ÉPILOGUE DE LA MAIN DE PAUL (vi
VI, 11-17. Les prédicateurs profanes et l'Apôtre de Jésus crucifié. — Paul prend lui-même la plume des mains du secrétaire auquel il dictait pour donner un dernier et solennel avis à ses chers Galates. Ils sont sollicités par des prédicateurs qui poursuivent' un succès personnel, évitant la Croix et ses souffrances. Mais le véritable Apôtre ne veut connaître que la Croix. C'est là aussi qu'est le salut pour ceux qui se résoudront à suivre là môme voie.
11) Le plus grand nombre des Pères, grecs et latins, a opiné que Paul avait écrit toute la lettre aux Galates de sa main. Les modernes, après Théod, dé Mops. et Jér., sont d'accord sur ce point que Paul prend ici la plume pour terminer la lettre qu'il avait dictée. Il y a plusieurs auti'es cas semblables (I Cor. XVI, 21; Col, iv, 18), D'après II "rhess. m, 17, il semble que c'était son usage constant, du moins pour la salutation qui termine. Cicéron [Ad Attic. Vtll, 1, 1) parle d'une lettre de Pompée écrite in extremo ipsius manu Lietz.). Il n'y aurait jamaiis eu de doute sur ce point sans la difficulté de l'aoriste '^yp«>!'* q'ii û'a pas toujours été compris.
— l'Sere appelle l'attention sur le phénomène qui se présente îcr; les caractères ou lettres sont de plus grande dimension, selon le sens normal d« 3wiX(xoi«, cf. Théod. de Mops. {xec'Çodtv lxprfa«To •{^d^}i9.vv). Car Ypa[X[jLaaiv au pluriel et au dîatif ne peut signifier que les caractères d'écriture dont Paul s' est servi non la lettre qu'il a écrite. — ôjjiîy entre nriXîxois et ypa^'F'''''^^ ^'st pas tout à fait le même sens que s'il était avant 'éypa^'*» ce n'est pas « je vous ai écrit » mais « j'ai écrit pour vous avec de grosses lettres ».
— lypaifa à l'aoriste, selon l'usage assez courant des lettres missives, cf. Philém. 19; I Jo. v, 13 (Vg. scribo), même au début d'une lettre, cf. Mart Polyc. § 1 lYpa<}'«p.6v &[i.ïv, àSeXîpof, Ta xaxi toi? jiapTupTfaavcaç.
La lettre était déjà écrite au moment où celui qui- la reçoit entre en communication avec son correspondant. Les Latins employaient de préférence l'imparfait, nous mettrions le présent. Si toute la lettre avait été écrite de la main de Paul avec de grandes lettres, il eût été inutile de les faire remarquer. Pourquoi donc ces- grandes lettres et autographes ? Parce que Paul attache une grande importance à ces dernière» paroles ; une fois encore, il met en avant toute son autorité : îfAtpafvwv Sxi oJ»t6 aùtiç èpo9pta oi're ipvstVat rà Xsyo'fjieva {Théod. de Mops.). L'usag» était établi soit dans lés inscriptions, soit dans les papyrus de souligner les passages importants par de plus grandes lettres. Dans un papyrus cité par Wilcken [Zum alexandr. Antisemitismns, dans Abh. d. sàchs. Ges.d. Wiss. Bd. 27, n»23, p. 833) les paroles du juge sont en lettres plus gi'osses que celles des parties {Lietz.).
** Voyez en quels gros caractères je vous écris de ma main. ^^Geux qui veulent faire bonne figure dans la chair, ce sont ceux-là qui vous contraignent à vous faire circoncire, à seule fin de n'être pas persécutés à cause de la croix du Christ; ^^car les circoncis eux-mêmes n'observent pas la Loi, mais il» veulent que vous soyez
12) 8aoi ... oStoi « ce sont ceux-là, et c«ux-Iâ seulement ». — eS^podcoTt^dat verbe inconnu, sauf cet endroit, et qui vient de sûnpiffwjtoç, « de belle apparence ». On peut souhaiter faire belle figure sans être mû par la plus vile hypocrisie; il suffit pour cela de l'amour-propre. Mais la détermination h ffapxf est évidemment peu favorable. Le sens est obscur. « Parmi les hommes » (Chn/s.\ est un peu superficiel. « En gens charnels » est peut-être trop dur- Cependant le mot doit avoir quelque attache avec la chair, opposée à l'esprit, et avec la chair de la circoncision au v. suivant. C'est probablement « dans l'ordre de la chair », en suivant des inspirations qui ne sont point surnaturelles, ni en esprit et en vérité.
