LXII INTRODUCTION
qui peut les former dans le Christ, parce qu'il les aime dans le Christ I (iv, 12-20).
L'apôtre souhaiterait être auprès de ses Galatès, parce que, comme il le dit presque naïvement, il ne sait comment les prendre de loin (iv, 20). Il va cependant essayer d'un dernier argument tiré de la Loi, non plus seulement de l'Écriture et des promesses faites à Abraham, mais de la législation du Sinaï elle-même. Comparée à la Jérusalem d'en haut, c'est-à-dire à la cité des libres enfants de Dieu, c'est une situation organisée pour des esclaves. Les Juifs peuvent s'en contenter; mais qu'ils sachent bien qu'ainsi ils s'excluent de l'héritage. Cette opposition est prouvée par l'allégorie de la femme libre et de la femme esclave, Sara et Agar, qui représentent deux dispositions (iv, 21-30).
Aux GalMj^Jpnc de conclure et de voir s'ils veulent jouir de la liberté du Christ,\rii'se soumettre au joug de la Loi. C'est à prendre ou à laisser. Ou la circoncision, avec la pratique de toute la Loi, en renonçant au Christ et à la grâce, ou la vie de foi, d'espérance et de charité dans le Christ (iv, 31-v, 6).
De nouveau Paul met dans la balance le passé des Galates, sa confiance en eux, son attitude inébranlable, en contraste avec les manœuvres de la petite bande des agitateurs (v, 7-12).
Les exhortations ne font donc pas défaut dans la première partie, dite spéculative. Elles sont même moins véhémentes dans la seconde (v, 13- VI, 10), qui n'est pas tant une exhortation qu'une application pratique destinée à compléter l'argumentation qui précède.
Vraisemblablement les Galates cherchaient dans la Loi une règle de vie, des principes de morale clairement formulés en préceptes et en défenses. Les judaïsants ont dû leur présenter la Loi sous ce jour. C'est d'ailleurs pour cela que les chrétiens ont fini par grouper toutes les règles dé leur morale sous la rubrique des dix commandements. Paul n'a pas refusé de donner satisfaction à ce goût légitime d'une loi, mais il a poussé la simplification plus loin encore, et il a tout condensé dans le précepte de la charité (v, 13-15). Et, au lieu de présenter la vie chrétienne comme l'obéissance à une loi détaillée, il l'esquisse comme une lutte entre l'esprit et la chair. Que la liberté du Christ puisse aboutir à l'avantage de la chair, c'est ce qu'il ne saurait admettre. Mais les conditions de la lutte sont assez claires : les œuvres de la chair sont connues, et aussi le fruit de l'esprit (v, 15-26).
Entré dans la voie des conseils, il semble avoir voulu surtout combattre la vaine gloire, même des spirituels, en les rappelant à l'humilité (v, 26-vi, 6).
Et il propose à tous la grave pensée du jugement, au terme du temps assez court laissé à l'activité pour le bien (vi, 7-10).
La lettre ainsi dictée, Paul prend la plume des mains de son secrétaire