INTRODUCTION. XXIII
l'apôtre. Ils avaient foi en lui. A sa seconde visite, il y avait déjà des symptômes fâcheux. Puis l'orage éclate, subitement, et la défection menace d'être aussi rapide que le succès. Des judaïsants ont semé le désordre. Paul écrit à ses chers Galates. Il leur raconte sa mission, comment elle avait été discutée, examinée, approuvée au concile de Jérusalem. Toutes choses que les Lycaoniens et les Pisidiens devaient savoir par cœur, car l'Apôtre leur avait inculqué les décrets dans sa seconde visite, et l'Epître n'a pas été écrite auparavant.
L'Epître aux Galates a donc été adressée à un peuple resté jusque-là en dehors de toutes les controverses judaïsantes, et plus on mettra la Galatie en dehors des grandes routes de l'Asie, plus on donnera d'appui à l'ancienne opinion.
Le nom de Galates était déjà assez clair; l'Epître ne saurait convenir à ceux d'Antioche, d'Iconium, de Lystres et de Derbé. Elle fut donc adressée aux Galates de Galatie, qui furent, comme Luc nous l'apprend, évangélisés par Paul; églises fondées en passant, par une adhésion rapide, et que le premier contact avec les judaïsants menaça de détruire; églises composées de gentils, qui fournissaient au docteur des gentils la meilleure occasion de traiter de la liberté chrétienne.
Les destinataires de l'Epître étant connus, quels étaient leur tempérament et leur situation sociale et religieuse?
Nous n'avons pas cherché à reconnaître les Galates d'après les traits que les historiens anciens attribuaient aux Gaulois. On a noté, non sans raison, l'insuffisance de cet argument. A vrai dire, il vaut bien ceux qu'on a allégués en sens contraire! Mais la question étant résolue, nous pouvons faire état de ces traits pour expliquer le caractère des Galates. César, qui a le mieux connu les Gaulois, a été frappé de leur mobilité d'esprit, de leur goût pour les opinions nouvelles. Les textes sont bien connus. Ce sont d'abord des observations de circonstances : Mobilitate et leviiate anùni... quum intelligeret omnes /ère Galles nons rébus studere. Puis un dessin permanent : Tnfirmitatein Gallorum çeritus quod sunt in consiliis capiendis mobiles et nof^is pleruinque rébus student, nihil his committenduin exisiimavit (1). Paul n'avait pas moins de raisons que César de se défier de cette particularité du caractère gaulois. Mais il avait bénéficié à son arrivée de leur empressement à savoir les nouvelles, qui n'a pas non plus échappé au grand capitaine : « C'est la coutume des Gaulois de forcer les voyageurs à s'arrêter, même malgré eux, et ils demandent à chacun ce qu'il a entendu ou appris sur toute chose; le populaire entoure dans les villes les marchands ambulants, et on les force à dire d'où ils viennent, et ce qu'ils ont appris. Emus par ces événements et ces rumeurs, ils se décident sur les choses les plus
(1) Bail. gall. II, 1; III, 10.