— àvKYxdtÇouat ne peut signifier une contrainte absolue; delà part des judaïsants ce ne sont que des tentatives mais des tentatives voulues et réfléchies, comme celle de ii, 3, non pas une simple conséquence de l'exemple, comme dans n, 14. On ne peut dire avec certitude dans quelle mesure les judaïsants avaient réussi auprès de certains ; du moins la masse n'était pas entamée.
— jidvov « seulement », à suppléer « dans le but »... xw aTaupw t. X., datif de la cause. C'est la même raison que v. 11. Ce que les Juifs ne peuvent tolérer chez les chrétiens, ce n'est pas leur croyance au Messie, mais leur foi en un Messie crucifié, et dont la mort assure le salut des hommes et rend la Loi surannée. Les judaïsants qui ont la bonne fortune de circoncire des gentils sont bien vus des Juifs ; ils leur amènent des prosélytes, et des prosélytes circoncis on peut être sûr qu'ils seront attachés au judaïsme, quand même ils seraient négligents sur quelques points. Les Juifs ne songeront pas à regarder ces chrétiens judaïsants comme des apostats, à les exclure de la synagogue, à les maudire et à les persécuter.
13) Malgré l'autorité du ms. B, la leçon jteptTeT{jLYi(jilvoi ne peut être qu'une leçon plus facile pour 7C6piTE[ji.vo[i.Evot. Le parfait indiquerait sans conteste les Juifs circoncis (dès leur enfance), mais ce doit être aussi le sens du présent, car on ne saurait songer d'après l'ensemble à des Galates gentils qui se feraient circoncire, oi 7C£piTepd[i.evoi indique donc ceux qui se circoncisent habituellement (cf. Act. Petr, et Paul. § 63), le groupe des circoncis, et, d'après le contexte, les judaïsants. Même ceux-là, Juifs d'origine, ne gardent pas la Loi. D'après Corn., Light., c'est parce qu'ils n'en ont cure, étant des hypocrites. Mais pourquoi toute cette catégorie serait-elle si sévèrement condamnée? Les judaïsants valaient-ils donc moins que les Juifs qui péchaient sans doute plus souvent par fanatisme (Rom. x, 2) que par hypocrisie?
Il est vrai que les judaïsants cherchent à se glorifier^ mais la vanité est compatible avec une certaine sincérité. Jérôme a parfaitement compris cette psychologie : Propter infirinitatem, inquitj carnis, Lex impleri non potest.
OTQCUp^ TOO JtUpiOU 7)(aS>V 'Iy)<JOQ XpKJTOO, ^l' OÔ l{Aol )CO<7(A0Ç ÈCTaÛptOTOtl ,
xàyci) xocjiC}). **oÛTe y«p W£piTO(ATQ ti Ïctiv outc à/.poêu<ïTt«, àXkk xattvv;
Z/nrfe ef ludaei praecepta magis hominum et doctrinas, quant Dei mandata custodiunt, neque corporalem facientes Legem, impossibile quippe est; neque spiritualem, quant non intelligunt. Unde hoc est omne quod student, quod agant, quod nituntur, ut apud ludaeos de vestrae carnis iniuria glorientur, et iactitent suo'Gentes magisterio circutncisas. Les judaïsants, pas plus que les Juifs, n'arrivent à observer toute la Loi; étant chrétiens, ils devraient comprendre plus aisément qu'une loi si difficile à observer ne saurait être dans les desseins de Dieu le moyen donné pour le salut. Alors pourquoi s'obstineni-ils à circoncire les gentils ? parce qu'ils sont fiers da ces recrues pour la cause du judaïsme. L'intérêt national, la satisfaction d'être bien vus des chefs les aveuglent. Ils regardent comme tous les Juifs la circoncision comme nécessaire au salut et ils la prêchent aux gentils comme telle, sans quoi ils n'auraient aucune chance de se glorifier dans leur chair, c'est-à-dire par le caractère sensible de la circoncision imprimé dans la chair. Et cette glorification elle-même n'est pas nécessairement de l'hypocrisie. Ils croient avoir fait œuvre pie, et ils en sont fiers. Le contraste que va marquer l'Apôtre prouve surtout que l'objet de leur glorification est mal choisi, non que l'intention soit pure hypocrisie. Il est toujours plus facile à un groupe de se faire illusion sur la pureté de ses intentions qu'à des particuliers. Quand on travaille pour un intérêt commun, fût-ce dans un esprit sectaire, l'hypocrisie est moins consciente. Les judaïsants croyaient bien mériter d'une cause religieuse. Il leur manquait surtout l'intelligence et le goût des choses de Dieu ; aussi leur activité se déploie dans la chair, triomphe dans la chair... des autres. — Qu'il y ait eu dans la conduite des judaïsants deGalatie plus ou moins d'insincérité ou d'inconséquence, s. Jacques n'y est pour rien. M. Loisy dit ici « Jacques et les judaïsants », alors que Jacques avait promis de ne point gêner l'apostolat de Paul chez les gentils (n, 6 ss.), et assurément, s'il avait manqué à sa parole, Paul ne se serait pas cru obligé à plus de ménagements envers lui qu'envers Pierre.
