‹ Saint Paul [microform]Chapitre 25 sur 86 · INTRODUCTION. XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXIII

convertis de la « liberté » dont parle Paul, c'est-à-dire qu'on les admît à la communion de l'espérance chrétienne sans souffler mot des observances légales et sans les agréger en aucune manière au judaïsme. Réagissant contre cette « liberté », les jadaïsants voulaient « asservir » et les apôtres et leurs convertis, contraindre les premiers à vivre plus exactement selon la Loi et à- recommander la pratique de cette Loi à leurs fidèles, amener ces derniers à subir les règles de la vie juive et notamment à accepter la circoncision, ces .règles étant la forme supérieure de la justice à laquelle est promis le royaume de Dieu » (p. 18 s.). Qu'on remarque bien ces mots : une forme supérieure de la justice. C'est-à-dire que les gentils pourraient à la rigueur être sauvés sans pratiquer la Loi, mais ils se refuseraient à une perfection très appréciable. Cette distinction est sans cesse reprise par M. Loisy, et c'est cela même que Paul n'aurait pas compris : « Qu'on puisse suivre la Loi sans la tenir pour la condition essentielle du salut, c'est une idée que Paul ne prend pas la peine de regarder » (p. 140).

D'où venaient ces judaïsants? « Le point de départ et le centre de cette évangélisation judaïsante, que Paul dit être une altération de l'Évangile, ne peut être que la communauté de Jérusalem, la première église, celle qui avait été fondée et organisée par les disciples immédiats de Jésus et recrutée parmi les Juifs hébraïsants, c'est-à-dire parlant araméen » (p. 19).

Leur chef était naturellement saint Jacques, « le frère du Seigneur », que l'antiquité a regardé comme le premier évêque de Jérusalem. M. Loisy est particulièrement bien informé sur son opinion. Jacques admettait tout comme Paul que le salut dépendait essentiellement de la foi au Christ, de sorte que le païen était sauvé par la foi, sans la Loi; mais pour le Juif la Loi était obligatoire, et « en quelque manière, une condition de son salut, mais elle n'en était pas le principe » (p. 133). Nous constatons une fois de plus l'opinion prêtée aux judaïsants comme à Jacques : « ils estimaient aussi que les convertis du paganisme feraient bien de s'y (à la Loi) conformer, la Loi divine, qui était censée contribuer à la perfection du croyant juif, ne pouvant manquer de contribuer aussi à la perfection du païen converti » (p. 132).

Et sur cette opinion prêtée à Jacques, de la perfection acquise par le gentil qui pratiquerait la Loi, on peut aussi, au nom des textes, sa montrer sceptique, mais en tout cas les textes représentent tout autrement le parti judaïsant qui commença à se manifester à Antioche. C'est pour M. Loisy une occasion de préciser sa pensée : « Les Actes (xv, 1) disent bien que les individus venus de Judée, qui soulevèrent à Antioche la question des observances légales, enseignaient la nécessité de la circoncision pour le salut; mais, ou bien les termes ne sont pas à

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