‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 112 sur 192 · LU · texte numérisé non relu

LU

Xptotod, va Tù abro darts mévres, wat ph 9 Ev dir cylopara, fre DÈ xaTnpriopévor

10. Mais je vous mande, frères, par le nom de Notre-Seigneur Jésus- Christ, de tenir le même langage tous, et de n'avoir pas entre vous de

— au moins en droit. — vot : le mot voës, dans la zou, avait passé à la 8° déclinaison; vois est distinct de rveüue, comme nous le verrons plus loin, et désigne les facultés rationnelles; yvéun (euls., al. « sententia »; fuld., am., Ambrr., Pél., al. : « scientia ») qui ailleurs chez Paul signifie « avis » (vi, 25, 40; II Cor. vin, 10; Philm. 14), veut plutôt dire ici « dispositions de l’âme », comme souvent chez les classiques, et ne fait donc pas double emploi avec voës. — va à fte xat. : la conjonction ‘va, après les verbes de désir ou de commandement (au lieu de 6x, Ex, ou de l'infinitif) est une tournure de la zoivn.

B. 10. Paul entre tout naturellement dans son sujet : puisque les Corinthiens possèdent le don da la parole (v. 5), qu'ils ne l’'emploieant pas à troubler leur unité dans le Christ. Jusqu'où chez eux était allé le désordre? Il ne semble pas, contre J. Weiss et Goguel, que l'Apôtre fasse ici allusion à une situation plus grave que dans les chapitres où il leur donnera des directions disciplinaires, ni que par conséquent cette exhortation appartienne à une lettre postérieure; le parfait (xatn:t.) montrerait plutôt qu’ils n’ont pas perdu l'unité d'autrefois, qu’elle est seulement menacée, s'ils n’y prennent garde; et Les syisuata ne sont pas des schismes religieux, pas même des aipéoes (ou choix tenace d'opinions particulières, contre Vitringa, Ewald, al.); mais déjà, à propos de questions de personnes, ils forment des « cliques », comme dit J. Weiss, et cela, nous le verrons, en engage quelques-uns dans une direction où non seulement la charité fraternelle est blessée, mais où la foi et la moralité pourraient être finalement compromises. On peut croire que certains groupes formaient déjà des bandes à part dns les réunions cultuelles (v. ch. x1; 7’éodoret, Gutjahr, al.)

—— À. 11. Oi avec le génitif est classique (oi toë Zwxpérous) et le mot sous-entendu désigne généralement une relation de famille, de domesticité, d'école, etc. Cfr. Rom. XvI, 10.

B. 11. Celte Chloé, et ses gens qui ont renseigné Paul sur ces dissensions, sont parfaitement ignorés par ailleurs (1). L'Ambrosiastre proposait déjà des identifications diverses. En tout cas, cette femme était connue des Corinthiens, qu'elle résidât à Corinthe ou à Ephèse, qu'elle fût chrétienne ou non, et elle avait une « familia » qui devait être assez nombreuse pour que Paul emploie ce collectif. Etait-ce sa parenté, ses esclaves ? Il fallait que quelques-uns au moins d’entre eux fussent chrétiens, pour s'intéresser aux affaires de l'Église et en parler à Paul. Ramsay suppose avec vraisemblance que c’étaient les agents de quelque maison d’affaires qui circulaient fré. quemment entre Ephèse et Corinthe. Rien n'indique qu'ils aient eu une situation en vue dans l'église de l’une ou de l’autre ville; ces voyageurs rapportaient simplement à Paul ce qui n’était que trop visible.

Ge petit problème {comme celui de « Sosthène », supra) n'aurait que peu d'impor-

(1) Le nom (la « verdoyante ») est une épithète de Déméter, et pouvait être donné comme nom propre surtout à des affranchies; c'était dans cette classe surlout qu'on trouvait des femmes qui s’enrichissaient par le commerce. Cfr. Horace, Ode 111, 9, 9,et la Pastorale de Longus. La forme voisine Xàoin se rencontre dans une inscription attique de la fin du rv°s. av. J.-C. (CIA., 2, 722, 6, 18). Mais il serait difficile d'admettre avec Hilchcock (JTS., 1924, pp. 163-167), que les « gens de Chloé », avec qui Paul est en rapport, ct qui connaissent si bien les chrétiens, fussent une confrérie de la déesse.

LA

& ÉPITRE AUX EORINTHIENS, I, 40-17.

y to abr® voi nai éy 79 br yvoun. 11. "Edntün yép nor mepl buy, ads pot pou, dro Tüv” Xônc, Ou Épièes Ev div elov. |

12. Aéyw SE robro, Ort EÉxaotos budy héyer” ’Eyw pév eiur Ilaÿhou, yo Dè ’Arolo, éyo 0 Kngt, éyw dè Xotoroü.

‘43. Meuéotorar à Xpuoroc; un Iladhos écraupetn b rèp ip, % els To Cvouæ Iaÿkou é6ar rrinre; 4h. Ebyapiord *r® 620 dre obdéva dudv é8drroc et un Kploxov

tance s’il ne jelait déjà quelque jour sur plusieurs questions qui en ont davantage. D'abord, Paul parle de ces dissensions comme d’un fait qu’il vient d'apprendre récemment; ce n’est pas en faveur de la « situation aggravée », et de la division de notre épître que proposent 7. Weiss et d'autres. Ensuite, il n’a été informé que comme accidentellement, par des anonymes, — ou du mains il présente les choses ainsi. Ces divisions n'étaient donc pas encore officiellement constatées, ni l'objet d’une consultation dans la lettre envoyée par l’ Église ; autre signe que la fâcheuse situation n'était que commençante. Si la chose avait déjà paru très grave aux Corinthiens eux-mêmes, et qu'elle eût été amenée par des discussions pénibles entre Paul et ses fidèles, - (comme dans la théorie ci-dessus), l'Apôtre, pour en traiter, ne se serait pas appuyé sur des dires d'anonymes.

D'après Zahn, Clemen, Bachmann, ce rapport des « gens de Chloé » serait parvenu après la lettre de Corinthe, et aurait déterminé Paul à écrire son épitre, quoiqu'il eût déjà envoyé Timothée (ch. 1v) pour régler les questions soulevées par Ia missive corinthienne, On peut tout aussi bien croire que ces rapports des « gens de Chloé » étaient antérieurs, qu'ils s'étaient même peut-être multipliés, et que Paul n'aftendait pour admonester les Corinthïens à ce propos que l’occasion qui lui fut offerte par la nécessité de répondre à leur lettre, qui traitait cependant d'autres choses.

Nous pouvons apprécier dans ces conjonctures l’habile et charitable diplomatie de l’Apôtre. IF est fort probable que les envoyés de Corinthe, qui se Mouvaient alors près de lui à Ephèse, n'étaient pas restés muets sur ces difficultés ; mais Paul, en s’en rapportant aux « gens de Chloé » qui lui en avaient parlé les premiers, met hors de cause et les auteurs de la lettre, et Stéphanas avec ses compagnons (v. ch. xvt) ; ainsi leurs compatriotes ne pourront s’en prendre à eux, et les « gens de Chloé », ses employés, étaient sans doute trop nombreux, et trop minces personnages, trop peu dans les secrets, pour qu’on cherchât parmi eux quelqu'un à qui tenir rigueur, s'ils avaient seulement parlé de ce qui était à Corinthe du domaine public,

A, 42. ’Eyd uév tue Ilabkou, éyb 88 ’AroMw, etc. Paul nous représente peutêtre, rhétoriquement, une dispute entre Gorinthiens (dans les réunions de culte?}, l’un déclarant : « Pour moi, je suis à Paul; — mais moi, à Apollos », etc. ; pév serait ators distinctif, et 3 adversatif; les génitifs marquent la relation d'appartenance (cfr. tüv XAdne, supra). Ou bien le uév et le êé, sans qu'il y aït besoin de dramatiser ainsi la discussion, répondent à la pensée de Paul, qui par une sorte d’imprégation, les transporte dans ses citations des paroles d'autrui, comme s’il y avait : ‘O uèv Aéyer ’Eyu alu Iobhou — 6 dè Aëyer EE. «, A. etc. : « L’un dit : « Je suis à Paul », tandis que l'autre dit : « Je suis à Apollos », etc. » Peu importe d’ailleurs pour la portée de ce passage. — Cfr. Clément 1, xLvr, 1-4

B. 12. Paul précise tout de suite ce qui lui a été rapporté par les gens de Chloé, et l'on voit qu'il s'agit avant tout de questions de personnes, d’une espèce de partis d'école, exclusifs et chicaneurs, qui cherchaient à se former, bien à la grecque, autour du nom des évangélistes. 11 faut admirer encore l’habileté diplomatique ‘de Paul qui réprouve avant tous les autres ceux-là qui seraient ses propres partisans,

ÉPITRE AUX CORINTHEENS, 1», 41-14. 9

scissions, mais de rester bien en harmonie dans la même intelligence et dans la même façon de sentir. 11. Car il m'a été notifié à votre sujet, mes frères, par ceux de Chloé, qu'il y a des discordes parmi vous.

12. Je veux dire ceci, que chacun de vous dit : « Pour moi, je suis [l’homme] de Paul. — Et moi, d’Apollos! — Et moi, de Céphas ! — Et moi, de Christ! »

13. Le Christ a-t-il été mis en portions? Est-ce que c'est Paul qui a été crucifié pour vous, ou est-ce pour le nom de Paul que vous fütes baptisés? 1%. Je rends grâces à Dieu de ce qu'aucun de vous je ne l’ai baptisé, si

indiscrets dans leur zèle. Peut-être, en signalant ces « pauliniens », force-t-il un peu la. note; mais il croit, ou feint au moins de croire, qu’il peut avoir des partisans qui vont trop loin; ainsi passera plus facilement ce qu'il a à dire aux autres (cfr. 13b-15).

