CHAPITRE VI
^ 'k.8eK(^oi, eocv mi îrpo>.7i(/,ç6^ àvôpwTfOç ev tivi 7rapa7CTt6[AaTi, 6(/.eiç 1 Frères, s'il arrive qu'un homme se laisse prendre à quelque
yi, 1-6. Dans quels sentiments doit s'exercer le zèle. — Dès le début de ces exhortations (v, 13), Paul a posé le principe du service mutuel pai' la charité. Il y revient après avoir opposé la voie de la chair et celle de l'esprit. La charité de miséricorde n'est pas abordée directement. Aux Galates il prêche surtout le zèle, l'assistance spirituelle, en recommandant aux meilleurs d'éviter l'enflure (3-5), aux enseignés d'assister avec leurs biens ceux qui les ont instruits.
1) M. Loisy termine le commentaire du chap. v sur cette pensée : « A lire Paul, on dirait que le chrétien est impeccable » etc. Or, Paul prévoit ici que le chrétien a succombé, et demande aux autres de ne pas l'abandonner, même dans ce cas, èàv xat. Le sens de 7tpoXYi[j.(p6îi est ou bien : « a été surpris dans tel péché » [Light.), ou bien : « a été entraîné par surprise » [Corn. Sief. Lips., après la Vg. praeoccupatiis fuerit). Les deux façons tiennent compte de «po : l'homme est saisi « d'avance », avant d'avoir pris ses mesures pour échapper; toute la question est de savoir par qui? Si c'est par un autre homme, ce pourrait être dans un crime très grave, qui exigerait un traitement plus sévère. Il est donc plus probable que Paul a voulu pai'ler d'un péché de faiblesse, auquel l'homme s'est laissé entraîner (auvapTtaYfj Chrys.) par surprise. Le mot àvôpwnoç ne fait pas allusion à la faiblesse humaine [Jér.]; il est synonyme de « quelqu'un » (vi, 7 etc.). — k'y xtvt napa7iTti)(j.aTt est plus facile à expliquer dans la première manière : on surprend l'homme dans sa faute. Avec le second sens il faut supposer une construction prégnante ; surpris par la tentation, l'homme se trouve dans le péché auquel il s'est laissé entraîner. — ufjLEïs oi nveupTixoi s'adresse en principe à tous les chrétiens; ils ont en euxmêmes un principe spirituel, c'est à eux de s'en servir dans ce cas délicat, et e'ils ont conscience d'être vraiment spirituels, de mettre en usage l'esprit de douceur. — xaiaptlCEiv se disait de l'opération chirurgicale qui remboîtait les membres ; ici c'est simplement redresser, corriger. Ce ne peut être instruite (Vg.) comme a noté Jérôme qui propose perflcere : sive ut melius habetur in graeco perficiat in spiritu lenitatis. — L'Apôtre suppose que quelqu'un des spirituels a accepté cette tâche qui doit être le fait d'un seul, pour ne pas accabler le coupable de confusion, et c'est à cette personne charitable qu'il rappelle sa condition. Le changement du pluriel au singulier n'eût pas étonné les classiques, e^. ne manque pas de naturel. Paul prend le moniteur
156 ÉPITRB AUX CALATES, VI, 2-5.
oi irveujxfltTwcol xarapTiCeTe tôv toioOtov êv irvei5{jL«Ti icpaljTYiToç, ffxonôv ceauTov, ^y\ xal cù iretpaaô^ç. ^ 'A'X'XvîXtdV tk papv) Pa(yT«(^eTe, xal outwç àvairT^TiptàoraTe tov v6[J!.ov tou Xpiatou. 'eî yap ^oxe~ tiç eîvai ti p.vi^èv cSv, çpevotiraTa éoturôv *to 5à 'épyov éauroO 5o)ti[jt.a^éT(»> ex-aorroç, xal t6t6 eîç éauTàv i^^ovov to xat5x v)[i!.a e^ei xal oùx elç tôv erepov, ^êxacToç y^P "^^ i^tov
à part comme lui-même fait pour l'inculpé. Rien de plus propre à tempérer un zèle excessif que le sentiment personnel de la faiblesse en présence de la tentation. — p.>i après oxoTtéw comme après pXiTtw, avec le subj. aoriste, d'une chose qui risque d'arriver bientôt.
