‹ Saint Paul [microform]Chapitre 8 sur 86 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

teur concédé aux peuples amis et alliés du peuple romain. Enfin, à la mort d'Amyntas, leur dernier roi, la Galatie fut réduite en province romaine (25 av. J.-C). L'esprit g-uerrier de ces peuples, l'habileté de leurs princes, la libéralité des Romains pour des alliés fidèles avaient agrandi considérablement les frontières de leur royaume. La province romaine nommée officiellement Galatie, sans être tout à fait aussi étendue, comprit alors des régions situées au sud de la Galatie propre ": la Lycaonie, l'Isaurie, le district sud-est de la Phrygie, et une portion de la Pisidie. On sait en particulier par Ptolémée (1) qu'Antioche de Pisidie et Lystres appartenaient à la Galatie. Pline l'Ancien (2) témoigne de la même façon pour Lystres, et Strabon (3) pour Derbé. Une inscription d'Iconium (4) prouve que cette ville faisait partie de la FaXaTix-J) iTcap/^eia, donc de la province de Galatie en toutes lettres.

Or Antioche de Pisidie, Lystres, Derbé, Iconium, sont des villes évangélisées par s. Paul. Ne sont-ce pas là les églises de Galatie auxquelles est adressée l'Épître? Ou faut-il entendre par Galates, sinon les seuls Galates de pure race gauloise, car ils étaient mélangés avec les anciens indigènes, mais du moins uniquement les habitants de l'ancienne Galatie?

Les deux opinions sont énergiquement soutenues, et il n'y a pas de place pour une opinion de conciliation qui viserait aussi bien les Galates du nord que ceux du sud, car Paul a évidemment en vue un groupement distinct, des églises fondées dans des circonstances spéciales, qui étaient avec lui en relations très étroites, ce qui ne saurait s'entendre de toutes les églises de cette immense région qu'était la province romaine.

Les Pères ne semblent avoir conçu aucun doute : ils sont pour la Galatie du nord. On objecte que leur opinion ne saurait trancher le différend, car ils ont simplement adopté la nomenclature de leur temps. Les premiers exégètes dont l'opinion est connue datent du iv° siècle; or, depuis Dioclétien, une nouvelle division des provinces avait rendu à la Galatie propre ses anciennes limites. Les Pères n'auraient même pas soupçonné l'ancien état administratif. — A cet argument de Zahn on peut cependant répondre que s. Jérôme a dû tabler sur des opinions anciennes. Quoi qu'il en soit, la Galatie du nord était en possession jusqu'au commencement du xix^ siècle. La thèse de la Galatie du sud fut soutenue par le danois Mynster, en 1825. Elle prit pied dans le domaine des romanistes avec G. Perrot (5), qui entraîna Renan. Récemment les

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