Certains commentateurs grecs et latins, invoquant 1v, 6 (vid. ad loc.) ont avancé l'opinion qu'ici Paul, pour ménager les individus, aurait désigné les factions sous des noms supposés, ceux des grands prédicateurs au sujet desquels il n’y avait pas en réalité de divergences d'opinion; il aurait voulu rester ici dans le vague : « Supposé que vous déclariez, par exemple, être l’homme de Paul, ou celui d’Apollos, etc. », évitant ainsi de désigner les vrais responsables {(Chrys., Theodt, Damascène, Prim., Œcumenius, Théophylacte, Ambr', Pélage, Cardinal Hugues, Cajelan, etc., cfr. Delafosse). Ce serait un procédé bien détourné, quoique non impossible en soi; mais ce n'est point facilement conciliable avee le grand contexte, et, si c'était une fiction rhétorique, Paul ne l'aurait sans doute pas soutenue si longtemps (jusqu'à la fin du ch. 1v), Clément Romain, en se référant à ce passage, dans une lettre adressée à ces mêmes Corinthiens (7 Clém. xzvn), le prend tout à fait à la lettre, et leur dit (xavu, 4) : « Une cabale était alors une moindre faute, car vous vous rangiez au parti d’apôtres autorisés (Paul, Céphas), et d'un homme approuvé par eux (4pollos) »; ce qui suffit bien à détruire une hypothèse aussi subtile.

Dans un excursus nous chercherons à déterminer ce que pouvaient être ces partis. Que Paul et Apollos, qui avaient évangélisé Corinthe l'un après l’autre, y eussent. trouvé chacun des partisans trop exclusifs, rien de plus naturel; les partisans de Géphas, — bien que celui-ci n’eût jamais prêché à Corinthe, — pouvaient être des fidèles venus en cette grande ville de quelque autre région, où ils avaient été convertis, immédiatement ou indirectement, par la prédication de Pierre. IL ne s'élève de difficulté réelle qu'à propos de ceux qui déclaraient : « Moi, je suis du Christ ».

Cet « yo à Xatotoë » a bien embarrassé les commentateurs de tous les temps. Pouvait-il y avoir un « parti du Christ », comme il y en avait un d’Apollos? Est-ce que tous les baptisés n'étaient pas et ne se croyaient pas également chrétiens? La question est si obscure et si importante que nous en remettons la discussion à l'Excursus iv.

Disons seulement tout de suite que nous tenons ces mols pour authentiques (contre Pierce, Bruins, J. Weiss, et les hésitations de Bousset), car ils ne manquent en aucun témoin. Nous ne croyons pas que ce soit la propre déclaration de Paul opposée à l’ensemble de celles qui précèdent (contre beaucoup de Grecs, Calvin, Eichhorn, Bleek, Meyer, Cornely, Le Camus, ekc.), car elle ne se distinguerait pas assez des précédentes, avec lesquelles elle fait série, étant de forme absolument homogène; si Clément n'a pas fait allusion à ces mots, c'est que les divisions corinthiennes, à l'époque où il écrivait, ne se rapportaient qu'à des maîtres humains et à des fauteuré de troubles d'un ordre bien inférieur à Paul, Aypollos et Céphas. On à pu dire aussi que c'était là une déclaration des « bons Corinthiens », choqués de voir les autres se divi-

no Datov 15. Pva pré vis etmn Ov etc To Eubdv Evoux “ébanticbnre. 16. ’Eéérrioz Dè mat Toy Drepava ofxoy' hoëmdy où ofda el viva ŒARov Ébémtioa.

17. Où yap dméorauhév pe Xo1orèc Partilerv GANG ebayyehilechar, oùx èv cogig Royou, iva ph xevwÔ0T à oTaupés Toù Xproroë.

ser à propos de prédicateurs du même Christ. Mais Paul (v. 48) paraît bien blâmer tout le monde. Nous croyons donc qu'il y avait des chrétiens à Corinthe qui voulaient se distinguer de leurs frères -en déclarant : « Nous sommes, nous, les hommes du Christ, et de personne autre »; et il n'est pas nécessaire de croire que Paul invente ce parti (contre Reitzenstein, cfr. Chrys.), pour flétrir leurs divisions en les poussant ad absurdum, en insinuant que certains auraient été capables de mettre Le Christ sur le même rang que de simples prédicateurs humaïns. Peut-être Paul ne blâme-t-il pas ceux qui parlaïent ainsi, maïs regrette-t-il seulement que certains soient obligés de faire une telle déclaration — qui devrait être celle de tous — pour se distinguer d'autres fractions de la communauté (Chrys., al, Bachmann, Gutjahr, al); peut-être, aussi bien, y avait-il des baptisés qui faisaient profession de dédaigner tous les intermédiaires humains, fût-ce Paul en personne, et de ne se soumettre qu’au Christ, directement. Nous inclinons d'ores et déjà vers cette seconde solution. Mais alors quel pourrait être ce parti du Christ? Parmi ceux qui admettent son existence, les uns veulent y voir des judaïsants extrêmes, d’autres d'anciens convertis qui avaient vu le Seigneur, d’autres des mystiques gnosticisants. Il vaut mieux remettre toutes ces questions concernant l'existence et la nature d’un « parti du Christ » à une dissertation spéciale; car il n’est pas nécessaire de les avoir déjà résolues pour suivre l'argumentation de Paul en ces chapitres,

À. 13. Ce verset est-il séparé du précédent là où il faut? Ceux qui estiment que ëy® Ôè Xpioroù est la réplique de Paul pourraïent mettre ensemble la fin de 12 et 43 a, ainsi: « Moi, Paul, je suis au Christ uniquement, comme vous devriez l'étre; car pensez-vous que le Christ est divisé? » Mais nous avons réfuté cette hypothèse. — Li devant peuépisra en des minuscules 40, ‘39, al., Opt., pes., arm.; l'interrogation serait moins abrupte, mais aussi moins vive. — peuéo. est certainement interrogatif, d'après le contexte, contre Prim. et quelques autres. usptfw signifie « couper en morceaux », « débiter en portions », ou « séparer une partie du tout »; le premier sens, comme dit Bachmann, est seul ici en situation; cfr. Marc, nr, 26; Mat., xu, 26. (Luc, parall. : Gteuep.).

B. 13. Paul, comme dans la diatribe, remet en place les hommes de parti par une question qui est plus qu'ironique, mais indignée, presque brutale. On dirait qu'ils se partagent le Christ en morceaux! La réprimande ne s'adresse pas (contre Schmiedel, B. Weiss, Schäfer) au seul « parti du Christ », qui serait blâmé de « s’adjuger » le Christ en l'enlevant au reste de la communauté. Le Christ n’est pas non plus à prendre ici au sens mystique (l’Église), contre Chrys., Dam., Œc.!., Theoph., Pél., Prim., Cajetan, Estius, Olshausen, al., ce qui serait affaiblir la rude apostrophe, Âvec Theodt, Ambrr, et presque tous les modernes, il faut entendre que les Corinthiens se {ont des Christs divers, qui changeraïent avec ceux qui prêchent Jésus comme un personnage de traditions mythiques ou un idéal d'école; ainsi ils ne posséderaient que des « morceaux du Christ », ou bien (Cornely) le Christ serait « divisé contre lui-même ».

Ils doivent cependant faire un dans l'Unique qui a été crucifié pour se les unir tous et au nom de qui ils ont été baptisés. La conduite de ceux qui sembleraient en pratique prendre Paul pour leur maître suprême, dont ils voudraient porter le nom {il charge toujours, peut-être avec un peu d'artifice, ses admirateurs indiscrets l) est aussi

ce n’est Crispus et Caïus, 15. pour que personne ne dise que c’est pour mon nom que vous fûtes baptisés. 16. J'ai bien baptisé encore la maison de Stéphanas; pour le reste, je ne sais pas si j'ai baptisé quelqu'un d'autre. |

17. Christ, en effet, ne m'a pas envoyé baptiser, mais évangéliser; [et] pas dans une sagesse à discours, pour que ne fût pas évincée la croix du Christ.

absurde que si c'était Paul qui les avait rachetés et incorporés à lui. Ets rù ëvouæ (= « pour le nom » ou « pour prendre le nom » de quelqu'un) est une expression assez fréquente dans le langage d’affaires des papyrus et des inscriptions; eis to voué vos signifie : « au compte de quelqu'un »; ici donc elle veut dire que le baptême a fait d'eux la propriété exclusive du Christ. Sur l’origine, voir Bôlhmer, Deissmann, Heimüller « Im Namen Jesu ». Mais l'usage courant suffit à expliquer ce eis ro bvoua, et il n’y a pas lieu de trop presser, avec J. Weiss ou Lietzmann, les parallèles d’histoire des religions, les ratéoss de la « Mithrasliturgie », les formules des Hypsistariens de Crimée (qui ne contiennent pas ets rù ôv.) ete., ni croire que les Corinthiens se figuraient un lien mystique, conçu magiquement à la païenne, entre le baptisé et le baptiseur; on peut lire sur ce point les bonnes réflexions de Bachmann. Ek implique l'appartenance au Christ d’une façon plus forte et plus directe que ënt r& ov. ou èv r& àv., rien de plus; il ne faut pas en conclure que la formule « Je te baptise au nom du Christ » ait jamais existé.