2) La métaphore du fardeau montre les chrétiens accablés par certaines charges, et suggère de leur aider à les porter. Le sens n'est donc pas : supportez-vous les uns les autres, comme l'a compris Chrys. : « il est irascible, tu es somnolent; supporte son activité excessive, afin qu'il supporte ta paresse », car dans ce sens le fardeau de chacun pèserait sur le voisin, non sur lui-même. La réciprocité mise très en vedette par àXXrJXwv au début de la phrase n'exige pas non plus qu'on change de fardeaux, ce qui n'équivaudrait à aucune réalité psychologique. Il faut donc entendre paaraÇsiv « aider à porter », « alléger le poids ». Chacun a son fardeau qui pèse parfois lourdement sur les épaules ; le secours d'un autre le rend plus léger. Que désigne la métaphore du fardeau? On pourrait entendre à la fois les peines de la vie, le sentiment des fautes commises, les vices dont le coupable est la première victime et même les défauts de caractère qui retombent sur lui. Il semble que Paul, dans ce contexte, l'entend surtout des fautes morales ou de ce qui les précède et les suit, la tentation et le remords. C'est la charge propre des chrétiens, celle qu'un autre peut alléger par ses encouragements, sa compassion, une affection que rien ne lasse : Stav 8ià Tcapaivlaewç xai ypricrT6T7]Toç â;r»touçîÇtjç aÙTw Tï)V "l'u/^'iv, ujïb t% tou à[i.apTiiîjJ.aT:oç ouveiSï^aewç pe6«pr)[xévr)v {T/iéod. de Mops. dans Cram. Cat.) ou encore : qui igitur fratris non desperat salutem, sed manum porrigit deprecanti, et quantum in se est, fletcum fiente, infirmus est cum infirme, suaque iudicat aliéna peccata, iste per caritatem adimplet legem Christi... qui clementiam non habet, nec indutus est viscera misericordiae et lacrymarum, quamvis spiritualis sit, non adimplebit legem Christi [Jêr.) ; et en un mot nav-caç pdoxaÇs àç xa{ ae ô Kiipioç (Ignat. Polyc. i). — àvanXir)poiffete [Nestlé], le futur, ou àva^XYipoSuaTe l'impér. aor. qui paraît plus probable d'après les mss. grecs, et dont le sens, moins aisé, est peut-être plus expressif : « et soyez sûrs que vous avez rempli ». D'ailleurs, le verbe est plus fort que TcXrjpouv (v, 14); cette fois, la mesure remplie par la charité est pleine, presque surabondante, lé zèle étant adouci par la miséricorde. — Tbv vd[jLov tou XpioTou est une ample satisfaction donnée aux Galates qui veulent une loi. Le précepte unique de la charité (v, 14) comprend tous les autres. C'est une loi, puisque le chrétien s'y sent obligé; il est 8vvo|i.oç XptoTou (I Cor. ix, 21), c'est la loi de l'esprit de vie (Rom. vin, 2) qui remplace l'autre en accomplissant ce qu'elle avait de meilleur.