14) Les judaïsants se complaisent dans un ordre de choses purement humain, y cherchent leur gloire et rougissent de la croix. Paul ne se glorifie que dans la croix. L'éclat de la Croix du Christ chez les chrétiens et l'admiration qu'ont excitée parmi eux ces paroles ardentes nous voilent la hardiesse du contraste : au moment où Paul écrivait, la croix n'était qu'un gibet, une potence, et la mort sur la croix une ignominie; et c'est dans la croix seulement que Paul se glorifie, y clouant le monde avec ses attraits, et s'y attachant lui-même avec sa chair de péché. — è{xol U oppose aux prédicants qui se font une réputation aux dépens des Galates celui qui fut leur apôtre. — (j-t) y^voito avec l'infinitif est une construction de la Bible grecque, Gen. XLiv, 7. 17; Jos. xxii, 29; xxiv, 16; I Regn. xxi, 3; I Macch. ix, 10; xiii, 5, mais d'après un usage de la langue classique : S Zeîî {léyKire, Xr6£Tv pt ylvotTo «iTÔv (Xén. Cyr, VI, 3, 11 ; cf. Alciphr. epp. I, 26). — Iv tO ataupip, non pas
ÉPITHE AUX CALATES, VI, 14-15. 165
circoncis pour se glorifier dans votre chair. ** Quant à moi, puissé-je ne me glorifier que dans la croix de notre Seigneur Jésus- Christ, par laquelle le monde a été crucifié pour moi, et moi pour le monde! *^Gar la circoncision n'est rien, et le prépuce n'est rien; il n'y a
« dans les souffrances que j'ai endurées pour le Christ » (cf. II Cor. xii, 9 s.), mais dans la croix où Jésus-Christ est mort pour sauver les hommes, dans la croix qui est le scandale des Juifs, à cause de la honte d'un supplice infamant, et à cause de l'efRcacité salutaire de cette mort, qu'ils ne veulent pas reconnaître, mais qui est le point central du véritable évangile (m, 1). — 8i' o3 pourrait se rapporter à Jésus, mais il est plus naturel de le faire dépendre de «raupd?, du nomen regens plutôt que du génitif qui suit. D'ailleurs la croix est le moyen, l'instrument dé la crucifixion; Paul ne pouvait être crucifié joar Jésus-Christ, mais en lui ou avec lui. C'est le sens des Grecs; les Latins, obligés de suivre la traduction per quem, reviennent au même sens : par Jésus en tant que crucifié, par sa crucifixion, par sa croix (Corn.). — Kéa^oi et xo(T[xu> sans article, étant en soi une unité déterminée. Ce n'est pas le monde des êtres humains ou tout le monde comme la création bien ordonnée de Dieu, mais, puisque l'idéal de Paul est opposé à celui des judaïsants, la sphère des jouissances et des ambitions qu'il caractérisait par âv aapxf (vi, 12). Ce monde est mort pour lui, et d'une mort infâme, si bien qu'il ne fera rien pour lui plaire ni pour éviter ses rigueurs; et lui Paul est mort aussi d'une mort que le monde tient pour abjecte, si bien que le monde tenterait en vain d'avoir accès dans son âme (ii, 20); cf. Col. ii, 20 et àntMvtiB obv Xptor-côS ino tîov axoiyttiuiv tou x6a(jioo, où l'on voit que dans la pensée de l'Apôtre, ce qu'il dit de lui-même devrait être le fait de tout chrétien. « C'est là pour Paul une vérité mystique à l'égard de laquelle il n'admet pas les protestations de la réalité historique ou psychologique » [Loisy). Mais quelles réalités fécondes et quelle psychologie glorieuse sont sorties de cette vérité mystique !
