‹ Saint Paul [microform]Chapitre 22 sur 86 · QUELS ÉTAIENT CES JUDAÏSANTS · texte numérisé non relu

QUELS ÉTAIENT CES JUDAÏSANTS

En parlant des destinataires de l'Épître, nous avons constaté, avec l'immense majorité des interprètes modernes, que l'Apôtre a été amené à prêcher la foi aux Galates à l'occasion d'une maladie, ou du moins pendant une maladie, circonstance qui aurait pu paralyser leurs bonnes dispositions, mais qui ne les empêcha pas de lui faire un accueil enthousiaste (iv, 12-14). A ces gentils, Paul prêcha le Christ crucifié, sans imposer aucune obligation légale. S'il y avait là des Juifs, ce fut d'abord en nombre insignifiant.

Il semble assez clair, d'après l'Épître, et ce point est encore généralement reconnu, que cette première visite fut suivie d'une seconde. C'est ce qu'on déduit par opposition de la phrase : « Je vous ai annoncé l'évangile tout d'abord » (iv, 13), to TrpoTepov, c'est-à-dire la première fois. Dans cette seconde visite, l'apôtre a pu constater des germes de discussions : c'est le sens le plus vraisemblable des mots : « Comme nous vous l'avons dit d'avance, je vous le dis encore aujourd'hui : si quelqu'un vous prêche autre chose que ce que vous avez reçu, qu'il soit anathème » (i, 9). Les mots ôç irpoeipvixafxev ne sont point une allusion à ce qu'il vient d'écrire, mais à un avertissement sérieux déjà donné, qui n'eût pas eu de raison d'être dans l'enthousiasme des premiers jours. A sa seconde visite, voyant les Galates enclins à pratiquer quelque chose de la Loi, Paul leur aurait montré les conséquences d'un premier pas, et c'est ce qu'il indiquerait dans sa lettre : « J'atteste de nouveau à quiconque se ferait circoncire, qu'il s'oblige à pratiquer la Loi toute entière » (v, 3). Quelques-uns peut-être n'avaient pas compris les exigences morales du christianisme ; il avait dû les édicter, sous peine, pour les coupables, de perdre le royaume de Dieu, et c'est encore un point sur lequel il dut revenir dans sa lettre (â irpoXÉYw u|aïv xaBoiç x«i Tcpostirov, v, 21). Il eût pu traiter ce sujet dans sa première visite, mais alors tout marchait à souhait, et c'est plus tard que les pseudo-apôtres l'auront représenté comme un ennemi parce que, dans sa seconde prédication, il avait dit la vérité, une vérité pénible à entendre à ses fils spirituels (iv, 16).

On concède que ce ne sont là que des indices, mais ils ne sont pas sans valeur. D'après leur groupement on peut tracer la succession des

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