3) On peut lier ce verset au v. 1 {Light.), mais il faudrait regarder le v. 2
faute, vous, les spirituels, relevez-le en esprit de douceur; prenant garde à toi, car tu pourrais bien toi aussi être tenté. 2 Aidez- vous les uns les autres à porter vos fardeaux, et ainsi vous aurez accompli la loi du Christ. ^Gar si quelqu'un s'imagine être quelque chose, alors qu'il n'est rien, il se fait illusion à lui-même ; '*■ que chacun examine son œuvre propre, et alors s'il a lieu de se glorifier, ce sera par rapport à lui-même, et non par rapport à autrui, ^car chacun a sa propre
comme une parenthèse. Le lien entre 2 et 3 est bien indiqué par Jér. : celui qui refuse de porter le fardeau d'un autre estime sans doute qu'il n'aura pas besoin d'être aidé, en quoi il se trompe ! Le même Jér. unit {/.YiSàv ôv à ce qui suit : iste ex hac ipsa arrogantia nihil fit et ipse se decipit ou comme dit Gornely : si quis aliquid magni se esse existimat, se ipse decipit, quum nihil sit, i. e. quia nihil est. Mais cette coupure méconnaît le caractère de phrase toute faite du début ; Plat. Apol. 41 E làv SoxiSoi xi eTvai htjBIv Svteç, Épict. II, 24 SoxGv fiÉv Ti sTvat, «llv 8' où8e{ç. Il faut donc joindre fJiviBiv ôv à ce qui précède. Celui qui croit être quelque chose alors qu'il n'est rien, n'étant par lui-même que pécheur (Rom. m, 23), ou plutôt parce que cette vanité même prouve qu'il n'est rien de bon, — celui-là se trompe, se fait illusion à lui-même, et cette illusion, pour n'être pas perçue par lui, n'en est pas moins coupable dans sa source. — «ppevaTcatav n'a pas été trouvé en dehors de ce texte, si ce n'est à une date beaucoup plus basse. Jér. le traduit, ou plutôt le transcrit en latin : mentem suam decipit.
4) Au lieu de se séduire, que chacun s'examine ; opposition marquée par 81. Celui qui croyait être quelqu'un se jugeait sans doute aussi favorablement parce qu'il se comparait à d'autres. Paul le ramène de cette fausse grandeur, mal assise sur les défauts du prochain, à l'examen de ce qu'il y a de réel en lui, à soi-même : to 'épY^^, et iautou. — Soxi[j.(iÇeiv dit une enquête conduisant à une appréciation motivée; cf. I Cor. xi, 28; c'est l'examen de conscience qui tient tant de place dans la vie chrétienne. Si le résultat est satisfaisant, et il peut l'être dans une certaine mesure, de façon à éviter la pusillanimité et la fausse humilité, alors (to'te), à la bonne heure! ce chrétien aura matière à se glorifier, mais seulement par rapport à lui-même, avec une base solide, et non sous prétexte qu'il vaut mieux qu'un autre. — xaiix^fia est en principe la base de la glorification (xaû/Yiaiç) ; cf. Rom. iv, 2 et II Cor. I, 14. Cette explication {Chrys. etc.) est parfaitement conforme au texte et rend bien compte de l'opposition entre eî? lauTov et sîç tôv i'xspov.
