INTRODUCTION. XLIX
Absolument rien n'indique qu'il eût le dessein de les y inviter pour parvenir plus facilement à une justice plus parfaite. ,
Antioche avait fourni l'occasion du décret, c'est à Antioche que la controverse naquit de nouveau. Pierre s'y trouve avec Paul et Barnabe ; Jacques est demeuré à Jérusalem. Libre d'agir selon ses principes, Pierre n'hésitait pas à manger avec les gentils convertis, ce qui n'allait pas sans violer les règles de la pureté juive en matière d'aliments. Survinrent quelques personnages qui venaient d'auprès de Jacques {iith 'laxwêou). Le Père Cornely se donne beaucoup de mal pour mettre saint Jacques tout à fait hors de cause. Quoique apôtre et évéque de Jérusalem, il n'avait pas à faire la visite canonique d'une église fondée par Paul et où Pierre était présent (p. 446). On jugera sans doute ce scru» pule trop nuancé par des concepts plus récents de juridiction et de distinction des diocèses. L'exégète catholique croit même devoir se séparer de Chrysostome et d'Augustin — il aurait pu ajouter de Thomas d'Aquin : — ce serait à tort {kaud satis j^ecte) que ces Pères ont avancé que les personnes en question venaient d'auprès de Jacques. Mais comment séparer IXOeïvde àito 'laxojSoo? Tout ce que Cornely concède, c'est qu'elles faisaient partie de l'entourage de Jacques, mais sans avoir été mises au courant par lui du point exact de la question. Ces individus auraient agi pour leur compte. Alors on ne voit pas pourquoi Paul nous dit qu'ils venaient d'auprès de Jacques. Ils ont intimidé Pierre. C'est sans doute par l'autorité d'un grand nom. A la rigueur on pourrait soutenir qu'ils ont dépassé leur mission. Mais Paul ne l'insinue en rien. Le plus simple est donc de traduire avec M. Loisy qu'ils sont venus « de la part de Jacques (1) ».
Cela concédé, il ne s'ensuit nullement qu'ils se soient occupés des gentils. Leur position est précisément celle de Jacques. Les gentils ne le regardent pas; c'est l'apostolat de Paul.
Les fidèles observaient- ils les quatre restrictions?
Nous ne voyons pas que les Juifs venus de Jérusalem aient enquêté sur ce point. Mais ils ont trouvé fort mauvais que les Juifs convertis mangeassent avec les gentils chrétiens, évidemment parce que cela ne se pouvait faire habituellement sans déroger à la Loi, et ils entraînèrent Pierre, et même Barnabe. Nous n'avons pas à poursuivre cette histoire dans le détail. Il ressort nettement de tout l'incident que les gentils ne furent touchés qu'indirectement. Paul comprit et dit ouvertement que si les Juifs convertis revenaient à là pratique intégrale de la Loi, surtout avec Pierre à leur tête, ils exerçaient par le seul fait de ce changement une pression sur les gentils. C'est ce que l'Apôtre des gen-
(1) M. Goppleters regarde comme très probable que les T(veç «uà 'laxwSou reflètent la pensée de Jacques (i. ï., note, p. Bl).