J(jiaç au lieu de ï)[j.aç
surtout dans la prière (Act. i, 14; ii, 46; iv, 24; v, 12); un homme discordant ne plaisait pas à Dieu et l'accord est nécessaire pour être exaucé (Mt. XViii, 19). Dans l'expression tÔv ôebv xa\ naxépa toî5 Kupi'ou tjjjlwv 'I. X. (cf. II Cor. I, 3; xi, 31; Eph. i, 3; I Pet. i, 3), on a essayé de détacher 0£dç : « Dieu, qui est le Père du Seigneur », mais le sens naturel est « le Dieu et Père du Seigneur (cf. Eph. i, 17 : 6 Oeôç toS Kupi'ou fif^Civ 'I. X.) : Dieu du Christ, comme ayant créé son humanité ; Père, parce que le Père a engendré le Fils.
7-12. Les gentils tenus a la miséricorde, parce que spécial objet de la miséricorde.
7) Ce verset est joint étroitement aux deux précédents; il développe ce que signifiait zaT2t Xpiarôv 'IrjaoîSv (v. 5). Paul a prié pour que la concorde permette aux fidèles de glorifier Dieu. S'ils vont aîi-devant les uns des aut:es par de bons offices, ils ne feront qu'imiter le Christ qui les est ailé prendre pour la gloire de Dieu. D'après SIL, la question se généralise; d'après Lipsius, elle se spécialise de nouveau, Paul reviendrait à la question des différends entre faibles et forts. En réalité, c'est depuis xv, 2 qu'il est question de bons offices mutuels sans distinction de faibles et de forts {Corn. depuis XV, 5 et 6). Paul s'adresse à toute la communauté. L'emploi de :rpoaXa[j.6av£a0ai n'est point réservé à la controverse végétai'ienne parce qu'il y a été employé (xiv, 1 et 3). Ce que devaient faire les forts par rapport aux faibles, tous doivent le faire par rapport à chacun, à l'imitation du Christ qui les a pris pour siens afin de procurer la gloire de Dieu. Paul qui disait rj[j.£fç (XV, 1) quand il se rangeait avec les forts, dit ici 6|i.à; parce qu'il s'adresse à la communauté. La leçon u.aàç [Sod.), plus vraisemblable, est d'ailleurs la mieux attestée, surtout par les versions.
La Vg. suppose u[i.aç. Honorem {Vg.) est moins littéral que gloriam [Erasme).
8-12. La plupart des commentateurs voient ici la preuve : 1) que Paul s'adresse à la communauté comme composée de Juifs et de gentils; 2) que ces Juifs et ces gentils étaient en désaccord; 3) que ce sont précisément les faibles et les forts. L'argument de Paul consisterait à dire aux deux partis : soyez unis puisque le Christ vous a pris pour ne former qu'un seul peuple. Dans ce système on ne comprend pas du tout pourquoi Paul rappelle les titres différents des Juifs et des gentils, ce qui n'a rien à voir avec les scrupules; déplus les textes cités devraient faire allusion expressément à ce dessein d'union, ce qui n'est le cas que du second texte (v. 10), dont le véritable but doit être, comme pour les autres, de prophétiser l'appel des gen-
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en accomplissant les promesses faites aux Pères, ^ tandis que les gentils glorifient Dieu à cause de sa miséricorde, comme il est écrit : « C'est pourquoi je te célébrerai parmi les gentils et je chanterai en
tils. Je crois donc que &fxaç au v. 7 désigne les Romains comme une communauté composée de gentils. Vous qui êtes une communauté de gentils, (levez être pénétrés de charité les uns pour les autres, comme le Christ a exercé envers vous une charité incomparable. Car, si l'on peut dire que le salut était promis aux Juifs, envers vous c'est une pure miséricorde, afin que vous glorifiiez un Dieu si bon, comme il a été prédit. — Gela soit dit pour expliquer ce qui paraît être le sens précis du texte. On ne nie pas que de tout cela il ne résulte comme une invitation implicite aux gentils à regarder les Juifs convertis comme des frères aussi bien que les autres. '
8) La phrase est permissive : encore, s'il s'agissait de Juifs, pourrait-on dire que le Christ leur devait de dégager la promesse de Dieu...