5) L'examen prescrit au v. 4, même s'il est favorable, a déjà pour résultat de mettre le prochain hors de cause, et sûrement il aura révélé bien des défectuosités. En reconnaissant qu'il peut y avoir matière à se glorifier, — et seulement dans le Seigneur (I Cor. i, 31), — l'Apôtre n'a pas employé l'ironie (contre Corn.), mais il laisse entrevoir ici qu'il y a un revers à la médaille. 11 conclut donc de cela (yâp) que chacun a son fardeau à porter, psoràffet, le futur pour indiquer ce qui doit toujours être. Pour éviter une apparence ém
èv Traatv àyaGoîç. '^Mri TfT^ocvacfôe, ôeoç où f;(.ux.T7)pi'(6Tai' o. yàp làv (nretp/i
coittradiction avec le v. 2, quelques Pères (encore Corn., mais non Chrys. qu'il cite à tort) ont pensé que chacun porterait son paquet dans la comparution du jugement dernier. Mais ce jugement n'apparaît pas dans la perspective, et la préfendue contradiction n'est qu'un aspect piquant et paradoxal sous lequel sont présentées les choses. Car c'est précisément parce que chacun a quelque chose à porter qu'on doit s'aider les uns les autres. Personne ne peut se mettre en dehors de la série. Lietzmann subtilise beaucoup en entendant le «pdpTiov des xau^^orra, comme si Paul avait voulu dire : les autres ont leur fardeau d'épreuves, lui a le fardeau de ses mérites ! Ce serait assez pittoresque comme ironie, mais plus dans le goût de La Rochefoucauld que dans le ton de Paul. — (pop-ci'ov se distingue de pdîpoç comme un terme plus général; c'est la charge qu'on impose aux gens et aux bêtes; les çoprfa peuvent être « lourds » (Mt. xxiii, 4), ou « légers y> (Mt, xi, 30). Chrys. commente excellemment ce verset : « Il n'a l'air de raisonner que pour empêcher qu'on se glorifie aux dépens d'un autre, mais de plus il corrige celui qui sa glorifie, de façon à ne pas même se trop élever pour ce qu'il vaut en lui-môme, lui rappelant ses péchés propres, et pesant sur sa conscience par ces mots de fardeau et de charge. »
6) Deux opinions : a) D'après la plupart des anciens (et Corn. Light. Zahn, Bousset, Loisy) Paul recommande à ceux qui sont catéchisés de s'associer à ceux qui les instruisent en leur donnant leurs biens temporels. On prend xotvwvEîv dans le sens de « donner une part à » qu'il paraît avoir dans Barnabe, ép. XIX, 8 : xotvtovifîffetç iv wasi -cSi ;:Xv)giov oou xal oix l'Ôta Ipeiç eTvai. Zahn cite encore pour ce sens Héracléon (dans Orig. in Jo. t. XIII, 32) sur Jo. IV, 31 : è6oûXovTo v.ai'^fa'^ii'^ aôrfi) èÇ Sv àYopàaavxeç àitb tîiç S«[Ji.apEiaç xexo[Ji(xetaav, Glém. Strom. vu, 80; Sextus Sent. 266; Eus. H.E. IV, xxiii, 1; Const. ap. ii, 25. Et c'est incontestablement la doctrine de Paul que le disciple doit fournir le temporel à celui qui lui donne le spirituel; cf. I Thess. ii, 6. 9; I Cor. IX, 11; II Cor. XI, 7 s.; Phil. iv, 10 s.; I Tim. v, 17. 18.
b) D'autres objectent que Paul ne dit nulle part qu'il faut mettre tout en commun, et l'on serait contraint de prendre èv nStriv àyaOoïç dans un sens très atténué : de bonis temporalibus ad vitam necessariis [Corn.]. De plus, rien dans le contexte, ni avant, ni après, ne fait soupçonner un changement aussi complet dans l'objet des avis donnés aux Galates, objet qui est de l'ordre spi- Tituel. Il faut donc avec Ambrosiaster, Jér. 2°, Thom. 2° {Sief. Lips.) entendre Iv Tcaotv àyaOûtç des biens spirituels, sens ordinaire de <rfcS6v (I "Thess. v, 15; Rom. VII, 13. 19; viu, 28; xii, 2. 9. 21; xiii, 3, 4; xiv, 16; xv, 2; xvi, 19; II Cor. v, 10) et de à-^oAâ. (Rom. m, 8) dans les épîtres de Paul. Cornely objecte que les Galates n'étaient pas assez stupides pour qu'on fût obligé de leur dire qu'ils devaient s'associer à leurs apôtres in bonis, mais Paul dit in omnibus bonis, ce qui n'allait pas sans difiîculté. Comme partout dans cette épître, il prêche l'union des esprits. D'ailleurs l'unique sens de xoivwvetV dans le N. T. est intransitif, c'est « prendre sa part de ». Dans Rom. xiii, 13,
charge à porter. ^ Et que celui à qui on enseigne la parole donne une part à son catéchiste, dans tout ce qu'il a de biens. 'Ne vous y trompez pas, on ne se moque pas de Dieu; car chacun
« prendre sa part des nécessités des saints » aboutit à leur faire l'aumône, mais ici cette idée intermédiaire fait défaut, et le sens actif dérivé n'est pas indiqué clairement comme dans Barnabe.
