‹ Saint Paul [microform]Chapitre 43 sur 86 · LU INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU INTRODUCTION

sûrement les judaïsants se sont couverts de l'autorité des anciens apôtres ; l'apologie personnelle de Paul le prouve assez. Ajoutons que le nom de Jacques était le premier à opposer à celui de Paul. Mais étaient-ils autorisés à le produire? Leur parti, celui qui souleva à Antioche au début la question de la circoncision, était venu de Jérusalem, et avait mis le trouble dans les âmes parce qu'on les croyait mandataires des anciens apôtres, mais ceux-ci déclarèrent n'y être pour rien : oTç oô Sis(jTeiXa|ji,eôa (Act. xv, 24). Ils ont recommencé le même jeu, et Paul leur a fait une réponse semblable : Non, vous n'êtes pas les mandataires de Pierre, de Jacques et de Jean qui sont tombés d'accord avec moi. Comment eût-il, après cela, reconnu la main de Jacques dirigeant le mouvement, sans le désigner ouvertement? Comment Jacques, demeuré tranquillement à Jérusalem, était-il l'agent principal du trouble, « celui qui vous trouble, quel qu'il soit »? Comment une des « colonnes » était-elle menacée si fortement du jugement emportant la condamnation éternelle? Comment Paul aurait-il noué ensuite des rapports si cordiaux avec Jacques et ses presbytres?

Encore est-il que l'interprétation des mots de Paul n'est point aussi assurée qu'il semble à M. Loisy. J'ai adopté sa traduction pour ne point paraître esquiver une objection. C'est celle de saint Jérôme et elle n'a pas perdu droit de cité dans l'exégèse catholique. Le P. Cornely s'en tire trop aisément en affirmant qu'il n'y a pas la moindre raison d'entendre ô Tapâffffoiv d'un individu au singulier. D'après lui, il s'agit de toute la classe des perturbateurs, le singulier étant pour le pluriel comme dans II Cor. xi, 4 (& lpx.o(ji.evoç) . Dans ces termes, son opinion est difficilement conciliable avec les derniers mots : « Quel qu'il soit », éi(jTi(; Èàv Ti- Mais on peut traduire : « Quiconque vous trouble, quel qu'il soit », et c'est le sens le plus naturel, car oo-ttç èh ri ne signifie pas : « si grand qu'il soit », mais « quel qu'il soit » (qui qu'il soit, quicumque est). Paul n'affirme pas qu'une personnalité très haute était à la tête du mouvement, mais exprime seulement que nul n'échappera au jugement, quel qu'il soit. Et de la sorte on s'expliquerait très bien qu'il ne nomme personne, n'ayant personne en vue. C'est ce qu'a compris Chrysostome (1). Et cela est beaucoup plus conforme au contexte qui ramène aussitôt en scène les perturbateurs comme un groupe sans chef déterminé (v, 12).

Aussi bien, M. Loisy ne présente d'abord sa conjecture que comme une hypothèse. Mais avec le temps elle devient certitude. On parle des judaïsants de Galatie et de leur chef Jacques (p. 198). Les judaïsants de Galatie tiennent le rôle des faux frères d'Antioche ou de

(1) Parmi les protestants, Sieffert : dasjedesmalige Individuum der Verwirrer In jedem konkreten Falle {Comm. de Meyer, 6* éd.). — De même Zahn.

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