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CHAPITRE IV

LE THÈME POSITIF DE l'ÉPÎTRE AUX GALATES ET l' ARGUMENTATION.

C'est le devoir de l'exégète de déterminer avant tout, avec toute la précision dont il est capable, le but que se proposait Paul en écrivant sa lettre aux Galates, et la méthode conditionnée par ce but. « N'embrassez pas la loi juive! » Voilà ce qu'il fallait persuader. « Ce serait la servitude de la chair après la liberté de l'esprit! » Voilà l'argument principal. Plus on aura pénétré les circonstances qui ont amené l'intervention de l'Apôtre, les ressorts qu'il a mis en jeu, mieux on aura fixé le sens historique de l'Épître. Sous ce jour elle apparaît avant tout comme une charte d'affranchissement. / Depuis Luther les protestants en font un instrument d'affranchissement contre l'Église romaine; ils célèbrent volontiers son esprit protestant.

C'est négliger le sens positif profond et permanent de l'Épître, pour attacher toute l'importance à son aspect historique négatif, et c'est, de plus, déplacer et dénaturer ce sens historique pour en faire l'application à un ordre de choses tout différent.

La lecture de l'Épître doit aboutir à dégager ce sens profond, la base sur laquelle l'Apôtre appuie tous ses raisonnements. Ce qui lui donne le droit de dire : «. Ne vous soumettez pas à la loi juive », c'est qu'il a conscience que/ les chrétiens possèdent un bien spirituel auquel cette loi ne saurait être comparée.

Le fondement de toute la doctrine de Paul, mis très spécialement, à découvert dans l'Épître, c'est que Dieu lui a révélé son Fils (i, 15),' qui n'est autre que Jésus-Christ (i, 12). C'est-à-dire que Jésus est le Messie attendu par les Juifs et qu'il est Fils de Dieu. Comme Messie, il confirme l'autorité des Écritures juives qui le promettaient. Comme Fils de Dieu, il dépasse l'horizon d'Israël. Aussi bien il a été promis à Abraham que toutes les nations seraient bénies en lui, comme dépositaire de la promesse qui avait son terme dans le Christ (m, 16).

On se demandait s'il fallait entrer dans le Judaïsme pour arriver au Christ, ou si l'accès auprès du Fils de Dieu était ouvert aux gentils sans qu'ils soient obligés de passer par la porte de la Loi. Problème malaisé à résoudre, croyait-on!

Ce n'est pas dans ces termes que Paul a posé la question. La fin suprême pour chaque créature humaine, c'est d'être associée à la vie divine.

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