Les antécédents de l'Apôtre dans le judaïsme
Paul n'avait pas à rappeler aux Galates qu'il n'était pas du nombre des disciples de Jésus, et il ne veut pas seulement leur dire qu'étant persécuteur des chrétiens il n'avait point été à leur école. Persécuteur, il l'était par attachement pour les traditions juives. Rien ne le disposait donc dans sa formation intellectuelle à adopter un évangile destiné à remplacer la Loi. L'impression que pouvait produire cet argument sur les Galates est parfaitement rendue par s. Jérôme : Dicere enim poterant : Si ille, qui a parva aetaie Pharisaeoj'Utn institutus est disciplinis, qui coaetaneos suos in iudaica tradilione su. perabat, nunc défendit Ecclesiam, quam quondam validissime persequebatur, et magis Christi gratiam et nocitatem vult habére cum invidia omnium, quam vetustatem Legis cum laude muUorum : quid nos facere oportet, qui ex gentilitate coepimus esse Christiani?
13) ■ôx.oûcfaTE. Light. prend l'aoriste strictement comme indiquant une circonstance spéciale, à savoir la prédication de Paul lui-même, qui aimait à glorifier la miséricorde de Dieu en rappelant ses erreurs passées : Act. xxiii 2-21; XXVI, 4-23: I Cor. xv, 8-10; cf. Phil. m, 6; I Tira, i, 13. Mais c'est plus probablement une allusion aux bruits qui ont couru; les ennemis de Paul ne manquaient pas de le mettre en contradiction avec lui-même.
— àvaatpotpïî pour signifier « conduite, genre de vie » est antérieur à Polybe {MM. — contre Sieffert, etc.); cf. dans ce même sens Tob. iv, 14; II Macch. V, 8 et Eph. IV, 22; I Tim. iv, 12.
— 'louSaïapç, comme dans II Macch. xiv, 38, non pas seulement la doctrine religieuse des Juifs, moins encore les théories spéciales des Pharisiens, mais exactement ce que nous entendons par le judaïsme, comme groupement religieux et ethnique. On pouvait dire dès lors « la cause du judaïsme ». Paul appartenait de toute son âme à cette cause, et il avait sans doute dès lors compris qu'elle était menacée par le développement de la communauté chrétienne. Aussi poursuivait-il la communauté naissante, qu'il regarde maintenant comme la véritable assemblée ou Église de Dieu à la place de l'ancien Israël, et il la persécutait à outrance, -/.aO' unepSoXvfv (Rom. VII, 13; I Cor. xii, 31; II Cor. i, 8; iv, 17). S'il dit l'Église de Dieu de soa
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s/.x,V/i<7iav Tou Osoîj )cal eTiropGouv aùr/jv, ^''x.7.l7rpoé5COTCTov sv tw 'lou^a'tlcrp.^ Twv Tcocrpwwv (xou 7:apa^d(7eo>v. '^"Ots 8ï eùSoxvjaev [6 Oeo;] ô àtpopicaç [/.e èîc
point de vue actuel, il pourrait aussi taxer son zèle de funeste et malencontreux; il constate seulement ce qu'il avait d'excessif, même dans l'opinion commune des Juifa : non ut ceteri ludaei, sed supra modum [Jér.). iTtopQouv (même terme dans les Actes ix, 21), il ravageait, autant qu'il était en lui.
14) Il y a plus. Cette attitude n'était point une pose de circonstance : Paul s'y adaptait de plus en plus, en s'imbibant toujours davantage de l'essence du judaïsme. TIpof/.o^rTov « je progressais » et non pas « je l'emportais » [Loisy] qui néglige la nuance (Vg. proficiebam). C'est un terme tout naturel pour les progrès d'un jeune homme (Le. n, 52) et les contemporains de Paul étaient les jeunes gens qui faisaient moins de progrès que lui. On disait : faire dès progrès dans les sciences, èv wç [xa6ï5(Aaffi (Lucien, Herm. 63), dans les arts, Èv Tatç xr/vai; (Lucien, Paras. 13; textes cités par Sieffert). Ces renseignements sur les progrès de Paul sont en parfaite harmonie avec les Actes (vu, 58) qui le nomment un jeune homme (ve«vc«ç) au moment de la mort d'Etienne.