—— À. 14.716 Où omis après eyap. N°, B, 67. L'usage de Paul en ce genre de formules demande plutôt qu'on le conserve avec Puls. ., comme l'a fait Vogels (contre W.-H., Wesile, al.).

—— B. 14. Ce verset et le suivant n'exigent aucun commentaire pour l'idée; l'ironie de Paul continue, très appuyée; c'est presque de la mauvaise humeur, et il leur montre à quelle absurdité religieuse l'attitude des hommes de parti donnerait à un railleur le droit de les acculer. — Quel était ce Crispus? Ce doit être, d'après Act, xvit, 8, ce chef de la synagogue dont la conversion avait été un grand triomphe pour les évangélistes; aussi Paul se serait-il réservé de le baptiser de ses propres mains. Caïus devait être aussi quelque personnage important, probablemeut le même que Rom. xvi, 23, chez qui Paul logeait à Corinthe, et dans la maison duquel se tenaient peut-être des réunions liturgiques. La 3° de Jean est adressée à un autre Caïus, asiatique. Ce nom devait être si commun à Corinthe, ancienne colonie (comme il l'était partout dans le monde romain), qu'on ne peut trancher la question avec certitude.

———— À, 15. éfarsioünre, plutôt que la leçon « occidentale » tféntisa de D, E, F, G, L, P, pes., al., qui peut être uné erreur due au premier mot du v. 16.

A. 16. houxdv ou tb houxév, familier à Paul, Æpictète, papyrus, fréquent à l'époque comme terme de conversation. — &Alov omis F, G.

B. 16. Nous retrouverons Stéphanas, « prémices de l'Achaïe », au ch. xvi, 15-18. Il paraît d'abord assez singulier que Paul ne se souvienne ainsi de ce chrétien notable qu'après coup; c'est peut-être parce qu'il était alors trop près de l'écrivain, à Ephèse (avec Fortunatus et Achaïcus), et que Paul ne pensait d’abord qu’à ceux qui étaient à Corinthe. En tout cas il est arbitraire de voir ici avec Æolsten une interpolation, ou de supposer avec Schmiedel que Stéphanas avait été baptisé à Athènes {ce qui n'irait pas à l'argument), ou bien, comme Bachmann, que Paul ne pensait en ce moment qu'à son « parti », et que Stéphanas n’en était point. Remarquons plutôt que Paul répond à la question de savoir s'il a baptisé quelqu'un) avec une négligence

42 ‘ ÉPITRE AUX CORINTIHIENS, 1, 10-17,

presque affectée (J. Weiss), et que cet oubli momentané montre que Paul dictait du premier coup son texte définitif, sans brouillon (Ziet:mann) qu’il eût fait ensuite compléter ou mettre au net; constatation qui n’est pas du tout conciliable avec la récente théorie que Paul ne dictait qu’en soignant les balancements du « style oral », ou pour une « récitation cultuelle » {Voir Ixrron., ch. v.).

B. 17. Ce verset sert de transition au sublime développement qui va suivre. Paul veut attirer toute l'attention des lecteurs sur la doctrine — pour expliquer sa propre conduite contre les détracteurs, et stigmatiser les dissensions de Corinthe. Baptiser, tout le monde peut le faire, et ce n’est point cela qui doit distinguer [es prédicateurs; mais tout le monde ne peut « évangéliser » comme Paul, qui a reçu du Christ une mission si spéciale d'apôtre.

Aucune différence essentielle de mission n’est d’ailleurs impliquée ici entre Paul et les autres apôtres. Selon Bousset, la santé de Paul, ou son surmenage (ce qui est plus probable) l’auraient empêché de se donner lui-même au ministère fatigant des baptêmes. Il ne s'ensuit point, naturellement, qu'il ait dédaigné ce sacrement de l'incorporation au Christ, qu’il exalte tant ailleurs, et auquel le v. 13 montre qu'il reconnaissait une si haute eflicacité. Il a bien fallu au moins qu'il baptise les premiers convertis, — en dehors des notables Crispus et Caïus, — maïs Les disciples revenus de Macédoine (Ace. xviu, 5) ont dû faire ensuite presque tout; le grand mouvement des conversions n’a d’ailleurs sans doute commencé qu'après cette arrivée de Timothée et de Silas. En les attendant, comme Paul se faisait aider par des « préposés » dès qu'il le pouvait (Act, Thess.), « Stéphanas et sa maison », les « prémices de l’Achaïe », baptisés par Paul, pouvaient baptiser les autres, lui permettant de se réserver dès le début pour l'évangélisation.

Il n’évangélisait pas ëv coslx Xdyou, « avec sagesse éloquente » {(Loisy), ou, encore mieux, avec les artifices du métier des rhéteurs. L'expression parait ironique, et Rob.-. Plum. notent fort bien que cette « sagesse de langage », trop appréciée des Corinthiens, est l'inverse du « langage de sagesse », le charisme dont Paul traitera plus loin, — et qu'il possédait, lui, éminemment, Il peut y avoir une allusion dédaigneuse, non pas à Apollos lui-même, mais aux exigences du parti d’Apollos {voir Exc. 1v) ou du « parti du Christ ».

Comment agir autrement eût « vidé » la Croix du Christ, c’est ce que va montrer la section qui suit, une des plus belles du Nouveau Testament.

B, cu, 1, 18-11 (11, &). — LA SAGESSE DU MONDE ET LA SAGESSE DE DJEU.

Inrropucrion. — Les dissensions des Corinthiens sont causées par un zèle mal éclairé pour la « Sagesse »; du moins c'est là ce qui leur sert de prétexte pour cabaler autour «es noms de leurs instructeurs dans la foi, pendant qu'ils cherchent ainsi à se faire valoir eux-mêmes, et donnent d'autre part satisfaction à leur goût inné pour la dispuie. Paul, pour mettre ordre à ‘cette situation, l’envisage du sommet de la vraie sagesse qu'ils ignorent. Tout d'abord il leur moatre (1, 18-25) comme la Sagesse de Dieu est différente de celle du siècle; — puis, se retournant vers la communauté de Corinthe, il lui rappelle sans ménagements (26-31) qu'elle ne peut prétendre étre rien que par l'opération gratuite de cette sagesse divine. — Ensuite (II, 1-5), Paul se reportant à la première évangélisation «de leur välle, déclare que c'est très délibérément qu'il a évité alors de leur présenter une autre sagesse que celle de la Croix. Ce n'est point qu'il n'y ait certaine hauteur de sagesse chrétienne réservée aux « parfaits »; mais il ne jugeait pas qu'ils fussent déjà capables de la concevoir, et c'était drop juste, car ils ne le sont même pas encore (IT, 6-fin). L'Apôtre reviendra alors à deurs divisions, leur en fera toucher les véritables causes, et l'inanité.

Tout ce développement, jusqu'à IT, 5 {et plus loin, jusqu'a la fin du ch. LIT) est fait selon un certain parallélisme, caractéristique de la manière littéraire de Paul, et où Joh. Weiss reconnait son schéma a-$-a : jusqu'à T, 25, saint Paul énonce une thèse, et il montrera (IT, 1-5) comment son évangélisation s’en est inspirée (a-a); la partie intermédiaire (1, 26-31) se détache comme une apostrophe très concrète qui tire brusquement les prétentions corinthiennes sous la pleine lumière de la thèse (8). Le méme procédé continuera aux ch. IT et IT, plus ou moins accusé.

Il y aurait peut-être lieu d'examiner à ce propos si ce genre d'éloquence relève uniquement du mécanisme « oral », dans la simplicité où l'a présenté Jousse. — Un point plus important concerne la doctrine; en craltant la Sagesse divine inconnue au monde, est-ce que notre épiire, comme l'a révé Delafosse, re/oindrait le système de Marcion sur le « Dieu étranger » ? Nous verrons qu'il n'en est rien. Mais on peut dire avec Godet, que ces magnifiques chapitres sont toute une « philosophie de l'histoire » : la phase de la révélation de Dieu « en sagesse » (du point de vuc de l'hellénisme), et celle de la révélation « en folie ». C'est méme loule une philosophie religieuse, qui règle le perpétuel débat entre l'humanisme, le naturalisme (qui n'est pas seulement celui des Hellènes), et la connaissance surnaturelle, avec son efficacité d'action. Tout cela à propos des chicanes de quelques « gracculi »1 Il était impossible à un saint Paul de voir moins haut et moins large.

I. — Opposition de la Sagesse de Dieu et de celle du siècle : (eu. 1, 18-25).

Ivrropucriox. — L'Apôtre vient de dire (1, 17), qu'il ne voulait pas évincer la Croix du Christ. Cette Croix à un langage, qui ne peut que choquer celui de la sagesse humaine, auquel les Corinthiens sont assez mal inspirés pour chercher à le ramener; mais il est lui-même celui d'une Sagesse supérieure, parec qu'elle est celle de Dieu; — de Dieu qui se sert, ajin de mieux montrer sa loule puissance, de moyens jugés impuissants par les lommes.

1, 18. ‘O Xôyos Yap à To oraupoÿ vroïs mèv éroAAumévors pupla Éotiv, vois dÈ ouwbouévors Apiv Oüvas Oeod Ecru.

