mss. est pour 8t' iauxoiJ, contre la recension antiochienne. II serait donc urgent de traduire per se ipsum ou simplement /jer se.
une chose comme impure, pour lui elle est impure. ^^ En effet, si ton frère est contristé pour un aliment, tu ne marches plus selon la charité. Pour ton aliment, ne cause pas la perte de celui pour lequel le Christ est mort!
16 Que le bien qui est à vous né soit donc pas en butte à de fâcheux propos.
15) yap 68t certain après zl d'après les mss. ; si les Antiochiens l'ont remplacé par 8e, c'est à cause de l'extrême difficulté de justifier ydlp, mais ce n'est pas une raison de le rejeter (contre Corn.). Il reste la ressource de regarder le V. 14 comme une parenthèse {Zahn), la liaison du v. 15 avec le v. 13 étant assez naturelle ; ou plutôt de tenir compte de la chute du faible déjà supposée par le fait que l'aliment s'est trouvé impur pour lui (Kû/il), ce qui justifie yap dans le sens atténué de « en effet ». Le chagrin du faible est donc le chagrin cuisant d'avoir offensé Dieu. On dirait que Paul s'y prend à deux fois pour montrer au fort les conséquences de sa trop grande liberté d'esprit : être cause pour un peu de nourriture qu'un frère soit contristé, ce n'est pas selon la charité. Puis l'apostrophe véhémente : ton plat de viande, un frère perdu pour lequel le Christ est mort! Tout le poids de la charité du Christ entraîne le chrétien à renoncer, non pas même à sa propre sagesse (I Cor. viii, 11), mais à quelque chose d'aussi insignifiant qu'un plat au lieu d'un autre.
16) Très ancienne divergence sur le sens de ce verset. D'après les uns [Chrys., son école, pseudo-Primasius, beaucoup d'anciens, Lips., Ml., Zahn, ICûhl], 10 àyaGdv est le trésor de doctrine et de vie spirituelle que contient le christianisme. Si les fidèles sont en désaccord, les infidèles tiendront de fâcheux propos, voyant à quoi se réduit la foi nouvelle, à chicaner sur des riens, au risque de compromettre l'union. Avec ce sens le v. 17 se soude facilement au V. 16, le règne de Dieu est presque synonyme de tô àyaôdv. Il serait assez assuré, si le texte était yjjj-wv xh àyaGov, car, en se rangeant parmi ceux qui participent à ce bien, Paul indiquerait le bien commun de tous les chrétiens. Mais la leçon h\>.m est beaucoup plus probable d'après les mss. L'Apôtre s'adresse donc toujours aux forts [Thom., Corn., SH.). Leur bien particulier, ce qu'ils ont de bon, c'est la liberté chrétienne appuyée sur de solides principes de foi. Ils ne doivent pas l'exposer à de mauvaises interprétations. De la part de qui? Cornely : de la part des faibles; et il prouve par I Cor. x, 3u que pXaoryY)- [j.£Îa0w peut indiquer des paroles outrageantes émanant de membres de la communauté. Toutefois le contexte de I Cor. x, 30 n'est pas le même. Si le faible en proie au marasme, dont nous avions pitié, prend l'offensive, il cesse d'être intéressant, et le pathétique efl'et de la mort du Christ est manqué. Je croîs donc qu'il faut laisser les auteurs des mauvais propos dans un certain vague. Ils ne sont pas le fait de celui qui a succombé, mais de ceux qui ont appris sa chute. Tout en distinguant les Romains en deux groupes pour la clarté de l'exposition, Paul n'ignorait pas que les partis tranchés sont d'ordinaire les moins nombreux; il fallait compter avec la masse flottante, où pouvait se
" Car le règne de Dieu n'est pas aliment et breuvage, maïs justice, et paix, et joie dans l'Esprit-Saînt; *8 car celui qui par là sert le Christ est agréable à Dieu et approuvé des hommes. *^ Nous poursuivons donc ce qui contribue à la paix 9i à l'édification mutuelle.
produire la critique acerbe contre les forts. C'est encore l'effet que produisent infailliblement, même dans le peuple chrétien, les querelles d'observance monastique quand elles vont au détriment de la charité.
La Vg. lit nostrum, qui rend r)(jifiiv. Il faudrait lire vestrum, d'après le texte grec le plus sûr.
17) Sous prétexte que ^ pKstXsfa toîî ®eoS est toujours dans Paul une idée eschatologique, Lipsius [Jal.) ne veut pas reconnaître dans ce passage une exception évidente (cf. d'ailleurs aussi I Cor. iv, 20). Il s'agit du règne de Dieu, tel qu'il existe déjà ici-bas : id per quod deus régnât in nohis... Deo autem confungimur et subdimur per interiorem intellectum et affectum [Thom.]. Dieu règne en nous par la justice, la paix et la joie dans l'Esprit- Saint. Ce sont, d'après Cornely, les vertus que Paul recommande spécialement aux Romains à propos de la controverse; c'était manquer à la justice [stricto sensu) que de violer le droit du faible à son opinion etc. Mais il semble plutôt (Zahn, Kûhl) que Paul dit en trois mots ce qu'est la vie chrétienne, telle qu'il l'a esquissée au chap. v, 1-2 : oix«ito6lvT£ç... stprJvYiv ï/^io^Aev... xauxc6p.e9a (pour la joie). La justice est donc la justice que les chrétiens possèdent, qui les met en paix avec Dieu, leur cause une joie spirituelle; Iv 7tveû[iaTi k-^iw ne se rapporte qu'à x*P°'» dont le sens avait besoin d'être déterminé. Qu'est-ce, en comparaison de ces biens, qu'une question de nourriture ou de breuvage? elle disparaît, il n'y a pas à en tenir compte (I Cor. viii, 8).
