LXX INTRODUCTION
Le Fils de Die-a est venu parmi les hommes, s'est fait homme pour réaliser ce dessein. Il veut nous faire participer, par l'adoption, à son titre de Fils de Dieu.
Alors la question est de savoir s'il nous suffit pour le salut d'avoir le bénéfice de son œuvre, de lui être intimement unis, ou si nous avons besoin en outre d'un rite particulier au peuple juif? Dans ces termes, la question ne se pose même plus. Quand le Fils de Dieu apparaît, ce ne peut être que pour donner au plan divin son exécution définitive, — en attendant la consommation de toutes choses. Les hommes étaient pécheurs, et comme tels devaient être pardonnes avant de s'unir à Dieu. Le Fils de Dieu a aimé chacun d'eux, puisqu'il s'est donné pour effacer les péchés. Il est mort pour cela. Afin que la rémission du péché soit accomplie, il a institué le baptême, par lequel le pécheur, croyant au Fils de Dieu, est lavé de ses fautes en communiquant à la mort du Christ. Mais en s'unissant à la mort de la croix, il s'unit en môme temps à la vie du ressuscité, il est un avec les autres dans le Christ, qu'il ait été juif ou gentil, homme on femme, libre ou esclave. Il est un dans le Christ et fils de Dieu, il reçoit l'Esprit qui crie en lui : Père! Alors on ne comprend même pas l'hypothèse de passer par la circoncision pour se rapprocher du Christ et de Dieu. La formule de l'Epître aux Galates est peut-être la plus belle de toutes celles de saint Paul, et c'est pourquoi elle est si profondément gravée dans toutes les âmes chrétiennes : « Je suis crucifié avec le Christ; je ne vis plus, c'est le Christ qui vit en moi... le Fils de Dieu m'a aimé et s'est livré pour moi... » (il, 19 ss.). Souhaiter quelque chose de plus, c'est ne rien entendre, ou plutôt c'est faire injure à l'œuvre du Christ ; c'est la compter pour rien (ii, 21).
Or, on peut le demander en toute assurance : cette conception du christianisme est-elle celle du protestantisme ou du catholicisme? Dieu seul sait ce qui se passe dans les âmes. Mais nous pouvons du moins juger des doctrines officielles, de la discipline admise, du foyer où les âmes vont chercher l'énergie de pratiquer le bien. Nous voyons les docteurs protestants animés d'un louable zèle pour étudier la vie et les paroles. du Christ. Mais le protestantisme prétend-il imposer à tous les protestants le dogme de la divinité du Christ? Sait-il seulement s'il est Fils de Dieu? si sa mort a expié les péchés? Et dès son berceau il a rejeté le dogme de la grâce, de la réalité de la vie du Christ en nous. Tandis que par l'Eucharistie, par le culte du Sacré-Cœur de Jésus, l'Église catholique manifeste assez ouvertement à quelle source s'abreuvent les âmes pour entreprendre la lutte de l'esprit contre la chair.
Mais, nous dit-on, le culte en esprit, c'est précisément celui des protestants. L'Eglise catholique, avec son concept de la loi, avec ses pratiques, est retombée dans le judaïsme, d'où le génie allemand de Luther a dû la