19. l'éyparrar yép' « ’AmoXG rh copla Tv copy, ua Ty oûveotv Tv ouverüy &Berow ». 20. [To copôc ; moû Voauparelc ; où “ouvEnrnrhs To aiüvos Tobtou ; obyi *o f e O s A / # ! . 21 ’E à Ù 2 …s { + (a) ,

Epopavey à Dedc rhy coplav Toù xôomou; 21. "Exeadh yap èv Th oopla où Peoë oùx Eyvw 6 zoo Dia Tic ooplas rèv Deiv, ebdbenoev 8 Dedc Bux Tic mwplac To xNnpUy-

A. 18. qpiv manque Marcion, Irénée, « Adv. Haer. » 1, 3,5, F, G, Tertullien, quelques latins, got. J. Weiss ne l'admet pas; mais c'est ce que W.-H. appelaient une

vieille omission occidentale ». — Les participes ont une valeur caractérisée de « présent en marche ».— Cfr. ZI Cor. u, 45-16 : ...Xototoë ebwdla... ols uèv ëx Oavérou es Dévarov.

B. 18. Les Corinthiens, eux, paraissent avoir oublié que la Croix par elle-même a un langage, et tout un discours qu'il n’est pas permis d'étouffer. Quel est ce discours ? une « ineptie » (plus fort que « folie ») pour ceux qui marchent à leur perte; qu'ils prennent garde de se ranger petit à petit parmi ceux-là! Mais non! ils tiendront à demeurer dans la voie du salut, et reconnaïtront mieux qu'ils ne l'ont fait que la toute puissance de Dieu opère par ce langage.

Saint Paul distingue ainsi deux catégories d'hommes, qui diffèrent justement par leur attitude à l'égard de la Croix, — phrase saisissante et qui a fait plus d'une conversion! Peut-être n'oserions-nous pas dire, avec Rob.-Pl., que la force des participes présents est « axiomatique », entraînant d'ores et déjà la certitude de l'avenir éternel des uns et des autres. Et nous n'admettons pas non plus, comme J. Weiss, (qui rejette uv) que les deux catégories soient « intemporelles », et ne doivent être distinguées qu’au dernier jugement, comme si Paul faisait ici de la dogmatique eschatologique, et que la swrnple ne dût avoir lieu qu'à la Parousie, contre Ep. u, 5-8, et contre Tü., 11, 5 (que J. W. supprime à cause de cela même, quand ce passage exprime au contraire une des idées les plus essentielles de la théologie de Paul). Chrys., d'autre part, ne dit peut-être pas assez, quand il entend que la parole de la Croix est folie « dans l'opinion » de ceux qui se perdent, En réalité, il s’agit bien de deux catégories actuelles, tranchées déjà, et dont le sort futur est infailliblement décidé; mais, au cours de la vie actuelle, on peut passer d’une catégorie dans l'autre, et le « jugement » actuel (cfr. Jean) est encore réformable; on ignore quelle est la prédestination. Quand Bengel (cité par Toussaint), écrit : « Qui evangelium audire coepit, nec ut perditus, nec ut salvus habetur; sed est quasi in bivio, et nunc aut perit aut salvatur », il faut adoucir un peu en ce sens que, même après l’audition de l'Évangile, le choix peut ne se décider qu’à la longue. Disons donc, avec Gutjahr et beaucoup d’autres, que les äroXkiyevor et Les awtuevor sont ceux-là qui sont « sur les chemins », qui agissent actuellement d'une manière, qui de soi, tend à leur salut ou tend à leur perte. Tel quel, l'avertissement est grave!

Qu'est-ce que la uwota? Pis qu'une « folie », qui pourrait apparaître comme une exaltation grandiose en son désordre; pwpds veut d'abord dire « émoussé » ou « fade », et le substantif qui y correspond signifie quelque chose de pauvre, de mesquin, produit par une imagination faible, bref sottise, naïveté sotte, ineptie (cfr. plus bas äolevés). Les pwpot sont des gens qu'on méprise, dont on ne s'occupe pas, plutôt que des fous dangereux qu'il faudrait combattre. L'Apôtre, vraiment, ne ménage pas ses termes! (cfr. les adjectifs voisins äppuv, rapéopev, qui expriment d'autres nuances et sont moins blessants). Aussi n’avons-nous pas traduit par la belle formule consacrée « folie de la Groix », car elle n'exprime pas assez ce qu'il y a de « niais » dans la popla. L'Évangile du Grucifié était une sottise inconsistante pour ceux qui pensaient qu'un nouveau message religieux doit se présenter nécessaire-

1, 18. Car le langage [qui est] celui de la croix, pour ceux qui vont ‘à la perdition, est ineptie; mais pour ceux qui vont au salut, pour nous, il est puissance de Dieu.

19. Car il est écrit : « Je perdrai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents, je [la] mettrai au rebut ». 20 Où [est-il], le sage, où le lettré? où le scrutateur de ce siècle? n'est-il pas vrai que Dieu a marqué d’ineptie la sagesse du monde? 21. Car attendu que, dans la sagesse de Dieu, le monde n’a pas reconnu Dieu au moyen de la sagesse, Dieu s’est

ment comme une nouvelle philosophie (J. Weiss). Qu'il produisit une telle impression sur nombre de païens cultivés, c'est ce qui ressort assez de tous les textes cités ici par Lietszmann, de $. Justin (Apol. I et Dial.), Celse, Lucien (Mort de Peregrinus), etc. Ils tenaient — ce qui se fait toujours — pour inepte ce qui les dépassait : « homines enim quidam consueverunt stultum reputare quod eorum sensum excedit » (s. Thomas). Ainsi Chrys., Théodoret, Dam., Œcumenius, Théophylacte, Ambr, Pélage, Cyrille, Thomas, Dion., Cajetan, Estius, Corn. a Lapide, Bisping, etc. et les modernes à peu près tous.

Cette péricope n'a aucune saveur marcionite, contre Délafosse, et ne contredit pas Rom. 1, 19-21, en introduisant l'idée du « Dieu étranger » et condamnant la création comme œuvre d’un Dieu inférieur, ainsi que serait censé le faire Jean 1, 48; vit, 28; vul, 23, 40, 44. S'il était besoin de réfuter ces fantaisies, l'explication des prochains versets 21-22 y suffirait.

——— À, 19. ‘AroÂG, pour axokécu, est un futur attique qu’on trouve d'ailleurs déjà chez Homère et Hérodote; le reste de la Bible use de ärokésw (Abel, 66). — La citation est d'Zsaïe xxix, 14, cfr. Abdias 1, 8 (Lxx).

B. 19. Ce mépris des moyens de la sagesse humaine n'est pas nouveau dans la conduite de Dieu; déjà, par le prophète, Yahweh annonçait qu'il sauverait par luimême Jérusalem des Assyriens, en dehors de tous les calculs politiques et des alliances. Paul applique ce verset aux sages juifs comme aux autres (Cornely, al.)

—— À. 20. Toirou ajouté à x6ouou dans le Text. rec., après quelques codex, E, F, G, L, quelques lait. et syr. — Eutoavev a un sens déclaratif (/. Weiss). — oÿyi aun sens plus fort que ox : « N'est-il pas vrai que...? » — Le mot ouvntnrds est un ‘hap. leg., qui se retrouve chez Ignace Æph. 18. — Les interrogations — 05... roë, sont du style de la diatribe ; /. Weiss rappelle Epictète ur, 10, 16.

B. 20. Où trouver des « sages », au sens humain, dans l'Église ? Dieu a bien montré, en ne leur accordant pas, à eux, la grâce de la conversion, ce qu'ils valent avec leur sagesse mondaine, dont leur aveuglement spirituel révèle l'inutilité et l’« ineptie ». (IL faut tenir compte, ici, évidemment, des simplifications oratoires ; Apollos était un oopés; Paul aussi, même un « scribe »; et d'autres encore.) Y a-t-il une distinction de sens entre les trois termes? Peut-être le oopis est-il gentil, le yeaupareis juif et le ouvénrnric désignerait tous les scrutateurs et disputeurs en général (ainsi Rob.-Pl., après Clem. Alex., Théodoret); cela d'ailleurs importe peu. Il nous sembleräit que le ouv£ntnris est plutôt celui dont tout le travail d'intelligence est absorbé dans la préoccupation, scientifique, ou pratique, de ce bas monde (uiävos, objet) sans regard sur le surnaturel.

A. 21. Cette phrase concentrée est assez difficile à bien saisir du premier coup. Mais notons déjà comme certain qu'il faut lire ëv tÿ sopix toÿ feoù, et non, avec Calvin, comme s'il y avait v +ÿ copia abtoë (i. e. xéouov); ensuite, que dans les mots dx ris aoplas, La « sagesse » est au contraire une qualité du monde, ’Eÿvw veut dire

paros oüoa toc miorebovras. 99. ’Ereh nai ’Toudaior omueïta airodoi, “ral EXAmvES copiav Enroëouwv, 28. “hueïc D xnpÜcoomer Xourèv Écravpuyévoy, ’Toudatous uèv oxdvOxhov, Éûveotv DE puplav, 2h. œbroïc D roïs nAntoïc, Toudaions ve noi Pr Xprordv Oeoë ivaprv rat Oroë ooptav.

x 2 S CT . "On sd püpoy Toù Oeoù copurepor rùv avôpé muy Éotiv, nai To aobevÈès ToÙ Das % sxvpoTepoy Tüv G0puTwv.

ici « reconnaître », « distinguer », et J. Weiss rapproche avec justesse cette proposition de Rom. 1, 21 : yvôvres tôv Oebv oùy ds Uebv é06Eaoav. Enfin la préposition èv, dans ëy rÿ ocopla, marquerait difficilement ici la cause efficiente (Bachmann, après Hofmann).