La première opinion nous paraît s'imposer par la comparaison avec Phil. IV, 15, passage semblable.
Donc après avoir parlé (1-5) des devoirs imposés aux spirituels par la charité fraternelle, Paul expose aussi {U d'opposition) ce qui convient à ceux qui sont dans la situation d'enseignés. — xatrix^oiSfjisvoç n'a point encore son sens technique, instruit en vue du baptême, c'est quiconque est instruit dans l'évangile, la parole par excellence, la voie du Seigneur (Act. xvin, 25).
— T^ xaTTjxouvTi, missionnaire de passage ou à demeure, quiconque enseigne avec autorité ; le datif de celui auquel on fait une part comme dans Phil. iv, 15.
— h Ttaaiv àr^cuBoiç, s'il s'^agissait de s'associer aux biens spirituels, on pourrait viser à les acquérir tous. Il serait trop sévère d'exiger que le catéchisé g« dépouille de tous ses biens mais il peut en donner une partie à son instructeur.
7-10, Motif suprême he bien agir, tx perspective du jugement.
Il nous est tout à fait impossible de résumer cette péricope comme Lightfoot : « soyez généreux ». Dans cette interprétation on en fait la suite du V. 6, elles sévères menaces de FApôtre s'adresseraient aux avares qui ^'auraient pas été prodigues de leurs biens temporels envers leurs maîtres spirituels. Il serait étrange que ce défaut, indiqué plus qu'obscurément, devienn» la pierre de touche du jugement dernier. D'ailleurs l'opposition entre la chair et l'esprit (vi, 8) indique un thème beaucoup plus général. Au moment de conclure, Paul rappelle aux Galates qu'il s'agit de leur salut éternel, grave réflexion qui donne du poids à tous les avis qui précèdent.
7) [XYi T^XavccffÔe commence absolument, sans liaison avec ce qui précède, et se rapporte à ce qui suit comme dans I Cor. vi, 9; xv, 33; cf. Jac. r, 16. — 6eoç où (AuxTyjplÇeTat, terme très énergique : [xux-njpfCs'v signifie froncer le nez pour se moquer, cf. sur pxxvîp Diog. Laërce II, 19; [jLUîtTr]pta[Aoç II Macch. vu, 39; pxTviptaTiîç Athén. IV, 182 A [Sieff.]. Rien de plus solennel que ce début. On ne saurait sans subtilité l'entendre de ceux qui ne donnent pas leur temporel en échange du spirituel, obligation certaine, mais non pas la plus grave, ni la plus précise de toutes. Jérôme s'en tire avec plus d'esprit que de vraisemblance : on objectera sa pauvreté : Ager meus hoc anno aruit siccitate; vineam grando contrivit; redditus qui esse potuerunt, tributa rapuerunt ; non habeo unde tribuam quod iubetur. — En réalité il s'agit de toute la conduite chrétienne. Qui professe le christianisme et vit selon la chair se moque de Dieu, mais Dieu aura son heure, et on récoltera ce qu'on aura semé I Sur la comparaison, cf. Job, iv, 8 : « pour moi, je l'ai vu, ceux qui labourent l'iniquité et. qui sèment l'injustice en moissonnent les fruits », et Arist. Rhét. III, 3 (jb §6 TauTa otîaxpwî (aIv 'éoTteipa? x«x6)ç 8è èÇ^piira?. Paul garde au proverbe sa
àvôûOTCOç, TOUTO xotl Bepiffci* 'ÔTt ô cireiptov eiç t:àv «rapxoc âauTou èx ttîç (Tapxoç ôepwei çSopcfev, ô 5ê (Titeipwv elç tô 7rv6îi|X(X ex tou icveiifAaTOç Gcptcet ^wTiv aî(l>viov. "to ^è X(X>.ov tcoiouvtcç {ayi 6V)ta)tû[;.ev xaipw yocp i^i'w 0eptffofxev p èîcXuo(jt.evot. *°''Ap« ouv wç xotipôv ^xtù^t"*^ Ipya,'(<à{jt.e6a to àyotOov icpoç icàvTaç, p.dfc'XKTTa ^e Tcpoç toÙç oîxeiouç ty)ç TcîdTewç.
