‹ Saint Paul [microform]Chapitre 35 sur 86 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

la partie historique (i-ii), a précisément pour but d'opposer aux judaïsants la décision prise à Jérusalem, sans toutefois la présenter sous la forme officielle que lui ont donnée les Actes. Et la raison en est peut-être simplement que cette forme était celle d'une lettre adressée aux frères, d'Antioche, de Syrie et de Cilicie (Act. xv, 22-29). C'est à propos d'eux que la question avait été posée, c'est à eux qu'on avait répondu, et c'est à eux que la lettre avait été portée par Judas et Silas. Plutôt que de la reproduire dans une lettre adressée aux Galates, Paul a préféré leur montrer que la question avait été tranchée à Jérusalem pour tout le monde, et que spécialement son évangile à lui, leur apôtre, avait été approuvé par les anciens Apôtres. Nous oublions trop volontiers que les Actes eux-mêmes qui ont donné tant de solennité à la discussion et à la décision prise ne parlent ni d'un concile, ni d'un décret. Les faits nous autorisent à employer ces termes, devenus familiers par l'usage de l'Église, mais non à imaginer pour l'Église primitive l'impression faite sur le monde catholique par la promulgation urbi et orbi du concile du Vatican. Ce qui était décisif alors comme hier, c'était le jugement rendu par les Apôtres assistés des anciens. Et c'est précisément fie jugement que l'Epître aux Galates met en lumière aussi bien que les Actes. En dépit des faux frères qui avaient posé la question de principe, Paul et Barnabe ne consentirent pas un 'instant à laisser circoncire Tite, et il n'y fut pas contraint. Après que Paul eut exposé son évangile, tel qu'il le prêchait aux gentils, c'est-à-dire sans aucune obligation par rapport à la Loi, Pierre, Jacques et Jean, « les Colonnes », n'exigèrent rien de plus, et reconnurent que l'apostolat de Paul chez les gentils avait la même approbation de Dieu que celui de Pierre auprès des Juifs (ii, 3 ss.). Que pouvait-on dire de plus fort sur le jugement rendu par les Apôtres et qui répondît mieux à la question posée sur la nécessité de la circoncision?

En réalité, Paul a donc allégué le décret, insistant sur la forme concrète qui confirmait son évangile, et rien ne suggère que les judaïsant& de Galatie aient répondu par cette argutie : nous n'imposons pas la Loi, nous la conseillons; ou nous l'imposons, mais comme une perfection indisp"6nsable, ou encore comme une condition essentielle du salut, encore qu'elle ne soit pas le principe du salut. Les braves Galates evaient éprouver pour la circoncision la même répugnance que les autres gentils, et ne l'auraient pas agréée si elle n'eût été proposée comme nécessaire. Si l'on insinue que devenus à moitié Phrygiens, ils inclinaient à chercher l'expiation et le pardon dans une demi-mutilation qui leur rappelait le culte d'Attis, on ne fait qu'augmenter l'abîme dogmatique entre Paul et eux, puisque de cette façon la circoncision devait leur paraître en elle-même un gage, un principe de salut.

Ainsi, soit qu'on argumente d'après les paroles de Paul, soit qu'on

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