XX INTRODUCTION
inscription mentionne à la fois la Pisidie et la Lycaonie à côté de la Galatie, Le pluriel jo/'opmc/a/'M/w vise surtout la Gappadoce et la Galatie, mais de tant d'inscriptions il faut bien reconnaître que les anciennes provinces gardaient une certaine individualité. L'unité tenait surtout à la personne du légat. Dans l'inscription d'Iconium, la seule qui parle de la province de Galatie, l'unité de la province a précisément été mise en vedette par l'unité du procurateur qui se trouvait unique à cette fois pour tous les districts (1).
Mais on peut dire que cette exception confirme la règle, et que, dans le langage courant, même officiel, la Galatie signifiait le pays des trois tribus gauloises.
Lorsqu'on fit de petites provinces, d'après Ramsay entre 386 et 395, on en vint à distinguer une Galatia prima et une Galatia secunda, mais toutes deux dans les anciennes limites de la Galatie propre ; l'une avait Ancyre pour capitale, l'autre Pessinonte.
Enfin, à supposer que le. mot de Galatie eût été équivoque, celui de Galates ne l'était pas. Les trois tribus gauloises demeurèrent groupées pour former la communauté des Galates, xoivov raXaTwv ou FaXatiaç. Or ce xoivov ne comprenait pas les nouveaux districts ajoutés à la province, et l'on connaît en particulier un xoivbv Auxaovtaç. Et semblablement l'àpxispeb; Toî» xoivoû twv FaXaTciv, auquel Julien l'Apostat écrivait comme à une sorte d'évêque païen, et le r«XaTapx«Ç n'exerçaient leur office, d'après Perrot lui-même, que sur la Galatie gauloise. Tout indique, pour cette région, une individualité très nette, tenant sans doute moins aux limites naturelles du pays qu'aux conquérants qui lui avaient donné leur empreinte.
Il serait donc très peu vraisemblable que Paul ait adressé une épître aux Lycaoniens et aux Pisidiens sous le nom de Galates. D'autant qu'avant de l'écrire il avait déjà noué connaissance avec les vrais Galates. Ajoutons que les Lycaoniens et les Pisidiens auraient été peu flattés de ce nom. C'étaient en partie des barbares, qui ne se souciaient pas d'être confondus avec d'autres peuples barbares d'origine; Galates n'était pas synonyme de Romains ou de Romanisés.
M. Ramsay n'essaye même pas de contester que l'individualité de la Galatie, qu'il a mise en relief mieux que personne, prévalut sur le premier cadre administratif romain. A qui fera-t-il croire que, précisément de 40 à 60 av. J.-C, le génie romain transforma en Galates des peuples qui cessèrent aussitôt de l'être? On sait que partout ailleurs l'assimilation fut graduelle.
B. Les circonstances de l'apostolat. ^
Nous ne savons rien par les Actes sur les circonstances de la mission
(1) Cf. èTtiTpoTto; èjrapxet'aç TaXaTiai; xal twv ffûvsvyuî èôvtôv (Athen, Mitteil. XII, 182, cité par Lietzmann).