forme la plus vague comme dans Gic. De Orat II, 65 ; ut sementem feceris, ita metes, se réservant de donner plus loin les développements dans l'ordre moral. Il s'est servi de la comparaison de là semence à propos des aumônes (II Cor. IX, 6), mais pour dire : qui donne peu récoltera peu, qui donne beaucoup récoltera beaucoup. Cela ne prouve nullement qu'au v. 6 il pensait aux dons à faire aux catéchistes, puisqu'il va expliquer que sa comparaison doit s'appliquer à la chair et à l'esprit.
8) 8Tt explicatif. A suivre rigoureusement les termes du proverbe, il eût fallu dire : « qui aura semé la chair, récoltera la chair » etc. Mais Paul no pouvait abandonner la doctrine posée plus haut qui fait de la chair et de l'esprit deux principes, chacun avec les œuvres qui en découlent. Comme principes de production, la chair et l'esprit ressemblent plus au sol qu'à la semence ; le proverbe n'est pas modifié, mais la semence est censée analogue au sol qui la produit, car la nature du sol ne transforme pas la semence. On sait d'ailleurs que Paul est peu soucieux de fonder ses comparaisons sur une observation minutieuse de la nature (cf. Comm. Rom., p. 283). Puisque c'est la chair qui produit, c'est dans la chair qu'on sème, et chacun dans sa propre chair; celui qui en est là vit selon la chair, et fait les œuvres énumérées ci-dessus (v, 19 ss.). La comparaison évolue encore, car ce ne sont pas ces œuvres qu'il moissonne, mais la corruption («pOopav), terme choisi comme répondant bien à la nature même de la chair au sens biblique (Gen. VI, 3), mais qui signifie la perte définitive par opposition à la vie éternelle. — A l'opposé se trouve celui qui sème dans l'esprit. Ici il est bien clair que l'homme ne sème pas dans l'Esprit de Dieu (contre Sieff.), mais dans le principe spirituel que Dieu a déposé en lui ; s'il n'y a pas éauToîî comme après uapxa, c'est que cet esprit n'est pas sa chose propre et naturelle. Les fruits de l'esprit sont connus; ce n'est pas eux qu'on moissonne, mais la vie éternelle. Omne quod loquimur, dit Jérôme, agimus, cogitamus, in duobus seminatur agris, carne etspiritu. Si bona sunt, quae de manu, ore, corde promuntur, seminata in spiritu, vitae aeternae fructibus redundabunt. Si mala, ab agro carnis excepta, corruptionis nabis segetem pullulabunt. La moisson est la récompense naturelle de celui qui a semé. Il semble donc bien qu'ici la vie éternelle est la récompense des bonnes œuvres; non que les œuvres de l'hommo en elles-mêmes la méritent, mais parce que ces œuvres procèdent de l'homme par l'esprit, c'est-à-dire que ce sont des œuvres de la grâce.