— \iyoi ydp, mieux attesté que XéYw 8e (qui est plus souvent employé pour confirmer ce qui précède). — yevÉCTOat, présent dans 1« sens d'aoriste, marquant une action simplement passée, serait préférable à Ysyev^CTOat, parfait qui permettrait de supposer que l'action continue, si cette continuation n'était précisément exclue par le sens. Les mss. sont plutôt en faveur de •^zytvria^a.i {Nestlé, Soden). Comment le Christ a-t-il été ministre de la circoncision? ib'après Cornely, c'est comme ministre des Juifs, qu'il a servis par sa prédication, parce que «epiTOfiT} est opposée à 'É9vr). Mais le parallélisme peut n'être pas rigoureux; on dira plutôt (avec SH.) que le Christ a été 1© ministre de l'alliance, scellée par la circoncision; cf. II Cor. m, 6 : Staxdvouç xatv% StaÔTÎxriç. Paul ne met donc pas les Juifs en scène directement; il oppose plutôt une certaine économie de promesse à une économie de miséricorde. — uTTsp àX-/i6eta; Oaoij est expliqué par ce qui suit. Dieu ayant fait une promesse,, sa véracité était engagée; le Christ devait y faire honneur. Il l'a fait en procurant l'accomplissement des promesses ; psSatoco n'est pas seulement confirmer ou garantir, mais réaliser (PeSatouv xàç iTcaY^sÀtaç, Xénophon, Polybe, etc. ; cf. Priène, 123, 9 : £6c6a(u<îEv SI tt)v inx-^-^zkicvf, il accomplît sa promesse par une prestation [Rouffiac, p. 48J). Paul n'a pas oublié que les Juifs appelés l'ont été par miséricorde (ix, 23 ss.), aussi n'est-ce pas d'eux qu'il s'agit, mais, comme nous l'avons dit, de l'alliance. Les commentateurs qui voient ici une allusion aux Romains chrétiens venus du judaïsme nous disent que la manifestation plus éclatante d'un attribut (la véracité) n'exclut pas l'exercice d'un autre (la miséricorde). Sans doute, mais cette subtilité n'est point ici nécessaire.
La Vg. ajoute Jesum qui n'est point représenté dans le grec. Propter veritatem est une traduction plausible de dr.ïp (i).Y]9e(aç, mais pro veritate serait plus clair.
9») Tandis que, par le rôle du Messie vis-à-vis des promesses, la véracité de Dieu était sauve, les gentils, n'ayant aucune promesse, ne peuvent que glorifier Dieu de sa miséricorde, uTuep èXéou;. L'opposition est donc entre une manifestation de véracité et une manifestation de miséricorde. S. Thomas
ton honneur. » ^o [L'Ecriture] dit encore : « Réjouissez-vous, nations,
explique qu'il n'y a là aucune répugnance dogmatique : Et hoc ipsum misericordiae fuit qiiod Deus patribus promissiones fecit de posterorum salute... sed aliqids modus veritatis, scilicet pro impletione promissorum, consideratur in vocatione Judaeorum, qui non consideratur in vocationc gentiian, quibus promissiones non sunt factae. C'est donc un scrupule inutile et, semble-t-il, un contresens, de coordonner 8oÇ(itaat à et? xd en même temps que pe6aiGcai, comme si la véracité de Dieu se manifestait, soit par l'accomplissement des promesses, soit par l'appel des gentils [SH., Zahn, Kil/il); il est assez évident que SoÇaaat se rattache à X^yw comme >le second point touché, commençant à rà Se IGv/]. Il n'est guère moins certain que SoÇâdo» marque seulement le fait actuel, honorare, et non point le passé, ni l'optatif [Lietz.). Ce sont donc les nations qui réalisent ce que le Christ avait en vue quand il les a été prendre; sî? 86Çav xou Oeou est expliqué par SoÇajat tov Oeov. Tout indique que la circoncision n'a été nommée que par une sorte de parenthèse. Le Christ devait paraître selon l'ordre promis par Dieu; mais, de prendre les gentils, quelle gloire pour la miséricorde, qui est la raison de tout (xi, 31), et, pour les chrétiens de Rome, quelle raison d'exercer eux aussi la miséricorde !
La Vg. qui avait traduit ûrep (v. 8) par propter, le rend ici par super. Le parallélisme exige la même préposition, pro plutôt que propter : donc pro misericordia.
G''- 12. Les textes allégués ont tous un trait commun : les rapports des gentils avec Dieu {Lips., Corn.), spécialement par l'action de grâce ou l'hommage, la joie, la louange, l'espérance. On ne saurait donc prétendre que le thème est l'union des Juifs et des gentils [Jûl., Zahn, K'àhl, Lietz.); elle ne paraît que dans le second texte, incidemment.