B. 21. Dieu a choïsi un moyen fou, inepte, la proclamation (zxfpuyua) ou prédication d’une ignominie el d'une impuissance (voir verset suivant), parce que tout ce qu’'approuvait la Sagesse du monde était incapable d'amener la réalisation de son dessein. Cette proclamation sauve les hommes, mais à la condition qu'ils aient le courage de la croire.

L'idée de Paul a été diversement comprise. Rückert, Alford, Lightfoot, et d’autres auteurs, anglais surtout; jusqu'à Rob.-Pl., entendent les mots mis en tête de la phrase, èv r% cogix toù 0coë, d’une disposition établie par la Sagesse de Dieu, en vertu de laquelle le monde ne pouvait pas Le reconnaître avant la folie de la Croix. Lietzmann (cfr. Calvin, supra A) comprend « dans la Sagesse de Dieu » — « dans la Sagesse que Dieu lui avait donnée {au monde) »; Lemonnyer : « sous le régime de. ». L’Apôtre distinguerait deux époques : celle où le monde était régi et éclairé par la Sagesse de Dieu, et celle où il doit être sauvé par La « folie » de Dieu; cette dernière idée a sa justesse, mais ne paraît pas explicite dans l'intention de Paul; d’ailleurs il est bien plus naturel d'entendre 0eoë au sens subjectif, « la Sagesse qui est en Dieu », avant de se mauifester. Quant à l'opinion de Rob.-Pl., qui a sa part de vérité, elle s'accorde moins adéquatement au contexte général (insuffisance intrinsèque de la sagesse humaine), et aussi à la grammaire, que celle-ci, qui nous paraît la vraie, et qui est celle de Tertullien, s. Thomas, Cornely, Bachmann, J. Weiss, Toussaint, Sickenberger, Gutjahr, etc. La voici : |

La « Sagesse de Dieu » est la sagesse immanente que Dieu révélait (contre Lietsmann) par la beauté et l’ordre de la création; elle aurait dû, manifestée avec cet . éclat, suffire aux hommes pour leur faire trouver leur Créateur; cfr. Rom. 1, 19-20 : à eds yap adtots Épavépwoev: tà àdpara abtoë 4rÀ. Ils n'avaient qu'à se servir pour cela de la sagesse que Dieu leur avait communiquée, car chaque créature, dit excellemment s. Thomas, « est comme une parole du Maître qui est Dieu »; mais leur sagesse, étant devenue « naturelle et charnelle » (Cornely}, a fait faillite, et n’a su trouver Dieu. A cette révélation par les œuvres de Dieu, on peut joindre aussi, avec plusieurs des exégètes ci-dessus nommés, la sagesse divine manifestée par l'Ancien Testament, que les Juifs charnels ne comprenaïient point. Gutjahr embrasse tout (sauf la Croix)

sous cette désignation : Sagesse objective de Dieu dans l'harmonie de la création, l’histoire générale, la conscience, les Écritures et l’histoire d'Israël. Dieu avait donné aux hommes ces moyens normaux, naturels et surnaturels, de s'éclairer sur leur salut; puisqu'ils n'ont pas suffi de fait, il en prend un qui est anormal, paradoxal, et comme répugnant à la Sagesse.

Cette instruction de tournure si hardie paraît viser surtout le « parti d'Apollos » trop attaché à la « Sagesse ». J. Weiss, qui le note avec raison, et se rallie à l’interprétation précédente, a pourtant le tort de prétendre qu'il y a ici compétition et désaccord, dans l'esprit de Paul, entre deux systèmes qu'il n’a su concilier : l'idée

plu, par l’ineptie de la prédication, à sauver ceux qui croient. 22. Attendu que {il y a] et les Juifs [qui] demandent des miracles, et les Grecs fqui] cherchent de la sagesse, 23, mais que nous, nous prêchons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs, pour les gentils ineptie, 24. mais pour ceux-là qui sont appels, tant Juifs que Grecs, un Christ puissance de Dieu et sagesse de Dieu. 25. C'est que l’inepte de Dieu est plus sage que les hommes, et le faible de Dieu plus fort que les hommes.

hellénistique, de la Sagesse de Salomon, reprise dans l'Épitre aux Romains, du salut rendu possible par la révélation de Dieu dans ses œuvres, — et l'idée judéo-chrétienne que tout salut est impossible en dehors du Christ (Ac. 1v, 12). La vérité est que le sacrifice du Christ, même quand il était encore futur, a toujours été cause méritoire du salut des hommes, quels qu'ils soient, maïs que, avant lui et pour tous, le spectacle de la Création, — et pour les Juifs, en plus, les Écritures — était le moyen universel de connaissance ordonnée au salut; la « Sagesse de Dieu » manifestée était l'objet de la « sagesse » des hommes, le livre où elle devait lire, si elle n'était pas devenue sottise par leur faute {cfr. Rom. 1).

Paraphrasons le tout :

« Puisque la contemplation des œuvres de Dieu, agissant selon sa sagesse, n'a pas suffi au monde à lui faire connaüre Dieu, malgré la sagesse qu'il tenait de Dieu, (mais qu'il avait laissée s'émousser), Dieu s'est résolu à prendre un moyen contraire à l’ordre normal et anciennement manifesté de sa sagesse, un moyen « insensé », et à le faire proclamer bien haut (par les Apôtres) pour sauver ceux qui voudraient y croire ».

Anthropomorphismo oratoire, si l’on veut; mais d'une éloquence qui n'avait jamais encore été atteinte.

Notons encore, en passant, que cette attribution à Dieu d’un « plan de sagesse »,

(plutôt complété que renversé par la Croix) ruine absolument les divagations de Marcion sur le Créateur et le « Dieu étranger »; Delafosse s’est lourdement trompé, à son ordinaire, en déclarant cette péricope marcionite et opposée à Rom. 1. A. 22. Le za... zai rend ce verset difficile à traduire sans ajouter quelques mots; sur tous les sens de cette expression, voir Abel, pp. 341, suiv. Il faut décider encore (ce qui n'est pas facile), si ëxe.04 commande toute la phrase, jusqu’à la fin de 23, ou si, à ce verset 23, le Gé de fpeis è «no. peut être purement pléonastique (voir Æühner-Gerth, Radermacher), et ainsi ne pas empêcher de prendre qu. znp. pour une proposition principale. Pour Bachmann, il n'y a que le v. 22 qui dépende de ëxad, et on pourrait traduire ainsi : « Car, d'un côté les Juifs, — ils demandent des miracles; d'autre part les gentils, — ïls cherchent la sagesse; — nous cependant... etc. » mais, comme à ZLietzmann, et à Rob.-Pl., il nous semble préférable (à cause de 5€) de faire des deux versets une seule phrase dépendant de éxedt, et expliquant le pwpla vob np. du v. précédent,

B. 22. Les Juifs demandent des « signes », des miracles; c'était comme au temps du Christ (Mat. xn, 38-ss.); leur religion tout extérieure réclame, pour qu'ils soient touchés, la secousse de sensations violentes, et c'est devant la Puissance à grand spectacle qu'ils sont prêts à s'incliner. Paul semble oublier ici qu'il faisait lui-même des miracles, et jusqu'à Gorinthe (IT Cor. xir, 12), tant ces manifestations exceptionnelles lui semblent chose secondaire dans sa fonction d’apôtre. Les Grecs, eux, veulent être conquis par de beaux raisonnements, qui flattent leur intelligence jugée capable de se les assimiler. Tout autre, prise d'ensemble, avait été la prédication de Paul dans cette ville.

A. 28. Lie mot oxévakoy n'a été jusqu'ici rencontré que dans les LXX,leN.T., ÉPITRE AUX CORINTHIENS. 2

et Sap. Sal. xiv, nu, plus deux papyrus du vif s. au British Museum; mais oxavdéAn0oov au sens de « piège » dans les Acharniens d’Aristophane, 687 (voir Gustav SrÂHLiN, Skandalon, 1930, pp. 201-210). — Nous croyons ce verset, à cause de üé, coordonné grammaticalement au précédent (v. supra).

B. 28. « Un Christ crucifié », l'alliance de ces deux mots paraît en tous temps et tous pays un contresens et une absurdité intolérable, soit aux « Juifs » grossiers qui y voient la condamnation de leurs espoirs charnels de bien-être et de domination réalisés sous leur Messie, soit aux raisonnables « Hellènes », qui se disent que se faire prendre et exécuter comme un vulgaire brigand n’est vraiment pas le moyen de fonder une philosophie ou un système religieux à l'usage des gens sensés et comme il faut.

A. 24. Le terme de « Sagesse », associé, à un autre (5dvauv), ne paraît pas ici avoir un sens technique qui prélude à celui de Adyos. — Cfr. Job x11, 18 : rap” adrod. copla #at düvauus. Il faut l'entendre ici comme Col. n1, 8 : ëv & eiouv révres où Onoavpol tâs soplas zaÙ YVWoEwS aréxpuyor. |

B. 24. C'est pourtant par le crucifiement du Messie que Dieu a révélé sa « puis-

sance », contre tous les préjugés des Juifs, et sa « sagesse », contre tous ceux des gentils. Ceux qui sont « appelés » à la vie, qu'ils sortent d’un milieu juif ou d’un milieu grec, le comprennent. D'une façon saisissante, l’Apôtre proclame que dans l'apparition et le sort du Christ, Dieu a manifesté sa Sagesse plus que dans la création et la providence ordinaire, qui n'étaient pas arrivées à instruire assez les hommes (voir v. 21); la « puissance » a éclaté surtout dans la résurrection du Christ, après l'abandon apparent de Dieu et la mort ignominieuse {efr. IT Cor. xt, 4); celte idée est très fréquente chez Paul.

