‹ Saint Paul [microform]Chapitre 52 sur 86 · LXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXIV INTRODUCTION

On dirait donc que le petit discours à Pierre'contient l'exposé de la foi chrétienne qui fut si magnifiquement développé aux Romains. A tout le moins le thème a dans les deux cas une allure positive. Mais le résumé d'Antioche n'est dans l'Épître aux Galates qu'une citation. C'est dans l'argumentation qui le suit qu'on peut mieux juger de la ressemblance des thèses, compatible avec un procédé différent pour les mettre en lumière.

C'est ainsi que dans l'Épître aux Romains la foi d'Abraham n'est traitée qu'en marge du thème principal, comme une confirmation, avec le texte de Gen. xv, 6, tandis que dans les Galates ce même texte est en tête de la démonstration (ni, 6), parce qu'il fallait prouver que les Galatee-se rattachent bien à Abraham, quoique simples gentils convertis.

Ainsi en est-il exactement de l'argument tiré de la promesse, argument majeur dans Gai. m, 15-18, avec la comparaison du testament, relégué dans la partie secondaire parallèle Rom. iv, 13-16, sans la comparaison du testament.

La façon dont la Loi est traitée est encore plus caractéristique. Dans les Galates, c'est le thème principal, quoique négatif, c'est-à-dire que la Loi se présente pour être éliminée. C'est un régime de malédiction (m, 10-12), donné avec des circonstances qui diminuent son caractère absolu (m, 19-25), ajoutée à cause des transgressions (m, 19), une manière de geôlier ou de pédagogue (m, 23 s.); elle est symbolisée par Agar, l'esclave. Elle a été donnée par Dieu, cela n'est pas douteux, mais rien ne la recommande. Dans les Romains, il est dit plus clairement que la Loi s'est glissée pour augmenter les transgressions (v, 20), et il est certain qu'elle ne peut ni fortifier contre le péché (vu), ni en délivrer (viii, 3. 4), mais l'apôtre tient à dire qu'en elle-même elle est sainte (vu, 12) et même spirituelle (vu, 14). Et il s'abstient de parler de sa malédiction, des circonstances de sa promulgation, il ne la compare pas à Agar.

En un mot, les thèmes juifs d'Abraham et de la Loi sont le fond de l'Épître aux Galates, tandis qu'ils sont au second plan dans l'Épître aux Romains.

Il en est autrement du thème chrétien. Dans l'Épître aux Romains, la vie par la foi est le programme même de l'Épître, fondé aussitôt sur le texte d'Habacuc (Rom. i, 17), tandis que dans les Galates le même texte sert seulement de preuve à cette proposition négative que Dieu ne justifie pas par la Loi (Gai. m, 11).

La justification dans les Romains est la délivrance de la loi du péché (viii, 2), elle a son terme dans l'adoption qui est le fondement de l'espérance, le gage certain de l'amour de Dieu (viii, 15 ss.). Dans les Galates, le nom même d'enfants de Dieu et l'union dans le Christ sont en quelque manière ramenés au lignage d'Abraham (m, 26-29). De ce qu'on a l'Es-

Page 1