9^) xaôcôç YÉYpaîïTat Se rattache très étroitement à ce qui précède, et en effet le passage cité a trait à rendre gloire à Dieu. Il est tiré du Ps. xvii (xviii), 50 (II Sam. XXII, 50) d'après les LXX, en supprimant Kiipie après eQvrjatv. Paul qui met, semble-t-il, ces paroles dans la bouche du Seigneur ne pouvait (dans cette explication) conserver le vocatif IWpt£. L'hébreu est bien traduit pourvu qu'on entende tÇo[j.oXoYïîaro(Aat dans le sens de louer, adresser des hommages. Dans le ps., David promet à Dieu de le louer parmi les nations qu'il doit vaincre. Le personnage qui parle n'est ni un Juif (contre Kïihl), ni un chrétien quelconque (Lips.), mais le Christ {Sff., Corn.), dont le psalmiste est la figure. Il est placé au milieu des nations comme le chantre qui entonne et il va sans dire que toutes font écho à sa voix.
WW. lisent propter hoc, au lieu de propterea, et effacent Domine rendant K)5piE qui s'est glissé dans quelques mss. grecs, d'après le Ps. La traduction confbtebor entendue dans le sens d'une confession de foi a éloigné quelques Latins du sens.
10) v.cà TîiiXiv XÉ^si, c'est-à-dire t) ypaçr}, l'Écriture, contenue dans ysypaTixat, ou Dieu, auteur de l'Écriture. Le passage est tiré de Dt. xxxii, 43 d'après les LXX, dont le texte est sensiblement plus long en cet endroit. L'hébreu a :
avec son peuple. » i^ Et encore : « Louez toutes le Seigneur, nations, et que tous les peuples le louent avec éclat. » ^^ Et ïsaïe dit encore : « Ce sera la racine de Jessé, et celui qui se lève pour commander aux nations ; les nations espéreront en lui. » ^^ Et que le Dieu de l'espérance vous remplisse de toute joie et paix dans la foi, afin que vous abondiez en espérance, par la vertu de l'Esprit-Saint.
isy D*ii:i IJiJin, « faites jubiler, nations, son peuple », qui serait le seul cas où jj^l à l'hiph'il gouvernerait l'accusatif. Aussi Aquila et Théodotion ont traduit a?vo7ïoirîc;aTe (Th. à'^aXkiôicQe) l'Ovrj, Xabç aÙTo3 : « louez, nations, vous qui êtes son peuple ». Mais l'apposition est peu probable, car' on ne s'attend pas à voir les nations qualifiées si subitement de peuple de lahvé. La leçon des LXX est plus vraisemblable, car Di? a pu très facilement être omis devant
iDÎ7. Il est vrai que le texte massorétique est appuyé par le samaritain, le
targum, le syriaque. Mais on peut seulement en conclure que les Juifs oi^.t préféré une leçon qui leur subordonnait les gentils à celle qui les mettait sur le même rang.
11) Le Ps. cxvi (cxvii), 1 est toujours dans le thème de la louange rendue à Dieu. Le texte est d'après les LXX, conformes à l'hébreu. Dans le v. 2 du Ps. le motif de la louange est le salut d'Israël; mais le v. 1, seul allégué, ne fait aucune allusion à ce motif. Il serait parfaitement arbitraire d'entendre navta Ta 'éOvy) des gentils et Ttavreç ol Xaof des Israélites (contre Zahn, Kûhl) pour arriver joer fas et nefas à l'idée de l'union des Juifs et des gentils.
12) y.(xi niXa 'laaîaç, « et Isaïe, qui appartient lui aussi à l'Ecriture, dit » ; TtdtXtv porte donc sur l'unité des livres saints, comme étant le livre de Dieu. C'est Is. XI, 10, d'après les LXX, en omettant èv tî) ruxépy. è/.etvr). D'après l'hébreu : « Et ce sera dans ce temps-là la racine de Jessé qui sera élevée comme un signal pour les peuples; auprès de lui les nations s'informeront ». L'image est celle d'un signe de ralliement, mais non pas nécessairement en vue d'une guerre (contre Corn.). Le verbe lyn signifie « consulter ». Le Messie, car c'est lui qui est la racine de Jessé, est moins un chef de guerre qu'un docteur; c'est chez lui qu'on se rend; aussi le texte continue : « et son habitation sera glorieuse ».Les LXX ont donc traduit assez largement.
Leur texte ne parle plus, comme ceux que Paul a déjà cités, de louange, mais d'espérance. Il a l'avantage de remettre en scène le Christ selon la pensée du v. 8. Le Christ est la racine de Jessé; si les nations espèrent en lui, c'est qu'elles connaissent son dessein de les sauver; mais ce dessein est de pure miséricorde, puisque les nations ne pouvaient considérer le Messie comme un des leurs.
La Vg. a mis exurget (au lieu de exurgit, h àytaraj^Evoç, Ambrst. : surgit) au futur, probablement pour harmoniser avec erit. WW. lisent in eo au lieu de in eum.