A. 25. ét a ici un sens affaibli, — « car » (Abel, p. 853). — Les adjeclifs neutres prenant une valeur substantive et suivis de génitifs apparaissent déjà chez les classiques, Platon, Thucydide, etc., et deviennent plus fréquents dans la prose hellénistique (Winer, p. 221; Abel, p. 449). Paul les emploie volontiers : Rom. un, 4; Phil. nr, 8; 1v, 5. Le style y gagne en vivacité. La répétition de r&v à&v0oruwv forme une « antistrophe ».

Quant au parallélisme de 22-28 et de 24-25, c'est un procédé très naturel même dans un discours littéraire, et surtout dans la diatribè aux formules pressantes. Il n’y a aucune raison de l’attribuer an « style oral » de Jousse, à moins que « style oral » ne veuille dire simplement « style oratoire ».

B. 25. Cette hardiesse du langage apostolique est admirable, et n'a pas besoin de commentaire. Tout le monde comprend, par les versets qui précèdent, ce que signifie « faiblesse de Dieu » ou « sottise de Dieu ». Le Tout-Puissant infiniment sage s’est complu à convaincre et sauver les hommes par des moyens qu'ils n'auraient jamais conçus, et qui étaient comme l'ironie la plus dédaigneuse contre leur prétention de ne rien estimer que dans les lignes de leur puissance et de leur sagesse.

IT. La preuve « ad hominem » (1, 26-31).

InT.— Pour appuyer son paradoxe, Paul recourt spontanément à un argument ad hominem ; il est très simple, irréfutable, mais si incisif, si peu flatleur pour ces pauvres Corinthiens, qu'on y sent bien à quel point Paul était préoccupé et peiné de leurs divisions, et sentait la nécessité urgente de rabattre leurs vanités. Une preuve du manque de « sagesse » chez Dieu dans le choix de ses moyens pour sauver le monde, c'est qu'Il les a choisis enire tant d'autres, eux Justement : « Mes déclarations vous étonnent? Mais vous n'avez qu'à regarder ce que vous étiez quand vous avez reçu l'appel. Quel néant était le vôtre, aux yeur de cette sagesse mondaine dont vous êtes férus! N'allez donc point juger d'après ces dictées du monde. Vous n'aviez et n'avez encore rien à faire avec sa sagesse. Toute celle que vous possédez, — et vous en avez une, la vraie, si vous savez seulement la reconnaitre et l'employer! — elle pous est venue par un don purement gratuit, vous n'y étes pour rien; elle est celle de votre Rédempteur, le Christ crucifié; c'est la Sagesse de la Croix, qui devrait être une folie aux yeux de gens qui se comportent comme vous ». Le sarcasme est d'une éloquence cuisante, et anéantit leurs prétentions à occuper un rang aristocratique, par leur « sagesse », dans les cadres de l'humanité profane, — et dans le christianisme aussi, d'ailleurs. Maïs la fin de l'apostrophe corrige cette dureté, et doit les relever superbement dans leur propre estime, pourvu qu'ils ne voient en eux-mémes que ce que Dieu y a mis. L'Apôtre ainsi les ramène à une juste appréciation du plan divin « insensé » et sublime, et excite chez cux une vive confusion d'où doit sortir la plus humble reconnaissance.

Sur la composition de la communauté ainsi fustigée et remontée d'un même coup, voir plus bas, ch. IV. vo. 9-11, et Inrron., ch. u.

Dans cette péricope non plus, il ne faut pas chercher à ramener la simplicité vigoureuse de Paul aux procédés rudimentaires d'un « style oral » populaire et sémitique; il est simple à la façon du génie, et tout l'art des écoles ne lui eût pas fait atteindre plus savamment et plus sûrement son but. Blass a raison d'avancer que n'importe

quel orateur grec aurait admiré cette période (voir au p. 27), du moins au temps de la diatribè.

? ae ke = > € 1, 26. Bërere yap rav xAñouw “bpüv, adegol, bte où moXhoi copol xata adpua, ES …s 2 Y … x ?

où moAhot Buvarot, ob moAhot ebyevets' 27, GXAG Ta pupa Toù xoomou ÉÉERÉETE

I, 26. Regardez en effet [votre] appel à vous, frères : pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup d'hommes bien-nés. 27. Mais ce qu'il y a d’inepte dans le monde, Dieu se l’est choisi

A. 26. oùv pour y£ dans D, E, a; cela irait tout aussi bien au début de celte rude apostrophe; mais l'attestation est insuffisante. — Le mot xAñouw a été entendu au sens de xAnvot, collectivité des appelés, par T'héophylacte, Estius, Calmet; il est plus littéral et plus naturel de comprendre le fait même de la vocalion, entouré de ses circonstances, des conditions où il s’est produit, c'est-à-dire de la situation si peu brillante, au point de vue humain (et moral, cfr. vi, 9-11), de ceux qui ont été appelés. Paul, en dictant, aura appuyé très fortement sur bu&v. D'où notre traduction.

ô Pedc iv rararoybvn Tods copoûs, où Ta Gofevn toù xPomou Ébehééaro à Oeds va ratoroyovn Tù loyupd, 28. rai Ta ayevn ToÙ xoopou Lai Ta ÉEoubevnuéva *ÉbehéEaro 6 Dedc, “[uai] va un ôvra va Ta bvra “rarapygon, 29. Érus ph xavyhonra Taca oùpË Évorioy toù eo. 30. IE abroë de dueïc “êorë ëv Xotor® ‘TInooë, ç “Eyeviôn copia uiv dnd 6soD, Gixatcoüvn “te nat œyuaouds rai axoNTpwots, 31. (va xabwc yéyoarta ‘O xavywmevos ëv xvplo xavyacôw. |

Tel est aussi l'avis de CArys., Théodoret, Prim., Cornely, Toussaint, J. Weiss (« wié es bei eurer Berufung zugegangen ist »), et de la plupart.

B. 26. On dirait que Paul voit l'auditoire qui, à la lecture de sa lettre, accueïllera les étonnantes déclarations qui précèdent par des signes de froideur, de stupeur ou d’inintelligence. Il fixe sur eux brusquement son regard acéré : « Ah! cela vous surprend! Mais, à frères, regardez-vous donc vous-mêmes! Dites-moi où la vocation chrétienne a été vous chercher! Parmi les sages ?, etc. » — Il y avait bien parmi les convertis de Corinthe quelques personnages, comme Eraste, Crispus (J. Weiss, Rob.-Pl., al.), et probablement un petit nombre de riches, à en juger par IT Cor. vut et ix; mais cette espèce d'élite profane disparaissait dans la masse (v. INR. c. 11).

À. 27-28. Pour les adjectifs neutres, ici au pluriel, dont il n’est pas facile de bien rendre la force, voir supra, au v. 25. — Au v. 28, Le troisième ëkekéatro 0 eds est omis- Marcion, Chrys., Theod. de Mopsueste, et le xal devant +à un ôvre N', À, C*, D*, F, G, 17, quoiqu'il soit bien dans le style de Paul.

Blass compare à ce passage I Cor. xv, 42-suiv., 48-suiv., Rom. vu, 33-suiv., 1, 21 suiv. Tout cela, trouvons-nous, serait du « style oral » bien affiné, comme seul pourrait le manier un écrivain de race, et d'une « écriture » aussi bien moderne qu'antique. Le même Blass a des doutes sur la 3° ligne à 28 (za và àœyevñ...… èfeléEaro...) à cause des variantes (supra); mais J. Weiss observe pertinemment que cette ligne, avec sa Longueur et sa plénitude, répond à une règle de rhétorique ainsi formulée par Démétrius, neot éounvelac, 18 : « "Ev vais ouvdérors mepiodas Tù Teheutatov xGAov paxpgôtepoy où Eva, zal Darep neptéxoy al repuerAnpds Täkka ». Nous ne sommes point sûr pour cela que. Paul ait connu ces règles; mais son goût et son instinct oratoire suffisaient à le diriger.

Tèà pù ôvr«, qui est un terme philosophique (Philon, papyrus), résume le tout. — zarapyéw est un mot affectionné de Paul en ces épitres; on ne peut le rendre toujours de la même manière; mais ici il conserve certainement son sens originel qui est « laisser dans l'inaction », c’est-à-dire ne pas appeler au travail de l'Évangile, à l'œuvre du Règne de Dieu. |

B. 27. On peut trouver dure l'épithète de pwpé; les autres ne le sont pas moins. Paul énonce sans doute une vérité générale, mais qui atteint d'abord les Corinthiens. Du reste, qu'on se rappelle le dédain affiché à l'égard de la plèbe par les Grecs et les Romains cultivés, au point de vue desquels Paul se place pour un moment. La fin de l'apostrophe réparera ces rudesses, en montrant à ceux que le monde méprisait — et qui l'avaient trop oublié, comme si la vocation de chrétiens les avait élevés au rang de sages et de philosophes — comment ils sont devenus (sans s'en rendre compte) bien plus vraiment sages que leurs contemporains. D'un autre côté, l'épithète pwods, appliquée en bloc à une communauté qui ne s'était certainement pas recrutée parmi les aliénés, ne peut donc signifier que naïf, nigaud, un homme dont l'opinion ne compte pas pour les gens sérieux; cela confirme bien ce que j'ai dit au v. 23.

