INTRODUCTION. LXI
promessey'pr tel n'est pas le rapport entre ces deux institutions. La promesse est comme un testament exécutable, qu'on ne peut ni regarder comme caduc, ni compléter par un codicille. C'est une volonté irréformable, qui s'exécutera telle quelle — et qui regarde le Christ. Qr compléter cette volonté, ce serait la modifier et changer le titre auquel on reçoit la libéralité divine. Ce qu'on nomme un complément, en réalité serait l'introduction d'une économie nouvelle à la place de la pure faveur (m, 15-18).
Quelle était donc l'intention .de Dieu en donnant la Loi? C'était une institution provisoire. Elle n'avait pas qualité pour rien changer à la promesse, ayant, par sa promulgation même : ministère des anges, présence d'un médiateur, un caractère moins absolu que la promesse émanée de Dieu. Elle ne pouvait contenir la justice réservée à l'héritier de la promesse. C'est donc une addition, si l'on veut, mais temporaire, non un complément toujours nécessaire, car elle était subordonnée à la venue du dépositaire de la promesse; elle devait disparaître alors, et son rôle transitoire, fort modeste, était de faire bonne garde autour de ceux qui étaient sous le péché (m, 19-24).
Mais aujourd'hui le Christ est venu, et la foi au Christ, et par la foi tous ceux qui croient sont unis au Christ, et donc fiils de Dieu, ce qui est beaucoup plus que d'être fils d'Abraham. Cependant l'Apôtre se souvient qu'il combat des judaïsants, d'après lesquels on n'est pas fils de Dieu sans être de la race d'Abraham, et il conclut que les chrétiens, puisqu'ils sont un dans le Christ, qui était le vrai lignage d'Abraham, héritier des promesses, sont aussi sans distinction de race, ni de condition, ni de sexe, le vrai lignage d'Abraham (m, 25-29).
Les chrétiens sans la Loi sont donc en règle avec l'Ecriture, ils suivent les desseins de Dieu. Rien de plus propre à les confirmer dans leur indépendance que de la caractériser comme une émancipation voulue par Dieu même. Très hardiment, l'Apôtre assimile la Loi, comme assujettissement, au culte des éléments du monde, à ces institutions dont la crainte était le principe, et qui régentaient l'humanité, comme des tuteurs imposent leur volonté à des enfants de naissance libre. Au moment fixé par le père, la sujétion des fils disparaît. De même pour les chrétiens, rachetés du joug de la Loi, devenus fils adoptifs de Dieu, comme le savent ceux qui ont en eux l'Esprit qui crie vers le Père (IV, 1-6).
Quelle chute ne serait-ce pas que de retomber sous l'esclavage ! (iv, 8- 11).
L'Apôtre est profondément ému à cette pensée. Sera-t-il donc séparé de ses fils? Aux raisonnements de ses adversaires, à leurs manœuvres captieuses, il oppose la douceur des jours où les Galates et lui s'entendaient si bien; il évoque sa tendresse toujours active. C'est lui seul