WW. suppriment enim, d'accord avec les mss. de Vg., mais contre le grec.
18) £v toiirco est la leçon des meilleurs mss. Soden préfère h toutoiç qui a tout l'air d'une correction pour répondre par un pluriel aux trois dispositions de l'âme au v. 17; TertuUien [Psych. xv), la seule autorité ancienne, cite assez librement : nam qui in istis servit, placabilis et propitiabilis deo nostro est. La leçon àv toutoeç pourrait être un© objection à notre interprétation du v. 17; car âv Toiirotç SouXsiSwv indiquerait Vexercice des vertus. Et c'est précisément peut-être ce que Paul a voulu éviter en écrivant «v tou-tw, « dans cette disposition, dans cet état » ; celui qui, comprenant ce qu'est le don de Dieu, le met en œuvre dans le service du Christ est agréable à Dieu, première condition de la vie morale chrétienne (xii, 1-2); de plus il ne prête pas le flanc à ces attaques dont il était question au v. 16.
Paul dit même qu'il a l'approbation des hommes. Et de fait l'opinion, surtout parmi les chrétiens, prend volontiers le parti de ceux qui mettent au-dessus de tout la charité.
19) C'est la conclusion du passage qui commence au v. 16. On comprend ainsi très bien la leçon 8tt/)xop.ev, mieux attestée par les mss. « Nous voilà donc d'accord pour poursuivre ensemble la paix », etc. La leçon 8tt6-/cco[j.ev ne doit être qu'une correction banale, qui devait s'imposer aux versions pour sa
20 Pour un aliment, ne détruis pas l'ouvrage de Dieu ! Certes, toutes les choses sont pures, mais telle chose est mauvaise pour l'homme qui mange en succombant au scandale. ^^ Il est bien de ne pas manger de viande, ni boire de vin, et de ne rien faire qui soit pour ton
facilité (Soden préfère Stt&xtopv parce que le v. 20 rentre très nettement dans le thème de l'exhortation, et 5taSxa)[XEv ferait la transition. De plus, dans les anciens mss. on trouve plus souvent o pour w que réciproquement). — Paul ne se contente pas de la paix; un bon chrétien doit se proposer quelque chose de plus positif, le bien spirituel de ses frères. — oîxo3o[j.iî « construction » peut se dire de l'édifice spirituel. Dans s. Paul il a tout à fait le sens moral d'« édification » (I Cor. xiv, 26; cf. I Thess. v, 11; II Cor. x, 8; cf. I Cor. vin, 10); c'est ainsi qu'il est arrivé à cette expression étrange de otxoSofXY) etç àXXï^Xouç, l'édification destinée aux autres, au lieu de l'édification des uns par les autres.
C'est probablement à cause de cette étrangeté que la Vg. (Clêm. et WW.) a ajouté custodiamus avec d'autres textes occidentaux ; de cette façon- on ponctue : quae aedificationis sunt, in invicem custodiamus, et il n'y a aucune difficulté; mais çpuXdtÇujxev est une variante occidentale à retrancher et donc custodiamus. Avec 8t(i-/.o[ji£v on lirait sectamur et non sectemur (8itj!)/.w[jLev).
20) Paul revient au v. 15, mais il n'a pas fait une parenthèse inutile. De la considération générale des vv. 17 ss., il résultait un nouveau motif de ne point scandaliser le faible : dépositaire des dons de Dieu, il est, comme chrétien, l'œuvre de Dieu, œuvre qu'il ne faut pas détruire. — xaTaXiSetv se disait des villes et des maisons (cf. Mt. xxvi, 61; II Cor. v, 1) et se trouvait par conséquent en opposition avec oty.oSoji.et'v (Gai. ii, 18). Il est donc vraisemblable que oî-<to8o[jt.Tiî (v. 19) a amené [i-T zaTdtXue. Tu^ devrais édifier ton frère ; à tout le moins ne détruis pas l'ouvrage de Dieu ! L'ouvrage de Dieu pourrait être la communauté, qui serait menacée tout entière, faute de paix; mais, d'après le contexte, c'est plutôt le faible, que l'action inconsidérée du fort atteint directement. Il est menacé de périr, parce que, bien que tous les aliments soient purs, c'est un mal moral (xax6v s'accordant probablement avec iaOûiv compris dans iaOîovTi) de manger, quand on mange en butant, c'est-à-dire quand la conscience succombe sous l'influence de l'exemple qu'elle suit en le condamnant, oïd indique la circonstance (n, 27; iv, 11; II Cor. ii, 4) do, l'obstacle qui se trouve sur la route, upocxdjjL[xaToç. C'est le sens donné par presque tous les commentateurs [Chrys., Ambrst., Corn., Zahn, JûL. , Kûlil); d'autres avaient compris que le mal moral était le fait du fort qui mangeait on donnant le scandale (encore S H.).
La Vg. per offendiculum (Ambrst. : per ojfensionem) se concilie assez bien avec le premier sens ; cum scandalo serait meilleur.
21) Dernière exhortation au fort, appel à la noblesse de ses sentiments. Il est beau, il est bon et noble, de renoncer à ce qui peut être fâcheux pour le prochain, quand il n'est question que de manger de la viande et de boire du vin. Nous avons déjà rencontré les aliments; c'est le thème principal du
frère une occasion de scandale, 'ou de chute, ou de faiblesse'. 22 La conviction que tu as, garde-la pour toi-même, devant Dieu. Heureux