15) Le début reprend l'idée de v, 6; il n'est pas étonnant que notre texte, plus nerveux et plus concis, ait été allongé par des copistes d'après v, 6. On a donc lu èv y^p XptaTÛ 'lïiuou olixt au lieu de oïte y*P> q^ii suffisait après ce qui venait d'être dit de la croix de Jésus, et mis îo/iisi plus expressif, mais moins radical, au lieu de èaTiv. Dans v, 6, l'opposition était entre deux systèmes religieux, celui de la circoncision et celui de la foi (avec la charité). Ici on voit les choses de plus haut, par masses plus compactes. La circoncision et le prépuce appartiennent à ce monde naturel qui n'existe plus, comme monde du péché, et en face se présente la créature nouvelle, dans Vordre du salut. — y'^'P • ^^ "6 P^ut se glorifier que dans la Croix, car le sujet de glorification des judaïsants ne compte pas, non plus d'ailleurs que le prépuce, qui appartient au même ordre purement charnel. — xatv»i xTÎaiç, comme II Cor. v, 17, expression qui était probablement dès lors employée parles Juifs d'un païen qui se faisait circoncire, TWin iTiia, {Schoett-
gen, I, 338, 704), donc xTfatç, dans le sens de créature (Rom. i, 25; Heb.
l>.eoÇ) xal èwt Tèv 'Iorpa:^>i toO 6eou.
*'ToG T^oiTCou xonrouç ftoi fji.vi^€tç irapej^éTW, èyw y«p xà ffTiyjjiaTa tou
^''Hj^apiç TOU xupiou •?i|jLôv 'Iviaou XptcTOu [xetà toO irvÊii[/.aTOç ûjaûv, flc^eXçoi* à(jt.Yiv.
IV, 13), non de création. Paul s'empare de ce terme, beaucoup plus juste d'après son évangile, puisque le chrétien mort avec le Christ commence une vie nouvelle, animée d'un principe nouveau. Si ce passage se trouvait réellement dans une Apocalypse de Moïse, il y aura été placé d'après notre épître, car il est tout à fait invraisemblable que Paul ait fait une citation dans ces quelques mots écrits de sa main, et quelle citation! il serait plus juste de dire qu'il s'est cité lui-même (v, 6). On produit sur ce sujet Photius, Amphil. qu. 183; G. Syncelle, Chronogr.ip. 27. Dans la table des citations d'Euthalius (deuxième moitié du vii« siècle), cette sentence est citée comme de MtoUfflojç inizoKpiifoii (v. SoDEiv, Die Schriften des N. T. I, 660), En tout cas il n'est pas question de VÂssumptio Mosis (contre Sieffert), 6 ans environ ap. J.-G. (cf. RB. 1905, p. 481 ss.), mais d'un apocryph^e de basse époque.
16) Le V. 15 a la fermeté et la concision lapidaire d'un principe. Paul le compare à une indication du chemin qu'on doit suivre. Gomme le sens propre de xavCîv est « règle », instrument dont on se sert pour tracer droit, et non pas « corde », « fil conducteur », il faut prendre ici ce mot au sens métaphorique de règle de conduite; le mot uToix^TÎaouuiv ne prouve pas que xavûv est à prendre au sens propre, mais simplement que l'écrivain suit sa métaphore par un mot approprié (avec Corn, contre Light. Sieff.) — Soot « tous ceux », et il est certain que le canon vaut pour tout le monde, mais comme Paul s'adresse aux Galates, il s'agit de ceux d'entre eux qui voudront se conformer à la règle qu'il leur donne, marcher en ligne droite selon son indication. Sur ceux-là donc, eîp7{vv) et k'Xeoç, comme une promesse, ou plutôt comme un vœu, car la fin d'une lettre est le moment pour exprimer des souhaits. L'ordre ^Xeoç et EÎpiîvY) (I Tim, i, 2; II Tim. i, 2; Jude, 2; II Jo. 3) est plus rationnel, la paix étant le résultat de la miséricorde accordée par Dieu. Mais dans l'ordre des faits on peut regarder la paix comme l'état qui permet à Dieu de répandre ses bénédictions, qui viennent de sa miséricorde. L'Israël de Dieu, pour qui a lu l'épître aux Romains (Rom. ix, 6), et même d'après les principes posés ici même (m, 29), est tout le peuple chrétien, le véritable Israël, non selon la chair (I Cor. x, 18), mais selon les desseins de Dieu. La difficulté est d'expliquer xa( avant ïm t. 'I. t. %. Il n'est pas explicatif [Light et Corn.), dans le sens de « à savoir » que rien ne suggère ici, mais simplement copulatif, ouvrant un plus large horizon. Ce qui est vrai des Galates fidèles l'est aussi de tout le peuple chrétien ; idée de l'Église qu'il faut retenir.
