‹ Saint Paul [microform]Chapitre 26 sur 86 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

prendre avec trop de rigueur, ou bien, ce qui est plus probable, le rédacteur a forcé la note en exagérant la thèse des judaïsants. L'Épître aux Galates laisse entrevoir que l'antithèse : salut par la Loi ou salut par la foi, existe seulement dans l'esprit de Paul, et que les judaïsants concevaient un salut par la foi avec la Loi, celle-ci, qui était d'obligation stricte pour tout Juif, ne s'imposant pas en rigueur aux païens qui accédaient à la foi du Christ, mais son adoption ne pouvant qu'être recommandable à tout croyant soucieux de mener une vie parfaite, d'accomplir en toutes choses le bon plaisir de Dieu » (p. 27).

La nouvelle thèse est ici posée dans une parfaite clarté. Mais en réalité elle n'est point nouvelle. Si l'on fait abstraction des opinions de saint Jacques et de l'attitude antérieure des judaïsants d'après les Actes, cette manière de caractériser les adversaires que Paul combat dans l'Épître aux Galates est précisément celle à laquelle le P. Gornely a donné droit de cité dans l'exégèse catholique.

Cornely, disons-nous, prend à la lettre, et avec toute raison, le témoignage des Actes. Les judaïsants d'Antioche (Act. xv, 1) faisaient de la circoncision une condition absolue du salut, même pour les gentils convertis. Mais le concile de Jérusalem leur donna tort. Et le P. Cornely regarde cette lutte comme une guerre sans contre-attaque, où toute position conquise est acquise à jamais. Il suppose donc que les mêmes judaïsants, battus sur l'obligation de la circoncision pour les païens convertis, se reformèrent sur une autre ligne. Ce sont désormais des judaïsants mitigés. Le décret de Jérusalem, en imposant aux néophytes du paganisme les quatre préceptes dont nous reparlerons (Act, xv, 29), semblait les mettre au rang des prosélytes imparfaits que Cornely nommait, d'un nom beaucoup plus récent, prosélytes de la porte : unde opinio exoriri potuit, neophytos non circumcisos similem in Ecclesia gradum occupare nec perfectos esse Chvistianos. Quam mitigatam iudaismi formant immédiate post concilium apostoUcum a iudaizantihus Mis teneri çidemus, quorum causa Petrus aliique lud.aeochri" stiani a familiari sua camEihnico-christianis conversatione sese retrahehant{Gal. 2, 11 sqq.)... ApostoUcum decretum igitur necimpugnantes nec in dubium çocantes neophytis non circumcisîs salutem non negabant, sed maiorem eos assecuturos esse perfectionem, si circumcisioni sese suèiicerent dictitantes, indirecto quodam modo eis denuo iugum antiquum imponere volebant (1).

On le voit, ce sont les mêmes termes : la Loi est une œuvre de per-^' fection, dit Cornely, conduit à une vie plus parfaite, ditLoisy.

Or, ces judaïsants, intransigeants d'abord à Antioche, qui reparaî-

(1) Coinmentarias, etc., III, Epistolae ad Corinthîos altéra et ad Galatas, Parisiis, 1892, p. 364.

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