9) Cornely et Lightfoot avouent enfin qu'il ne s'agit point ici de libéralité, mais de persévérance dans les bonnes œuvres. Comme ce verset conclut ce qui précède (8i explique à quelle condition), le thème était bien déjà celui de
récoltera ce qu'il aura semé; ^oui, celui qui sème dans sa chair récoltera de la chair la corruption, et celui qui sème dans l'esprit récoltera de l'esprit la vie éternelle. ^ Ayant entrepris de faire le'' bien, ne perdons pas courage; au temps voulu nous récolterons, si nous ne nous laissons aller. ^^Donc, pour autant que nous en avons le temps, faisons le bien envers tous, mais surtout envers ceux qui partagent notre foi.
la vie éternello en général. — xh xaXdv, toutes les œuvres belles et bonnes qui sont le fruit de l'esprit.
— piTj 2vxaxc3(«v {Nestlé) ou 2xx«x<3(iev [Soden] ou èY''*''*"F^' Ce verbe, comprenant xax<îv, forme un léger jeu de mots avec x«Xdv (cf. II Thess. m, 13 jat) 6Yx«x7faif)Te xaXonowuvwç); il signifie se montrer poltron, se décourager, lâcher (Le. XVIII, 1). — xatpS Y«p îSfip au temps qui convient pour cela, quand le maître du champ juge qu'il est temps de moissonner. — \xr\ IxXuojaïvoi, pourvu que nous ne nous lassions pas (cf. Mt. xv, 32; Me, viii, 3); une condition pour qu'on fasse la moisson, c'est de ne pas reculer devant les travaux préalables nécessaires. La persévérance dans l'énergie, malgré l'usure de la routine et de l'ennui, est la grande difficulté de la vie spirituelle. — Ghrys. et d'autres ont compris que la moisson se faisait sans peine ; mais Jérôme a bien vu le sens; il ajoute : Quale est autem, iitcum peccatores quotidie in malis «peribus augeantur, nos in bono opère lassemur?
10) Conclusion, marquée par apoc «uv, non pas dans l'ordre logique, mais dans l'ordre des résolutions pratiques : mettons-nous donc à l'œuvre, et l'œuvre c'est surtout la charité. — àg dum {Vg.), « pendant que », comme dans Le. xii, 58 et Jo. xii, 35 [avec ïy[o\i.%'i {Soden); mais ïftù}».^ (KB.) supposant à (j)ç le sens de 'im est plus expressif]. — xaipo'v l'opportunité d'agir, comme au V. 9 xatpûi le temps opportun pour la moisson. Ces mots ne disent rien sur la proximité ou l'éloignement de la parousie. — èpYaÇtifieOa -co àyaO^v, non pas « faisons l'aumône » {Chrys. Jér. Loisy), mais « faisons le bien », comme Rom. II, 10. Ce sens est adopté même par Corn, et Light. qui voyaient la libéralité aux vv. 6 ss., à cause du sens propre de èpyûJÇeffOat, « produire, réaliser », et parce que to iyaOdv (noter l'article) est synonyme de -cd xaXrfv au v. précédent. On ne peut donc pas dire que le « bien » signifie principalement « le secours matériel dû à tout homme dans le besoin, surtout au fidèle » {Loisy). Il est vrai que ce bien a rapport à d'autres, mais par la charité communicative, si fortement recommandée (vi, 1-2). Le bien exerce son influence sur tout le monde, npeJs xoév-cas (cf. Rom. xiv, 18), mais surtout envers ceux qui sont ofxeïoi vffi jcfatetos, compagnons de la même foi ; cf. Eph. ii, 19 ouvTtoXïTaj Twv «Yitov xal o?x6ïot rou 6eou. Par rapport à Dieu, les chrétiens sont les employés de sa maison ; dans l'expression oîxeïoi tîjç Tcfoxeco; le sens étymologique (o7zo;, comme domestici de domus) est atténué, comme dans d'autres exemples, où le second nom est abstrait, oîxeïa «piXoaoïpfas (Strab, I, 13 B) etc.
ÉPITRE AUX OALATES. 11
162 EFITRI AUX. GAIiATES,. VI, it-13,
jiLfVoi. «tÙToV v(i[AQV çuXaoffouaiv, «XX* ôeXauo-iv \)\t.Siç irepiTepeoôact ïv« èv