Il est vrai que ce progrès se faisait dans le judaïsme, qui est à prendre dans le même sens général qu'au v. 13, et par conséquent Paul marque moins expressément ses progrès dans les doctrines, que l'autorité qu'il prenait dans sa nation. Mais, d'après tout ce que nous savons, l'autorité des Pharisiens tenait à leur compétence doctrinale, et c'est aussi ce que Paul va indiquer clairement pour son compte. Les contemporains sont simplement de jeunes Israélites (h t«^ y^vei pu) et non des jeunes gens de familles pharisiennes; c'est l'équivalent des auYyeveiç de Rom. ix, 3; cf. genus dans l'épitaphe de Regina [RB. 1917, p. 319). Mais pour un pharisien la cause du judaïsme est liée à celle de sa secte et la fin du verset explique sur quoi portait spécialement l'avancement de Paul dans le judaïsme ; il était plus zélé que les autres (mpiaaoTipwç renferme une comparaison qui s'explique par ÔKÈp noXXo\5ç) pour les traditions paternelles. IlaTpixwv n'est point une allusion à l'origine de Paul, issu d'une famille de Pharisiens (Act. xxiii, 6); c'est simplement le pendant de Iv xGi -^évei [jiou, il s'agit des traditions des ancêtres de la nation (contre Corn.). Néanmoins les traditions ne sont pas, dans le langage du temps, synonymes de la Loi, mot que Paul savait employer! Ce sont les traditions ajoutées à la Loi et dont les Pharisiens exigeaient l'observance, en leur reconnaissant la même valeur qu'à la Loi. Pour cela ils se gardaient bien de les présenter comme le patrimoine d'une secte; c'était, d'après eux, une tradition nationale, transmise en même temps que la Torah, Paul dit ici en d'autres termes xaià vdpv ^apiuaioç (Phil. m, 5). C'est de la même façon que Josèphe nomme la tradition des Pharisiens : ^ rarpoia TiapaSoais [Ant. XIII, XVI, 2) et rà ï-A napaSdoEws tcov TtocTÉpwv [Ant. XIII, x, 6); dans le N. T., cf. Mt. XV, 2 ss.; Me. vu, 3 ss. Le mot d'école n'est pas prononcé, mais où s. Paul se serait-il instruit de la tradition des Pharisiens, qui, en fait, se
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ravageais, *^ et j'avais avancé dans le judaïsme plus que beaucoup de ceux de mon âge dans ma nation, les surpassant en zèle pour les traditions de mes ancêtres. ^^Mais quand il plut à (Dieu) qui m'a distingué dès le sein de ma mère et qui m'a appelé par sa grâce
greffait sur la Loi, et qui se transmettait dans les écoles, sinon à l'école de quelque rabbin plus ou moins fameux? N'est-ce pas là qu'on put d'abord constater l'avance qu'il prenait sur ceux de son âg-e?
D'après Loisy, « Paul ne se vante (pas) d'avoir été spécialement initié à renseignement des rabbins ». Soit, mais ce qu'il dit est en parfaite harmonie avec les renseignements que nous donnent les Actes (xxn, 3) : 7ïE7îat8EU[j.lvos xaià dtxpîSsiav tou Tca-rptjSou vd|xou, Çr)XtoTY)s &7tapy^wv tou ^eou xaôwç tccJvtsç ô[xeTî èote «rijxepov. M. Loisy a ses informations : « il a dû fréquenter les synagogues plus que les écoles ».
Il ne faudrait d'ailleurs pas faire de Paul un zélote au sens politique du mot. Ce parti excluait toute domination temporelle autre que celle de Dieu. Çï]XtoT^î Û7C(ipX,wv s'explique comme îtavteç ÇjjXwta^ toïï v6p.ou u7tap5(^ouotv (Act. xxi, 20), d'un zèle purement religieux.