17) Ce souhait sera-t-il réalisé par la docilité des Galates? Quoi qu'il en soit, Paul ne supporterait pas que désormais on lui cherche chicane, ou, litté-
lEPITRTî AUX -GAXATES, VI, 16-18. 167
que la créature nouvelle. ^^Et tous ceux qui suivront cette règle, paix sur ^ux et miséricorde, et sur l'Israël de Dieu.
^''Désormais que personne ne me cause d'ennuis, car je porte .sur mon corps les marques de Jésus.
18 La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit, frères. Amen!
ralement, on lui cause des ennuis. -~ toîJ Xowîoî), « à l'avenir » comme Eph. VI, 10; de cetera [Vg.] serait xo Xoi7t6v. — xotcou? ««p^^siv, comme Mt. xxvi, 10; XIV, 6; Le. XI, 7; xviii, 5. — Qu'on ne dise plus qu'il n'est pas le vrai serviteur de Jésus-Christ; il porte sur son corps les marques de sa dépendance et de sa fidélité. — uxl-^iJ-ma. sont des marques, souvent de véritables tatouages ou des brûlures, usitées dès les temps préhistoriques, plus tard lettres ou signes, qui exprimaient l'appartenance d'un esclave à son maître, d'un soldat à l'armée, d'un dévot à son dieu ou à sa déesse. Ce dernier usage n'était point distinct des autres, du moins chez les anciens; on marquait les esclaves d'un temple comme les autres, Hérod. II, 113 ôtIcj) Mpdinoiv ântSdcXyiTat <txiy\L9.x» Ipa, iwuTÔv 8i8obç x& ôeco, oix ïÇsuTt to<5tou aifiaaOat. C'est comme esclave da Jésus-Christ que Paul allègue les marques qu'il a reçues, c'est-à-dire les mauvais traitements qui ont laissé des traces dans sa chair, et qui prouvent qu'il est bien le serviteur du Christ (II Cor. xi, 23 ss.). Ces marques qu'un esclave cachait soigneusement, l'Apôtre les « porte » comme des trophées (Clirys,). Deissmann [Bibelstudien, p. 270) a fait un rapprochement intéressant avec un papyrus gréco-démotique de Leyde dont le grec porte : Mr{ (j.s 8(ci)5i6 8Be. avo)(|7ïantn£T[ou] (xsTouSavaç' paataÇco tyjv Taip^^v [ tou 'Oafpswç xal OTîffyu I xaT«(ii^(T«t «uTriv iç | "A6t8oç, xaTraatYÎaai et? TdtJTOtç xal xaT«9ia9«t | gîç \^'hX\yjx.e,. èdcv [Jioi ô Seïva xonouç n«pa<j)(if) npod | pétÎJto (Tcpoapd^w?) aiîtTiv «ùté^, c'est-à-dire : « No me poursuis pas, un tel. Je suis Papipetou Metoubanas; je porte la bièr® d'Osiris et je vais la déposer à Abydos, la déposer à Tastas, et l'ensevelir à Alchas; si un tel me fait des ennuis, je la. jetterai contre lui ». La ressemblance, c'est qu'on oppose une protection surnaturelle à des vexations; mais l'Égyptien ne se contente pas d'être protégé, il menace, ce dont il n'y a aucune trace dans Paul, et l'arme de l'Égyptien est un talisman, tandis que Paul allègue pour sa défense les traces corporelles de souffrances qui font de lui le serviteur éprouvé du Christ. II faut laisser à M. Loisy la responsabilité de son exégèse : « Ce n'est pas de prière qu'il s'agit, mais bien plutôt de menace... La marque de Jésus protège son ministre, et malheur à qui tourmenterait celui qui est ainsi gardé! » Il suffirait de dire que refuser de reconnaître l'autorité de Paul, serait manquer d'égard à un serviteur du Christ, et rejeter le message du Christ lui-même. On sait que depuis la grâce accordée à s. François d'Assise, le mot de stigmates a pris dans l'Église un sens nouveau. — Soden ajoute xupfou avant 'lYjaou.
18, Salut final. — Paul ne termine pas par une menace, mais par un souhait afi'ectueux, — [xexà toî» nvEÙjjiaTos &|j.G)v n'est point une de ses formules
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normales, mais elle n'est pas non plus sans exemple ; cf. Phîlém, 25 ; H T IV, 21. U ne s'adresse pas seulement à une élite de spirituels; tous lés ch tiens ont reçu l'Esprit qui leur donne comme une seconde nature f divine. Ici il est en effet bien clair que «ved|jL« n'est pas l'Esprit divin en même. Ce souhait termine bien une épître où la vie de l'esprit joue un grand rôle, comme étant le caractère du christianisme, en opposition a des observances charnelles.