B. 28. Une des raisons pour lesquelles Dieu a choisi comme siens d'aussi humbles personnages, pareils à ceux dont on dit encore aujourd'hui : « Ça n'existe pas », c'est — les Corinthiens doivent se le dire — pour démontrer l'inutilité, à l'égard du

pour faire honte aux sages, et ce qu'il y a de faible dans le monde Dieu se l’est choisi pour faire honte à ce qu’il y à de fort, 28. et ce qui dans le monde n’a pas de naissance et ce qui est compté pour rien, Dieu se l’est choisi, [et] ce qui n'existe pas, pour laisser sans emploi ce qui existe, 29. en sorte que nulle chair n'aille se glorifier à la face de Dieu. 80. C’est par lui que vous existez, vous, dans le Christ Jésus, qui est devenu sagesse pour vous de par Dieu, tant justice que sanctification et rédemption, 31. Afin, comme il est écrit, que « celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur ». |

salut, de toutes ces supériorités purement humaines auquelles ils sembleraient croire que la nouvelle doctrine les a fait accéder. |

A-B. 29. Verset d'allure très biblique, inspiré sans doute de beaucoup de réminiscences. — ph... räca est un hébraïsme; oûpë, dans l'A. T,, signifie habituellement l'homme, bien ou mal doué, considéré dans son infirmité naturelle, que puissance, naissance, intclligence, richesse ne guériront pas; évuintov, assez rare chez Paul (sauf I 7im.), garde toujours en son langage toute se force étymologique : « en face », « à la face de ». Qu'est-ce qu'une créature, avec tous ses dons naturels, peut faire devant le Créateur, pour qu'il ait besoin d'elle, qu’elle prétende l'aider, ou se juge désignée spécialement pour ses faveurs?

A. 30. Faut-il laisser èore inaccentué, comme simple copule, ou écrire éoté — « vous êtes » au sens de « vous existez » ? À cause de la formule habituelle « être dans Le Christ Jésus », Cornely, Bachmann, Toussaint, Gutjahr, Lietzmann, J. Weiss (qui trouve que ëécté serait trop « johannique »), se prononcent pour ëote copulatif; mais, après les Pères grecs, ÆEstius, Bisping, Hofmann, Sickenberger, Lighi{oot, Rob.-Pl. et-beaucoup d’autres interprètes anglais, nous croyons préférable de lui donner toute sa force significative, d’ « exister », ce qui fait un beau contraste avec le ph &vra du v. 28. — éyevf0n est plus hellénistique que éyévero. — xaÙ Gtxatooévn, au lieu de due, ve, F, G; le re commun rend le sens plus lié et plus plein {énfra). Paul emploie volontiers re... xai à cette époque (3 fois dans ce chapitre de I Cor. et 9 fois Rom.).

B. 30. Par le fait de Dieu seul (#& abroù) et de ses choix incompréhensibles, — et non pas même par celui de leurs maîtres dans la foi, qui sont aussi des un ôvre (s. Thomas) — les Corinthiens sont devenus quelque chose (ôueïs éstè) de rien qu'ils étaient: cela, non dans le monde, maïs dans le Christ auquel ils sont maïntenant unis. En Lui seul, que les sages du monde ont repoussé, ils ont acquis une sagesse, la vraie, résultant de sa possession. Cette sagesse surnaturelle, qui pour eux remplace l’autre dont ils semblent avoir l'ambition vaine, elle n’est pas purement spéculative; car les mots suivants « justice aussi bien que 'sanctification, et rédemption », sont en apposition à oogls (Rob.-Pl.) et en expriment en quelque façon le contenu. La ôtwatooëw est la justice communiquée et inhérente dont Paul traite en ses épîtres à peu près contemporaines aux Galates et aux Romains ; signe que son enseignement sur ce point était connu à Corinthe, donc développé oralement avant d’avoir été écrit. ‘Aytaouds, « sanctification » par les œuvres que la justice infuse met à même de produire, est l'objet de discussions protestantes chez Schmiedel, etc, et J. Weiss, qui reconnaît pourtant {contre Ritschl) que, par le don de l'Esprit, le chrétien, selon Paul, est « consacré », changé dans son être (cfr. II Thess. 11, 18; I Pet. 1, 2; al.). "Axotpwois, « rédemption » {cfr. Rom. ut, 24), n’a pas ici, même pour J. Weiss, un. sens purement eschatologique; les fidèles l'ont déjà expérimentée (voir en effet ci-dessus le passé ëyevfôn); si ce mot arrive le dernier de tous, c'est probablement

que ce concept embrasse les précédents, et que la rédemption met les rachetés dans an état qui doit se prolonger aux siècles des siècles.

Voilà ce qu'a produit cette pwotx divine scandaleuse, qui choque et renverse toute sagesse et toute dignité terrestres, maïs n'est que la manifestation de la partie la plus cachée de la sagesse et de la toute-puissance de Dieu.

—— À. 31. Ge verset est une adaptation de Jérémie 1x, 22-23; le terme ëv xvptw rappelle le & abroë précédent.

B..31. Cette sentence qui clôt la première partie des développements de Paul au sujet des factieux indique la conception qui dominera toute l’Épître (cfr. déjà 1, 9, 18, 24}; tant pour les enseignements de doctrine que pour ceux de morale, ainsi que: nous le verrons. Képtos désigne habituellement le Christ; si, grammaticalement et logiquement, il se rapporte plutôt à Dieu (cfr. J. Weiss), c’est que, Le Christ étant Dieu, les deux ne font qu'un comme cause du salut et de la glorification que les rachetés ont le droit de goûter déjà dans la ferme attente du salut. Mais toute autre glorification, inspirée de motifs humains, leur est interdite — aux Corinthiens surtout! Toujours ce mélange de rigueur méritée et d'encouragement enthousiaste,

IT. Paul explique son attitude à l'égard de la « sagesse » lors de l'évangélisation de Corinthe {1r, 1 5).

IxT. — Le mot de « rédemption », àrokitowste, remettait les esprits face à la Croix. Paul, en ces cinq versets, répond à ceux qui le sous-estimaient pour n'avoir pas préché « en sagesse »; il avance qu'il a fait bien mieux, et cela dans l'intention délibérée de donner une base divine, et non humaine et précaire — comme l'eût été cette « sagesse » qu'il a dédaignée, — à la foi de ses auditeurs. C'est une amorce d'apologue qui semble dirigée non contre Apollos, mais contre les fauteurs exclusifs et superficiels de ce dernier.

\ À \ e Y e . G C. 11, 1. Kayw EABwy mpdc buac, aDshoot, HABov où xa0’ bmepoyhv Abou À colac LatapyÉRhwoy duty +à paprhpiov To 0eoë. 2. OÙ yo Expuvd vi eldévar Ev DdUIiv, et

C. 11, 1. Et moi, quand je suis venu ‘chez vous, frères, je suis venu, sans maîtrise de langage ou de sagesse, vous annoncer le témoignage de Dieu. 2. Car je n'ai pas jugé bon de rien savoir parmi vous, sinon

À. II, 1. On lit uustptoy pour uaotéptov N, À, GC, Ambrr, syr., copt.; la vuls, seule porte « testimonium Christi », pour Dei, — Ürspoyf — « eminentia » (Chrys.), cfr. I Tim. n, 2; II Macc. in, 41 ; vi, 28: 2007 bnep. [EAeïv], cfr. I Cor. 1v, 21, êv Éd6dw 8)0. Dans Æpictète, 1, 24, 85 : oùte 2arà thy voÿ ous Orepoyñv, dit d'un chef militaire.

B. II, 1. Paul se reporte au temps de l’'évangélisation de Corinthe, — qui a été si fructueuse malgré tout. Il n’a pas ébloui ceux qui l'écoutaient par des prouesses de rhéteur ou de philosophe, mais est venu ‘tout simplement leur porter un « témoignage », ce qui était la position essentielle des Apôtres, (Act. 1}. Ge « témoignage » (il ne faut pas lire pvuotiouwv, malgré les hésitations de J. Weiss) est celui que Dieu même a rendu (@eoù génitif de sujet), dans le Christ qui est l'objet de ce témoignage. C'est bien, comme disent Guijahr, Rob.-Pl. et d’autres, le « témoignage de l'amour de Dieu pour eux »; révélation qui se passait d’enjolivements. — Schae/fer insiste sur duiv, à bon droit.

——— À, 2. Origène lit oôty Expiva eldévar. — zat rodroy détache l'attribut, pour le faire ressortir. — èy buiv cost restrictif (J, Weiss, Cornely, Schacfer). Faut-il joindre où à Expwa où à mn eièévat? Peut-être ox Expiva suivrait-il l’analogie de où oui == « je nie » ? ? Le sens, en tout cas, n'est pas douteux.

B. 2. En arrivant, Paul à examiné le terrain; il a jugé les Corinthiens, et pris la résolution ferme (Ëxpiva) de ne leur présenter que le fait lout nu, qui est d’ailleurs « tout l'Évangile en son essence », Le sacrifice du Christ. Il va sans dire qu’il fallait leur expliquer qui était le Christ, la dignité de sa personne, par conséquent parler de son caractère de Messie, des prophéties qui l'annonçaient, de sa divinité, de sa puissance et de ses vertus, bref faire tout un exposé catéchélique; autrement il n'aurait pas montré ni communiqué la « connaissance du Ghrist ». Mais le centre auquel tout cet enseignement fut ramené, c'était la rédemption par la Croix. Paul insista sans doute moins qu'à Thessalonique sur le caractère de Roi messianique puissant (V. comment. du ch. xv) qui devait s’assujettir le monde et mettre fin au siècle présent; bien moins encore chercha-t-il à présenter le Christ comme un idéal de

4 = NI Y £ + Wh ‘Lnooûv Xptotbv, al roërov Ecraupupévor. 3. Kayw y Gobevsia ot Ev p66w not y tpôuw moAND éyevouny mpès duac. k. Kai & AËYyos pou nai vd xhpuyma mou obx Ey *merdoïs ooplas Aovois, AA’ Ev émodetber nveduaros vai duvdpews, D. Îva méotis

ms A)

dpov ph À év copia avbowrzuwv, AN èv duvéper Cod.

« sagesse » À la manière grecque. Qu'il eût pu faire autrement, les termes l’insinuent assez; mais à des gens vains et superficiels comme les Corinthiens, il fallait d'abord inculquer l'idée de l'humilité tragique où le Fils de Dieu était descendu pour eux et : de l'excès de miséricorde qu'il lui avait fallu pour les sauver.

C'était dont le récit de la Passion qui donnait sa couleur spéciale à la prédication de Paul; il y arrivait directement, presque ex abrupto, sans s'y acheminer par ces considérations de philosophie ou de théologie naturelle qu'il avait voulu employer à Athènes (Act. xvu), et qui n'avaient pas eu le résultat qu'ils espérait. Ainsi d’ailleurs le converti de Damas obéissait à la tendance personnelle de sa foi (v. infra, l'excursus n). Il jugeait cette méthode bien plus efficace pour amener au sérieux des gens lérers; on a justement relevé la portée de ces deux mots : « parmi vous » {Origène, Cornely, Schaefer, J. Weiss, Toussaint, Sickenberger, al.; Gutjahr et Bachmann ont le tort de ne pas le faire). Mais, naturellement, le récit de la Passion entraînait celui de la résurrection et tout le reste (Gutjahr, Bachmann, J. Weiss, Rob.-Pl.), et une description de toute la vie du Christ; nous reviendrons sur ce point important quand il faudra commenter II Cor. v, 16 : « Si nous avons connu le Christ selon la chair », verset de sens si controversé. | | A. 3. p66. xai pou. est une tournure paulinienne, cfr. II Cor. vu, 15; Phil. u, 12; Eph. vi, 5.

B. 8. Avec une sorte de volupté d'humiliation, Paul se remémore les conditions si défavorables pour entamer une propagande, où il se trouvait en arrivant à Corinthe. C’est le même esprit que II Cor. 1v, 7 : « ut sublimitas sit virtutis Dei, et non ex nobis » Cette « crainte » et ce « tremblement » résultaient sans doute de ses violentes émotions en Macédoine, récentes encore {voir Act. xvi-xvir et I Thess.), de la déception que lui avait apportée son insuccès relatif à Athènes, ce début peu encourageant d’une prédication en Hellade, et surtout, je crois, de ce qu’il savait par la renommée, et constatait dès sa première expérience, du caractère des Corinthiens {v. Ixrron. ch. im). Quel cas ces gens légers, railleurs, infatuës et surtout corrompus en masse, (rpbs à pu à s, Cornely, al.) allaïient-ils faire d'un Juif si pauvre et si humble d'apparence, simple salarié du fabricant Aquilas? (Acc. xviu, 2-8). Car, dès le début, il ne pensait pas seulement à prêcher dans les synagogues, et, là même, il sentait qu'il serait aussi mal accueilli qu'il l'avait presque toujours été. En outre, il était déprimé par son &o0eveia, où il faut voir un affaiblissement physique; à tout le moins « une pénible nervosité », comme disent Rob.-Pl. Son mal chronique avait dû empirer à la suite de tant d’agitations. Les anciens, il est vrai, ont pensé aux persécutions uniquement; si Rückert a traduit äofevla par « maladie » (cfr. Rob.-Pl.), Cornely, puis Toussaint, et Lieizmann avec moins d'assurance, combattent cette exégèse. Mais Paul n'avait guère alors à souffrir de persécution actuelle, et, du reste, l'autorité des anciens ne vaut guère ici; car ils ont à peu près négligé cet aspect continu de l'histoire de Paul. Nous reviendrons là-dessus ex professo quand il faudra commenter II Cor. x1. Disons seulement déjà que Paul fait ici allusion, selon nous, à un état maladif qui rendait plus pénibles ses déceptions et ses incertitudes; il eut besoin d’une vision du Seigneur pour le réconforter (Act. xvin, 9-10).

A. 4. oùx év reoïs coplas Adyou, leçon que nous adoptons avec la majorité des critiques, n'est pas la seule. On lit encore :

Jésus-Christ, et celui-ci crucifié. 3. Et moi, c'est dans la faiblesse, dans la crainte, en tremblant beaucoup, que je me suis présenté à vous. 4. Et mon langage et ma prédication n’ [ont] pas [consisté] en persuasifs discours de sagesse, mais en démonstration d'esprit et de puissance, 5. afin que votre foi ne [soit] pas [fondée] sur une sagesse d'hommes, maïs sur la puissance de Dieu.

ëy redots drOgwmi' me aoplas Adyors..…. À, C, Li, min. pl., vulg. clem., boh., syr.

et à eboi [avOpwrivns] copias [Adywv] — « dans ‘la persuasion [des discours| de la sagesse [humaine] »,.. quelques anciens, sah., arm., Ambrosiaster : « in persuasionem humanae sapientiae ».

Nous gardons la leçon raoï, sans av0pwzivns, avec B, N, D, E, F, G, quelques minuscules, les mss. fuld. et tol. de la Vulgate, l'éhiopien. L'adjectif &v0pwrivns, « Lumanae », a tout l'air en effet d'une addition explicative, et reudloi est trop faiblement attesté. Remarquons toutefois que si l’on admettait cè redoï, comme le fait Reitzenstein, on aurait un beau parallélisme très régulier, ainsi que l'indique J. Weiss, avec l’expression suivante : ëv &rodeifet {« démonstration » opposée à « persuasion ») mvebpatos (« par l'Esprit », opposé à « sagesse [humaine] »). Aussi nous reste-t-il quelque incertitude. Cependant le parallélisme antithétique restera en tous les cas dans l'idée, et nous préférons, avec Bachmann, la lecture commune xeot, parce que l'hap. legomène #e06s ou ru06s (équivalent à rÜavis, Moulton-Milligan) a toute chance, en raison même de sa rareté, d'être primitif; il devait d'ailleurs être devenu courant à une époque postérieure puisque ni Chrys. ni Theodt. ne l’expliquent (Lietzmann).

’ArdeËrs est un terme de logique, de droit, que suit un génitif d'objet; rveüuatos xai Guvduews doit être un hendiadys — « vertu de l'Esprit » (Gutjahr, al., contre Origène, infra).

B. 4. En dépit de son état de faiblesse, Paul a dédaigné tous les calculs de politique humaine, et, fort de l'Esprit qui le portait, il a entrepris, non de persuader à la manière des orateurs profanes, mais de démontrer victorieusement (4rédak au sens le plus fort, Rob. PI.) la vérité de sa prédication audacieuse. Comment a-t-il voulu s'y prendre ? Il a manifesté « la puissance de l'Esprit » par l'assurance de ses affirmations, sans doute par la méthode de la « diatribè » simple et directe, non avec les discours d’apparat (yévos ëmôextxdv) des rhéteurs (J. Weiss). Origène, au lieu d'admettre l’hendiadys, a vu dans nv. ‘xai duv. deux moyens de démonstration : les témoignages de l'Ancien Testament et les miracles du Nouveau. Y a-til joint des miracles opérés par lui-même ? La chose paraît bien possible, d'après II Cor. xir, 12, mais nous croyons plutôt, avec J. Weiss, que düveus, ici, ne signifie pas « miracle ». Le grand prodige, c'était l'inspiration manifeste de l'Apôtre, et les manifestations de l'Esprit qui se déclaraient chez ceux qui croyaient à sa parole (s. Thomas), tant dans leur changement de vie que dans les charismes dont ils se trouvaient doués (voir ch. xu, suiv.). Rien n'était plus démonstratif que de savoir faire des conversions, et nombreuses, dans un pareil milieu. Si Paul a fait alors des miracles extérieurs et proprement dits à Corinthe, les Actes, qui décrivent avec tant de soin ceux de Chypre, de Lystres, de Philippes, n'en ont point parlé ; il faut donc croire au moins qu'ils ne furent ni fréquents ni très éclatants; autrement, du reste, Paul n'aurait pu opposer si catégoriquement, quelques lignes plus haut, l'ensemble de sa prédication aux exigences des Juifs « qui demandent des miracles » (1, 22).

À. 5. év duvduer Üeoë : cfr., pour ce verset et le précédent, Æph. 1, 17, 19, et I Thess. 1, 5, ëv Guvduer rai ëv nvebparttr &ylw xat rAnpopopla mo,

B. 5, Il agissait donc ainsi en vertu d’une résolution très arrêtée; il voulait que la foi des convertis s'appuyât, d'une manière évidente, sur des motifs surnaturels, et non sur d'autres, tels qu’auraient été les dons humains, oratoires ou pédagogiques, de l'instructeur. Rien ne devait remplacer, ni voiler, l’action de la Croix toute nue, où la puissance de Dieu se révèle. Nous sommes implicitement ramenés à 1, 17 : «non in sapientia verbi, ut non evacuetur Crux Christi ».

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